17/05/2012

474, le 1er mai: Bataille de Carohaise

 

BNFfr0095-SV-f0190v-CP-01-1600.jpg


Période: Lutte contre les Francs (474 à 874)

Lieux: camp de Saint-Symphorien, pays de Carhaix

Conflit: guerre entre les Bretons et les Francs.

Présence

Armée de Léodagan, roi de Carmelide, et son gendre Arthur,

Merlin, commandant l'armée de Ban de Benoïc et Bohor de Gannes


Duc Frolle, un géant Franc,

Claudas de la Terre Déserte,

Ponce Antoine, commandant les derniers romains


La bataille de la Carohaise est l'une de ces nombreuses batailles mythiques arthuriennes qui opposent des Bretons issus de l'immigration, à des chefs germains pour la conquête de l'ancien territoire gallo-romain.

474, le 1er mai: les troupes de Léodagan, roi de Carmelide, et son gendre Arthur, ainsi que celles des rois Ban de Benoïc et Bohor de Gannes, commandées par Merlin affrontent à proximité de Carhaix, les armées du duc Franc, le géant Frolle, du roi Claudas de la Terre Déserte et des derniers romains emmenés par Ponce Antoine.

La bataille a lieu à Castellouenan, près du lieu-dit Brocéliande (Brécélien). Le massacre fut terrible, le sang coulait en ruisseau.

Les gens de Léodagan sont d'abord enfoncés par ceux de la Terre Déserte, le roi est renversé de son cheval et pris. Armé de son épée Excalibur, le tout jeune roi Arthur, se met à la poursuite des assaillants et parvient à tuer de sa lance, Ponde Antoine, chef des Romains.

Pendant ce temps, le génat Frolle fait de son épée grand massacre des gens de Léodagan. Mais le roi Arthur parvient à faire voler l'épée de Frolle, qui bien que blessé, parvient à s'enfuir.

Conséquences:

La victoire des Bretons est sans appel. On ne peut accorder trop de crédit à ce récit que l'on trouve relaté dans tous les romans arthuriens de l'époque, et des suivantes, avec des noms qui sont de pure fantaisie.

On doit remarquer cependant, que cette bataille se situe en plein Armorique, disputée à l'époque âprement aux Bretons par les Wisigoths et par Clovis. 


Commentaires

Des fouilles archéologiques réalisées sur le site même de Brécillien, en Paule, démontrent que celui-ci était toujours occupé du VI au IXè siècles, et " ... donne une indication du statut des occupants, sans aucun doute l'une des grandes familles du Poher" (cit.)

Voir article de Presse, Le Télégramme, dimanche 5 octobre 2014, page 20, signé Erwan Chartier-Le-Floc'h.

L'article en question insiste aussi sur la présence d'une chapelle, et les sources de St Symphorien, le début de l'aqueduc romain de Carhaix.

Autrement dit, 18 ans après la parution d'Emgann Karaez, l'archéologie confirme les principaux points évoqués dans l'étude.

Il faut préciser que cette bataille ne se fait pas contre les Francs, alliés des Bretons, mais contre les Wisigoths d'Aquitaine menant une guerre à vues expansionnistes sur le nord de la Loire, comme ils l'avaient fait cinq ans auparavant, en 469, sur le Berry (épisode de Riothame à Déols)

A préciser aussi que le Jules César nommé dans les textes est Jules Népos, qui fut césar = vice-empereur, de février à juin 474, avant de devenir auguste = empereur, de juin 474 à septembre 475. Il ne s'agit pas de nom de pure fantaisie, mais d'un personnage historique authentique. En 474, le 30 avril tombait bien un mardi.

Cet épisode est donc en train de sortir de la Légende, pour rentrer dans l'Histoire, ce qui va sans aucun doute exiger une démarche intellectuelle difficile à faire aux défenseurs de la vision purement légendaire.

JC EVEN

Écrit par : Jean-Claude EVEN | 14/10/2014

Les commentaires sont fermés.