30/03/2012

LA FOSSE ARTHOUR (Mortain, 50)

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hermines début de texte.gifLe roi Arthur, après sa disparition, se réfugia dans la Chambre du Roi, et sa fidèle compagne, la reine Genièvre, trouva un asile dans la Chambre de la Reine, dont une entrée secrète était connue d'Arthur seul.

dame.gifMais l'arrêt de la fée puissante qui le protégeait, et avait présidé à sa naissance, avait ordonné qu'il ne pourrait rendre visite à son épouse qu'après la disparition du soleil derrière la montagne voisine.
Arthur obéit d'abord à cet arrêt sévère mais sa profonde tendresse pour celle qui n'avait pas voulu l'abandonner le lui fit bientôt oublier.

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Une fois, et sans attendre le coucher du soleil, il descendit de sa retraite inaccessible, et alla rejoindre Genièvre. Il continua ses visites, mais une punition terrible lui était réservée.

Un jour qu'il venait de quitter sa compagne et traversait le ravin, un bruit inusité vint exciter sa surprise, et le fit se retourner. C'était le torrent grossi, fougueux, menaçant, qu'il vit accourir et se précipiter vers lui, grondant et mugissant. En un instant, l'onde perfide l'entoure de ses flots tumultueux, et monte, monte toujours. Le prince essaie de lutter contre l'irrésistible courant, se débat avec le courage du désespoir contre les étreintes de la mort.

Vains efforts ! Sa dernière heure a sonné ; le torrent entraîne et engloutit dans les profondeurs du gouffre l'amant infortuné. Du seuil de sa grotte, Genièvre a suivi avec une affreuse angoisse les péripéties de la lutte ; elle voit son époux disparaître, elle ne veut pas lui survivre ; et, se précipitant du haut de la roche, va le rejoindre dans l'abîme.

 

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On affirme qu'autrefois, deux corbeaux, aussi blancs que des cygnes, venaient planer lentement et mélancoliquement chaque jour au dessus du gouffre, tombeau des deux amants. Leur aire était établi dans un creux du rocher, et les laboureurs les respectaient, car ils protégeaient les moissons des champs d'alentour contre les oiseaux du ciel.
Un soir, ils prirent leur volée vers l'horizon lointain, disparurent, et depuis nul ne les a revus. On raconte encore qu'au bon vieux temps, celui qui ne pouvait suffire à ses labours, allait demander aide sur le bord de la fosse Arthour, en ayant soin d'y déposer une piécette blanche.
hermines début de texte.gifLe lendemain matin, il voyait sortir de l'eau deux taureaux noirs qu'il emmenait, et qui se montraient infatigables au travail durant la journée toute entière. Il fallait les ramener au bord de la fosse à la tombée de la nuit, et ne pas oublier de leur attacher une botte de foin entre les cornes. Arrivés au bord de l'eau ils prenaient leur élan, et plongeant, regagnaient leur humide demeure.

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Jules LECOEUR - Esquisse du Bocage Normand 

LE TROU BALIGAN (Flamanville, 50)

 

 

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flamanville,trou baligan,conte,légendeA Flamanville, près de Cherbourg, sous l'église de cette commune, se trouve, dit-on, un souterrain qui débouche à la mer par le "trou Baligan", grotte creusée dans la falaise, et qui fut jadis, l'antre terrible d'un dragon étranglé par Saint Germain, évêque d'Auxerre.

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Le téméraire qui ose s'aventurer dans le souterrain, y trouve toujours une table abondamment servie, mais malheur à lui s'il touche au festin, le diable apparait et l'emporte.


Anonyme, in Le pays normand, 1900


29/03/2012

LE TOURBILLON DE LA FAUCONNIERE (Plévenon, Côtes d'Armor)

 

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cap fréhel,fée,la fauconnière,légende de bretagneAu temps jadis, il y avait à Plévenon, un pêcheur du nom d'Hervé, qui était connu à dix lieues à la ronde, comme le meilleur et le plus beau garçon du pays. Toutes les filles avaient voulu se faire remarquer de lui, car il était aussi courageux et sérieux que beau, et elles espéraient toutes l'épouser.cap fréhel,fée,la fauconnière,légende de bretagne

Mais Hervé n'avait d'yeux que pour une fille de Trécellin, douce et gentille, et que chacun admirait et respectait. Mais cela n'empêchait nullement les filles de Plévenon de ne jamais rater l'occasion de le rencontrer et de lui prodiguer les sourires les plus aimables, voire les plus audacieux. Bref, Hervé le pêcheur était l'objet de toutes les convoîtises de toutes celles qui étaient enâge de se marier.

 

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Or, en ce temps-là, il y avait des fées qui habitaient une des grottes du cap Fréhel, et on les appelait des "Houles". Comme elles se répandaient souvent parmi les gens, elles entendirent parler d'Hervé le pêcheur et voulurent le connaître.

cap fréhel,fée,la fauconnière,légende de bretagneL'une d'elles, la plus jeune et la plus jolie, revêtit même les habits d'une fille de la côte et s'en vint sur le chemin qu'il suivait, un soir qu'il rentraIt chez lui. Et dès qu'elle l'eût aperçu, son coeur se mit à battre très fort: elle en devint si amoureuse qu'elle se jura en elle-même qu'elle l'obtiendrait de gré ou de force. Comme elle avait des pouvoirs magiques, elle jeta un sort sur Hervé pour l'obliger à venir la rejoindre le soir-même,  à minuit, sur le rocher de la Fauconnière, qui est le plus haut de tout le cap Fréhel.

Quand la nuit fut complète, Hervé se sentit subitement l'envie irrésistible d'aller se promener sur le rivage. Sa fiancée, qui se trouvait là, eut beau lui remontrer qu'il était très dangereux de s'aventurer sur les rochers dans l'obscurité, Hervé lui répondit que c'était la pleine lune et qu'il ne risquait rien à suivre des sentiers qu'il connaisait fort bien. Elle se proposa alors de l'accompagner, mais le pêcheur lui répondit d'un ton péremptoire et presque mauvais qu'il n'avait pas besoin de sa nourrice pour aller faire une promenade au clair de lune. Et, sans plus tarder, le visage en feu et les yeux   dans le vague, il sortit de la maison de ses parents et s'enfonça ds l'obé. Brument, les nuagedissipèrent et la lune apparut dans tout son éclat.

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Le pêcheur ne fut pas long à parvenir au cap, et il fut bien surpris de distinguer, assise au sommet du rocher de la Fauconnière, la plus belle des femmes qu'il eût jamais vue. Son premier réflexe fut de se dire que c'était la Sainte Vierge, telle qu'elle était représentée dans l'église de Plévenon, avec sa couronne d'or et son vaste manteau bleu. Mais en approchant, il vit que la couronne d'or n'était que le reflet de la lune dans une chevelure blonde qui flottait légèrement dans le vent. Quant au manteau bleu, il s'aperçut que c'était un voile léger qui dissimulait à peine les formes gracieuses du corp de la femme. Elle souriait et, en voyant ce sourire, Hervé se sentit tout à coup emporté par le désir de l'entourer de ses bras et de se serrer contre elle jusqu'à en être étouffé. Cependant, il se contint et, vaguement intimidé s'arrêta à mi-chemin du sommet, les yeux perdus dans une sorte d'extase qu'il n'avait jamais connue.

" Beau garçon, dit-elle alors, viens plus près de moi."

Le pêcheur s'avança. La lumière de la lune était telle qu'il voyait à travers son vêtement les moindres détails du corps de la fée.

" Qui es-tu ? demanda-t-il péniblement.

- Mon nom n'a pas d'importance, répondit-elle, et tu n'as pas besoin de le savoir pour m'aimer telle que je suis, telle que je t'apparais. Approche, beau garçon, approche et vois comme je suis belle. Et c'est pour toi que je suis belle, parce que je t'aime et que tu m'aimes. Tu viendras avec moi, et je t'emmènerai dans mon pays. Tu y verras les plus belles choses du monde, des plaines inondées de lumière jour et nuit, des chevaux qui courent sur les vagues, des forêts qui surgissent de terre, des étoiles qui pleuvent sur la mer. Approche, beau garçon..."

Le pêcheur fit encore quelques pas et se trouva à la hauteur de la fée. Celle-ci tendit alors sa main droite qui tenait une coupe contenant un liquide qui n'était ni du cidre, ni du vin: c'était un breuvage d'amour par lequel elle voulait s'attacher à jamais le jeune homme.

" Bois, lui dit-elle, bois ce breuvage de vie que je t'offre en témoignage de mon amour. Désormais, tu ne souffriras plus jamais la faim ni la soif, ni les fatigues et les misères qui sont le lot des pauvres humains.Bois, beau garçon, et ensuite, je te prendrai par la main afin de t'emmener dans mon royaume."


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En ce même moment, la fiancée d'Hervé, au village, désespérée d'avoir vu partir le pêcheur pour cette randonnée nocturne qui ne se justifiait pas, s'était mise à genoux et priait la Vierge et tous les saints du paradis de lui rendre celui qu'elle aimait d'un coeur sincère.

Le pêcheur tendit la main vers la coupe que lui présentait la fée et la porta à ses lèvres, avide d'en boire le contenu et de suivre cette femme si belle et si émouvante dans le rayonnement intense de la lune. Et il allait boire, quand tout à coup, il recula effrayé. C'était l'instant où sa fiancée venait de terminer sa prière et se relevait pour aller à la fenêtre guetter son ombre familière. L'image de sa fiancée lui revint brutalement en mémoire. Alors, d'un geste violent, il lança la coupe dans la mer.


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La fée poussa un cri terrible et sauta dans les flots. Hervé la vit disparaître et n'entendit plus que le bouillonneùent des vagues. Mais la fée était immortelle. Elle ne pouvait pas mourir. Cependant, on l'entendit longtemps pleurer de douleur et de désespoir. A l'endroit où elle avait plongé, se forma un troubillon que les marins connaissent bien et qui les épouvante lorsque le vent les pousse dans cette direction. Et depuis ce temps-*là, la mer est devenue salée à cause des larmes que verse la fée du cap Fréhel parce qu'elle n'a pas pu obtenir l'amour d'un jeune et beaupêcheur de Plévenon.


Jean Markale, Contes & Légendes des Pays Celtes


nb: voyez comment ce conte qui remonte à la fin du XIXème siècle, témoigne que déjà à l'époque, il y avait une méfiance envers la femme fatale, ie, la fée des antiques traditions devenues créature de Satan dans la mentalité puritaine qui caractérise une société rurale qui ne sait plus très bien sur quels critères elle doit se maintenir au milieu des querelles idéologiques de plus en plus pressantes. Ce thème de la "femme fatale" ou bannshee, est abordé dans les contes irlandais, mais sans connotation moralisatrice. C'est le contexte clérical qui met en garde les jeunes gens de Bretagne contre les dangers représentés par la femme, descendante d'Eve, la pécheresse qui a perdu l'humanité.


ARTHUR DECAPITE HUAIL (Ruthin)

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C'est à Ruthin qu'Arthur aurait cherché à se venger après avoir été blessé par un ennemi prénommé Huail.

Lors de leur rencontre suivante, Arthur l'aurait décapité sur un rocher, lequel trône désormais au centre du Peter's Square à Ruthin.

LE TRESOR DE MARCHLYN MAWR (Llanberis)

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Un trésor du roi Arthur serait enterré ici, près de Llanberis.

BWLCH SAETHAU, LE COL DES FLECHES

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C'est sur ce site qu'eut lieu un combat acharné entre Arthur et ses ennemis

RHITTA LE GEANT (Mont Snowdon)

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La légende prétend qu'Arthur aurait tué le géant Rhitta, sur le mont Snowdon.


Le mont Snowdon (en Gallois: Yr Wyddfa, "le tumulus") est le point culminant du Pays de Galles, avec une altitude de 1.085m. Il se situe dans le comté dy Gwynedd, dans le parc national de Snowdonia.

Par beau temps, du sommet on peut voir l'Angleterre, l'Ecosse, l'Irlande et l'Ile de Man.

ARTHUR & LE MONSTRE DU LAC (Llyn Barfog)

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Il est dit que dans le lac de Llyn Barfog vivait un monstre jusqu'à ce qu'Arthur y jette une chaîne et le tue.


OWAIN & LE GEANT DU LAC (Llyn Dinas, Beddgebert)

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C'est à Llyn Dinas, près de Beddgebert,qu'un des chevaliers d'Arthur, Owain, se serait battu contre un géant au bord du lac.

Il est dit qu'un monstre vivait dans le lac de Llyn Barfog jusqu'à ce qu'Arthur y jette une chaîne et le tue.


CAMLAN

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Lorsque vous quittez Camarthen, en direction de Machynlleth, continuez le long de la Dovey Valley:

Dovey Valley.jpgc'est dans cette région qu'Arthur aurait livré son dernier combat: la bataille de Camlan.


L'existence de deux lieux portant le nom de "Camlan" renforce la thèse selon laquelle la bataille aurait bien eu lieu ici.

L'un d'eux se trouve à Dinas Mawddwy, et le second est situé plus haut, dans la vallée, à Cwn Cerist.

MERLIN AU CHATEAU DE DINEFWR

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images.jpgC'est au château de Dinefwr, que Melin l'enchanteur communiait avec les esprits, dans une grotte creusée dans la colline.

LA PIERRE D'ARTHUR (Cefn Bryn)

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En empruntant les petites routes de campagne de la péninsule de Gower, vous parviendrez jusqu'à Cefn Bryn, là où se trouve la pierre d'Arthur, une ancienne chambre funéraire.

BRAN, FILS DE LA REINE CORWENA (Château de Dinas-Bran, Llangollen)

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Flèche début de texte.gifLes ruines du château de Dinas Bran, près de Llangollen, sont surnommées: la forteresse des corbeaux. Ce site offre une vue panoramique incroyable.

Selon certaines légendes, la forteresse aurait été construite par Bran, l'un des fils jumeaux de la Reine Corwena.

D'autres sources affirment que Bran était un nom de code pour qualifier le Saint-Graal. On dit même qu'il serait toujours là !

LA GROTTE DU CHATEAU DE CHEPSTOW

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Dans la vallée de la Wye, le château de Chepstow:

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Flèche début de texte.gifSelon la légende, Arthur et ses chevaliers reposeraient, dans une grotte à flanc de falaise, au-dessous du château normand.

CERIDWEN

 

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Il y a très longtemps, à l'époque du Roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde, un homme nommé Tegid Foel et sa femme Ceridwen vivaient dans la région de Gwynedd. Ils habitaient  une jolie bâtisse faite de pierres et de marbre près du Llyn Tegid (Lac Bala en Gallois). Tegid était de noble decendance et la légende raconte même qu'il était mi-géant. Ceridwen quant à elle, était une enchanteresse.

Ensemble,ils eurent trois enfants: Cerrwy, Morfran etr Afagddu.

Morfran était un garçon robuste - Il officiera plus tard à la cour du Roi Arthur - Il y offrait ses conseils aux gens du domaine afin qu'ils aient une vie plus plaisante.

Ceirwy était la plus belle fille que le monde ait connue.

Afagddu était l'opposé parfait de sa soeur, pusiqu'il était le garçon le plus horrible que la terre ait portée.

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Ceridwen savait que pour avoir du succès dans la vie, il fallait être présentable, et de ce fait, elle s'inquiétait beaucoup pour son fils Afagddu. Pour compenser son apparence, elle eut alors l'idée de lui faire don de la connaissance. Elle passa de longues années à chercher une potion qui pourrait l'aider. Elle décida d'en préparer une dans son chaudron. Le breuvage s'appelait Greal, était à base de plusieurs plantes censé donnerCuisiniers-55.gif l'inspiration et la connaissance.

Le problème fut que cette potion devait mijoter sans interruption pendant un an et un jour. Elle engagea alors un vieil homme aveugle, nommé Morda, pour qu'il garde le feu allumé sous le chaudron, et kidnappa un jeune garçon nommé Gwion Bach, afin qu'il mélange la mixture et qu'elle ne brûle pas. Elle-même avait pour tâche de réunir toutes les herbes nécessaires et autres ingrédients dont elle aurait besoin, car chaque élément de la potion devait être mélangé à un moment précis, en fonction de l'alignement des astres.



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Alors que Ceridwenn récitait des incantations afin de finir la potion, trois gouttes giclèrent sur la main de Gwion Bach. Comme elle était bouillante, il porta sa main à la bouche, instinctivement, pour calmer la douleur. Le chaudron se renversa, déversant tout le liquide dans la rivière, et empoisonnant au passage, les chevaux du Roi Gwyggno Garanhir.

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Gwion Bach commença à avoir très peur car il savait que Ceridwen avait des pouvoirs très importants. Il brisa ses chaînes par la simple pensée et commença à courir pour rentrer chez lui. Quand Ceridwen se retrourna et qu'elle se rendit compte que le travail de toute une année était réduit à néant, elle entra dans une énorme rage.

Elle attrapa un morceau de bois et frappa très fort Morda sur la tête. Ce dernier protesta fermement. Il lui dit qu'il n'était pas responsable de ce désastre, puis Ceridwen se rendit compte qu'il avait raison. C'est à ce moment précis qu'elle réalisa que Gwion Bach avait pris toute la connaissance à la place de son fils. Elle s'élança alors à sa poursuite.


dyn008_original_94_100_gif_2568700_537d923918b83058dbbc82d01eaf1e54.gifUtilisant ses nouveaux pouvoirs, Gwion Bach se changea en lièvre pour aller plus vite, mais l'enchanteresse se changea en lévrier afin d'aller encore plus vite.dyn008_original_420_90_gif_2568700_79d82a9f198eb873f77fcced13e46560.gif




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Puis Gwion sauta dans la rivière te se changea en truite mais Ceridwen se changea en loutre.loutre.gif



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Puis Gwion en oiseau, et Ceridwen en aigle.aigles-10.gif




Alors que Ceridwen était sur le point de le capturer, Gwion aperçu un  tas de blé sur le sol d'une grange et se changea en grain de blé. L'enchanteresse se transforma en poule et mangea jusqu'au dernier grain.


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Après avoir fini, Ceridwenn devint enceinte et neuf mois plus tard elle donna naissance à un petit garçon aux cheveux d'or. Elle savait qu'il s'agissait de Gwion Bach, mais il était si mignon qu'elle n'avait pas le coeur, ni l'envie, de le tuer. Alors elle l'enveloppa dans un sac en cuir et le jeta à la mer.


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Le prince Elffin qui passait par là, aperçu le sac coincé dans un barrage à poissons, sur une plage entre la rivière Dyfi et Avervstwyth. Il le repêcha et quand il l'ouvrit, il découvit le bébé aux cheveux et sourcils dorés. Il décida alors de l'appeler Taliesin (signifiant "sourcils d'or" en Gallois) et l'adopta. Mais en plus d'être beau, Taliesin avait reçu comme cadeau "l'inspiration et la connaissance". Il deviendra plus tard, le plus grand des bardes du Pays de Galles.

LE CHIEN ESPION (Gréville, La Hague, 50)

 

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Flèche début de texte.gifAu hameau Fleury, il y avait un gros chien noir qui venait se chauffer au coin du feu.

Un domestique imagina de faire rougir la pierre sur laquelle le chien s'asseyait tous les soirs. Il se brûla. En voyant entrer le domestique qui lui avait fait ce tour, il le reconnut, il se jeta sur lui et voulait le faire sauter par la fenêtre.

 

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Le domestique appela au secours, plusieurs personnes acoururent, le chien se sauva et depuis on ne le revit plus.

Mais on est bien sûr que c'était quelqu'un du voisinnage qui s'était changé en chien pour voir ce que les gens diraient.

Jean Fleury, Littérature orale de Basse-Normandie, 1884

LE POULAIN DE SOULEUVRE (Bocage Virois, 14)

 

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Viaduc de la Souleuvre


Flèche début de texte.gifA peu de distance de la planche des Vaux de Souleuvre, les voyageurs nocturnes voyaient un poulain étalé en travers de la voie. Sa lugubre mission était de tenter d'abîmer bêtes et gens dans l'eau fangeuse qui se répandait sur le chemin des deux côtés du lit de la rivière.

Apercevait-il quelqu'un, il se levait brusquement, puis, la gueule démesurément ouverte, les yeux ardents et rouges comme des charbons allumés, il hurlait et avançait, essayant d'étourdir par ses ruades pour ensuite assommer et piétiner à son aise.

 

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Si on lui tenait tête hardiment, il faisait volte-face, reculait puis allait se réfugier dans un coin de l'antique cimetière du prieuré de Souleuvre. Si on  l'y acculait en frappant ferme, il filait sous les coups et disparaissait en poussant de grands ébeuillards (cris de frayeur) dans une trompe violente qui l'emportait dans la vallée de la Vire, où le diable le plieumait (épilait) pour s'être vaincre.

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A. Madelaine, Au bon vieux temps, récits, contes et légendes de l'ancien Bocage Normand, 1907


LA LEGENDE DE GERLET (Beddgelert, Snowdonia)

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Flèche début de texte.gifLe récit de cette hsitoire se déroule dans le village de Beddgelert, situé en Snowdonia.

Le prince Llewelyn adorait la chasse, et avait pour cet usage, beaucoup de chiens. Il avait cependant un préféré: Gelert. Ce dernier lui ayant été offert par le roi Jean d'Angleterre. C'était un compagnon loyal, fidèle et sans peur aucune. chiens-bergers-allemand-00003.gif

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Un jour, le prince et sa femme allèrent chasser et laissèrent leur bébé à une nanny ainsi qu'à une servante pour le surveiller. Ces deux dfrenières ne trouvèrent rien d'autre à faire que partir se promener en montagne, laissant l'enfant à son triste sort.

 

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Pendant ce temps-là, Llewelyn était tellement absorbé par sa chasse qu'il ne se rendit compte qu'assez tard dans la journée, que son chien favori manquait à l'appel. Cela lui mit la puce à l'oreille car Gelert était toujours partant pour une partie de chasse et le prince en déduisit qu'il y avait un problème. Il annula alors la chasse, et rentra en pensant que le chien était toujorus chez lui.


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En rentrant, le prince eût à peine le temps d'ouvrir la porte que Gelert se précipita vers lui en remuant la queue, mais alors qu'il le caressait, Llewelyn remarqua qu'il était couvert de sang. Pris de panique, la princesse cria le nom de son fils, mais en vain, aucune réponse ne se fit entendre. Ils montèrent alors dans sa chambre et y trouvèrent le landau renversé, des couvertures ensanglantées et toujours aucune trace de l'enfant.

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Plein de haine, Llewelyn se tourna vers le malheureux chien qui les vait suivit, sortit son épée de son fourreau, et tua son fidèle compagnon. Alors que Gelert gémissait et agonisait sous ses yeux, le prince entendu d'autres sanglots. Il retourna alors le berceau et y trouva son fils - en pleine forme - un énorme loup à ses côtés,lort. Il réalisa à ce moment-là que son chien avait en fait protégé l'enfant des attaques du loup.Pris de remords, le prince Llewelyn enterra Gelert dans la prairie d'à côté, et marqua sa tombe d'une pierre où l'on peut y lire son histoire.




NB: le village de Beddgelert signifie "littéralement": la tombe de Gelert. Et pourtant:

son nom ne viendrait pas de cette légende,mais plutôt d'un Saint qui se serait appelé Kilart ou Celert. 

En 1793, un homme appelé David Pritchard, était propriétaire de l'auberge Royal Goat Inn. Il eut vent de cette histoire et l'adapta pour qu'elle puisse coller au village, dans le but d'attirer plus de clientèle pour son auberge. il aurait ainsi inventé le nom de Gelert, et introduit celui du prince Llewelyn, car ce dernier était lié à une abbaye du coin. C'est même lui, avec l'aide du clerc de la commune, qui aurait installé la pierre tombale.

PIED D'AIRIN & MAINS D'ARGENT (Lanmeur)

 

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Crypte de l'église de Lanmeur


Flèche début de texte.gifLes barbares, Huns, Alains et Saxons, ravagèrent au cours des IVème et Vème siècles, la péninsule armoricaine. Les habitants, pour échapper aux massacres, se retirèrent à l'intérieur du pays, laissant les côtes à peu près désertes sur une profondeur qui atteignait parfois vingt et trente lieues. Partout, dans la partie abandonnée du territoire, la nature reprit le dessus et le sol se couvrit de végétations.

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Tout au début du VIème siècle, existait chez les Bretons insulaires, un personnage issu de race royale, qui était très riche et possédait de nombreux serviteurs. Il s'appelait Iaun (Jean). En raison de son caractère, on l'avait surnommé Reith, nom pouvant se traduire par la Loi ou par la règle.

Ayant appris que la plus grande partie de la Cornouaille armoricaine était redevenue, à la suite des invasions, une terre délaissée et sauvage, que les chevaux, le bétail, le gibier y vivaient en liberté, Iaun Reith fréta une grande flotte, traversa la mer et vint s'installer dans ce pays nouveau pour les siens et pour lui, qu'il mit en culture.


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La principauté, créée par Iaun Reith, passa successivement à son fils Daniel, puis aux deux fils de ce dernier, Méliau et Rivod. Autant Méliau était bon et aimé de son peuple, autant Rivod était ambitieux, cruel et redouté.

 

Un jour, les deux frères eurent une discussion. Méliau soutenait l'équité, Rivod ne reculait pas devant l'injustice pour obtenir ce qu'il désirait. Comme Méliau lui présentait de justes remontrances, son frère s'emporta et, renouvelant l'acte de Cain, le frappa brutalement jusqu'à ce que mort s'en suivit.

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Méliau laissait un héritier légitime, son fils Mélar (ou Méloir), âgé de 7 ans.


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Rivod, en raison de l'extrême jeunesse de Mélar, obtint de gérer ses biens. Mais ce pouvoir temporaire ne suffisait pas à son ambition. Il voulait le pouvoir définitif. Il projeta d'abord pour l'obtenir, d'assassiner son neveu, puis une idée peut-être plus atroce encore, lui vint à l'esprit. Il fit couper la main droite et le pied gauche de l'enfant. Celui-ce, du fait de cette mutilation, ne pourrait tenir un glaive, ni monter à cheval et deviendrait incapable de régner.

L'assemblée nationale des barons de Cornouaille protesta contre cet acte abominable. Elle décida même de soustraire Mélar à Rivod, et de le confier à l'abbé qui avait remplacé Saint Corentin à la tête de son monastère. Elle n'osa cependant pas retirer le pouvoir au frère de Méliau.


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Mélar, dès qu'il fut instruit, alla demeurer chez l'un des barons, nommé Kérialtan, que l'assemblée chargea de son éducation militaire et mondaine. Un évènement absolument merveilleux s'était produit. Les barons, après sa cruelle mutilation, avaient adapter à Mélar, un pied d'airin et une main d'argent. Or, peu à peu, ces membres artificiels s'étaient assouplis, avaient crû si bien que l'incapacité physique n'existait donc plus et, Mélar, contrairement à ce qu'avait voulu son oncle, se trouvait en mesure de régner et de gouverner. Son amabilité et sa bonté, qui rappelaient celles de son père, lui valurent des partisans nombreux.homme-gif-183.gif

Rivod sentit tout le danger de cette nouvelle situation. Il regretta de n'avoir pas suivi sa première inspiration et fait assassiner Mélar. Convaincu qu'il n'était pas trop tard cependant, il appela Kérialtan.

ali_divers_220.gifAprès lui avoir servi un repas fastueux, arrosé des meilleurs vins, il lui proposa de tuer son pupille, moyennant quoi il le comblerait de tous les biens.

Kérialtan, honnête jusqu'alors, et qui même semblait aimer Mélar d'une affection vraiment paternelle, se laissa griser tout à la fois par les vins généreux et par les promesses de Rivod. Il accepta l'odieux marché, en posant cette condition:

" Quand j'aurai apporté la tête de Mélar, je monterai sur la plus haute montagne de Cornouaille et tout le pays que verront les yeux sera le mien

- Il en sera selon ton désir, acquiesça Rivod."

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En retournant chez lui, Kérialtan se rendit compte de l'abomination de sa conduite. Il confia à sa femme ce que lui avait proposé Rivod et laissa entendre qu'un tel crime rejaillirait sur lui et sur les siens. Mais, au lieu d'être encouragé dans l'idée d'un refus, Kérialtan trouva au contraire, auprès de sa compagne, l'excitation du crime.

femme034.gif" Il faut, lui dit-elle, songer à l'avenir de nos enfants. Il n'est pas bon de désobéir aux princes. Va trouver Rivod. Dis-lui que tu acceptes définitivement ses propositions."

Kérialtan, accompagné de son fils Justan, qu'il emmenait comme témoin, se rendit à nouveau chez Rivod. Il y demeura pendant une semaine à discuter, point par point, les conditions de l'odieux contrat.

Pendant ce temps, la femme de Kérialtan était revenue à de meilleures sentiments. A son tour, elle comprenait l'horreur du pacte sanguinaire que son mari et son fils allaient conclure. Prise d'un remord sincère et de pitié pour Mélar, qui était jeune, beau, affectueux, elle lui dit, sans spécifier lequel, qu'un danger le menaçait et elle l'emmena de l'autre côé des montagnes d'Arrhée, pour le mettre en sûreté chez l'un des plus puissants seigneurs du pays, le comte de Beuzit, dont le château s'élevait à quelque distance des lieux où se trouve la ville actuelle de Lanmeur.

Quand Rivod apprit la fuite de Mélar et de la femme de Kérialtan, il montra une profonde colère et tomba dans une languissante tristesse. Il rappela son complice et lui dit qu'il se devait de remplir ses engagements. 

Kérialtan, qui avait entrevu une grosse fortune, ne voulait pas qu'elle lui échappât. Il se mit en quête de découvrir la retraite de Mélar. Ce ne fut pas chose très facile, car sa femme désirait, malgré tout, revoir les siens. Elle mit cependant comme condition que les projets criminels de Rivod seraient abandonnés.

Kérialtan en fit le serment et, le jour de son arrivée, il se montra plein d'attention pour Mélar. Celui-ci, ignorant que ceux qu'il regardait et aimait à l'égal d'un père et d'un frère avaient l'âme perverse, manifesta une joie profonde de les revoir. Pour leur prouver son affection, il demanda, selon la coutume de l'époque, à passer sa nuit avec eux.

Mais la femme de Kérialtan doutait encore de la sincérité de son mari. De vagues craintes la hantaient. Elle s'opposa pendant deux jours à ce que Mélar partageât sa couche. Le troisième jour, Mélar montra tant d'insistance, Kérialtan protesta de sa droiture avec tant d'apparente sincérité, que la pauvre femme, non sans trembler, finit par céder.

medieval6.gifMélar s'allongea donc entre le père et le fils, et, plein de confiance en leur amour, il s'endormit tout heureux. La maison entière se trouva bientôt plongée dans le sommeil. Seuls Kérialtan et Justan restaient éveillés. Quand ils furent bien certains que personne ne les entendrait, ils quittèrent leur lit. Le père saisit une hache, le fils prit entre ses mains les bras de Mélar. La hacje s'éleva et retomba. Le sang jaillit et la tête roula sur le sol "comme celle d'un agneau".

Le crime accompli, justan ramassa la tête ensanglantée et la plaça dans un sac, pour la porter à Rivod. Mais il n'était pas facile de quitter le château de Beuzit sans attirer l'attention de ses habitants. Justan, au lieu de sortir par la porte qui était gardée, essaya, en s'aidant des aspérités, de descendre le long de la muraille. La nuit était profonde. Il ne put trouver les repères sur lesquels il comptait. Dès qu'il eut commencé sa descente, il se sentit perdu. Il voulut remonter au faite des remparts. Ses forces l'abandonnèrent et, d'une hauteur de plus de trente pieds, il roula au fond des douves, le corps broyé.

Kérialtan trouva, le lendemain matin, le cadavre de son fils. A côté, dans le sac, gisait la tête de Médar. Maîtrisant la douleur qu'il éprouvait de la perte de Justan, Kérialtan prit le sac et se rendit en courant chez Rivod, aux pieds duquel il jeta l'affreux trophée.

" C'est bien, déclara le tyran. Tu vas recevoir le prix de notre marché. Rends-toi sur le mont Fruggy et, comme convenu, tout ce que tes yeux verront sera tien."

Kérialtan escalade la montagne. Il arrive bientôt au sommet. Il regarde autour de lui, mais il a l'impression , bien qu'il n'aperçoive aucune étoile, d'être en pleine nuit. Le soleil brillait cependant quand il partit de chez Rivod. Alors, il comprends ce qui lui arrive. Il ne connaîtra plus désormais la douce lumière du jour. Ses yeux sont éteints. Il est aveugle. Sa rage du crime commis et qui ne sera pas payé, devient telle que le sang lui monte à la tête et que son coeur s'arrête de battre. Il tombe foudroyé.dormeurs011.gif

A quelques jours de là, Rivod expirait à son tour, au milieu des plus cruelles souffrances.

Le cadavres de Mélar fut transporté dans l'église de Lanmeur où, pour recevoir son tombeau, on édifia la très belle crypte à trois nefs qui s'y voit encore.

LA CORNE DU DIABLE (Evreux, 27)

 

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Cathédrale d'Evreux


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L'esprit malin prit successivement la forme d'un ours, d'un lion et d'un hibou, pour éloigner l'évêque de la ville où il venait porter la parole de Dieu, mais trois fois il fut terrassé.

Il voulut alors prendre sa revanche et trois jours après, pendant que Saint-Taurin  prêchait, il enleva de l'auditoire la fille d'un certain Lucius, qui avait donné l'hospitalité à l'évêque, et la précipita dans les flammes où elle périt à l'instant. Ce ne fut que l'occasion d'un nouveau triomphe pour Saint-Taurin, qui rappela la belle Euphrasie-à-la-vie, au grand étonnement des spectateurs dont cent-vingt se firent baptiser sur le champ.

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Le même jour, il rendit la vue à huit aveugles et la parole à quatre muets.

 

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hermines début de texte.gifLoin de se tenir pour battu, après tant de revers, le diable renouvela ses attaques, en renversant la nuit, les murs d'une église que Saint-Taurin faisait bâtir. Pour le coup, le saint perdit patience, et résolut d'attaquer son ennemi corps à corps. La première fois que le diable reparut, il le saisit par les cornes et le secoua si rudement que l'une des deux lui resta dans la main.

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On a montré cette corne dans les cabeaux de l'abbaye de Saint-Taurin, jusqu'à la fin du siècle dernier, à ceux qui doutaient de la vérité de cette histoire, et les fidèles, en l'approchant de leur oreille, entendaient distinctement ces mots:

"Taurin, Taurin, rends-moi ma corne."


Léon de Vesly, Légendes et vieilles coutumes, 1905

JALOUX MAIS PIEUX (Préau, 27)

 

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Manoir de Lubinière, Préaux, 61

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Un des possesseurs du domaine de Notre-Dame -des-Préaux, pendant qu'il occupait ses loisirs à guerroyer au loin, fut averti, si nous en croyons la tradition, que sa femme avait commis quelque infidélité. 

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hermines début de texte.gifIl revint, et, dans sa fureur, attacha cette infortunée, par les cheveux, à la queue d'un cheval indompté, qui l'entraîna à travers les ravins et les précipices.

Mais bientôt, il reconnut l'injustice de l'accusation, et, pour apaiser le Ciel, il prit la résolution de se consacrer à la vie religieuse.

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Il éleva donc un monastère à l'endroit même où il s'était livré à ses premiers emportements, et une chapelle sur les lieux où avait été retrouvé le cadavre de sa victime.

 

 

 

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Les religieuses de Saint Léger de Préaux, qui voulaient avoir une part dans cette tradition, la changèrent dévotement, et racontaient que les deux abbayes étaient dues à Saint Benoît, repentant d'avoir battu sa femme, les fonda aux endroits où il l'avait le plus maltraitée.


Alfred Canel, Essai historique, archéologique et statistique, 1883

NOEL DE L'AVOCAT (Bayeux, 14)

 

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hermines début de texte.gifDans le bailliage de Bayeux, en 1790, il existait un usage singulier.

images.jpgA l'audience qui précédait les fêtes de Noël, l'avocat qui plaidait la dernière cause, entonnait à haute voix un cantique populaire sur la nativité de Notre Seigneur. 

 

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Alors, juges, avocats, plaideurs et assistants, reprenaient en choeur le chant de Noël qu'ils poursuivaient à gorge déployée.


Pluquet, Contes populaires, préjugés, patois, proverbes,1834

LA PIERRE DYALLAN (Jurques, 14)

 

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La pierre Dyallan est un vieux dolmen druidique mesurant près de 3 mètres de haut, 5 mètres de longueur et large d'environ 1 mètre et demi.

51561568.jpgLa table repose sur quatre supports et les alentours présentent les débris d'une douzaine de pierres formant une sorte d'enceinte circulaire.

Les vieilles femmes se rendaient autrefois à la pierre Dyallan comme à un lieu de pélerinage, pour obtenir que leurs enfants soient favorisés d'un bon numéro, lors du tirage au sort de la circonscription. Elles déposaient une branche de palmier sur le milieu de la table, en faisant neuf fois le tour à reculons, et rentraient chez elles.

La tradition affirmait que bon nombre de ces femmes avaient été exaucées dans leur désir.

 

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Victor Brunet, Contes populaire du Bocage Normand, 1886.

LE CHÊNE AU MUET (Athis, 61)


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hermines début de texte.gifUn domestique que le Sieur Mathieu Le Bailly de la Motte, personnage protestant, avait eu pendant quelque temps à sonservice et qui avait quitté sa maison on ne sait pourquoi, connaissait non seulement la position de la fortune de son ancien maître, mais encore était très au courant des usages du logis.majordome001.gif

Cet homme comptait peu sur les moyens de défense des châtelains et avait résolu leur perte dans le but de s'enrichir. Il s'empressa donc d'accepter l'offrande d'une forte somme qu'un aventurier des environs lui offrit pour le guider en vue d'assassiner la famille Le Bailly. Tous deux, aidés de quelques complices, arrivèrent bientôt au château de la Motte pendant les vêpres de Rongeugeray, le 29 mars 1692.


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Ils commencèrent par tuer, sans être aperçus de personne, deux chiens de garde qui auraient pu certainement les déranger dans l'exécution leurs desseins. Bientôt ils frappèrent à la porte du château, Mathieu Le Bailly vint ouvrir, après avoir déplacé une forte solive carrée, arc-boutant la porte d'entrée à l'intérieur et qui s'enfonce encore aujourd'hui dans la muraille aux deux extrémités.

Apercevant alors des gens en costume de voyage, le sire de la Motte leur souhaita la bienvenue, les prenant à pareille heure pour des étrangers égarés dans cette contrée. Un des assassins s'avança et, pout toute réponse, déchargea à bout portant sur M. de la Motte un pistolet qui l'étendit raide mort.

 

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Un fils de la maison, Jean Le Bailly, jeune homme de 18 ans, s'avance incontinent au secours de son père; mais voyant qu'il ne lui restait plus qu'à le venger et à se défendre lui-même, il se disposa à vendre chèrement sa vie. Il courut vers l'âtre du foyer, malgré les profondes blessures qu'il avait déjà reçues, monta sur un siège  et essaya de décrocher une arme de fort calibre suspendue au manteau de la cheminée, mais les assassins qui le poursuivaient lui firent lâcher prise et l'achevèrent sans pitié...

Alors survint un autre fils de M. Le Bailly, enfant de 12 ans. L'ancien domestique qui guidait les assassins du geste et de la voix, arrêta le bras de l'un d'eux en disant:

" Inutile, cet enfant est muet. Ne craignez pas ses révélations."

 

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Dans le trouble, l'enfant parvint à s'échapper, et, pour se mettre à l'abri du danger de mort qui planait encore sur sa tête, il se réfugia dans le creux du chêne voisin, qui, depuis cette époque, portye le nom de Chêne au Muet.


Anatole Duval, Le chêne de la Motte ou chêne au muet



LE PRé DE LA FONTAINE (SAI, 61)

hermines début de texte.gifIl y a un endroit appelé le Pré-de-la-fontaine où on disait toujours qu'il revenait quelque chose... et on le dit encore !

 

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"J'ai entendu dire par des vieillards que bien des fois, un beau cavalier, monté sur un cheval noir, venait souvent demander tel ou tel chemin, puis, par ses paroles entraînantes, engageait l'obligeant Cicérone de monter en croupe, et partait à fond de train si celui-ci, en reconnaissant les pieds fourchus du cavalier n'avait pas l'adresse de se laisser glisser doucement et d'aller se  cacher. On a  même cité des individus à qui c'est arrivé."


Louis Duval, Notes sur la paroisse et les seigneurs, 1889

LES BIERES (Bricquebec, 50)

 

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Flèche début de texte.gifIl parait qu'on rencontre la nuit d'étrange apparitions du côté de Briquebec. Les habitants l'ont rapporté en tout cas, à Pierre Filastre en 1832.


La nuit, couchés en travers des chemins ou placés sur des échaliers barrant le passage aux voyageurs, des Bières ou spectres blancs, semblables à un cercueil, peuvent vous faire face. Quelquefois on en voit plusieurs ensemble. Autrefois, ces apparitions étaient fort communes.

 

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La tradition porte que lorqu'on est forcé de passer un chemin ou sur uné chalier où il il y a des bières, il faut, avec respect, les tourner bout pou bout, en els remettant très exactement à la même place, puis continue votre voyage. Ces apparitions se voient également dans les cimetières.

28/03/2012

LA VILLE SOUTERRAINE (Bricquebec, 50)

 

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Quelques traces indiquent qu'il y avait une ville souterraine, non loin de Bricquebec. Pierre Lefillastre recueilla les traditions orales au XIXème siècle, le mentionne dans l'Annuaire de la Manche en 1833:

pirate30.gif" Nous avons ici, près du bourg de Bricquebec, une montagne nommée Brémont. Une ville du même nom existait en ce lieu (je n'ai pu trouver aucune trace de cette ville imaginaire). Certaines personnes prétendent que la montagne renferme des cavernes où de riches trésors sont gardés par une truie qui vomit des flammes. Un italien, dit-on, voulut forcer ce sanctuaire, mais il fut obligé de quitter prise, à la vue des monstres qui l'assaillirent."

 

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Peu après, Amélie Bosquet reprend dans Normandie romanesque et merveilleuse, 1845:

" Près du bourg de Bricquebec, est une montagne nommée Brémont; la traditiontéléchargement (2).jpg rapporte qu'une ville du même nom existait en ce lieu. Des cavernes, ajoute-t-on, sont creusées dans la montagne, elles renferment d'immenses trésors gardés par une truie qui vomit des flammes. Un italien entreprit de combattre cette sentinelle d'une nouvelle espèce, mais il eut affaire à si forte partie, qu'il se vit contraint de se retirer honteusement."

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Une autre hypothèse a été proposé pouridentifier l'entrée du souterrain qui mène à cette ville souterraine introuvable:en 1979, René Letenneur nous dit que "près de Bricquebec, un énorme monolithe était défendu par une grosse truie satanique" (Magie, Sorcellerie et Fantastique en Normandie, 1978);

Il s'agit des Grosses Roches, sur la commune de Rocheville. On y trouve des roches qui ont donné leur nom à la commune, et des traces anciennes d'occupation puisqu'on y comptait deux allées couvertes dont une encore visible.

Beaucoup de traditions y tournent autour des fées, et des cachettes entre les rochers où elles vivent, traces de traditions païennes dont la truie vomissant des flammes est une réminiscence.

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Dans Chasse aux Trésors en Normandie de Didier Audinot, on lit:

"Autour de Briquebec, cette fois dans le département de la Manche, les souterrains-refuges ont une origine plus récente, mais constituent en revanche une réalité. Ils auraient été dit--on, façonnés par les habitants du village initial au temps des premiers raids vickings en Normandie, et auraient resservi pendant la guerre de Cent Ans et au temps des guerres de Religion. Pour la plupart, ils sont centrés autour de la colline dite des Gros-Rochers, et passent tous pour receler de petits trésors cachés là par les réfugiés."

Alors ! Existe-t-il toujours des souterrains autour de Rocheville ? 

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LA TOUR DE LONDRES

 

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hermines début de texte.gifLa Tour de Londres est très probablement l'un des monuments les plus effrayants de la City.

Construite en 1078 par William le Conquérant, dans l'Est de la cille, toute proche de la Tamise et du Tower Bridge. Impressionnante, intimidante, elle domine tout le paysage londonien. Il s'agirait de l'endroit le plus hanté de la ville.


La Tour de Londres est en fait composé de plusieurs tours, servant à la fois de forteresse, de salle au trésor, de palace, de prison. Aujourd'hui, la Tour est devenue une résidence royale officielle, et est visitable.

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LA TOUR WAKEFIELD

Cette tour serait hantée par le roi Henry VI. Assassiné le 21 mai 1471 alors qu'il s'agenouillait pour prier, il fut tué une heure avant minuit. L'histoire raconte que c'est le Duc de Gloucester qui tenait le couteau qui le tua. Lors de l'anniversaire de sa mort, son fantôme endeuillé serait apparu au premier coup de minuit, et aurait arpenté la Wakefield Tower en titubant jusqu'au dernier coup de l'horloge. Il disparu ensuite dans la pierre de la Tour pour y reposer en paix.

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LA WHITE TOWER

Cette Tour est l'une des plus vieilles et des plus inaccessibles tours de toute la Tour de Londres. Les courants d'air dans ses couloirs seraient nombreux, mais il s'agirait en fait de la matérialisation du fantôme de la Dame Blanche

La Dame Blanche fut un jour aperçue devant une fenêtre observant un groupe d'enfants dans le bâtiment d'en face. Ce serait également son parfum qui embaumerait l'air aux alentours de la Chapelle St John, et qui aurait provoqué un jour, un haut le coeur au Garde - Celui-ci étant obligé de rester à son poste, et donc de respirer son parfum. 

Plusieurs gardes ont rapporté avoir eu une sensation d'accablement alors qu'ils entraient dans la galerie où est exposée l'énorme armure d'Henry VIII. Ils auraient alors tituber, et eurent la sensation que la pièce bougeait.

Un autre jour, alors qu'un garde faisait sa ronde lors d'une nuit d'orage, il aurait eu la sensation que quelqu'un lui jetait un énorme manteau sur les épaules. Alors qu'il se serait débattu pour se libérer, il eût sentit que le fantôme l'attaquait, l'agrippait par derrière, et serrait sa veste autour de la gorge. Il se serait débrouiller pour se sortir de là en courant vers la salle des gardes. Il en serait revenu avec de vives marques sur le cou, témoignant de son attaque par cette force invisible.

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LA TOWER GREEN

Cette tour témoigne de toutes ces pauvres âmes qui y ont été exécutées à travers les siècles. 

On dit que le fantôme d'Ann Boleyn, ex-Reine d'Angleterre, est l'un des plus persistant de la Tour de Londres. Elle hanterait également la White Tower,le King's House, ainsi que la Chapelle de St Peter ad Vincula où son corps sans tête y est inhumé.

Anne Boleyn, femme d'Henry VIII, fut exécutée en 1536 sous ordre de son mari lassée d'elle. 

En 1864, un garde raconta avoir vu un fantôme sans tête dont il pensait être Ann Boleyn. Quand sa baïonette passa à travers elle, il s'évanouit sous le choc, et pour cela, il fut traduit devant la Cour Martiale pour s'être endormi à son poste. Il fut sauvé par des témoignages d'autres gardes qui avaient été témoins des mêmes faits.

Le Capitaine des gardes quant à lui, raconta avoir vu une lumière venir de la Chapelle Royale de la White Tower, alors que cette dernière était fermée. Il monta sur une échelle pour regarder au-dessus de la Chapelle, et fut témoin d'une procession de gens en robes anciennes avec une élégante femme  qui marchait devant eux; il reconnue Ann Boleyn qu'il avait vu à plusieurs reprises sur des portraits dans la Tour.

Lady Jane Grey, la reine de neuf jours, y est aussi passée. On rapporte que tous les 12 février (anniversaire de sa mort en 1554), elle y apparaitrait, ainsi que dans la Salts Tower. 

Le fantôme de Margaret Pole, Comtesse de Salisbury, serait aussi présent. A soixante-douze ans, elle devint la cible d'une vengeance insignifiante d'Henry VIII. En effet, le fils de la Comtesses, le Cardinal Pole, avait diffamé quant à la revendication du Roi comme chef de l'(Eglise d'Angleterre, mais comme il s'était réfugié en France, Henry s'attaque à sa mère et Comtesse: il l'enferma le 27 mai 1541. Quand le bourreau demanda à Margaret de s'agenouiller, la vieille femme refusa en disant que c'est les traitres qui s'agenouillaient et qu'elle n'en faisait pas partie. Le bourreau leva lors sa hache au-dessus de la tête, mais comme il était inexpérimenté, il entailla son épaule avant de lui trancher la tête devant un public de 150 personnes. On dit que ce spectacle recommence lors des anniversaires de sa mort, et que le fantôme criant de la malheureuse continu d'être chassé par un fantôme de bourreau.

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LA GARDEN TOWER ou BLOODY TOWER

Elle tient son surnom de cette histoire: quand Edward IV mourut subitement en avril 1483, son fils de douze ans fut destiné à lui succéder en tant que Edward V. Mais, avant son couronnement,  Edward et son jeune frère Richard, furent déclarés illégitimes par le Parlement, et c'est leur oncle, le Duc de Gloucester, qui prit le trône sous le nom de Richard III.

Les garçons qui avaient été envoyés à la Tour de Londres pour le couronnement d'Edward y étaient restés, et avaient l'habitude de jouer tranquillement dans les environs. Mais, en juin 1483, ils disparurent mystérieusement, et on ne les revit plus jamais en vie. On rapporte qu'ils furent assassiéns sur les instructions de Richard III et que leurs corps furent enterrés quelque part dans les fonds de la Tour. 

En 1674, deux squelettes furent retrouvés sous une cage d'escalier dans la White Tower - on en déduisit qu'il s'agissait des deux petits princes. Ils furent transférés à l'Abbaye de Westminster.

La légende raconte que des fantômes sanglotant de deux enfants habillés de chemises de nuit blanches et s'agrippant l'un l'autre avec terreur, furent souvent vus dans la pièce où ils avaient été enfermés. Les témoins de ce spectacle essayent souvent de consoler ces pauvres spectres, mais les deux garçons retournent doucement dans le mur et disparaissent lentement dans la structure.

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LA MARTIN TOWER

Cette histoire provient d'un témoignage d'un des gardes des Joyaux de la Couronne du XIXème, en 1817:

Ce garde et sa famille était assis dans une pièce de cette tour, éclairés à la lunière de bougies. Sa femme aperçue quelque chose de l'autre côté de la pièce, et elle cria pour alarmer sa famille. Le garde se retourna et vit un  objet cylindrique qui ressemblait à un tube de verre rempli d'un liquide bouillonnant bleu. Cette étrange apparition commença à bouiger autour de sa femme qui était toujorus assise à table. Elle cria et essaya de l'attraper en vain. Le garde essaya de l'atteindre avec une chaise, mais cette dernière passa à travers le spectre. Puis le cylindre s'estompa et disparu.

Le même garde fut témoin d'une autre scène spectrale: une sentinelle fut victime d'un ours venant de la Jewel Room. Il le poignarda avec sa baïonette qui passa évidemment au travers de l'apparition, et alla s'encastrer dans une porte. L'ours lui, disparu rapidement et la sentinelle mourut quelques jours plus tard, après s'être confié au gerde. Une autre sentinelle avait aussi vérifiée son histoire. Cette vision daterait de janvier 1815 ou 1816.

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LA BYWARD TOWER

En 1983, un garde relata avoir vu une apparition de Sir Walter Raleigh.

La même apparition fut paerçue un an et demi après par différentes sentinelles de la même tour. On dit que Sir Walter errait dans la Tour quand il fut emprisonné mais il n'était pas aussi limité dans ses mouvements que d'autres prisonniers. Il fut ensuite décapité.

Enfin, on racontre que d'autres fantômes et notamment les cris de Guy Fawkes, se feraient entendre entre les murs de la Tour. Il aurait été troturé avant d'être pendu et écartelé. Il y aurait aussi le fantôme de Lord Nothumberland qui fut exécuté en 1553.


27/03/2012

LE ROI AUX OREILLES DE CHEVAL - Morvah

 

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Penzance


En ce temps-là, à Morvah, non loin de Penzance, il y avait un roi qu'on appelait Cunomor. Ses sujets l'aimaeint bien, car c'était un bon roi. Il venait souvent partager le repas des uns et des autres et s'informer de leurs soucis, désirant avant tout faire respecter la justice sur ses terres. Mais chacun s'étonnait de le voir toujours la tête recouverte d'un bonnet de fourrure qui descendait jusqu'à ses oreilles, et cela été comme hiver, qu'il fit froid ou qu'il fit chaud.

Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que le roi Cunomor avait un secret: il avait des oreiles de cheval, et c'est pour cela qu'il se cachait toujours la tête sous un bonnet de fourrure. Et seul son barbier connaissait cette particularité, mais le roi lui avait fait jurer, sous peine d'être pendu, de ne jamais la révéler à un quelconque être humain. Le barbier, terrifié, avait aussitôt juré, et il avait tenu parole. Mais ce secret lui pesait si lourdement qu'un jour, il ne put tenir plus longtemps. Passant près d'un marécage où poussaient des roseaux, il fit un trou dans le sol, se pencha, mit sa tête à l'intérieur et prononça ces paroles:

" Le roi Cunomor a des oreilles de cheval !"

Puis il reboucha soigneusement le trou et s'en alla, satisfait. Il avait révélé le secretn certes, mais non à un être humain. Il l'avait confié à la terre, il n'avait donc pas trahi son serment.

Mais il avait oublié que la terre est la mère de tous les êtres. A l'emplacement du trou qu'il avait fait, un roseau poussa et grandit.

Un jour, un musicien vint dans le marécage chercher des roseaux pour en faire de petites flûtes. Il coupa le roseau qui avait poussé dans le trou et s'en fit donc un chalumeau, bien content d'avoir trouvé ce qu'il fallait, car le lendemain, il devait jouer des airs dans un bal qui se tenait au village.

Or, le roi Cunomor avait tenu à participer à la fête. Il vint se mêler aux villageois, plaisanta avec eux et se montra joyeux compagnon. Puis vint l'heure des danses. C'est lui qui ouvrit le bal avec la paysanne la plus jolie qu'on pût trouver. Ils se mirent donc en place, au milieu de la prairie, et les musiciens montèrent sur une estrade improvisée avec des planches sur des tonneaux. Et ils commencèrent à jouer.

Le roi n'avait pas fait trois pas qu'on entendit distinctement le chalumeau qui chantait des paroles au lieu des sons habituels. On prêta l'oreille avec attention et tous ceux qui étaient là en furent ébahis: car voici ce que chantait le chalumeau:

" Le roi Cunomor a des oreilles de cheval ! " Le roi Cunomor a des oreilles de cheval ! " Le roi Cunomor a des oreilles de cheval ! "

Et plus le musicien jouait en tapant du pied sur les planches, plus le chalumeau répétait la même chanson. Le roi comprit très bien les paroles. Il commença par en être furieux, puis il se dit qu'il perdrait la face s'il ne faisait pas quelque chose. Il s'arrêta de danser et imposa le silence autour de lui. Puis, d'un geste brusque, il arracha son bonnet de fourrure.

" Voyez ! s'écria-t-il, la chanson a raison. Je ne vois pas pourquoi je cacherai davantage la vérité !"

Tous purent voir que le roi Cunomor avait effectivement des oreilles de cheval. Et c'est depuis ce jour-là qu'on ne l'appela plus que le roi Mark*.


(*) Mark est d'origine celtique: marc'h (en breton) signifiant "cheval"


NB: ce même récit est narré en d'autres lieux au Pays de Galles mais est aussi connu en bretagne, notamment près de Douarnenez, au hameau de Plomarc'h: le roi y est appelé Guivarc'h. 

Il s'agit bien du roi Mark de la légende de Tristan et Yseult, à l'origine personnage historique ayant régné - Tristan, fils de Cunoworus (Cunomor). Ce roi eu deux noms, mas en Bretagne, on le connait surtout sous le nom de Konomor ou Comorre, à cause de ses démêlés avec d'uatres princes et des évêques, dont le célèbre Saint Samson de Dol, qui le fit condamner pour ses graves méfaits. 

La légende en a fait un "Barbe Bleu" breton, tuant ses femmes dès qu'elles étaient enceintes à cause d'une prophétie selon laquelle il serait tué par son fils.

NB: le thème de ce récit est semblable à celui du roi Midas, qui vait des oreilles d'âne, mais le symbole du cheval est plus celtique - il représente celui qui emporte les âmes des morts dans l'Autre Monde.


26/03/2012

26.03.2012: La Tentation indépendantiste

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Au 2, Bakers Street, l'ambiance de ce petit pub situé au centre de Stirling, en Ecosse, commence à s'échauffer. Des dizaines de petits drapeaux écossais - une croix de Saint-André blanche sur fond bleu - ont été accrochés à l'occasion du Tournoi des six nations. Mais c'est autre chose qui enflamme les esprits : l'indépendance de l'Ecosse. Alex Salmond, le premier ministre, a annoncé en janvier qu'il voulait tenir un référendum sur ce sujet en 2014 - il a ensuite rencontré le premier ministre britannique, David Cameron, pour en négocier les modalités.

Au pub, plus la bière coule, plus les fêtards semblent être en faveur de larguer les amarres. "Bien sûr que ça fait peur, mais nous avons devant nous une chance unique d'être courageux", estime Neil Ross, 55 ans. Kirsty Lovatt, 35 ans, avale un verre de vodka d'un trait et opine : "Londres veut nous faire peur en nous affirmant qu'on ne pourra pas survivre sans eux. Mais ce sont des tactiques de brutes, et rien que pour ça, je voterai pour l'indépendance." Pommettes rouge vif, Franck McChord pousse des coudes pour renchérir : "Ça fait vingt ans que je vote SNP (Scottish National Party, le parti indépendantiste) et il est temps de prendre notre indépendance."

Pourtant, la plupart d'entre eux étaient nettement moins radicaux une heure auparavant, l'esprit clair. "Bien sûr que j'aimerais bien l'indépendance, mais d'où est-ce que l'argent va venir ?, s'inquiétait Kirsty Lovatt. S'il fallait voter demain, je ne crois pas que je serais en faveur." Derrière le comptoir, Rory MacLeod n'était pas convaincu non plus. "J'ai voté SNP lors des dernières élections, mais c'est parce qu'ils proposaient des mesures de soutien pour les étudiants, et que j'allais à l'université. Mais l'indépendance ? Franchement, nous recevons trop d'argent de Londres pour couper les ponts."

Alors que le budget de l'Etat britannique - qui s'applique en grande partie en Ecosse - est présenté à Londres ce mercredi 21 mars, ces tiraillements permanents entre une envie d'indépendance et une crainte de quitter l'union avec l'Angleterre, signée en 1707, résument l'attitude écossaise. L'annonce parDowning Street d'une modulation des salaires des fonctionnaires en fonction des régions risque de désavantager l'Ecosse et agace. Mais le filet de sécurité que fournit Londres rassure.

Culturellement, cela ne fait pas l'ombre d'un doute : la région est très différente de son voisin du sud. L'accent n'y est pas le même, la musique non plus, de même que la gastronomie, les paysages et même les billets de banque. L'histoire a ses particularismes, comme le rappelle le mur de 117 kilomètres érigé par l'empereur romain Hadrien au nord de l'Angleterre, en l'an 122. Politiquement, les habitants sont beaucoup plus à gauche et pro-européens. Côté religion enfin, l'Eglise d'Ecosse est séparée de celle d'Angleterre et il existe une forte minorité de catholiques.

Economiquement pourtant, les hésitations sont profondes. Tout repose sur une question : l'Ecosse est-elle "subventionnée" par l'Angleterre ou peut-elle être financièrement indépendante ? Actuellement, la région n'a pas le droit de leverd'impôts pour son propre compte : les recettes fiscales sont entièrement rassemblées à Londres, puis redistribuées suivant un vieux mécanisme (dit "formule Barnett") qui dépend notamment de la population dans chaque région. Sur cette base, les chiffres sont clairs, Londres subventionne Edimbourg : sur une année, d'avril 2009 à mars 2010, l'Ecosse a levé 50 milliards d'euros mais en a reçu 74 milliards.

Pour Alex Salmond, cette équation oublie une question essentielle : les recettes fiscales du pétrole dans la mer du Nord, comptabilisées à part. La question devient alors très compliquée : quelle partie du pétrole dans les eaux écossaises, quelle partie dans les eaux anglaises ? Le SNP veut utiliser la démarcation des zones de pêche, ce qui donnerait 90 % des hydrocarbures à l'Ecosse. Un tel calcul permettrait à la région d'équilibrer ses comptes avec l'Angleterre.

Face à ces arguments contradictoires, les Ecossais sont hésitants. Tous les sondages l'indiquent : l'indépendance serait aujourd'hui rejetée. Environ un tiers des habitants est pour, un autre tiers préfère le statu quo, et le dernier tiers espère un compromis, avec une autonomie renforcée (appelée "décentralisation maximum"), donnant notamment le droit de lever des impôts. "Nous sommes des nationalistes culturels, pas politiques", résume Alistair Mann, professeur d'histoire à l'université de Stirling.

Les notables de Stirling ont, eux, fermement choisi leur camp. Dans l'hôtel duGolden Lion, ils se sont mis sur leur 31 pour le déjeuner hebdomadaire du Rotary Club. Tous sont des hommes, blancs, cadres supérieurs et, pour la plupart, à la retraite. Entre rôti de boeuf trop cuit, verre de vin levé "à la reine" et cours d'histoire sur un ancien héros militaire écossais, ils acceptent de voter à main levée : 24 sur 26 rejettent l'indépendance.

"J'ai longtemps travaillé en Afrique, dans le pétrole, et j'ai vu ce qu'il se passait quand un pays n'était pas prêt pour l'indépendance, peste Mike Queen. A chaque fois, ce sont les politiciens qui la veulent, et ils ne le font pas pour le peuple. Qui vapayer pour tous ces gens qui vivent aux crochets de l'Etat, entièrement dépendants des allocations sociales ?"

Sandy Leven, ancien cadre dans une entreprise d'outils de jardinage, confirme :"On ne peut tout simplement pas se le permettre." Pourtant, il reconnaît avoir voté SNP lors des dernières élections. "C'était pour des raisons purement tactiques. Je voulais empêcher les travaillistes de gagner. Le SNP pense que sa victoire électorale (en mai 2011, le SNP a remporté la majorité absolue au Parlement écossais) lui donne un mandat pour l'indépendance, mais il se trompe."

Stirling, 45 000 habitants, capitale du pays jusqu'en 1437, n'est pas un bastion nationaliste et a plusieurs fois changé de majorité politique - conservatrice, puis travailliste, et enfin indépendantiste depuis 2007. La ville va jouer un rôle symbolique au moment du référendum : en juin 2014, y sera célébré le 700eanniversaire de la victoire de Bannockburn. Sur une colline, située en banlieue de Stirling, Robert Bruce, roi d'Ecosse, a bouté en 1314 une armée anglaise en surnombre. C'est pour profiter des célébrations de cette rare défaite de l'ennemi héréditaire - ainsi que des Jeux du Commonwealth qui se tiendront en Ecosse à la même période - qu'Alex Salmond veut organiser le référendum à l'automne 2014.

L'organisation de ce vote historique est devenue possible après le succès politique sans précédent des indépendantistes. En 2011, ils ont remporté à la surprise générale la majorité absolue au Parlement écossais, résultat d'une vague de fond qui a commencé en 1979. A l'époque, un premier référendum a rejeté la création d'un Parlement écossais, en grande partie sur la base de l'argument économique. En 1997, Tony Blair a organisé un nouveau référendum, gagné cette fois-ci haut la main, et menant à la création d'un gouvernement régional. En 2007, le SNP a obtenu une majorité relative : Alex Salmond est devenu premier ministre. Enfin, en mai 2011, avec l'effondrement des travaillistes, le SNP a remporté sa victoire historique.

Comment expliquer ce triomphe électoral alors que l'indépendance bénéficie d'un soutien malgré tout limité ? "Le SNP a su se détacher de la cause indépendantiste, explique Peter Lynch, politologue à l'université de Stirling. Il rassure les gens en expliquant que l'indépendance ne se fera pas immédiatement et que le SNP sera utile pour aller botter quelques fesses à Londres, en défense des intérêts écossais."

Il faut ajouter à cela le remarquable charisme du premier ministre écossais. "Il est le meilleur homme politique de tout le Royaume-Uni", estime Craig Mair, un professeur d'histoire à la retraite et musicien écossais, qui hésite concernant l'indépendance. Souriant, très à l'aise dans les médias, débonnaire, Alex Salmond a eu le génie de présenter l'indépendance comme un sujet non menaçant. Il assure qu'il n'y aura pas de frontière avec l'Angleterre, que la reine demeurera chef de l'Etat, que la livre sterling sera conservée pour au moins une décennie... Tout le contraire d'un nationalisme étriqué et haineux. Résultat, ce sont les autres partis politiques qui se retrouvent avec des arguments défensifs, sur le thème :"Attention, si vous devenez indépendants, vous allez souffrir..."

Alex Salmond a aussi su mettre sur pied un parti politique très organisé. Alasdair MacPherson est conseiller municipal à Bannockburn. Agé de 50 ans, il a rejoint le SNP dès l'âge de 16 ans. "Cela fait sept ans que nous faisons campagne pour le référendum, témoigne-t-il. A chaque fois que je rencontre des gens, je pose quatre questions, dont une pour savoir s'ils sont pour l'indépendance. Résultat, aujourd'hui, je sais exactement dans le voisinage quels sont les 25 à 30 % qui hésitent." Il commence donc les deux prochaines années de campagne électorale avec une nette longueur d'avance. "Les autres partis n'ont pas la moindre idée de qui vote pour l'indépendance", estime Peter Lynch, à l'université de Stirling. Il en conclut, malgré les sondages, qu'une grande surprise est probable en 2014 : "Je crois que le "oui" va l'emporter."

Le député local, Bruce Crawford (SNP), et secrétaire d'Etat en charge des affaires parlementaires au gouvernement écossais, le confirme à sa façon : "Dans les années 1970, on nous avait dit qu'un Parlement écossais ne verrait jamais le jour. Puis, on nous a dit qu'un gouvernement SNP ne serait pas possible. Puis qu'une majorité absolue SNP était inimaginable. Tout cela est arrivé."

 

Eric Albert, Le Monde.fr du 26.03.2012