04/08/2012

1532, le 4 août - Lettre de Vannes

François, par la grâce de Dieu Roi de France, père et légitime administrateur et usufruitier des biens de notre très cher et très aimé fils le Dauohin, Duc et propriétaire des pays et Duché de Bretagne, à tous présents et à venir, salut.

Comme en la présente assemblée des Etats desdits pays et Duché tenus et assemblés, nous er notre dit fils le Dauphin présents en nos personnes en cette ville de Vannes, lesdits gens desdits Etats nous ayant très humblement suppliés et requis que, unissant perpétuellement à toujours ce pays et Duché de Bretagne à nos Royaumes et Couronne de France, notre bon plaisir soit de les entretenir, garder et observer dans leurs privilèges, franchises, libertés et exemptions anciennement octroyées et accordés par les Ducs de Bretagne nos prédécesseurs, et dont ils ont toujours joui, tant en, l'état de l'Eglise, noblesse et peuple dudit pays, qu'en la Justice, villes, lieux et communautés de celui-ci, et de ces privilèges, exemptions, franchises et libertés leur octroyer et concéder nos lettres de confirmation, et sur ce leur impartir nos grâces et libéralité; savoir faisons que nous, voulantdésirant de tout notre coeur gratifier et favorablement traiter des gens desdits trois Etats, en considération également de l'entière obéissance, singulier amour, loyauté et fidélité qu'ils nous ont toujours portés et portent, et semblablement notre fils le dauphin leur Duc propriétaire, afin qu'en ces loyauté et fidélité ils continuent et persévèrent comme nos bons, loyaux, fidèles sujets, au bien dudit pays et de toute la chose publique de celui-ci, à ces gens des trois Etats, pour ces causes et autres bonnes et grandes considérations qui nous y incitent, nous avons continué, confirmé, loué, ratifié et approuvé, et par la teneur de ces présentes, de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité Royale et Ducale, nous confirmons, louons, ratifions et approuvons tous et chacun les dits privilèges, exemptions, franchises et libertés à eux octroyés et concédés, comme il est dit, par nos dits prédécesseurs Ducs de Bretagne, et dont ils ont toujours joui en chacun desdits Etats, et pareillement au fait et administration de la Justice, villes, lieux et communautés de ces pays et Duché, voulant qu'ils en jouissent dorénavant at par la suite perpétuellement et toujours,ainsi et dans la forme et de la manière qu'ils ont antérieurement bien et dument fait, jouissent et usent encore à présent, réservé toutefois ce que les gens desdits Etats nous pourrons requérir être réformé ou changé pour le bien, profit et utilité dudit pays.

Aussi nous ordonnons par ces mêmes présentes, nos ainés et fidèles lieutenant Général et Gouverneur audit pays, présent et à venir, gens tenant notre Parlement et conseil de Bretagne, sénéchaux, alloués, et à tous nos autres justiciers, officiers et sijets desdits pays et duché, que nos présentes grâces, ratification, approbation et confirmation ils fassent, souffrent et laissent les gens desdits trois Etats jouit et user pleinement et paisiblement , sans leur faire, mettre ou donner, ni souffrir être fait, mis ou donné aucun trouble ou empêchement contraire; car tel est notre plaisir. Et afin que ce soit toujours chose ferme et stable, nous avons fait mettre notre scel à cesdites présentes, sauf en autres choses notre droit et l'aitrui en toutes.

Donné à Vannes au mois d'Août l'an de grâce 1532, et de notre règne le dix-huitième.

 

source: Histoire, Généalogie et Patrimoine à Ploeuc... et ses environs

 
lettre de vannes,4 aout,françois 1erL'union du duché de Bretagne et du royaume de France est un processus politique entamé à la fin des années 1480, à la suite de la guerre folle (dernière révoltes des seigneurs français et voisins de la France), culminant le 13 août 1532, et avec des prolongements jusqu'à la Révolution française.
 
lettre de vannes,4 aout,françois 1er
Au XVème siècle, le duché de Bretagne est une principauté dont les souverains ont une très large autonomie, ils ne sont pas de-facto dépendants du royaume de France. Pour assurer cette indépendance, ils recherchent desa lliances et établissent des relations diplomatiques.
Les Etats voisins de la Bretagne ont toujours tenté de la contrôler, pour elle-même car elle est un des états les plus riches d'Europe, ou pour obtenir des jalons dans le cadre d'un autre conflit. L'élargissement du domaine royal a fait du roi de France un voisin immédiat de la Bretagne à partir de 1203, et plus encore en 1328 et 1482. La mise sous tutelle ou le contrôle direct de la péninsule devient une constante obsessionelle de la politique du royaume de France à l'encontre de la Bretagne, surtout dès 1341, début de la guerre de Succession de Bretagne. La victoire d'un ennemi du roi n'est jamias acceptée de bon gré par le roi de France, les guerres se succèdent...

- L'Angleterre, alliée traditionnelle du Duché de Bretagne et des Montfort, ne peut plus agir sur le continent depuis qu'elle en fut chassée en 1450-1452, la dynastie des Tudor n'a pas encore les moyens intérieurs de se risquer à toute opération d'envergure outre-mer,
- 1477: mort du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, la Bretagne perd là un autre allié,
- 1482: fin de la dynastie d'Anjou: le roi prend ainsi le contrôle de la frontière britto-angevine,
- François II, prince du Val de Loire, irrite la noblesse bretonne: il a conservé de son enfance à la cour de France, de solides attaches avec les princes de Valois. Les nobles jalousent l'influence des Valois et celle du trésorier Pierre Landais. Le manque d'autorité sur sa haute aristocratie et sur son gouvernement prive François II, puis Anne, de soutiens. La noblesse préfère jouer le pouvoir royal contre le duc pour asseoir sa propre autonomie, comme lors de la révolte des grands féodaux lors de la guerre folle.
- La bourgeoisie bretonne de Nantes et Saint-Malo notamment, se détourne de François II, en cause: la fiscalité écrasante.
- 1485: guerre folle: cette dernière révoltes des seigneurs français et voisins de la France contre les empiètements de  Louis XI et de sa fille, la régente Anne de Beaujeu prend fin en 1485, la Bretagne signe une trêve. Mais janvier 1487, le duc d'Orléans se réfugie en Bretagne. En mai, les troupes françaises entrent en Bretagne.
 - 1488, 28 juillet: défaite de Saint-Aubin du Cormier: sera signé le 19 août,  le traité de Sablé dit aussi "traité du Verger" entre François II de Bretagne et Charles VIII de France. La négociation porte sur les droits de succession au duché. Le roi expose les siens: droits achetés par son père à Nicole de Châtillon qui tenait les siens d'une clause de 2nd traité de Guérande.
François II n'a pas de descendance masculine légitime. Ses filles, Anne et Isabeau, sont reconnues héritières des Etats de Bretagne, mais d'autres héritiers potentiels prétendent à la succession: le vicomte de Rohan, Albert d'Albret prince d'Orange, le roi de France en achetant les droits de la famille de Penthièvre.
 
lettre de vannes,4 aout,françois 1er
Principales clauses du traité du verger: voir
 
 
 
 
 

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