21/02/2008

10 - Les Amants de la Fée Morgane

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Dans le Val sans retour, au coeur de la forêt de Paimpont, non loin de Tréhorenteuc, Morgane la fée, soeur du Roi Arthur, enfermait ses amants infidèles.
Les chevaliers qu'elle avait honorés de ses faveurs étaient condamnés à errer sans cesse dans de très beau vallon. Seuls ceux qui lui étaient restés fidèles pouvaient sortir. Les autres, ensorcelés, étaient incapables de retrouver la sortie. Et s'ils la trouvaient, leur barrait alors ma route un géant, qui les obligeait à rebrousser chemin.
C'est Lancelot, le preux chevalier qui mit fin à ce sortilège.

La Brouette de la Mort dans le Yeun

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Dans le soir qui descend, lugubre à l’infini
Les grands ajoncs craintifs ont cesse leur murmure,
Et ces fous de lutins, que la nuit seule endure,
Ont soudain détalé devant le char maudit.

Il vient du Saint-Michel, tout droit par les tourbières,
Sans crainte de périls qu’il trouve a chaque pas,
En chassant les damnés qui, depuis leurs trépas,
Tourbillonnent en vain dans un vol de sorcières.

Karrigel-aan-Ankou, qui fait taire les plaintes,
Et qui, passé minuit, règne dans les marais,
Régissant les maudits tassés dans les genets,
A surgi tout à coup, balayant les complaintes.

Perfide « Bugel noz », korrigans fanfarons,
Dans les sentiers moussus qui dansez la gavotte,
Entendez vous ce rire infernal qui dénote
L’approche de la mort, à l’entour des buissons ?

Mais là bas, au lointain que les ténèbres noient,
La rafale a repris son chant démesuré ;
Dans Botmeur endormi, les chiens alors aboient,
En sentant dans le vent passer l’éternité !

L’Elez aux froides eaux, ou la fièvre maligne
Poursuit sans se laver d’inconsistants feux follets,
Repousse sans vergogne un peuple d’intersignes
Que suivent acharnes de sinistres barbets

Karrigel-an-Ankou s’approche et sur sa route
C’est le farouche assaut, parmi les saules nains,
Du peuple des damnés réprouvant leur destins,
Ecumant de la rage immortelle du doute.

Jusqu’au Roc Trevezel, qu’un grincement effraie,
Un frisson glacial lèche le granit dur,
Et le chant de l’Ankou fera taire l’orfraie,
Narguant toute beauté dans l’ombre d’un vieux mur.

Le passant égaré sent alors la démence
Cisailler son cerveau, son cœur se dérégler,
Tandis que « Yeun Elez » d’un seul coup va lâcher
Des hideux messagers la satanique vengeance…

19/02/2008

île d'Ouessant

nord Ouessant

Mona Kerbili, la fille de la terre (île d'Ouessant)

Mona, la fille de la terreUn peuple marin hante les profondeurs ouessantines : les Morgans. Ce sont des hommes et des femmes d’une grande beauté. Seule, Mona Kerbili, une jeune Ouessantine qu’on disait belle comme une Morganès, vit leur palais au plus profond de l’océan. Le roi des Morgans, ébloui par la beauté de Mona Kerbili, saisit l’adolescente et l’emporta au fond de l’eau. Dans le palais, au milieu des richesses abyssales, Mona, resplendissait. Le vieux roi en était fou amoureux. Son fils aussi... Le vieux Morgan refusa l’alliance des deux jeunes gens. Il força son fils à se marier avec l’enfant unique d’un des grands de sa cour. La noce fut belle : on mangea, on but abondamment. Or, le soir de la fête, le père cruel décida de mettre à mort Mona, la fille de la terre. F-M. Luzel, dans l’un de ses contes, décrit la scène... "Vers minuit, les nouveaux mariés se retirèrent dans leur chambre nuptiale, magnifiquement ornée, et le vieux Morgan dit à Mona de les y accompagner et d’y rester, tenant à la main un cierge allumé. Quand le cierge serait consumé jusqu’à sa main, elle devait être mise à mort. La pauvre Mona dut obéir. Le vieux Morgan se tenait dans une chambre contiguë, et, de temps en temps, il demandait : - Le cierge est-il consumé jusqu’à votre main ?- Pas encore répondait Mona.Il répéta la question plusieurs fois. Enfin, lorsque le cierge fut presque entièrement consumé, le nouveau marié dit à sa jeune épouse :- Prenez, pour un moment, le cierge des mains de Mona, et tenez-le, pendant qu’elle nous allumera un feu.La jeune Morganès, qui ignorait les intentions de son beau-père, prit le cierge. Le vieux Morgan répéta au même moment sa question :- Le cierge est-il consumé jusqu’à votre main ?- Répondez oui, dit le jeune Morgan.- Oui, dit la Morganès.Et aussitôt le vieux Morgan entra dans la chambre, se jeta sur celle qui tenait le cierge, sans la regarder, et lui abattit la tête, d’un coup de sabre; puis il s’en alla." Le lendemain, lorsqu’il s’aperçut de sa méprise, le roi entra dans une grande colère. Puis il s’apaisa et donna son consentement au mariage de son fils et de Mona".Mais Mona s’ennuyait de son île bretonne. Elle obtint enfin l’autorisation de retourner dans sa famille. Elle y fit sensation. Puis le vent chassa jusqu’au moindre souvenir de ses aventures sous-marines. Jusqu’au jour où le jeune roi vint la chercher. La jeune fille se jeta dans ses bras... et on ne la vit plus, à jamais..." (On peut retrouver une adaptation de la légende des "Morgans de l’île d’Ouessant", de F-M. Luzel, dans Contes, récits et légendes des Pays de France, rassemblés par Claude Seignolle (éditions Omnibus).

La Roc'h Morvan

chateau de Roch Morvan

La Légende du Dragon de l'Elorn (Roc'h Morvan)

Deux chevaliers, Neventorius et Derrien, chevauchaient le long de la rivière de Dour-Doun, entre Pont-Christ et le château de Roch Morvan, dont les ruines imposantes se voient encore, à côté d'une délicieuse église, toute proche de la station même de la Roche-Maurice, un peu avant d'arriver à Landerneau. Tout à coup, Neventorius et Derrien aperçurent, entre les créneaux des tours, le seigneur de Roch-Morvan qui se nommait Elorn. Ils le virent enjamber le parapet et se précipiter dans la rivière qui coulait au pied même du rocher, sur lequel était bâti son castel. C'est depuis que cette rivière a changé son nom de Dour-Doun (eau profonde) pour celui d'Elorn. Les deux chevaliers, à toute bride, se portèrent au secours du malheureux seigneur. Ils le tirèrent, quelque peu blessé, hors de l'eau et le transportèrent dans sa demeure. Neventorius demanda à Elorn les causes de son acte désespéré et celui-ci lui répondit : - Sachez, chevalier, que tout près de chez moi gîte un épouvantable dragon qui dévore gens et bêtes. Dès que la faim le fait sortir de son repaire, il cause dans le pays des ravages irréparables. Or, le roi Bristokus, mon suzerain, a, par édit, décidé que, chaque mercredi, on demanderait au sort de choisir, parmi les seigneurs du Léon, celui qui devra envoyer un homme pour être dévoré par cette cruelle bête, ou y aller lui-même. Or, ce sort est tombé sur moi tant de fois que j'ai livré tout mon monde. Il ne reste plus que ma femme que voici et mon fils, Riek, ce petit enfant qu'elle tient entre ses bras, âgé seulement de deux ans, que le sort vient de désigner. Je préfère me noyer que de le livrer à une mort aussi terrible. Le seigneur Elorn était païen. Neventorius et Derrien lui promirent, s'il se convertissait et s'engageait à construire une église sur ses terres, qu'ils le délivreraient à tout jamais de son dangereux voisin. Elorn leur donna l'assurance qu'il se sentait tout prêt à partager leur foi. Les deux chevaliers se rendirent à la caverne du dragon. Ils lui firent, au nom du Christ, commandement de paraître. Le monstre sortit et son sifflement effroyable jeta l'épouvante parmi les assistants. Il était long de cinq toises et gros par le corps comme un cheval ; sa tête ressemblait à celle d'un coq gigantesque, son corps était cuirassé de dures écailles qui se hérissaient, sa gueule s'ouvrait si grande que, d'une seule bouchée, il avalait une brebis, ses yeux lançaient des éclairs qui tuaient les oiseaux et les enfants. A sa vue, Derrien mit pied à terre. Son cheval, pris de peur, s'échappa et courut à toute bride à travers le pays. Neventorius et Derrien, sans hésiter, s'avancèrent au devant du dragon qui, n'osant plus bouger, se laissa approcher et passer un licol. L'enfant Riek le prit alors par la bride et le conduisit au château. Les chevaliers et le comte Elorn se rendirent chez le roi Bristokus avec leur capture, puis à Tolente où habitait le prince Jugomus, et, enfin en un hâvre voisin où leur navire se trouvait à l'ancre. Là, ils commandèrent au dragon de se jeter à la mer. Ce qu'il fit. Depuis ce port s'est appelé Poulbeunzual, c'est-à-dire port où fut noyé la bête, nom qu'il porte encore, en la commune de Plounéour-Trez.Texte de L. Michon

Domaine de Trécesson

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Le Mystérieux Domaine de Trécesson

Trois légendes s’attachent au château de Trécesson, magnifique et noble demeure sise à l’orée de la forêtde Brocéliande. La première légende, celle de la "Mariée de Trécesson", est terrible. Au XVIIIe siècle, une jeune mariée aurait été enterrée vive le matin-même de son mariage. Qui étaient les assassins ? Les propres frères de la jeune fille, pas moins. Deux garçons, furieux de l’union inconsidérée que leur soeur entendait contracter. Témoin de la scène, un braconnier s’enfuit et court raconter l’horreur à sa femme. Elle lui dit : "Va prévenir le châtelain mais surtout ne lui parle pas de braconnage". L’infortunée est déterrée encore vivante mais elle ne tarde pas à expirer. Son voile et son bouquet furent longtemps exposés à la chapelle du château. Et le fiancé entra dans les ordres. La deuxième légende, celle de la "Chambre aux revenants", est beaucoup moins tragique. La chambre se trouve au deuxième étage, isolée au bout d’un couloir. On la disait hantée. Par bravade, un invité voulut y dormir. Il lui fut impossible de trouver le sommeil : l’orage se déchaînait à l’extérieur et grondait jusque dans les vastes cheminées. Vers minuit, s’ouvre une porte jusque-là invisible. Deux valets pénètrent dans la chambre. Ils posent une table de jeu puis cèdent la place à deux gentilshommes. Les joueurs s’installent et entament une partie de cartes. L’invitée tremble, il brandit un pistolet, tire mais les balles sont sans effet. Le jeu dure toute la nuit : notre invité fini par s’endormir. Au réveil, les gentilshommes ont disparu. Mais sur la table reste une respectable pile de louis d’or. L’histoire n’est pas finie. L’invité et le propriétaire de Trécesson vont se battre pour s’approprier la pile d’or abandonnée par les joueurs-fantômes. Un procès s'ensuivit au Parlement de Bretagne. Mais la légende ne dit pas qui gagna à ce jeu. Les avocats sans doute... La troisième légende fait la part belle également au jeu de cartes. Dans les salons de Versailles, le jeune marquis de Trécesson avait tout perdu au jeu. Plus d’argent, plus de métairies, plus de château : il ne lui restait plus qu’à se brûler la cervelle quand, Firmin, son valet de chambre lui souffla : "Monseigneur oublie qu’il lui reste son manoir du Pied d’Anon". De manoir, il ne s’agissait en fait que d’une cabane en bois accrochée à un gros bloc granitique. "Parbleu ! s’écrie le gentilhomme, j’oubliais ce Pied d’Anon. Je vous le joue". Il joua. Gagna. Continua à jouer. Et regagna tout ce qu’il avait perdu

Lanillis

lanillis

5 - La Fée de l'île de Loc'h (Lanillis)

L’histoire qui débute à Lannilis est celle de Houarn Pogamm et de Bellah Postik, deux jeunes amoureux promis depuis longue date. Malheureusement, la mort de leurs parents les avaient plongés dans le dénuement, et chacun, tout en travaillant dur, n’arrivait pas à mettre suffisamment d’argent de côté pour acheter une petite vache et un cochon maigre et pouvoir ainsi se marier. Las d’attendre, Houarn décida de prendre la route en quête d’une meilleure fortune. Bellah, inquiète de le voir ainsi s’en aller, lui confia deux des trois reliques qu’elle tenait pour seul héritage. • La première, la clochette de saint Kolédok, avait pour objet d’avertir proches et amis que vous couriez un grand danger. • La seconde, le couteau de saint Corentin, annulait les maléfices des sorciers dès qu’il entrait en contact avec leurs victimes . • La troisième relique, le bâton de saint Vouga, elle le garda pour elle car il possédait le pouvoir de vous transporter où vous vouliez. Arrivant dans le Sud-Finistère, Houarn entendit parler de la Groac’h de l’étang du Loc’h qui se trouvait sur la plus grande des îles des Glénans. La Groac’h -ou la fée- était, disait-on, d’une richesse incommensurable. Nombreux étaient les jeunes gens qui avaient tenté de s’emparer de son trésor mais personne n’en était jamais revenu. Imprudent jeune hommeN’écoutant guère les conseils de prudence des gens de la région, Houarn s’embarqua pour l’île du Loch, bien décidé à tenter sa chance. Un petit bateau semblait l’attendre sur l’étang. Mais dès qu’il eut mis les deux pieds dedans, ce dernier plongea au plus profond de l’eau. Houarn se retrouva ainsi à l’entrée d’un merveilleux palais de coquillages, où l’on accédait par un bel escalier de cristal. La fée l’ensorcela aussitôt par sa beauté et ses vins savoureux. Elle lui offrit de partager ses richesses s’il acceptait de la prendre pour épouse. Houarn, sous le charme, accepta et la fée le métamorphosa en grenouille. • Bellah entendit aussitôt tinter la fameuse clochette de saint Kadélok. Son bâton magique la conduisit alors auprès du véritable époux de la Groc’h, lui aussi condamné à un triste sort, qui lui donna le secret pour délivrer Houarn et tous les autres. • Déguisée en séduisant jeune homme, elle se renditdonc sur l’île et déjouant le piège de la sorcière, libéra les malheureux captifs après leur avoir rendu forme humaine. • Houarn et Bellah purent ensuite faire leur choix parmi le trésor et rentrèrent dans leur pays de Lannilis, fortune faite, et prêts à se marier. (D’après un texte d’Emile Souvestre)

18/02/2008

La Stèle de Rudesse

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La Stèle de Rudesse

 

 

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rudesse3Sur la route de Rohars au lieu-dit la Gautrais on observe une pierre dressée en plein champ en face de Rudesse. Sur les cartes on la définit comme étant un menhir.Sa nature et sa fonction ont alimenté longtemps les spéculations.A l'évidence il ne s'agit pas d'un menhir car elle est polie alors que les menhirs sont toujours constitués de pierres brutes ou grossièrement taillées.

Aujourd'hui on sait qu'il s'agit en fait d'une stèle gauloise du second âge du fer, période allant environ du Vème siècle avant JC jusqu'à l'occupation romaine. Outre la confirmation par des universitaires spécialistes de l'Histoire ancienne, la comparaison avec des photos de différents types de " pierres debout " ne laissent plus aucun doute. Mais dans la région une autre hypothèse avait été souvent avançée. Elle serait une borne milliaire en limite d'une voie romaine !L'existence d'une voie romaine allant de Blain à Rohars est couramment invoquée par des auteurs d'articles, sites Internet ou livres.

Certains disent même, que dans l'antiquité, Rohars était l'avant port de Blain, cité des Namnètes. Compte tenu du nombre de textes qui y font référence on pourrait espérer que tous ces auteurs se basent sur des données scientifiques indiscutables et sur des travaux archéologiques crédibles et vérifiés concernant notre commune.Et bien non et il ne suffit pas de répéter les mots magiques de voie romaine (çà fait toujours bien dans un livre... ) ou borne milliaire (voire militaire..!) à propos de Bouée et Rohars pour qu'une légende deviennent réalité.Quand à des relevés archéologiques sur Bouée il n'y en a jamais eu et cela n'a pas été la moindre de mes surprises de le découvrir !D'où vient l'information de départ, qu'est-ce qu'une voie romaine justifiant la présence de bornes milliaires, que pouvait être la réalité de l'accès à la Loire dans l'Antiquité à Bouée et en particulier à Rohars ?

 

 

source: http://cdfbouee.com/

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La Création des Fées (Belle-île-en-Mer)

Selon la légende, la ravissante île qu'on appelle Ar Gerveur (la grande cité) serait une création des fées.Celles-ci contraintes de quitter la Bretagne où elles avaient vécu pendant de longs siècles, en éprouvèrent tant de chagrin qu'elles versèrent des flots de larmes. De ces flots naquit le golf du Morbihan.Elles y jetèrent leurs couronnes de fleurs qui sont devenues les 365 îles et îlots parsemant le golfe.Mais la plus belle d'entre elles, celle de la reine des fées en personn, dériva sur les ondes et alla former au large la plus grande des îles bretonnes, Belle-Ile-en-Mer.

Cimetière de Rennes

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La Croix Rouge du Cimetière de Rennes

Une vieille coutume nous raconte que dans le cimetière de Rennes, sur une croix de bois peinte en rouge, on pouvait voir de nombreux petits sacs de toile dans lesquels on avait mis un peu de terre prélevée sur la tombe d’une religieuse.Ces petits sacs étaient miraculeux. Ils guérissaient tous les maux de la création. Il suffisait, après l’avoir rempli, d’en porter un sur soi pendant 9 jours, et de le rapporter ensuite à la croix rouge.De cette légende, certains sont allés jusqu’à penser que nous aurions peut-être là, les origines de la croix rouge internationale.

Fée Carabosse

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La Fée Carabosse (Redon)

Il y a bien longtemps de cela, un jour, les habitants de la Vallée de Juzet semaient du lin dans un champ prochent de la rivière ; quand, levant la tête, ils aperçurent une vieille femme qui passait ; c'était une bien pauvre vieille, toute maigre, cassée en deux, avec une grande bosse sur le dos, si misérable que ses os perçaient à travers ses haillons, elle trottinait appuyée sur un bâton. Les villageois se la montrèrent du doigt en riant et disant : "Regardez donc un peu cette vieille, on dirait un tas de "hanoches" (fagots). C'est t'y une bosse qu'elle a sur le dos ou son sac d'écus ?"Alors la vieille femme qui n'était autre que la fée Carabosse, irritée de leurs insolences, se retourna vers eux criant d'une voix sévère : "Ecoutez-moi insolents, rappelez-vous quel jour et à quelle heure vous avez ri de moi, car si dorénavant vous semez votre lin un autre jour et à une autre heure, jamais il ne poussera et jamais vous n'en récolterez". Hélas ! Les malheureux se moquèrent des paroles de la Fée, la chassèrent à coups de pierres et oublièrent l'heure fatale fixée par la sorcière, et, depuis lors, il n'y eut plus jamais de récolte de lin dans la vallée. De cette légende, se chantait dans les campagnes Redonaises la chanson de la Fée Carabosse:''En passant un jour la rivière, la vieile fée se fit mal au talon. Ne pouvant réussir à se guérir elle même, elle eut recours aux bons soins d'un "rebouteu" de Redon. Mais les remèdes que celui-ci lui donna, loin de lui faire du bien, lui durcirent les talons et, à mesure que les jours passaient, les jambes se durcirent aussi, puis tout le corps, si bien que la mauvaise fée se trouva changée en pierre. Mais il paraît que par les nuits très sombres, elle retrouve sa mobilité et rôde encore dans les bois et la vallée''Des bruits courts comme quoi la vilaine femme serait de retour...La pleine lune d'octobre jouait à cache-cache avec les nuages au-dessus de la montagne blanche, la gwen menez. De temps à autre, les noirs sous-bois de hêtres, de chênes, de noisetiers et de marronniers s'éclairaient de sa lueur, et les feuillages des saules au bord de l'eau s'habillaient de blanc, comme la devise des maîtres du château de Juzet. Un vent léger soufflait de Nord-Ouest. Il pleuvait des glands. La lumière nocturne effleurait ici un cep, une troupe de girolles, là un vieux sanglier endormi. Sur le coup de minuit, elle vint lécher la longue roche grise qu'on nomme "Roche de Carabosse". Trois glands mûrs frappèrent le rocher ainsi qu'on cogne à une porte, toc, toc, toc... et le prodigieux prodige se produisit.La pierre fendit sans un bruit ainsi qu'un sarcophage qui baille. La fée qu'on croyait endormie dans la mémoire vacillante des vieux se réveilla au monde de Guémené-Penfao. C'était peu de temps avant l'an deux mille, en une époque où les hommes avaient rangé la magie dans les puces de leurs ordinateurs et les sorcières au creux des livres pour enfants des bibliothèques... Qui étais réellement la fée Carabosse ? C'est la plus notable, la plus célèbre des fées de la contrée. Les Condes et les de Bruc parlèrent d'elle plusieurs fois à la Cour. C'est ainsi que Perrault, qui avait l'imagination fertile, cita son nom dans un de ses contes. Mais Perrault qui n'était pas du pays, a défiguré notre fée, et son histoire est à recommencer.La fée Carabosse, née à Caratel et affligée d'une grosse bosse, devint en viellissant la plus fine, la plus aimante de toutes nos fées. Celles-ci se réunissaient le plus souvent sur un îlot, bordé de roseaux, dans un étang sis en Jans et appelé "l'étang des fées" ou bien encore sur un rocher "Le Roland" qui domine tout le lac Murin.De là, elles partaient semer bonheur et gaieté partout à la ronde.Dans leurs courses à travers l'espace, elles retrouvaient leurs gîtes, la nuit, à la lueur argentée du bassin du Don qui brillant aux clartés des étoiles, représentait un fuseau abandonné, orné de multiples diamants lumineux : les étnags.Les fées s'étaient bâti un abri sur les coteaux du Don, en face le chateau de Bruc. Elles avaient apporté les pierres dans leur tablier. Ces blocs de quartz avaient été pris à Gravotel où ces fraviers enlevés ont creusé l'étang de ce nom. De leur allée couverte, il ne reste plus que des débris déssiminés au village de Téguély.Ces fées protégaient les petits enfants laissés seuls aux chaumières pendant que les parents travaillaient. Elle favorisaient les amoureux qui se dissimulaient dans les coins ombreux. Elles inspiraient les vieux dans les récits charmants qu'ils composaient aux coin du feu.Carabosse - la fée de Guémené - a survécu aux autres parce que plus étroitement attachée au pays où on l'aimait comme l'Hermite de guénouvry, elle a laissé un grand renom de bonté.Le déboisement, la culture des landes, l'assèchement des étangs, la science, ont fait fuir les fées. Elles ont perdu pouvoir et prestige.La fée Carabosse a été pétrifiées par la foudre alors qu'elle courait se réfugier dans la jolie coulée de "l'Etang du Moulin à eau"...

Moulin de Berbroué (Morbihan)

Moulin de Berbroué

La Légendes des Trois Pets (Morbihan)

Il y avait une fois un garçon meunier que le patron avaitenvoyé couper une branche de chêne contre un gros têtard ( têtede l'arbre ) dont on avait besoin pour l'usage du moulin. Le garçon monta en haut du têtard, que l'on appelle en bretonpengos, avec une hachette, et se mit en devoir de couper labranche. Mais pour être mieux à son aise, il s'assoit à cheval dessus. Au moment ou il était ainsi en train d'abattre sa branche, unvieux bonhomme de mendiant vint à passer dessous le pengos etvoyant dans quelle position s'était placé le meunier,il lui dit : - Mais malheureux tu vas tomber avec ta branche ! - Pas de danger, répondit le meunier, en cognant toujours. Le bonhomme passa son chemin en secouant les épaules. Naturellement le pauvre meunier dégringola avec sa branchequand elle fut détachée du pengos, puisqu'il était assisdessus. Heureusement il n'eut pas grand mal, et il se dépêcha decourir après le bonhomme en lui disant : - Je vois bien, mon brave homme, que vous êtes devin. Je suis tombé en effet comme vous me l'avez annoncé. - Oui certainement, répondit le mendiant, je suis devin,divinour( en breton ). - Je le vois bien, reprit le meunier, aussi je viens vousdemander quand je mourrai. - Vous mourrez, dit le mendiant, quand vous aurez lâchétri bram ( trois pets ). - Merci, dit le garçon, je tâcherai d'éviter le vent,( annavël ) le plus possible. Mais de retour au moulin, le patron lui dit qu'il fallaitcharger le cheval de trois sacs de farine qu'on attendait dansune ferme voisine. Le garçon plaça les deux premiers sacs qu'on mettait un dechaque côté du cheval, attachés l'un à l'autre par une corde,dite corden ar zam ( corde de la charge ). Mais le troisième, il fallait le jeter au-dessus des deuxpremiers, et pour le faire le garçon dut faire un grand effort, - ayaou allas, voilà un bram parti. - Plus que deux maintenant, se dit-il, il me faut faire attention. Il va à la fen-ne où on attendait la farine , il déchargeson cheval avec précaution. Mais en détachant les deux sacs de la selle, un d'eux tombeà terre. Pour mettre sur les épaules un sac de 65 ou 70 kilos en leprenant par terre il faut faire trois efforts, le premier pourle soulever de terre, le deuxième pour le placer sur les genouxen se courbant en deux, et le troisième enfin, le plus dur detous, en le jetant de là sur l'épaule en se redressanten même temps. Et ce fut encore dans ce dernier effort que le malheureuxgarçon lâcha malgré lui un deuxième bram. - Ah malheur ! se disait-il, en retournant au moulin, je suis perdu, il ne me reste plus qu'un bram à faireet je suis mort. N'importe, il monte sur son cheval puisqu'il n'y avait riendessus. Mais avant d'arriver au moulin, il voulut sauter à terre etce saut qu'il fit d'une façon si maladroite, il lâcha sontroisième et dernier bram. C'était fini, il se laissa rouler dans le fossé. Quand le patron vit arriver son cheval seul, il pensa qu'ilétait arrivé quelque malheur au garçon. Il va voir sur le chemin et voit le malheureux dans le fossé,ne donnant plus signe de vie. Il le soulève, le regarde, et l'appelle - Hé Yann, qu'est-ce que tu as donc, tu es blessé ? - Non, répondit Yann, je suis mort. - Comment, imbécile, dit le patron, si tu était mort tu neparlerais pas comme tu fais. - Si, je vous dis que je suis mort ! Le bonhomme qui estpassé là ce matin était un devin, il m'avait très bien dit queje tomberais du pengos avec la branche. Et je suis tombé tel qu'il me l'avait dit. Puis après il m'a dit que je mourrai quand j'aurai lâchétrois bram. Je les ai malheureusement lâchés, donc je suis mort.

Château de Comper (Brocéliande)

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Sirène

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La Sirène de la Pointe du Van

Sur les rochers de la Pointe du Van, habite Dahut, la fille damnée du Roi Gradlon.Elle fut rejetée à la mer par son père, fuyant la ville d'Ys envahit par des eaux en furie.Devenue Morgane la sirène, elle attire par ses chants mélodieux les marins pêcheurs qui naviguent dans les parages.Ils approchent du rocher, et tandis que leur embarcation se brise sur les récifs, ils sont précipités à la mer où ils disparaissent à tout jamais.

Les alignements de Carnac

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Saint-Cornely et Carnac

Une légende bretonne, dit que Saint Cornély, poursuivi par des soldats romains, se retourna et les figea en pierres.

Les Causeurs de l'île de Sein

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Ls Causeurs (île de Sein)

Au pied de l’église, se dressent curieusement, deux menhirs que les gens du coin appelèrent « Les Causeurs ».De vieilles croyances disent que l’on posait autrefois 9 galets dans le mouchoir d’un malade et qu’on les déposait ensuite aux pieds des deux menhirs. Celui qui les ramassait, héritait alors de sa maladie.

Le Temple de Lanleff

Temple de Lanleff

L'énigme du Temple de Lanleff

Avec sa construction en rotonde, le temple de Lanleff intrigue depuis des siècles. Pas étonnant dès lors que s'y attache le légendaire. Certains voyaient à Lanleff un temple gallo-romain, d’autres un baptistère mérovingien. Quant aux romantiques, ils n’ont pas hésité à qualifier le bâtiment de sanctuaire d’origine celtique : les Celtes ont toujours affiché un profond respect pour le symbolisme du cercle. Aujourd’hui, tous les chercheurs se rejoignent pour dater la construction de la curieuse église au XIe siècle. L’édifice est de style roman, et son magnifique granit rose lui confère une austérité toute monastique. Quant à son inspiration en cercle, elle serait plus d’origine palestinienne (à l’imitation du Saint-Sépulcre de Jérusalem) que celtique. Un troc avec le diable• Une légende est liée au temple de Lanleff. Une pauvre et affreuse femme fit un troc avec le diable : son enfant en échange de pièces d’or. Lucifer conclut l’affaire et déposa une poignée de pièces sur la margelle de la fontaine, sise près du temple. Puis il saisit l’enfant et l’emporta. Quant la mère indigne voulut récupérer son butin, elle se brûla gravement : les pièces sortaient tout juste des flammes de l’enfer. Dans un cri de douleur, elle lâcha l’or si convoité et les pièces s’incrustèrent à tout jamais dans le granit de la margelle. Si vous passez par Lanleff, rendez-vous à la fontaine. Vous mouillerez la margelle et 14 pièces apparaîtront.

Château de Trémazan

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