02/05/2012

1488: Bataille de Saint-Aubin-du-Cormier

 

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hermines début de texte.gifLe 28 juillet 1488, date de cette bataille, est une date repère dans l'histoire de la Bretagne, car la défaite de l'armée bretonne eut des conséquences non négligeables:

D'un côté, les troupes du roi de France commandées par Louis II de La Trémoille, de l'autre, celles du duc de Bretagne François II et de ses alliés, anglais notamment. Sur le champ de bataille, sont tombés 2.000 français pour 6.000 bretons et anglais.

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Les causes de la guerre entre le duc de Bretagne et le roi de France:

- Elle est une conséquence des révoltes de la petite noblesse et des villes de Bretagne sous le règne de François II de Bretagne. Son administration déficiente et corrompue, qu'il délaissait pour s'interesser à la politique extérieure du duché, causa plusieurs révoltes:

En mars 1487, une soixantaine de nobles bretons, réunis chez Françoise de Dinan, à Châteaubriant, font appel à la régente pour chasser les conseillers du duc. Celle-ci, par l'intermédiaire d'André d'Espinay, archevêque de Bordeaux originaire de Bretagne, promet 4.000 hommes aux factieux, avec pour objectif d'entraîner le départ de la cour du duc de Bretagne du Comte de Dunois, du duc d'Orléans et des autres princes révoltés de la "guerre folle."

- La régente Anne de Beaujeu est en conflit avec des princes révoltés contre son autorité, après la tenue des Etats généraux en 1484 qui lui ont donné raison contre eux.  

- Le duc François II de Bretagne tente de préserver son pouvoir face aux visées du roi de France. Sa participation à la guerre folle, met en danger son autorité après les défaites lors de la guerre de la Ligue du Bien Public et de 1487.

Il chercha constamment des appuis extérieurs, mais ses multiples promesses d'alliance matrimoniale de sa fille Anne, héritière du duché (avec Maximilien d'Autriche, puis Alain d'Albret, puis au roi d'Angleterre, et à nouveau à Maximilien d'Autriche) ne lui fournissent aucun appui solide au moment décisif.

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Campagne de 1487: Ploërmel/Nantes.

Elle s'est soldée par un semi-échec pour l'armée royale. Cette dernière, après avoir réduit en mars, les possessions de Dunois en Poitou, se dirige sur la Bretagne. Après avoir obtenu l'ouverture des places frontières de Châteaubriant, Vitré, Ancenis et Clisson, elle venait de prendre Vannes, puis provoqua la fuite des Bretons devant Ploërmel.

Le siège de Nantes est levé le 6 août 1487 après des semaines de combat grâce à l'intervention de l'armée de secours de Dunois. En repartant, l'armée royale laisse des garnisons à Vitré, Saint-Aubin-du-Cormier, Dol-de-Bretagne et Auray notamment.

Alian d'Albret, recevant une nouvelle promesse de mariage, envoie une armée de secours. Celle-ci est arrêtée à Nontron.

En mars 1488, le baron de Rieux rallie le camp du duc, et les bretons reprennent Vannes. 

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Campagne de 1488: Châteaubriant / Ancenis / Fougères / Saint-Aubin-du-Cormier.

Une nouvelle campagne commence au printemps depuis Plouancé. L'armée française est renforcée par des mercenaires, d'une artillerie mise en oeuvre par des spécialistes italiens et suisses, ce qui lui permet de remporter des villes et châteaux:

23 avril: Châteaubriant tombe après une semaine de siège,chateau10.gif

19 mai: Ancenis tombe.

Une trêve commence le 1er juin. Elle durera jusqu'au 9 juillet. 

10 juillet: les troupes royales commencent d'investir l'importante place de Fougères. Le 12, elle est complètement ancerclée, le 19 elle est prise.

dyn003_original_57_79_gif_2571711_3fbaeb42fb0a5bc7a8182320a037f7b6.gifLes principales places gardant les entrées de la Bretagne sont alors aux mains du roi de France.

L'armée des conjurés se rassemble avec grand retard: ce n'est que le 24 juilet que la montre est faite par le duc de Bretagne. La décision est prise d'affronter l'armée royale, et de porter secours à Fougères. Apprenant seulement le 26 la chute de la ville, les conjurés décident de reprendre Saint-Aubin-du-Cormier, afin de rétablir un équilibre. Elle y attend l'armée royale.

 

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Déroulement de la bataillechevalier marchant.gif

 Le 28 juillet 1488, l'armée du duc de Bretagne se présente face à celle du roi de France, près de 12.00 hommes organisés ainsi:

- l'ost breton, dont François de Rohan (fils de Jean II) qui tombera au champs d'honneur,

- les compagnies d'ordonnance (francs-archers),

- 2.500 fantassins et arbalètriers Gascons et Béarnais, débarqués à Quimper,

- 1.000 Aragonais,archer.gif

- 700 à 800 lansquenets allemands,

- 300 archers Anglais, survivants de l'embuscade de Dinan,

- Des Castillans,

- Les gentihommes accompagnants les princes français.

Peu de nobles bretons se sont joints à cette armée, certains prirent même les armes dans l'armée royale.guerrier hache.gif

A cette composition hétéroclite, s'ajoute un commandement disparate, dont font partie:

- le maréchal des Rieux, adversaire du duc de Bretagne en 1487,

- le Duc d'Orléans, futur Louis XII,

- d'autres grands féodaux.


chevaliers026.gifL'armée royale se présente avec 10.000 hommes, dont 12 bandes d'infanterie, 25 compagnies d'ordonnance, 200 archers de la garde royale, près de 800 arbalètriers, plus l'arrière-ban de Normandie. Elle est commandée par Louis II de la Trémoille. Parmi les chevaliers de l'armée du roi, se trouvent aussi le vicomte Jean II de Rohan. 


L'artillerie bretonne comprend environ 700 pièces de toutes qualités à la fin du XVème siècle, y compris les pièces de places fortes et les pièces dépassées. Sur le champ de bataille, elle se révèle inférieure à son homologue, elle était à l'époque, la plus puissante d'Europe.


Rieux fait revêtir à 1000 Bretons, le hoqueton orné d'une croix rouge des archers anglais.

L'aile gauche et avant-garde de l'armée ducale, est commandée par le maréchal des Rieux;

Le centre est emmené par Alain d'Albret, avec la cavalerie et l'artillerie.

L'artillerie à l'arrière, se retrouvera sur le flanc droit au cours de la bataille.

 

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Les troupes royales arrivent sur le champ de bataille par petits groupes dispersés, avec à l'avant-garde, Adrien de l'Hospital. Le corp principal est commandé par La Trémoille et l'arrière-garde est emmenée par le maréchal de Baudricourt. 

Du côté des conjurés, le duc d'Orléans, Lord Scales et le prince d'Orange, combattent à pied, avec leurs gens, histoire de leur gonfler le moral. La bataille débute par un échange d'artilelrie, entamant les forces de part et d'autre.

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L'armée bretonne attend jusqu'à 14h que l'armée royale se mette en place, masi avant que celle-ci ait fini de tenir son conseil de guerre, l'attaque est lancée par une charge sur le flanc droit: la charge réussit à enfoncer considérablement les rangs royaux, aux cris de "Saint Samson", le saint du jour.



La Trémoille mène l'offensive au milieu de la bataille, et crée une faille dans le frotn breton.

Comme dans la plupart des batailles médiévales, le moment décisif tient en moins d'un quart d'heure. L'arrière-garde reste en retrait. La faille est aussitôt exploitée par l'artillerie royale, et une charge de la cavalerie italienne emmenée par Jacomo Galeota.

De Rieux et d'Albret s'enfuient, le premier pour Dinan, l'autre pour Rennes. C'est alors un véritable massacre: aucune demande de grâce contre rançon n'étant acceptée, ni sur le champ de bataille, ni pendant la poursuite qui suivit. 

guerrier blessé.gifLa bataille dura quatre heures: 7 à 8.000 conjurés restent sur la lande pour 1.500 dans le camp royal.

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Conséquences de la défaite

François II doit accepter le traité du Verger, qu'il signe le 19 août 1488. Le duc s'engage à éloigner du duché, les princes et tous les étrangers qui s'étaient mêmés de la guerre contre le roi de France. Il ne pourra marier ses filles sans consultation auprès du roi. Saint-Malo, Fougères, Dinan et Saint-Aubin-du-Cormier sont remises en garantie au roi, dont els droits sur la succession ducale sont réservés pour le cas où le duc décèderait sans enfant mâle.

Les mariages successifs d'Anne de Bretagne avec Charles VIII (déc.1491) puis avec Louis XII, résultent de ce traité.

La bataille de Saint-Aubin-du-Cormier met un sérieux coup d'arrêt à la révolte des princes.

Louis d'Orléans, futur Louis XII et le prince d'Orange finissent par être capturés. Alain d'Albret et le sire des Rieux réussissent à s'échapper et jouent par la suite un rôle important dans le conflit qui eut lieu ensuite: malgré cette victoire, et malgré le Traité de Verger, dès la fin 1488, la guerre reprendra pour encore trois années, jusqu'en décembre 1491, où Anne de Bretagne épouse Charles VIII.

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1926: Symbole de la résistance bretonne face à l'envahisseur français, les membres du Parti National Breton érigent un monument sommaire (peu de moyens) constitué d'une croix posée sur le rocher.

plaque-memorial.jpgMai 1932: une plaque rappelant les mérites des combattants est ajoutée, et une commémoration politique est organisée chaque année jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.15 mai 1932.jpg

Dans les années 1960's, une manifestation plus pacifique se substitue au rendez-vous annuel.



 

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1988: 500ème anniversaire de la bataille, un second monument est érigé, constitué de 5 plaques.

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6.jpg  Aux 6000 combattants bretons morts en ce lieu pour l'indépendance et l'honneur de la Bretagne le 28 juillet.jpg

Aux 6000 combattants bretons morts en ce lieu pour l'indépendance et l'honneur de la Bretagne le 28 juillet 1488




 2000 & 2001: un projet municipal met en danger le site, et l'enfouissement fut inhibé grâce à la mobilisation de l'association MAB


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