05/05/2012

109 - LA POMMADE MAGIQUE (Cap Fréhel)

 

95qrk0h1.jpg


hermines début de texte.gifLes fées des houles se mariaient soit avec des féetauds, jouant un rôle très effacé, soit avec des hommes. Mais il semble qu'en s'unissant à ces derniers, elles cessaient d'être immortelles, soit à la suite de leur baptême, soit simplement parce qu'elles vivaient avec des hommes.

Elles avaient des enfants mais prenaient quelquefois ceux des hommes, et mettaient à leur place des petites créatures à l'air vieux qui ne grandissaient point.

A part leur pouvoir surnaturel, les fées et les féetauds vivaient quasiment comme des seigneurs ou comme d'aisés propriétaires.

On les entendait bercer leurs enfants, elles boulangaient pour mettre du pain au four, elles filaient, faisaient leur lessive à la mare de Gaulehen, dans la lande du cap Fréhel, étandaient leur linge sur les rochers du rivage ou sur les gazons. Le linge était si blanc qu'est né le proverbe:

" Blanc comme le linge des fées"

hermines début de texte.gif

En effet, leur linge était le plus blanc qu'on pût voir, et l'on disait que celui qui aurait pu aller jusque là, sans remuer les pauîères aurait pu prendre le linge, dont les fées auraient en ce cas, fait présent.

Dans les houles, elles prenaient leurs repas, elles invitaient parfois ceux qui étaient assez hardis pour y pénétrer: ainsi dans la houle de la Teignouse en Plévenon, était une pierre taillée en forme de table.

Elles allaient également à la pêche, celle de la Peite-Houle allant aux Bourdineaux manger l'affare que les pêcheurs jetaient aux poissons. Ils juraient après elles et disaient:

" Elles sont pires que les chiens bros (petits chiens de mer)"

Les bonnes dames possédaient aussi des animaux domestiques, des vaches quelquefois invisibles, excepté pour la pâtoure qui les gardait. 

hermines début de texte.gif

La nuit, tout le monde pouvait voir les fées, et les Roches étaient couvertes de féetauds pêchant. Mais en journée, ce privilège n'était donné qu'à un petit nombre de personnes: uniquementr celles qui avaient eu les yeux frottés avec des pommades magiques. Elles les reconnaissaient alors sous leurs déguisements et, grâce à  ce mystérieux onguent, les fées pouvaient se rendre invisibles ou se transformer, quelques unes en profitant pour  voler.

Elles semblaient d'ailleurs considérer que certains larcins leur était permis: si elles prenaient des huitres dans les parcs, si elles enlevaient du poisson ou du bétail, elles indemnisaient largement, ou elles favorisaient ceux qui les laissaient faire sans rien dire.

Les commentaires sont fermés.