16/08/2012

10 au 15 aoüt 1539 - Ordonnance de Villers-Cotterêts

photo (50).JPG

Entre le 10 et le 15 août 1539, le roi François 1er signe une ordonnance de 192 articles dans son château de Vilers-Cotterêts.

L'ordonnance établit par ailleurs que tous les actes légaux et notariés seront désormais rédigés en français. Jusque-là, ils l'étaient en latin, la langue de toutes les personnes instruits de l'époque. L'ordonnance institue en premier lieu ce qui deviendra "l'état civil" en exigesant des curés ds=es paroisses qu'ils procèdent à l'enregistrement par écrit des naissances, des mariages et des décès. L'administration devient plus accessible.

article 111: «Et pour ce que telles choses sont souvent advenues sur l'intelligence des mots latins contenus dans lesdits arrêts, nous voulons dorénavant que tous arrêts, ensemble toutes autres procédures, soit de nos cours souveraines et autres subalternes et inférieures, soit de registres, enquêtes, contrats, commissions, sentences, testaments, et autres quelconques actes et exploits de justice, ou qui en dépendent, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties, en langage maternel et non autrement».

De cet article, il découle que tous les sujets du roi pourront comprendre les documents administratifs et judiciaires.... sous réserve néanmoins qu'ils lisent et écrivent la «langue d'oïl» pratiquée dans le bassin parisien et sur les bords de la Loire.

L'ordonnance de Villers-Cotterêts est d'autant plus importante qu'à la différence de la plupart des autres nations européennes (Angleterre, Allemagne, Espagne....), la France est une construction politique sans unité linguistique à l'origine.

L'unité linguistique n'a été à peu près achevée qu'au milieu du XXe siècle, grâce à l'attrait qu'exerçait le pouvoir central sur les élites locales et à la pression exercée sur les enfants du peuple par les fonctionnaires et les instituteurs de l'école laïque.

De vieilles personnes se souviennent encore du bâton que le maître mettait le matin entre les mains du premier enfant surpris à «parler patois» (ou breton, alsacien, basque, flamand, ou corse, picard, ou provençal...). Le porteur devait à son tour donner le bâton au premier camarade qu'il surprendrait lui-même à «parler patois». À la fin de la journée, le dernier porteur de bâton était puni. Ce procédé inquisitorial s'est révélé très efficace pour faire de la langue française le patrimoine commun et le principal facteur d'unité du peuple français.

Si nous nous penchons sur la Constitution de la Ve République du 3 juillet 1958, on y lit que « la langue de la République est le français » et que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ». 

La République française est connue pour sa reconnaissance des droits des minorités ethniques et linguistiques dans le monde entier, mais ce n’est pas le cas en ce qui concerne son propre territoire. Les représentants de la France ont toujours refusé de signer l’article 27 de la Déclaration des Droits Civils et Politiques qui obligerait l’État français à respecter les droits linguistiques des bretonnants. En outre, la France « refuse aujourd’hui de signer la Charte Européenne des langues minoritaires autochtones ». 

Pour rappel, en 1999, Pierre Moscovici, Ministre des Affaires Etrangères du gouvernement Jospin signait cette Charte des Langues Européennes Régionales, Minoritaires Autochtones. La ratification de cette Charte faisait partie des promesses électorales du Président François Hollande. A t-il changé d'avis ?

A maintes reprises vous avez très certainement entendu que notre  Constitution précisait que notre "République est une et indivisible", ce qui tendrait à nous laisser penser que tous les citoyens français ont le même droit."Bretagne Réunifiée"  tient à rappeler que pourtant, la Vème République a trouvé des interprétatuions pour appliquer la loi française, interprétations qui diffèrent selon que vous soyez Alsaciens, Corses, Bretons !

Aussi, au même titre que cette promesse électorale oubliée semble t-il, il est utile de rappeler l'adoption de l'amendement Le Fur - De Rugy, voté et adopté à l'Assemblée nationale en janvier de cette année, cet amendement dort-il sous une pile d'autres dossiers du Sénat.... 

Bretagne Réunifiée ne l'oublie pas, nous ne manquerons pas de leur rappeler lors de notre manifestation du 26 janvier prochain.

Pour nous, pour nos enfants, pour la nation......

Jean-Marc FURON pour BRETAGNE REUNIFIEE 

Les commentaires sont fermés.