30/04/2012

102 - GARGANTUA VICTIME DE L'ALLIANCE HUMANOKORRIGANE (Fréhel, 22)

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hermines début de texte.gifAu temps où les humains vivaient avec les korrigans et les géants, on dit que les géants faisaient des ravages dans le pays. Aussi, les humains et les korrigans décidérent de s'associer pour combattre les géants.

 

Les humains servirent alors d'appât, et les géants tombèrent dans le piège où les korrigans les battèrent.

 

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Le géant Gargantua est battu sur le cap Fréhel. On dit que tous les ilôts que l'on peut voir dans la mer autour du cap sont des morceaux du géant et que cette pierre dressée représente son doigt qui est tombé ici et s'est fiché dans le sol.

101 - LE DOIGT PLANTE DE GARGANTUA (Fréhel, 22)

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Gargantua serait né à Plévenon, grâce à l'intervention d'une fée, d'une femme et d'un homme très petits et très laids. Très vite, il prend des proportions gigantesques, à 6 mois, il pesait 100 kg. La légende laisse de nombreuses traces de son passage sur Fréhel : le menhir qui se trouve sur le chemin qui mène au Fort Lalatte représente le doigt, la dent ou la canne de Gargantua, plantée là par le géant.

 

En descendant dans les grèves de Fréhel, il mit un pied en haut qui est resté marqué sur un rocher et son autre pied sur la grève ; quelque chose lui faisait mal au pied, il retira son soulier et trouva un rocher qu'il jeta par-dessus son dos : c'est l'amas du Cap. 

Quand il quitta Plévenon, il laissa aux habitants ses sabots de bois avec lesquels ils purent se chauffer pendant trente ans.

100 - LE DOIGT PERDU (Fréhel, 22)

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Sur le chemin menant au château de Fort-La-Latte se dresse un menhir qui représente le doigt de Gargantua.

Une légende raconte qu'il serait le doigt que Gargantua aurait perdu alors qu'il enjambait la Manche afin de rejoindre les côtes anglaise.

 

 

27/04/2012

99 - LA LEGENDE DU PERCE-NEIGE

 

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hermines début de texte.gifLe perce-neige est une fleur associée à la chandeleur et fait l'objet de nombreuses légendes et coutumes.

 

images.jpgLe perce-neige est la première plante à fleurir dans l'année. Au plus fort de l'hiver, elle annonce qu'il aura une fin. Dans les endroits abrités, on la trouve dès la première quinzaine de janvier.

 

hermines début de texte.gifLe Perce-Neige une plante à bulbe. Son nom latin est : Galanthus nivalis. C'est une vivace. Elle fleurit chaque année. Il n'y a qu'une seule fleur par tige et deux feuilles étroites.

 

 

 

hermines début de texte.gifUne légende raconte la naissance du perce-neige :

Dans des temps très reculés alors qu'elle se battait avec la sorcière Hiver, qui ne voulait pas lui laisser la place, la belle fée Printemps se coupa au doigt. Quelques gouttes de sang tombèrent sur la neige et la firent fondre. Aussitôt, une fleur poussa à la place et ainsi la fée printemps triompha de la sorcière hiver.

 

hermines début de texte.gifSelon la Légende, le perce-neige devint le symbole de l'espoir lorsque Adam et Eve furent chassés du paradis. Alors qu'Eve désespérait en pensant que l'hiver durerait toujours, un ange apparut, et transforma une partie des flocons de neige en fleurs, prouvant que l'hiver devrait céder un jour sa place au printemps...

 

 

Une autre légende raconte que Merlin l'enchanteur fut le premier à avoir le plaisir de déguster une crêpe, lorsque la fée Vviane renversa sur la pierre chaude du foyer, la bouillie qui mijotait dans son chaudron.

Ala Chandeleur, l'hiver s'en va ou reprend vigueur...

 

 

26/04/2012

98 - LES ABOYEUSES (Josselin, 35)

Il était une fois un fermier et sa femme qui s’appelaient Yann et Gaëlle. 

Josselin, les aboyeusesUn jour une vieille dame frappa à la porte. Yann alla ouvrir : il fut choqué‚ car la dame avait les yeux orange et elle lui dit :


 « Puis-je entrer car j'ai très faim et je suis encore loin de chez moi. »

 

Yann accepta. Il la fit manger. Josselin, les aboyeuses

Le soir Yann et Gaëlle proposèrent à la vieille femme de dormir car il se faisait tard. Ils la firent dormir dans l'étable. Le lendemain en partant, elle donna à Yann une bague avec une croix dessus et une bougie. Elle dit :

 

« Quand vous trouverez ce signe sur un rocher, vous y mettrez la bague et vous allumerez la bougie » 

 

Elle s'en alla. 

Josselin, les aboyeusesAlors Yann chercha pendant longtemps mais ne trouva rien. 

 

Un jour en labourant son champ il trouva le signe sur un rocher. Il posa la bague sur le rocher et alluma la bougie. Le rocher s’ouvrit. Il vit un passage dans une grotte et beaucoup de korrigans qui dansaient autour d’un tas d’or. Il alla prévenir sa femme :

 

« Prenons des sacs à patates pour les remplir d'or. »

 

Ils y retournèrent et remplirent leurs sacs d'or ; Mais la bougie s'usa vite et s'éteignit.

Tous les korrigans se tournèrent alors vers eux. Leur chef dit :

 

« On va les attacher à un pilier, leur lancer de l'or jusqu'à ce qu'ils soient étouffés ».

 

Josselin, les aboyeusesAlors tous les korrigans firent ce qu'il avait demandé. L'or monta vite ; d'abord jusqu’aux pieds, ensuite jusqu'aux cuisses, après jusqu'au cou… Mais une korrigan aux yeux orange arriva et dit :

 

« Arrêtez ! Ces gens ont hébergé une vieille femme. 

- Laissons leur la vie sauve et donnons-leur deux sacs d'or, ordonna alors leur chef. »

 

Yann et Gaëlle repartirent avec leurs sacs.

 

Cette histoire montre que les korrigans sont gentils lorsqu’on l’est avec eux !

97 - LES LAVANDIERES & LA VIERGE (Josselin, 35)


hermines début de texte.gifD'après une légende populaire, des lavandières à l'ouvrage un jour de fête de la Vierge se moquèrent d'une mendiante qui s'avançait vers elles. Battoirs et Langues menaient grand bruit ; le chien des lavandières s'en prend à la mendiante, se précipitant sur cette dernière tout en aboyant de colère.

Mais l'inconnue s'est arrêtée, ses loques tombent, elle resplendit maintenant comme un soleil, et avec un regard sévère et une voix qui cingle :

"femmes, dit-elle, vous serez punies et vous aboierez à l'avenir vous et vos filles comme votre chien t'a l'heure aboyant après moi".

A ces mots la mendiante disparut et les laveuses trop tard reconnurent en elle la Vierge Marie



96 - LE BAG NOZ

 

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hermines début de texte.gifLe Bateau de la Nuit, nommé Bag Noz en breton, a pour capitaine l'Ankou de la mer. L'Ankou est celui qui vient chercher le prochain vivant pour l'emmener faire un voyage sans retour dans l'Autre Monde. Il ne reste capitaine qu'une année, son âme tourmentée et ensorcelée tentant désespérément d'attirer les hommes vers lui. Enfin, son devoir de multiples fois accompli, il peut aller se reposer en laissant sa place d'Ankou de la mer au premier noyé de l'année.

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Les marins naviguent et font leur métier, mais dans le Raz de Sein, le Bag Noz surgit n'importe quand devant eux. Ils sont nombreux à l'avoir vu. Le bateau semble aller à la dérive et être à l'abandon, toutes ses voiles dehors. Si les marins veulent l'aborder, le Bag Noz s'éloigne doucement, incitant les hommes à le suivre imperceptiblement toujours plus près des écueils acérés. Ceux qui l'ont suivi sont tous morts.

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Mais souvent, les pêcheurs informés comprennent qu'ils sont face au Bateau de la Nuit et ne le suivent pas. Un signe de croix est alors le plus sûr moyen de se protéger et d'éloigner la mort qui rode devant eux. Pourtant, ils savent tous que le Bag Noz est annonciateur d'un décès prochain. Il ne leur reste plus qu'à rentrer au port et à prier pour la paix des âmes des trépassés. Ils savent que sous peu la mort va encore frapper. Doué da bardono an Anaon ! (Dieu pardonne aux défunts).

Lorsque la tempête se donne en spectacle et que les embruns fouettent les visages, que les granits se transforment en de gigantesques remparts ruisselants et que le Bag Noz pousse des cris lugubres et froids, l'Ankou aime alors quitter sa barque et venir s'asseoir sur un rocher de l'Ile de Sein. Il aime regarder la mer se déchaîner et s'ouvrir en symphonie sur les écueils. Il sait bien que son travail sera rude à la suite de ce spectacle. Il va falloir prendre tous les morts et leur faire traverser la mer, loin, très loin, vers l'Autre Monde où reposent les âmes.

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Mise en garde contre l'oubli:

L'Ankou circule la nuit, debout sur un chariot dont les essieux grincent. Ce funèbre convoi est le "karrig an Ankou", char de l'Ankou (ou "Karriguel an Ankou" littéralement brouette de l'Ankou), remplacé par le "Bag nez", bateau de nuit dans les régions du littoral. Entendre grincer les roues du "Karrig an Ankou" ou croiser en chemin le sinistre attelage sont des signes annonciateurs de la mort d'un proche.

 

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L'odeur de bougie, le chant du coq la nuit, les bruits de clochettes sont également interprétés comme des signes annonciateurs de mort. L'implacable Ankou nous met en garde contre l'oubli de notre fin dernière. Ces sentences sont gravées sur les murs d'ossuaires ou églises :

 

« Je vous tue tous" (Brasparts et La Roche-Maurice),

 

"Souviens-toi homme que tu es poussière" (La Roche-Maurice)

 

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24/04/2012

95 - LA RESIDENCE DES NAINS (Saint-Nolff, 56)

Boléguans, Poulpiquets, nains, Saint-Nolff, 56, MorbihanIl existe à Saint-Nolff, un tumulus qui est la retraite des Boléguans ou Poulpiquets. 

Suivant l'abbé Mahé, des Poulpicans s'en servaient comme terriers. On assure qu'autrfois, ce fut leur capitale, et qu'ils y vivaient par milliers.

Boléguans, Poulpiquets, nains, Saint-Nolff, 56, MorbihanMais le malheur des temps a tellement diminué la tribu que c'est à peine si l'on voit deux ou trois de des "nabots" par semaine. Les impiétés que commit le Révolution et les guerres civiles, les firent immigrer avec les nobles du pays, et l'on sait qu'une fois partis, ils ne reviennent plus.

Boléguans, Poulpiquets, nains, Saint-Nolff, 56, Morbihan

Autrefois, lorsqu'on avait perdu quelque chose, il suffisait de se rendre à leur résidence au commencement de la nuit et de dire:

" Poulpican, j'ai perdu tel ou tel objet".

Le lendemain, on le trouvait à la porte.



23/04/2012

94 - La Légende des Amoureux (Essé, 35)

Légendes, la légende des amoureux, Essé, la roche-aux-Fées, 35

Légendes, la légende des amoureux, Essé, la roche-aux-Fées, 35Jalouse de la réalisation prestigieuse de la Fée Viviane, architecte de La Roche aux Fées, la Fée Carabosse jette un sortilège à tous ceux qui cherchent à connaître le nombre de pierres constituant cette magnifique allée couverte.

Légendes, la légende des amoureux, Essé, la roche-aux-Fées, 35

Seuls les amoureux, en quête d'un mariage heureux, sont protégés ; s'ils comptent le même nombre de pierres ou si la différence est inférieure à 2, ils se marient dans l'année.

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93 - Les Fées Constructrices (Essé, 35)

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hermines début de texte.gifIl était une fois, par une belle nuit étoilée, la Fée Viviane et ses Fées Architectes, qui décidèrent de prouver leur existence en édifiant un monument si extraordinaire que nul ne pourrait en attribuer la construction aux hommes.

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Le mystère subsiste, les pierres transportées dans les tabliers des Fées de la Forêt du Theil-de-Bretagne situé à une lieue de là, sont impossibles à dénombrer.

22/04/2012

92 - Louise de Bréciliane & les Oiseaux (Comper, 56)

Louise de Bréciliane, Château de Comper, Comper


Louise de Bréciliane, Château de Comper, ComperUne légende plus récente que celles de Merlin ou de Diane chasseresse, masi antérieure à la chouanerie, raconte au XIXème siècle, que la demoiselle Louise de Brécilianne, fille de Jallu le tailleur, sorcier de son état, demeurait au château de Comper et y vivait avec des oiseaux qu'elle apprivoisait dnas une cabane de la forêt.

91 - L'amour de Merlin pour la Fée Viviane (Comper, 56)

 

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merlin,fée viviane,lancelot,château de comper,comper,bretagne,56Cette légende rapporte que c'est Merlin le magicien qui créa par amour pour la belle Viviane, son élève, un château en cristal qui se trouve au fond des euax profondes du grand étang entourant le château de Comper. Caché aux yeux des curieux, il n'est visible uniquement par ceux qui y croient. 

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La fée y éleva le futur chevalier Lancelot lorsqu'il était enfant.

 

 

L'origine de cette légende se trouverait dans le reflet du manoir sur les eaux de l'étang.

Diane chasseresse érige le château de Comper (Comper, 56)

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Certains vous  diront que c'est à Diane chasseresse que l'on doit la construction du château de Comper. Y naquit sa fille, la fée Viviane.

Elle en aurait par la suite fait don au seigneur Dymas.

Cette légende étaiT connue bien avant 1906, et est même reportée dans des guides touristiques. Vous noterez cependant, que le château de Comper n'est pas le seul à revendiquer de lieu de naissance de la fée Viviane.

19/04/2012

LE FANTÔME A LA JAMBE DE BOIS (Combourg, 35)

 

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combourg,château,fantômeLe marquis de Coëquen promènerait son fantôme dans le château de Combourg, et ce depuis sa mort survenue au milieu du XVIIIème siècle. Il était un des seigneurs de Combourg. Il perdit une jambe à la bataille de Malpaquet (Hainaut français), le 11 septembre 1709, et s’éteignit dans son lit en 1727.

Depuis, chaque nuit du 23 décembre, il balade sa jambe de bois, d’escalier en couloir, toquant aux portes de tous ceux qui logent là, faisant trembler de peur, par sa simple présence, les habitants qui se succédèrent au château.

 

 


Pourtant assure-t-on, il n’a rien de malfaisant et n’a jamais fait de tort à personne.

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L’actuelle propriétaire de Combourg, la comtesse de la Tour du Pin-Verclause, s’en arrange fort bien, en digne descendante de François René de Chateaubriand (lequel passa une partie de son enfance dans le château dans les années 1770).

 

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L’auteur des Mémoires d’outre-tombe, évoque son enfance solitaire, ses nuits peuplées de cauchemars, dans cette petite chambre située au sommet de la tour du Chat, si loin des appartements de ses parents, et même de ses frères et sœurs.

Le hululement des chouettes, le craquement du soupirail malmené par la bise, étaient bien faits pour nourrir l’imagination brillante du futur écrivain.

Par les récits de sa mère, il connaissait bien l’existence du chat et de l’homme à la jambe de bois :

 «  Les gens étaient persuadés qu’un certain Comte de Combourg, à jambe de bois, mort depuis trois siècles revenait à certaines époques et qu’on l’avait rencontré dans le grand escalier de la tourelle. Sa jambe de bois se promenait aussi quelquefois seule, accompagnée d’un chat noir »

 La pièce qui serait l’épicentre de ce phénomène paranormal, est la « chambre rouge », cette même chambre où dormait Rebé-Auguste de Chateaubriand, le père de l’écrivain.

 

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Chateaubriand rapporte même, que son propre père aurait aperçu le fantôme, un jour qu’il se trouvait dans le grand salon du château. Un homme difforme lui serait apparu, qu’il n’aurait réussi à renvoyer dans les ténèbres qu’en le menaçant d’un tisonnier à la pointe rougie sur la braise….

 

LE CHAT NOIR DU CHÂTEAU (Combourg, 35)

 

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hermines début de texte.gifNon loin de la forêt de Brocéliande, domaine de Merlin l’enchanteur et de la fée Morgane, les contes se rapportant au château de Combourg sont aussi nombreux qu’énigmatiques.

 

fontaine.gifDès le Vème siècle, des moines irlandais s’installent à Combourg qui n’est alors qu’un petit village. Mais déjà, vient d’y jaillir une fontaine miraculeuse, dont l’eau a le pouvoir de rendre la vue aux aveugles.

 

Plus tard, un lac surgit mystérieusement au pied du château, et son eau calme reflète encore aujourd’hui, par beau temps, les hautes tours du manoir.

 

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Le bâtiment résista aux luttes féodales qui déchirèrent la Bretagne au Moyen-Âge. Il sortit indemne de la guerre de Cent ans et s’ennorgueillit alors d’un nouvel édifice, la tour du maure, en souvenir des Croisades.

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Une autre tour, celle de la tour du Chat fut bien plus tard construite. C’est le lieu maudit du château, là d’où partent, dit-on, tous ces sortilèges.

 

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La tradition médiévale conduisit en effet, les seigneurs des lieux à emmurer un chat noi à l’intérieur des parois de pierre de la tour à peine terminée. Chat noir égal diable, prétandait la sagesse populaire. Le capturer et le tuer à l’intérieur de la tour était une manière de se protéger du démon. C’est ce qu’on fit, en grande pompe. Le malheureux animal fut donc jeté dasn un réduit minuscule aménagé dans la pierre, et proprement scellé ensuite. Il dut y périr d’asphyxie.

 

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      Mais le mauvais sort était conjuré, et les châtelains dûment protégés des maléfices du Malin. C’était sans compter sur la revanche des esprits !

Le chat noir se mit, en effet, à hanter les couloirs du château. Certains l’ont vu. D’autres l’ont entendu.


  

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Le squelette du chat ne fut découvert qu’en 1876, lorsque  Geoffroy de Chateaubriand, petit-neveu de l’écrivain Chateaubriand, décida de restaurer le domaine dévasté par la révolution. Le cadavre momifié mis à jour au moment des travaux, fut installé dans la petite chambre de l’écrivain. Le corps du félin y est toujours : il est intact, lui manquent seulement les poils, ses machoires sont grandes ouvertes, ses yeux jaunes sans lumière dénotant sa colère….


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Dans le hall du bâtiment principal, le visiteur peut même acheter une carte postale à l’effigie de cet animal ensorcelé.


18/04/2012

L'ARMORICAINE VOLEUSE DE MENHIR - Kergadiou, Plourin, 29

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hermines début de texte.gifSelon la légende, le menhir aurait été volé par une dame venant d'Armorique à une vieille sorcière qui vivait quelque part dans les îles britanniques. Furieuse, la sorcière cria tellement fort qu'on l'entendit jusqu'en Léon.

Puis, rassemblant toutes ses forces, elle lança un second menhir en direction de Kergadiou, afin de le détruire. Mais elle manqua son objectif et le mégalithe gît, couché, à 75 mètres de là.

Le projectile impressionnant de la sorcière rata sa cible de peu... 

 

17/04/2012

SAINT TANGUY - Château de Trémazan

 

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hermines début de texte.gifDans un récit légendaire remontant à l'an 525, apparaît la famille du Chastel.

Il raconte comment un noble, Galonus, qui avait eu plusiseurs enfants d'une première épouse, dont Haude et Gurguy, épousa après son veuvage, une anglaise qui prit en haine les enfants de son mari.

Lassé des mauvais traitements de sa marâtre, Gurguy quitta la maison paternelle pour la Cour du roi de France, Childebert 1er. Lorsqu'il revint 12 années plus tard, et croyant que sa belle-mère qui accusait sa soeur Haude d'avoir commis les pires infamies pendant son absence, il décapita cette dernière le 18 novembre 545.

Le soir même, Haude parut, tenant sa tête dans ses mains, en criant:

" Je suis innocente !" et pardonnant à son frère avant de mourir.

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Ce dernier, désespéré, alla se jeter aux pieds de Saint Pol, évêque de Léon, fit pénitence, et entra en religion sous le nom de  Tanguy.

Il fonda plusieurs monastères dont celui de Saint-Mathieu. Il est désormais connu sous le nom de Saint Tanguy et sa speur sous le nom de Saint Haude.

LA MARIEE DE TRECESSON - Château de Trécesson

 

Château de Trécesson, Campéanac, 56,

château de trécesson,campéanac,56,la mariée de trécessonAu XVIIIème siècle, vers 1750,  une jeune mariée aurait été enterrée vive le matin-même de son mariage.

Par une nuit d'automne, un braconnier était embusqué dans le parc du château et guettait sa proie quand il enbtendit un bruit lointain. Craignant d'être découvert, il cacha précipitamment son fusil et grimpa sur un arbre. château de trécesson,campéanac,56,la mariée de trécesson

A peine y était-il établit qu'il aperçut, à l'extrémité de la grande allée du parc, une voiture attelée de chevaux noirs, suivie de plusieurs domestiques portant des torches allumées.


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L'équipage d'avançait lentement, presque sans bruit, aucune voix n'interrompait le silence de la nuit, laquelle n'était troublée que par le pas mesuré des chevaux et par le froissement des roues sur les branchages inévitables et les feuilles desséchées. 

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Cet étrange cortège s'arrêta à quelques pas du braconnier, qui ne tarda pas à voir, à la lueur des torches, plusieurs hommes munis de bêches et de poches, s'avancer de son côté et se mettre à creuser une fosse, précisément au pied de l'arbre sur lequel il se trouvait. On ne pouvait être mieux placé !

Au même instant, deux gentilhommes dont le rang élevé s'annonçait par l'élégance et la recherche de leur costume, sortirent de la voiture et firent descendre avec violence une jeune femme richement parée.

Elle portait une robe de soie blanche, sa tête étaot couronnée de fleurs, un bouquet ornait son sein, tout indiquait une jeune fiancée qu'on va conduire à l'autel, masi sa chevelure était en désordre et ses yeux pleins de larmes, ses joues pâles, et ses gestes suppliants annonçaient qu'elle était en proie à l'épouvante.

Traînée plutôt que soutenue pas ses conducteurs, quelquefois elle se débarrassait de leurs bras, se précipitait à leurs pieds, embrassait leurs genoux, les appelait ses frères et amais, et les suppliait en sanglotant de ne pas lui arracher la vie.

Ce fut en vain, ses persécuteurs demeurèrent froids et onflexibles devant ses supplications désespérées, et loin de paraître ému, l'un d'eux la repoussa brusquement:

" Mes frères, mes amis, oh ! je vous en supplie, ne me faîtes pas de mal.

- Vos frères ! non Madame, nous ne le sommes plus, vous avez cessé  d'appartenir à la famille que vous déshonorez.

- Au nom du ciel ! n eme tuez pas. Faut-il donc mourir si jeune ! Au moment d'atteindre au bonheur ! Ah ! que la mort est affreuse.

- Il faut pourtant vous y résigner, Madame, les pleurs sont inutiles, votre heureest venue, vous allez mourir."

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La fosse était creusée, les cavaliers firent signe à leurs gens, qui s'emparèrent de la jeune dame. L'inse débattit longtemps dans les bras de ses bourreuax, masi malgré ses efforts désespérés, malgré ses supplications et ses larmes, elle fut jetée dans la fosse qu'on recouvrit précipitamment de terre pour étouffer ses derniers gémissements, puis els deux seigneurs remontèrent en voiture, l'équipage s'éloigna au grand trot des chevaux, et quelque moment après, le parc de Trécesson avait reprit son obscurité, son calme et son silence.

Pendant cette scène affreuse, le braconnier, le coeur serré par l'effroi, avait à peine pu respirer.

Lorsque la voiture eut disparu, lorsqu'il eut cessé d'entendre le pas rapide et cadencé des chevaux qui l'entraînaient, il se décida à descendre de son arbre, mais plein de trouble et d'épouvante, il ne songea pas à écarter la terre qui étouffait la malheureuse femme qu'on venait d'assassiner sous ses yeux.

Il courut en toute hâte chez lui, raconta tout éperdu à sa femme, tout ce dont il avait été témoin. Celle-ci fit de vifs reproches à son mari et l'accusa de lâheté.

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L'entraînant ensuite, elle voulut aller dans le parc pour ouvrir la fosse, masi une reflexion terrible lui vint: si elle et son mari allaient être surpris auprès du cadavre à peine froid, ne leur imputerait-on pas le crime affreux qui venait d'être commis ?

Cette crainte l'arrêta, elle jugea qu'il n'y avait rien de mieux à faire que de se rendre auprès du châtelain et de lui raconter les faits.

Le braconnier et sa femme, introduits chez leur seigneur, purent à peine, tant ils éprouvaient de crainte, lui faire le récit du crime qui venai d'être commis sur ses terres.

Aussitôt que M. de Trécesson eut compris de quoi il s'agissait, il se hâta de faire appeler tous les gens de la maison et de leur donner l'ordre le plus pressant de se rendre au lieu indiqué, où lui-même les suivit bientôt.

Cependant, le temps avait passé, beaucoup trop de temps. Le jour était prêt à paraître lorsqu'on pu commencer à enlever la terre qui recouvrait la fosse.

Tous les regards étaient dirigés vers le même point, annonçaient l'anxiété des acteurs de cette scènee, l'espérance et la crainte, l'attendrissement et l'horreur se succédaient.

Enfin, lorsque le visage de la jeune dame parut à découvert, celle-ci ouvrit doucement les yeux, poussa un long soupir et ses yeux se refermèrent..... pour toujours.

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Profondément affligé par cet évènement, M. de Trécesson fit rendre les honneurs funèbres avec une pompe digne du rang qu'elle paraissait avoir occupé dans le monde.

Par la suite, il fit de nombreuses démarches pour découvrir les assassins, en vain. Il ne put jamais le savoir.

M. de Trécesson déposa solennellemant dan sla chapelle du château, la robe nuptiale et la couronne de fleurs de la jeune et malheureuse fiancée défunte, sa fille, et restèrent sur l'autel, exposés à tous les regards, jusqu'à la Révolution.

Le fiancé finit quant à lui, par entrer dans les ordres.


château de trécesson,campéanac,56,la mariée de trécessonUne enquête ultérieure révéla l'identité des protagonistes de cette tragédie:

La Dame Blanche de Trécesson s'appelait Triphine de Kertineur, et vivait avec ses sept frères, au château de la Roche-Avrel. Son  mariage secret avec le dernier descendant des Vauferrier, une famille rivale, serait la cause de son châtiment.

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Ainsi, depuis deux siècles, on voit régulièrement, aux abords du château de Trécesson, une Dame Blanche...... l'âme tourmentée attend de trouver le repos.

LE MANOIR DU PIED D'ANON - Château de Trécesson

 

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château de trécesson,campéanac,56,le manoir des pieds d'anonDans les salons de Versailles, le jeune marquis de Trécesson avait tout perdu au jeu. Plus d'argent, mais aussi il venait de perdre les métairies et le château de Trécesson.

Il ne lui restait plus qu'à se brûler la cervelle quand, Firmin, son valet de chambre, lui souffla:

château de trécesson,campéanac,56,le manoir des pieds d'anon" Monseigneur oublie qu'il lui reste son manoir du Pied d'Anon."

En fait, de manoir, il ne s'agissait que d'une cabane en bois accrochée à un gros bloc granitique.

" Parbleu ! s'écria le gentilhomme. J'oubliais ce Pied d'Anon. Je vous le joue ! "

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Il joua, et gagna. Il continua à jouer, et regagna tout ce qu'il avait perdu.

Merci qui ? 

Merci Firmin !

LA CHAMBRE AUX REVENANTS - Château de Trécesson

château de trécesson,campéanac,56,la chambre aux revenants


château de trécesson,campéanac,56,la chambre aux revenantsAux 2ème étage  du château, il y avait une chambre qu'on disait hantée. Par bravade, un invité voulut y dormir, mais il lui fut impossible de trouver le sommeil. 

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L'orage de déchaînait à l'extérieur et grondait jusque dans les vastes cheminées.


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Vers minuit, s'ouvrit une porte jusque là invisible: deux valets pénétrèrent dans la chambre, u posèrent une table de jeu, puis cédèrent la place à deux gentilhommes. Les joueurs s'y installèrent, et commencèrent une partie de cartes. 

 

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L'invité tremblait. Il brandit alors son pistolet, tira, masi les balles furent sans effet. Le jeu dura toute la nuit, et l'invité finit par s'endormir, épuisé. 

Au réveil, les gentilhommes avaient disparu. Sur la table restait une respectable pile de Louis d'or.

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Cette histoire se termine par la bataille que se livrèrent l'invité et le propriétaire du château, pour s'approprier la pile d'or.

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14/04/2012

LE CHÊNE DU DUC (Forêt du Gavre,44)

 

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Z - hermines début de texte.gifUn jour le duc de Bretagne Konan I devait guerroyer contre les français, leur armée avait pénétrée le pays. Mais Konan n'avait pas la moindre idée où les français se trouvaient.

Il était donc dans la forêt du Gâvre où il se reposait avec ses soldats, il cherchait le sommeil adossé à un grand chêne, mais un corbeau ne cessait de l'harceler en croissant "konkerel ! Konkerel !..", lassé, Konan ordonnât à l'un de ses archers de tirer sur l'oiseau.archer.gif

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Le lendemain, en chemin le roi répétait comme envouté le mot "konkerel, konkerel".... qui n'est autre que le nom (breton) de la ville de Conquereuil...Obnubilé par cet étrange phénomène, le duc Konan y vit un signe et donna l'ordre a son armée de filer sur cette ville. Et effectivement, l'armée française campait à proximité. La bataille fût rude mais les bretons l'emportèrent, cependant le roi Konan éclairé par ce corbeau fabuleux y perdit la vie, car il fût surpris par des ennemis alors qu'il retirait son armure.

 

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Cette bataille eu effectivement lieue le 27 juin 992, Konan, venait ainsi d'être mit à la tête du comté de Nantes pour y remplacer le comte Gwereg et surtout après toute une vie à y aspirer (n'hésitant pas à faire la gueguerre à Hoel,ancien comte de Nantes). L'ambitieux personnage ne restera pas longtemps au pouvoir car Foulques d'Anjou, sous prétexte de défendre les intérêts de la maison de Nantes, amènera son armée en Bretagne, et Konan trouva effectivement la mort à cette bataille.

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MISTi COURTIN & AUTRES LUTINS

 

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Z - hermines début de texte.gifUn lutin de la Loire-Inférieure, qu'on appelle Misti Courtin, prend le soir la forme d'un animal égaré, surtout celle d'un beau mouton; c'est en vain qu'on l'enferme dans l'étable; un instant après, il se retrouvfe dehors.

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Dans le nord de la Haute-Bretagne, le mouton errant se présente sous l'apparence d'un de ceux du troupeau, et il s'amuse à faire courir le pâtre après lui; il se promène aussi dans les clairières et les avenues au clair de lune, et frappe à coups de cornes le passant qui s'approche.

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Aux environs de Saint-Malo, c'est à un mouton tout blanc qu'on attribue cette méchante humeur: quelquefois il se place sur une passerelle étroite pour précipiter dans l'eu celui qui s'y est engagé, et c'est aussi ce que fait le mouton noir des campagnes de Lorient.

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Le lutin de la Creuse revêt la forme d'une bête à laine pour amuser le créancier ou l'huissier qui se rend chez un débiteur et donner à celui-ci le temps de s'échapper; il se présente à eux, et ils essaient, sans jamais y parvenir, de l'attraper.

 

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12/04/2012

79 - LES CORROMPUS D'ESCOUBLAC (Escoublac, 44)

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Voici un siècle, on voyait encore émerger au milieu des dunes, le coq du clocher d'Escoublac (Loire-Inférieure, aujourd'hui Loire-Atlantique).

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Les habitants de ce village, autrefois grand et florissant, s'étaient enrichis en faisant le commerce du sel. Mais ils étaient devenus corrompus.

Une nuit, on entendit une voix qui les avertissait de se convertir promptement. Ils le n'écoutèrent pas. 

L'Océan couvrit tout le village, et en se retirant, il le laissa enseveli sous une montagne de sable.

On raconte aux environs, que longtemps après la catastrophe, on entendait encore sonner les cloches de son église.

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Côté Vendée, le terrain occupé par les dunes de Longeville, formait jadis une cité: un déluge de sable l'engloutie, et depuis, surtout la veille des grandes fêtes, on a toujours entendu dans un lieu ésert appelé "Casse à perdrix", trois coups quis ortent de dessous terre, et succédèrent dans l'intervalle de quelques secondes, tels trois coups de canon.

78 - Le TRESOR DU MORT (Plonéour-Lanvern, 29)

 

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Z - hermines début de texte.gifUne fermière de Plonéour-Lanvern, Marie-Jeanne Thos, chaque fois qu'elle allait dans son courtil, voyait, auprès de la rivière donnant sur la route, un homme des 

environs, mort depuis près de cinq ans. Il lui faisait des signes avec la main, comme pour 

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l'inviter à le suivre quelque part. Un beau jour, impatientée de son manège, elle s'enhardit à
marcher jusqu'a lui et lui demander:jollyroger37.gif

" Qu'est ce que c'est ? Que voulez vous de moi ? "

Il lui fit signe de passer la barrière et de venir.

" Ma foi, se dit-elle, j'en aurai le coeur net."

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Et la voila de cheminer sur les pas du mort. Il la mena ainsi au sommet d'une lande déserte, ou il y avait une grande roche. L'homme, s'agenouillant à terre, se mit à gratter le sol avec ses doigts. Quand il eu fini, il se tourna vers la femme et lui montra le monceau de pièces d'or qui brillait d'un éclat neuf. Jamais elle n'avait contemplé une telle somme. Tandis qu'elle regardait cet or avec une admiration mélée d'envie, le mort disparut.pirate30.gif

" S'il m'a révélé sa cachette, c'est sans doute pour que je profite de ce qu'elle contient, pensa Marie-Jeanne Thos."

Et, ramassant à poignées les pièces étalées devant elle, elle remplit son tablier. Rentrée chez elle, elle les empila dans son armoire. Et, le soir, elle dit à son mari :

" Tu désirais un nouveau cheval : tu peux en acheter, non pas un, mais quatre, mais dix, et davantage, car nous sommes riches.

-Comment cela ? s'informat-il, tout joyeux."

Elle lui raconta son aventure. Mais le front du fermier aussitot se rembrunit.

"Si tu tiens à la vie, va vite reporter cet argent ou tu l'a pris.

-Pourquoi ?

-Parce que si tu ne t'en débarrasse pas, tu es vouée à mourir dans l'année."

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Dès le lendemain matin, elle courut à la lande haute remettre les pièces d'or à leur place. Mais peu de jours après, ayant eu besoin de prendre du linge dans son armoire, elle entendit un bruit d'argent : elle regarda et vit, avec stupeur, que c'était le trésor du mort qui était revenu.

" C'est bien ce que je craignais, lui dit son mari. Va trouver le recteur, peut-etre te donnera-t-il un bon conseil."

Mais le recteur l'arrêta, dès les premiers mots de son histoire.

" Je ne peux rien pour vous, déclara-t'il . Vous avez délivré ce mort, et maintenant il faut qu à bref délai, vous preniez sa place. Préparez vous donc à mourir chrétiennement et commander qu'on mette l'argent du trésor avec vous, dans votre cercueil. Ainsi seulement, vous serez sauvée."

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Elle ne tarda pas à trépasser, en effet, sans avoir été malade.

Et on enterra avec elle le trésor du mort pour qu'il ne fasse plus de mal à personne.

 

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(de KELT HA BREZHON)

11/04/2012

77 - La LEGENDE DU MANOIR DE COATBILY (Coatbily, 29)


 

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Z - hermines début de texte.gifAu temps passé, il existait sur la montagne voisine une maison de korrigans, sans doute un dolmen, et ces malicieux petits êtres avaient pris la fâcheuse habitude d'envahir chaque nuit le manoir pour s'y livrer à une infernale fête. On les entendait courir de la cave au grenier, s'appeler de leurs voix graves et discordantes, mener dans toutes les chambres un affreux remue-ménage. Les habitants, même ceux de Coatbily, n'étaient pas à l'abri de leurs brimades.2 Elfes cor.gif

Le dernier d'entre eux qui se couchait était assuré de recevoir, sur cette partie charnue de sa personne qu'il devait tendre pour se fourrer dans le lit clos, une épouvantable tape, saluée aussitôt de rires stridents et des hurlements de jubilation. Le tapage était tel, les Elfe flutiste.gifustensils, la vaisselle, les meubles semblaient si terriblement bouleversés, secoués, traînés à hue et à dia, qu'on s'attendait à les retrouver le lendemain matin, disloqués ou réduits en miettes. Eh bien pas du tout !

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A l'aurore, chaque chose avait repris sa place habituelle et n'offrait aucune trace de dur traitement que les lutins lui avaient fait subir. D'ailleurs, ceux-ci, lorsqu'ils exécutaient dans la grande salle leurs rondes folles, s'accompagnaient souvent d'un refrain breton traduisible à peu près ainsi:

" Rions, sautons, chantons, dansons,

Du crépuscule à l'aube claire,

Mais tout ce que nous défaisons,

Hélas ! il nous faut le refaire."

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Désolé de ne plus pouvoir dormir en paix, d'être abandonné par ses domestiques qui cherchaient ailleurs des maisons plus tranquilles, le seigneur de Coatbily s'en alla consulter la vieille Tinah de la Croix des Gardiens, matrone expérimentée et d'excellent conseil.


Après lui avoir offert un écu neuf et une poule pondeuse, il lui exposa son cas en détail. La bonne femme écoutait sans mot dire. Elle réfléchit longuement, puis, se levant, sortit sur le seuil et examina le soleil, qui descendait vers les bois de Quistinic au milieu de nuages rouges comme braise.

" Cela va bien, prononça-t-elle. Il y aura vent cette nuit, il faut en profiter. Mais dites-moi d'abord: par où les korrigans entrent-ils dans votre manoir ?

- Par n'importe où, Tinah, au besoin par le trou de la serrure. J'ai beau tout fermer et verrouiller soigneusement, ils arrivent toujours à découvrir quelques pertuis. Mais je dois dire qu'avant d'envahir ma maison, ils en ont fait le tour, et ils remarquent une porte ou une fenêtre mal close, c'est par là qu'ils pénètret chez moi.

- Eh bien, monsieur, voici ce qu'il convient de faire. Ce soir, vous laisserez ouvertes des lucarnes de votre grenier. Vous poserez sur l'appui un sac de plumes dont l'ouverture sera déliée et tournée en dehors. Vous y attacherez une corde qui traînera jusqu'aun pied de la muraille. Soyez sûr que les korrigans voudront se servir de cette corde pour entrer. Ils s'y suspendront et leur poid fera basculer le sac. Mais celui-ci ne tombera pas jusqu'en bas, parce que vous l'aurez retenu par une corde fixée à l'une des solives. Il restera donc en suspens. Tout son contenu se videra et sera emporté par le vent. Comme ils l'avouent dans leurs chansons, les korrigans seront obligés de courir après vos plumes et de toutes les ramasser. Celles-ci étant dispersées aux quatre coins du ciel, ils n'arriveront jamais à tout retrouver, et la honte les empêchera de revenir désormais chez vous."

Les instructions de la vieille Tinah furent suivies de point en point et les choses se passèrent selon ses prévisions.

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Un concert horrible de glapissements et d'imprécautions suivit la chute du sac et l'envol éperdu de ce qu'il renfermait. Il y eut des galopades, des bonds, des clameurs dans la cour, dans les bois, dans les champs, dans les prés, puis le bruit s'éloigna, s'amoiondrit, s'éteignit.

Depuis Coatbily n'a jamais reçu la visite des korrigans, et ses aimables habitants peuvent dormir aujourd'hui, sans crainte des mauvais esprits, sur leurs deux oreilles.

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76 - La FEE & BOUTIN de SAINT-JUVAT (Saint-Juvat, 22)

 

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Au temps jadis, il y avait à Saint-Juvat, un laboureur appelé Boutin, qui possédait plusieurs champs, et parmi eux, celui qu'on appelle encore, les Pâtures de Boutin.

Chaque matin, an allant voir sa récolte, Boutin constatait que le bétail venait de la brouter, et il reconnut les pas d'une vache. Plusieurs voisins lui dirent qu'on voyait souvent dans son blé, une vache qu'on ne connaissait point pour appartenir à une personne du pays. Boutin se mit amors en embuscade pour gutter son arrivée. saint-juvat?

Dès la première nuit, il l'aperçut et parvint à la saisir par la queue. La vache se mit à fuir et l'entraîna plus vite qu'il n'aurait voulu vers la pâture, où un trou s'ouvrit. Il y entra à sa suite et se  trouva au milieu d'un beau palais où il vit beaucoup de fées. 

Il lâcha la queue de la vache, et une des fées lui demanda ce qu'il voulait. Boutin, qui était un peu avare, voyait autour de lui de l'or et de l'argent à remuer à la pelle, et il dit qu'il était venu pour qu'on lui payât le dommage fait à sa récolte. 


saint-juvat?" Combien voulez-vous ? lui demanda la fée.

- Vous pouvez bien me bailler un quart (mesure) d'argent, répondit Boutin.

- Qu'à cela ne tienne ! Mais nous n'avons pas de quart ici: allez en chercher un à la Sigonnière, et nous vous le remplirons."

Boutin sortit alors du château des fées, courut à la maison le plus vite qu'il put; mais à son retour, le trou par où il était sorti s'était bouché, et il ne put jamais en retrouver l'entrée.

Pendant le restant de ses jours, il fouilla la pâture, la bouleversa en tout sens, creusa des galeries, mais ne put découvrir la porte du palais des fées. En revanche, il mit à jour une carrière de sablon, et c'est la première qui a été exploitée dans le pays.


Paul Sébillot, (Les) Travaux publics et les mines dans les traditions et les superstitions de tous les pays, 1894

75 - MORGANED & MORGANEZED - Île d'Ouessant

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ouessant,trésors,morgan,morganesAvant d'avoir éprouvé la malice des hommes, les Morganed de l'Île d'Ouessant et leurs femmes les Morganezed, qui avaient  leur résidence sous les eaux, venaient, beaucoup plus fréquemment qu'aujourd'hui, jouer et folâtrer sur le sable fin et les goémons du rivage. On les voyait surtout au clair de lune, et ils démêlaient leurs cheveux blonds avec des peignes d'or et d'ivoire. Le jour, ils faisaient sécher au soleil, sur de beaux linceuls blancs, des trésors de toutes sortes. On jouissait de leur vue tout le temps qu'on restait sans remuer des paupières, mais, comme le linge des fées marines de la Haute-Bretagne, ces richesses disparaissaient au premier battement. Cependant, ils les laissaient voir quelquefois aux hommes.


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Un jour, deux jeunes filles de l'île, occupées à chercher des coquillages, virent une Morgane qui étalait ses trésors sur deux belles nappes blanches. Elles arrivèrent, en se glissant derrière les rochers, jusqu'auprès de la Morgane, sans être aperçues d'elle. Au lieu de se jeter à l'eau et d'emporter ses trésors, celle-ci, voyant que les jeunes filles étaient gentilles et paraissaient douces, replia ses deux nappes sur toutes les belles choses qui étaient dessus, et leur en donna à chacune une, en leur recommandant de ne regarder ce qu'il y avait dedans que lorsqu'elles serainet arrivées à la maison, devant leurs parents. 


L'une d'elles ne put résister à la tentation, et ayant déplié le linceul, elle n'y trouva que du crottin de cheval. L'autre alla jusqu'au logis, tout d'une traite, et elle n'ouvrit sa nappe que sous les yeux de ses parents: elle contenat des pierres précieuses, des perles fines, de l'or et de beaux tissus. La famille devint très riche, et l'on prétend qu'il existe encore, bien qu'il y ait longtemps de cela, chez ses descendants, des restes du trésor de la Morgane. ouessant,trésors,morgan,morganes

AL LEW-DREZ

 

 

 

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saint-michel-en-grève,al lew drezIl était une fois, un garçon nommé Périk, âgé d'une vingtaine d'année, bourgeonné, ébouriffé, qui marchait la tête rejetée en arrière avec une belle expression de dédain qu'on ne remarquait pas sa petite taille. Ses parents étaient morts, et on ne lui connaissait aps de famille.

Après avoir passé deux années à l'école, il était devenu vacher mais il avait la conviction qu'il pouvait faire beaucoup mieux que ça ? Quoi ? Il n'eût su le dire exactement. Cependant, nullement ébranlé par son manque d'instruction, il pensait qu'il lui fallait simplement devenir riche.

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Or, un jour qu'il se promenait aux pieds de la dune de Saint-Efflam, il rencontra un vieux vagabond qui se reposait au soleil. Après lui avoir souhaité le bonjour, le vieillard demanda au jeune homme s'il était allé à quelque fête. Comme la réponse fut négative, et la raison de ce non étant l'absence de moyens financiers, le vagabond hocha la tête et dit, après une minute de profonde réflexion:

" Je vais peut-être te donner la possibilité de devenir très riche...

- Vraiment ? dit Perik, tout de suite intéressé. Et comment ?

- Oh ! Tu vas sans douterire de mon idée. La jeunesse ne croit plus à rien."

Il s'interrompit, se passa la main dans les cheveux, et lorsque Perik lui eut demandé à quoi il fallait croire, il poursuivit:

" Sais-tu que là où nous sommes, sur cette dune de Saint-Efflam, s'étendait jadis une ville puissante ? Une ville dont les voiliers couraient les mers et rapportaient des monceaux de denrées rares et précieuses. Un roi la gouvernait, il avait pour spectre une baguette de noisetier, une baguette magique aussi puissante que celle des fées."

Périk réfléchit une seconde, et lui demanda où se trouvait aujourd'hui ce spectre merveilleux.

" Je vais te dire, répondit le vagabond en jetant un regard farouche autour de lui pour s'assurer que personne ne les écoutait. Le roi commit des crimes atroces, et pour le punir, Dieu, un matin, fit surgir des flots une grève qui engloutit la ville du roi. Là, dans la dernière salle à laquelle les escaliers de marbre donnent accès, se trouve, posé sur un velours écarlate, le spectre ou la baguette qui donne tout pouvoir. Te voilà averti, jeune homme. Il faut tenter ta chance, si tu es agile, car au dernier coup de minuit, le passage se referme pour ne se rouvrir qu'à la Pentecôte suivante."

Périk remercia et demeura un moment dans une sorte de stupeur. Une telle richesse à portée de main, était-ce possible ?


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Et dès qu'arriva la Pentecôte, sans douter une seconde du succès de son entreprise, Périk se prépara à pénétrer dans la ville engloutie. 

Il faisait très beau, dans les buissons en fleurs les moineaux gazouillaient. De toutes parts, chantaient les oiseaux. Périk ressassa toute la journée des rêves fous, jonglant avec l'argent dont il pouvait disposer grâce à sa baguette magique. Il arrondissait les mains comme s'il faisait couler entre ses doigts les pièces d'or. Puis, lorsque le soir arriva, sa figure prit une expression de méprisant défi et de témérité, l'expression d'un homme sur le point de faire courber le monde entier sous son bon plaisir.

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Il était donc sur le sable de la Lew-Dréz, quand minuit sonna à l'église de Saint-Michel-en-Grève. Le front de Périk devint moite et rapidement il s'épongea avec son mouchoir, puis avance un tressaillement de joie, il vit le rocher de granit s'entrouvrir lentement comme la gueule d'un fauve qui s'éveille.


D'un bond rapide, Périk fut dans le passage qui d'abord était sombre comme une cave, puis qui s'éclaira peu à peu à mesure que le jeune homme avançait. Il aurait voulu courir, mais l'émotion faisait vaciller ses jambes. Enfin, il déboucha sur la place d'une grande ville où l'on voyait comme en plein jour. Les maisons étaient en pierre, mais l'une d'elles était si belle,  ornée et si grande que ce ne pouvait être que le palais du roi.

 

 

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Le coeur battant, Périk y pénétra sans même prendre garde aux soldats qui se tenaient devant l'entrée. La première sallez qu'il vit était garnie de tables sur lesuelles se trouvaient toutes sortes de monnaies d'argent et d'or, autant qu'il y a de grains de blé dans une ferme après la moisson. Périk en prit une poignée qu'il mit dans ses poches et s'en alla plus loin. A cet instant, au clocher de Saint-Michel-en-Grève sonna le sixième coup de minuit.

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saint-michel-en-grève,al lew drezTrès ému, Périk passa le seuil de la deuxième salle. Il vit des bahuts, des coffres où s'entassaient bijoux et vaisselles d'or. Il y en avait autant que que de fleurs dans les prairies au printemps. Or, chose étrange, Périk n'eut pour tout cet or étalé qu'un regard indifférent, comme si déjà tout cela lui appartenait et qu'il en voulût plus encore.saint-michel-en-grève,al lew drez


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Le septième coup tinta quand il mit le pied dans la troisième salle. Elle offrait le spectacle d'un amas de corbeilles disposées les unes sur les autres, où étincelainet perles et pierres précieuses. Il y en avait autant que des graviers dans le fond de la rivière. Périk regarda cette orgie de pierres brillantes et miroitantes, toutes plus belles les unes que les autres, passa tendrement la main sur des corbeilles, puis saisit quelques rubis et quelques saphirs, faisant le geste de l'offrir à une jeune beauté qu'il voyait en rêve.saint-michel-en-grève,al lew drez

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Il se mit à rire, mais il entendit retentir le huitième coup, son rire s'éteignit sur ses lèvres et il se précipita dans la quatrième salle où des milliers de diamants et de cristaux jetaient de tels feux qu'il chancela, ébloui. Une espression de sombre détermination passa sur son visage et il courut dans la dernière salle.


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A cet instant, le clocher sonnait le neuvième coup. Périk ne put distinguer tout de suite la baguette de noisetier, puis entendit des voix qui l'invitaient à avancer et il vit, le regardant fixement, des jeunes filles belles à ravir. La découverte le laissa bouche bée et il fit quelques pas vers elles qui étaient bien au nombre de cent et qui tenaient à la main une couronne de chêne. saint-michel-en-grève,al lew drezElles lui indiquaient le spectre qui était posé au fond de la salle, sur un socle d'or recouvert d'écarlate. Avec un hurlement de triomphe, Périk allait s'en emparer, mais il ne put s'empêcher de jeter un coup d'oeil vers les jeunes personnes qui lui souriaient. Et tandis qu'il cherchait quelle pouvait être la plus jolie, le douzième coup se fit entendre, comme un coup de tonnerre, sans que Périk sût et pût dire si les deux coups précédents qui l'annonçaient avaient tinté.

Alors tout se brouilla dans son esprit, il se retourna et fila en arrière, mais les gardes avaient déjà fermé les portes. Il revint en toute hâte demander secours aux belles jeunes filles, elles n'étaient plus que des statues de granit. Une nuit opaque avait remplacé la lumière.

Périk s'évanouit de terreur.

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Il n'avait plus de famille, aussi personne au village ne s'inquiéta beaucoup de son absence. Cependant, quand le vieux vagabond revint quelques mois plus tard, il demanda aux uns et aux autres où était Périk. Or, Périk était devenu mystérieux et introuvable; allez donc savoir où il cachait quelque joie - ou quelque peine ! 

Le vagabond redit alors l'histoire de la ville engloutie sous la grève, et du passage qui s'ouvre , la nuit de la Pentecôte... Personne ne voulut le croire, ni croire que Périk avait tenté l'aventure. Et seules les bonnes grand-mères, le soir à la veillée, racontent cette histoire à leurs petis-enfants.




10/04/2012

LA MESSE DU REVENANT (Plougasnou,29)

 

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hermines début de texte.gifIl y a bien longtemps de cela, c'était, autant qu'on s'en souvienne, avant la séparation de Saint-Jean-du-Doigt de la paroisse de Plougasnou. Saint-Jean était donc desservi par les prêtres de Plougasnou, ce qui les obligeait à parcourir une très longue distance et à faire des courses pénibles pour traverser le pays quand il fallait se rendre auprès des malades et des pourants. Les villages étaient en effet très éloignés, et bien souvent, on avait intérêt, pour abréger la route, à emprunter des chemins généralement impraticables qui passaient au milieu des fondrières, des prairies submergées, des douves remplies d'eau bourbeuse. Et ceux qui ne connaissaient pas assez le pays se trouvaient réduits, la plupart du temps, à revenir sur leurs pas, ce qui rendait leur voyage encore plus pénible.

 

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On était aux derniers jours d'octobre, et les pluies avaient commencé à se déverser sur la région. A l'heure du souper, un homme hors d'haleine, portant ses sabots à la main, entra brusquement au presbytère de Plougasnou et demanda un prêtre, n'importe lequel, pour quelqu'un de son village qui se mourait et qui demandait les secours de la religion. Sans plus tarder, l'un des vicaires se leva, passa dans la sacristie, prit son sac et suivit l'homme. C'était un jeune prêtre, nouvellement arrivé dans la paroisse, et comme il désirait connaître le pays, il demanda à son guide de le conduire par le chemin le plus court. Ils marchèrent le plus vite possible, mais ilsmirent quand même longtemps àparvenir au village. Néanmoins, le vicaire reçut la confession du malade et lui donna l'extrême-onction. Avant de quitter la ferme, il s'informa auprès de la famille, lui adressa des consolations et l'engagea à la résignation. Il prit ensuite congé et reprit, seul, le chemin du bourg.

 

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Il y arriva très tard, mais il vit que l'église était encore ouverte. Il décida d'y aller pour le repos du malade qu'il venait de visiter. Il entra et s'agenouilla devant le grand autel. Mais le sacristain, qui avait fini de préparer l'église pour un mariage prévu le lendemain, ne le vit pas. Il se contenta de faire une rapide inspection de la nef, sans aller vers le choeur, et sortit par la porte de la sacristie après avoir pris soin de baricader la grande porte de l'église. Le vicaire, plongé dans ses prières, ne s'était aperçut de rien.

Quand il eût terminé, il se leva et se dirigea vers la porte. Il constata avec un certain dépit qu'il était enfermé dans l'église. Que faire ? Appeler, il n'en était pas question, car personne ne l'aurait entendu. Sonner la cloche ? Il aurait ameuté tous les habitants du bourg et ceux-ci se seraient affolés. Bien qu'il fût à jeun depuis midi, il prit le parti de passer la nuit là. Il entra dans le choeur et prit place sur sa stalle habituelle. Puis il se mit à dire son chapelet.

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Cependant, vaincu par la fatigue, il s'endormit. Un temps assez long s'écoula dans un sommeil paisible. Puis il lui sembla être tourmenté par un rêve étrange, ce qui le réveilla brusquement. Il entendit un bruit. Se redressant, il regarda dans l'ombre et crut voir une lumière dans la sacristie. Le bruit venait de là, comme si quelqu'un allait et venait et ouvrait les armoires. Alors la porte de la sacristie s'ouvrit et un prêtre qu'il n'avait jamais vu, tenant un cierge à la main, apparut et se dirigea vers l'autel. Là, il alluma tous les cierges. Le vicaire remarqua qu'il portait des ornements noirs. Il était debout vers le milieu de l'autel, le dos tourné au tabernacle et semblait attendre que quelque chose se produisit. Ses yeux brillaient d'un reflet très pâle. Tout à coup, il parla: sa voix était sourde, rocailleuse, rendant même un son métallique. Par trois fois il prononça cette phrase:

religions006.gif" Y-a-til quelqu'un ici pour répondre ma messe ? "

Le vicaire était trop surpris et aussi trop terrifié par cette étrange apparition qu'il n'ouvrit pas la bouche. Alors, n'ayant pas reçu de réponse, le prêtre en noir descendit de l'autel et rentra dans la sacristie. Le vicaire l'entendit quitter ses ornements et refermer les armoires. Puis il revint dans l'église et éteignit les cierges. Et il sembla au vicaire qu'il venait de se fondre dans la nuit obscure.

Le vicaire n'encroyait pas ses yeux, ni ses oreilles. Il se demandait avec une certaine angoisse si tout cela avait été réel ou s'il n'avait pas été le jouet d'un cauchemar. Pour en avoir le coeur net, il s'en alla dans la sacristie. Elle était vide. Dans l'église, tout était vide et il n'y avait aucune lumièr, sauf celle de la petite veilleuse, sur le grand autel.

Et pourtant, il sentait l'odeur caractéristique des cierges lorsqu'on les a éteints. Renonçant à en savoir davantage, il se résigna à retourner vers la stalle, l'esprit encombré d'un trouble intense. Il essaya de prier, mais il fut incapable de prononcer, même mentalement, la moindre oraison. Les heures succédaient aux heures, et troublaient seules le silence de la nef. Au petit matin, lorsque le sacristain entra dans l'église, il fut fort surpris d'y trouver le vicaire qui l'attendait pour répondre sa messe. Il fut bien embarrassé de savoir que, malgré lui, il avait enfermé le malheureux prêtre en sortant de l'église sans y avoir fait une inspection complète.

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Après avoir célébré sa messe, le vicaire entra au presbytère. On l'accueillit avec curiosité et on lui posa des questions au sujet de son absence de la nuit. Il répondit en racontant son aventure. Mais chacun rit de cette histoire invraissemblable. On se moqua de son rêve et on le traita de visionnaire. Chacun l'accablait de plaisanteries les plus sottes, faisant allusion au cidre qu'il avait dû boire, et, malgré son asurance et ses serments, le doyen et les autres vicaires ne crurent pas un seul mot de ce qu'il racontait.

" Pourtant, répétait-il sans cesse, je vous assure: j'ai vu, j'ai entendu. Je ne suis pas fou, et j'étais à jeun."

Le doyen fut le premier à lui dire qu'il avait été victime d'une hallucination ou d'un cauchemar provoqué par la fatigue et la faim.

" Monsieur le Doyen, dit-il enfin, à bout de patience, je vous prouverai que j'étais bien éveillé ! Je retournerai ce soir à l'église et j'y passerai la nuit. Je vous jure que je ne dormirai pas. Mais si je ne vois rien, j'accepterai vos sarcasmes et ne vous en voudrai aucunement. "

Aussi, quand la nuit fut venue, le vicaire, malgré les rires de ses confrères et les observations du doyen, reprit sa place dans l'église, prit son chapelet et se prépara à veiller. Il n'avait aucune envie de dormir tant il était désireux de voir se dérouler devant ses yeux la scène qu'il avait vécue la nuit précédente.

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Lorsque l'horloge de la tour fit entendre le premier grincement de ses chaînes, en se déroulant, pour annoncer l'heure qui allait sonner ses douze coups, il entendit s'ouvrir la porte de la sacristie: il vit alors le prêtre, revêtu de ses ornements noirs, entrer dans le choeur, allumer les cierges, préparer les livres, déposer le calice et agiter la sonnette. Puis, remontant à l'autel et se retournant vers la nef, il demanda trois fois, comme la veille:

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" Y a-t-il quelqu'un ici pour me répondre la messe ?"

Sa voix était rauque, désespérée. Il ouvrait les yeux hagards comme pour tenter de distinguer dans l'ombre celui qui se lèverait et viendrait vers lui. Mais le vicaire ne bougea pas, véritablement hypnotisé par ce qu'il voyait, et rien ne troubla le silence de l'église. Le prêtre en ornements noirs attendit encore quelques instants, puis discendit de l'autel, rentra dans la sacristie, revint éteindre tous les cierges et se fondit dans l'ombre, exactement comme la veille.

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Une fois libéré  de son ébahissement, le vicaire rentra tout heureux au presbytère parce qu'il était maintenant en mesure de prouver qu'il avait vu et entendu le prêtre, qu'il n'avait pas rêvé et qu'il jouissait de toutes ses facultés. Il répéta donc, avec un grand luxe de détails, tous les évènements de la nuit. Le doyen, de plus en plus incrédule, le traita d'insensé, avec beaucoup de dureté, ce qui n'était pourtant pas dans son habitude. Quant à ses confrères, ils se mirent à rire aux éclats. Le pauvre vicaire, très mal à l'aise, baissa tristement la tête. Mais soudain, il se ressaisit et dit:

" Avant de méjuger et de me condamner, monsieur le Doyen, il serait bon de venir vous-même vous assurer du fait. Il me semble que nul n'a le droit de me taxer de folie q'il nh'a pas la preuve que je suis un imposteur. Je le répète: je n'ai pas rêvé. Que l'un de vos vicaires vienne avec moi, ce soir, s'il le veut bien, et qu'il passe la nuit dans l'église avec moi. S'il ne voit rien, je me rangerai à votre opinion, et je dirai que j'ai rêvé.

Le doyen regrettait quelque peu sa vivacité. En voyant son vicaire si enflammé et si sûr de lui, il lui vint quelques doutes, et il se radoucit;

" Eh bien ! dit-il, tu retourneras dans l'église ce soir et c'est moi qui irai avec toi. Comme cela, nous serons fixés. Puis il se tourna vers ses vicaires et ajouta:

" Messieurs, pas un mot au sujet de cette histoire. Et, en attendant, veuillez cesser vos plaisanteries."

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Quand tout le monde fut couché, le doyen, qui avait pris les clefs de l'église, appela le vicaire, et tous deux sortirent sans bruit et se rendirent à l'église. Ils prirent leurs places habituelles dans les stalles et attendirent, dans le plis profond silence, que l'apparition se renouvelât.

Cela ne tarda guère. Dès les premiers grincements de la chaîne annonçant minuit, ils entendirent ouvrir la porte de la sacristie et le prêtre, comme il l'avait fait les deux nuits précédentes, vint tout préparer pour le saint sacrifice. Mais, au premier appel de ce pystérieux prêtre, le vicair se leva et s'agenouilla sur les marches de l'autel.

Il ne prononça pas une seule parole. Le prêtre aux ornements noirs commença alors immédiatement l'office des défunts. Le vicaire le suivit fidèlement dans sa célébration, et quand celle-ci fut terminée, l'officiant se tourna vers son répondant et lui dit:



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" Il y a trois cents ans, j'étais, comme toi, vicaire de cette paroisse. Un jour, je reçus d'une pauvre femme l'argent d'une messe, mais la mort m'a surpris avant que j'eusse pu la dire. Depuis cette époque, je reviens dans cette église huit jours durant, la semaine avant la Toussaint, et cela chaque année, espérant que quelqu'un se manifeste pour me répondre la messe que je dois à Dieu et à la pauvre femme qui me l'a payée. Et, comme je n'ai jamais trouvé personne avant cette nuit, je suis rentré chaque fois au purgatoire jusqu'à l'année suivante. Je te remercie, car tu viens de me délivrer de mes peines."


Il fit quelques pas vers la sacristie, puis il se retourna et alla droit vers son répondant. Il ajouta :

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" Tu trouveras mon nom sur les registres de la paroisse. Mais je dois te prévenir qu'avant la fin de l'année tu m'auras rejoint dans la tombe. Car celui qui répond la messe à un défunt doit le suivre peu de temps après. Ne crains rien cependant, car ton geste fraternel t'a ouvert les portes du paradis. Tiens-toi donc prêt. Adieu ici-bas, mais au revoir au ciel."

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Et, comme les nuits précédentes, le prêtre se fondit dans l'ombre et tout rentra dans le silence le plus absolu. Le doyen, fort impressionné par cette scène, se leva et fit signe à son vicaire de le suivre. Ils rentrèrent immédiatement au presbytère.


Le lendemain matin, le vicaire, au comble du bonheur d'être sorti de l'épreuve en ayant prouvé qu'il n'était ni un rêveur, ni un imposteur, répéta son histoire à ses confrères. Ceux-ci se réjouirent bruyamment, mais, cette fois, le doyen fit cesser les éclats de rire en affirmant qu'il avait été témoin des faits rapportés.

On chercha dans les registres de la paroisse et on trouva en effet le nom du prêtre qui était mort subitement quelque trois cents ans auparavant. On remarqua même qu'il avait été premier vicaire et que sa vie avait été irréprochable. Mais le fait de ne pas célébrer une messe dont il avait reçu l'argent l'avait conduit au purgatoire. Le bruit de cette histoire se répandit dans tout le pays et la tradition l'a transmise jusqu'à nos jours. Quant au répondant, le jeune vicaire, il mourut dans l'année.

Revue des raditions populaires, 1885

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Très répandu en Bretagne armoricaine, le thème de ce conte est bien ancré dans les esprits des bretons: un être humain qui n'a pas accompli un voeu ou un engagement, qui n'a pas tenu ses promesses ou qui n'a pas réparé une injustice qu'il a causé, est condamné au purgatoire ou à errer par tous les chemin. Il ne sera pas délivré avant d'avoir rétabli l'équilibre cosmique qu'il a perturbé par son action ou son inaction. La pupart du temps, il ne peut y parvenir que s'il est aidé par un humain charitable.

Mais celui qui intervient dans ce processus est exposé à périr, parce qu'il a été en contact intime avec l'Autre Monde: il est donc déjà virtuellement passé de l'autre côté du miroir.



09/04/2012

LA OU LA TERRE DEVIENT DE L'OR


Flèche début de texte.gifDeux bretons insulaires, le mari Glaudan et le femme Galoguen avaient vu leur barque séparée par la tempête e la flotille à laquelle ils appartenaient. Le vent s'étant calmé, ils vinrent échouer dans une anse de la côte du Léon que l'on appelle aujourd'hui, l'anse du Goulven, en bordure du territoire de la commune de Plouider (canton de Lesneven).

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La détresse des naufragés est grande. La côte, couverte de taillis épais, paraît habitée seulement par les fauves. A peine Galoguen a-t-elle mis le pied sur le sol armoricain, qu'elle se sent prise de douleurs de l'enfantement. Glaudan ne sait comment secourir sa femme. Fiévreuse, elle réclame de l'eau. Seule la mer pourrait lui offrir son onde amère. Le mari désespéré se voit dans la nécessité d'abandonner son épouse pour aller à la découverte d'une source prochaine, mais il n'a aucun vase pour rapporter de l'eau. Il s'avance au milieu du taillis. Soudain, il aperçoit une chaumière, dressée à l'orée de la forêt, sur la falaise qui domine la mer. Il reprend espoir et frappe à la porte. Celle-ci s'ouvre. Un véritable sauvage apparaît. Glaudan implore une hositalité qui lui est brutalement refusée. Tout au plus, l'homme consentit à indiquer à Glaudan u sentier qui conduit au ruisseau. Il lui prête aussi un vase. Mais Glaudan s'égare dans l'épaisseur du bois et ne parvient pas à joindre le ruisseau. Il tombe à genoux, supplie le ciel de venir à son aide, de secourir l'infortunée Galoguen.

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Après avoir marché toute une nuit et tout un jour, Glaudan, épuisé à son tour, se retrouve à l'endroit où il alaissé Galoguen. Celle-ci, en souriant, lui présente son fils qui est ,é, qu'elle allaite et auquel elle a donné le nom de Goulven. A ses côtés, une fontaine a jailli. Dieu a exaucé la prière de Glaudan. Cette fontaine se nomme toujours la fontaine de Saint-Goulven.femme026.gif


Glaudan et Galoguen s'établirent à l'endroit même où était né leur fils. Et ceci se passait à l'aurore du VIème siècle.


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Quelques années plus tard, un riche breton s'interessa à Goulven enfant. Il le fit instruire en vue de l'instaurer son héritier.

Goulven dédaigne la fortune. Il préfère demeurer pauvre et habiter le désert. Sur la plage même où ses parents ont abordé, où il a vu le jour, il construit son pénity. Il n'a qu'un compagnon, nommé Maden. Tous deux travaillent avec acharnement pour défricher la forêt voisine. Ils ne s'arrêtent que pour prier et processionner autour de trois croix qu'ils ont eux-mêmes dressées. Le sol est devenu fertile grâce à leur labeur. Des émigrants s'établissent dans le "Minihy de Saint-Goulven". Goulen ne sort pas pour cela de sa solitude. Il ne parle à personne, sauf à un rude laboureur appelé Ioncor (nom existant de nos jours sous la forme de Joncour) qui habite le vallon voisin de Plou Enéour.

AGRICULTEURS, JARDINIERS 2.gif" Tu vas aller trouver Ioncor et tu lui diras qu'il te donne pour sceller notre amitié ce qui se trouvera sous sa main lorsque tu lui adresseras la parole.

Quant à toi, quoi que te donne Ioncor, tu l'en remercieras. Tu reviendras ensuite, sans regarder, avant d'être de retour au pénity, ce que tu apportes."

Maden arrive à Plou-Enéour. Ioncor conduit sa charrue et creuse un sillon. L'envoyé dit le but de sa visite. Ioncor veut satisfaire le désir de Goulven, mais il ne sait quoi lui remettre. Tout à coup, pris d'une idée subite, il se baisse, ramasse trois poignées de terre et les jette dans la tunique de Maden.

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Celui-ci après avoir remercié Ioncor, reprend le chemin du pénity. Il a l'impression, à mesure qu'il avance, que ce qu'il emporte l'alourdit. Il lui faut ralentir sa marche. Sa poitrine est opressée et sa tunique risque de se déchirer. A ce moment seulement il regarde le présent de Ioncor et s'aperçoit que les trois poignées de terre se sont changées en trois lingots d'or.

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Dans sa vieillesse, bien malgré lui, on fit de Goulven un évêque. Le bruit de monde l'effraya. La crainte d'être retenu par ses ouailles l'incita à quitter clandestinement son pays de Léon et même la Bretagne. Il alla se cacher dans un coin perdu de l'évêché de Rennes et, dans le nouveau pénity qu'il se construisit, il recommença sa rude vie d'ascétisme et de prière.

NB: Cette légende motre dans sa forme symbolique les bienfaits qui ont résulté pour l'Armorique de la venue des Saints et des émigrés bretons, qui ont fait en sol fertile d'une terre inculte.