18/02/2008

La Légende du Château de Trémazan

Domaine de la famille des du Chastel depuis toujours, il porte encore l’empreinte du souvenir de Gurguy et Haude de Trémazan. Ayant passé une dizaine d’années au service du roi de France, Gurguy s’en revenait dans ses terres bretonnes retrouver sa famille. Sa marâtre, qu’il vit en premier lieu, lui en donna quelques nouvelles. Mais ses paroles emplies de fiel et de mensonges dressèrent un si noir tableau de sa jeune sœur, qu’elles mirent Gurguy hors de lui.L’apercevant à son arrivée, il saisit son épée et lui trancha la tête. Néanmoins, il ne mit pas longtemps à comprendre qu’il s’était trompé ou plutôt qu’on l’avait abusé. Alors qu’il se consternait de sa méprise auprès de son père dans l’une des salles du château, Haude leur apparut, tenant son chef décapité entre les mains. Avec une grande simplicité, elle reposa sa tête à sa place initiale et tenta de démasquer la traîtrise de sa marâtre. Comme cette dernière niait les accusations portées par le frère et la sœur, elle fut foudroyée par un éclair divin. Après avoir pardonné à son frère, Haude s’évanouit telle une apparition. Néanmoins, Gurguy demeurait inconsolable. Se repentant auprès de l’évêque saint Pol, il fit sur ses conseils une longue pénitence. Ses quarante jours de jeûne le transformèrent et c’est auréolé d’une couronne de feu qu’il vint retrouver l’évêque. Ce dernier le revêtit alors de l’habit monastique puis le rebaptisa du nom de Tanguy. Il mena par la suite une vie de saint Homme et, pour mieux se faire pardonner, fonda également l’abbaye Saint-Mathieu à Plougonvelin.

Landerneau

Landerneau

Katell Gollet (Landerneau)

Katell Gollet (Catherine la Perdue) est une jeune femme représentée sur les calvaires de Guimiliau et de Plougastel-Daoulas dans la gueule de l’enfer. Deux légendes évoquent son triste sort. Katell Gollet était une belle jeune fille de 16 ans qui vivait dans le château de son oncle, à la Roche- Maurice, près de Landerneau. Sa beauté, malheureusement, n’avait d’égale que la perversité de son esprit. Le comte, voulant se décharger de cette lourde tutelle, espérait bien pourtant lui trouver un mari qui prendrait soin de la raisonner. Néanmoins, la belle préférait se livrer aux plaisirs de la danse et de la fête plutôt que de songer au mariage. Une véritable hécatombePour contrer son oncle, elle usa d’un subterfuge, lui faisant déclarer qu’elle épouserait tout homme capable de la faire danser douze heures d’affilée. Nombreux furent les jeunes gens du comté à tenter leur chance. Mais elle les épuisait tant que certains, morts de fatigue, ne voyaient pas le jour suivant. L’hécatombe était telle que son oncle l’enferma dans une des tours du château. Mais Katell s’en échappa et se rendit au pardon de la Martyre accompagné d’un nouveau cavalier. Gavottes, plinns, jabadaos s’enchaînèrent, les deux danseurs s’en donnant à cœur joie. • Mais le jeune homme non plus ne résista pas à l’infatigable Katell qui, prise dans le feu de la danse et de l’alcool, invoqua les puissances de l’enfer demandant de nouveaux musiciens. C’est ainsi que le diable l’entraîna dans une gigue infernale et lui fit ainsi franchir les portes du royaume des damnés. Variante de la version• Katell Gollet était une ravissante jeune femme qui ne vivait que pour le plaisir et la débauche. De peu de vertu, elle collectionnait de multiples amants. Un jour, l’un d’entre eux, lui demanda de voler une hostie dans le sanctuaire de Dieu. La jeune femme, désireuse de lui plaire, satisfit sa demande. Malheureusement, c’était Satan en personne qui avait revêtu les apparences de l’amoureux et Katell fut condamnée aux tourments éternels de l’enfer. Un calvaire rénové en 2004 • Les 180 statues du calvaire de Plougastel (29) ont retrouvé peu à peu leur place après s’être exilées un temps à La Chapelle-Caro (56), chez Pierre Floc’h, restaurateur de monuments historiques. Le visiteur sera d’abord surpris par le contraste retrouvé des couleurs entre le socle plutôt jaune et les statues en kersanton noir. Suffisamment attentif, il pourra aussi remarquer la réapparition de certains personnages. Les parties en ciment, stigmates de réparations de fortune, ont été éliminées.Les fixations ferreuses ont été remplacées par des pièces en laiton ou en inox et les travaux d’étanchéité accomplis. Le calvaire a donc pu fêter ses 400 ans dignement en août 2004.

Chêne Géant

le chêne géant

Le Chêne Géant

Il fut un temps où la création du monde semblait achevée. Les royaumes originels bosselés de montagnes, creusés de vallées, recouverts de forêts n’avaient jamais été aussi éclatants. Les étoiles parsemaient la voûte céleste, le soleil et la lune se montraient à tour de rôle, hommes et animaux cohabitaient en toute tranquilité. A cette époque lointaine, trois jeunes filles étaient amoureuses d’un beau chevalier. Elles plantèrent un chêne dans l’espoir que cet arbre leur porterait bonheur. Les années passèrent. Aucune des trois jeunes filles n’épousa le chevalier mais le chêne était devenu le plus beau de la région. Bientôt, plus personne ne se souvint de celles qui l’avaient planté mais le chêne grandissait toujours, dépassant la cime des arbres les plus hauts. Au début les hommes, fiers de ce chêne géant, venaient d’aussi loin que les quatre espaces pour l’admirer, puis, voyant que sa croissance n’avait pas de fin, ils s’inquiétèrent. Un jour, un petit nuage poussé par le vent s’accrocha aux branches du chêne et y resta prisonnier: la cime avait atteint le ciel, ce qui entraîna une série de catastrophes. En effet, d’autres nuages vinrent se jeter dans la ramure de l’arbre, qui formait une barrière infranchissable. Le climat se détériora, et la situation s’aggrava lorsque le soleil et la lune à leur tour trouvèrent leur route barrée. Les deux astres, masqués en permanence par les nuages accumulés sur le chêne, ne parvenaient plus à éclairer les royaumes originels. Les ténèbres et le froid s’installèrent... Les hommes essayèrent d’abattre l’immense chêne, mais leurs haches se brisaient en touchant l’arbre et aucun d’entre eux ne réussit à en entamer le tronc. Les hommes les plus forts, les plus instruits, les plus compétents se succédèrent devant le chêne sans trouver la moindre solution. Découragés, ils abandonnèrent tout espoir de revoir un jour la lumière du soleil. Alors que tout semblait perdu, on vit surgir au loin le beau chevalier dont les trois jeunes femmes étaient amoureuse. Après tout ce temps passé, il ne semblait pas avoir vieilli d’une année. Il sorti de son grand sac de cuir une hache en or pur et sans dire un mot, il s’approcha du chêne qui était des milliards et des milliards de fois plus grand que lui et l’abattit d’un seul coup puissant et net. Aussitôt, les nuages délivrés reprirent leur course et les astres éclairèrent à nouveau les terres. Mais quelques étoiles restèrent prisonnières de la ramure du chêne qui s’était couché dans le ciel... Le beau chevalier repartit comme il était venu et nul ne sut jamais qui il était. Et il n’y eu que quelques bardes, émus par cette belle histoire d’amour entre ces trois jeunes femmes et cet étrange inconnu qui s’aperçurent que les étoiles prisonnières de la ramure du chêne dessinaient entre contes & légendes

Tréhorenteuc

valsansretour (Tréhorenteuc)

Guilo (Tréhorenteuc)

Peut-être avez vous déjà entendu des bruits sourds, près des ruisseaux, la nuit. Comme des coups de battoir sur le linge. Alors, passez votre chemin bonnes gens, et ne cherchez pas à savoir d'où vient ce bruit : se sont les lavandières de nuit. Guillo, c'est le bon à rien du village, paresseux du soir au matin. Il ne sait que boire, boire et chanter après avoir bu. Tout le monde le connaît à Tréhorenteuc. Ce soir là, Guillo a le vent en poupe. Il a passé toute la soirée au café du village et le voilà qui rentre chez lui, sous la pleine lune, en chantant à tue-tête. La nuit est trop douce pour prendre le raccourci par les prés, aussi prend-il la route qui monte vers Trébottu. Lorsqu'il arrive au petit pont sur le Rauco -le ruisseau qui descend le Val sans Retour- Guillo entend des bruits sourds, des battements, à sa gauche, près du moulin en ruine. Intrigué, il quitte la route et longe le ruisseau pendant un bon moment. Il se heurte sur les souches, il trébuche sur les pierres, et il patauge dans la boue. C'est là qu'il aperçoit deux femmes, vêtues de blanc, à genoux au bord du ruisseau. Elles lavent un grand drap et le frappent de leur battoir. Guillo, malgré l'ivresse, n'en croit pas ses yeux : est-ce une heure pour laver du linge en pleine forêt ? Peu importe, il fait demi-tour, mais alors qu'il repart, le voilà qui trébuche sur une grosse pierre et tombe dans le ruisseau. Les deux lavandières sursautent et se tournent vers lui. Mon Dieu, quels visages ! La lumière blafarde de la lune éclaire ces visages sans vie, aux traits durs et profonds ; leurs yeux sont noirs et vides. Guillo, térrifié, bondit hors de l'eau, mais il n'a pas le temps de fuir que l'une des femme lui crie : _ Approche ! Viens nous aider. L'homme, comme pétrifié, s'approche des lavandières en titubant. Impossible de fuir, la voix l'attire comme une guêpe sur une tartine de miel. Les femmes lui tendent alors le drap qu'elles ont lavé et qui ruisselle d'eau._ Eh bien ! dit l'une d'elles, qu'attends-tu ? Aide nous à tordre ce drap. Sans réfléchir, embrumé par les vapeurs d'alcool, Guillo saisit l'extrémité du drap. A l'autre bout, les lavandières tordent le linge, mais lui ne bouge pas. Avec peine, il parvient quand même à dire : _ Mais qui êtes-vous ? Et pourquoi lavez-vous ce drap en pleine nuit ?_ Nous lavons le linceul d'un homme qui doit mourir cette nuit. Si nous ne le faisons pas, le pauvre n'aura même pas un linceul pour son dernier voyage.Sur le coup, Guillo prend ça pour une plaisanterie et le voilà qui éclate de rire. Il est maintenant de tellement bonne humeur, qu'il se met à tordre le drap de son côté. Et il tord le drap en le tournant de gauche à droite. _ Malheur ! s'écria l'une des femmes. Il a tordu le drap dans le sens maléfique ! _ Malheur ! Malheur ! répéta l'autre. Ces cris résonnent dans les arbres, réveillant tous les animaux de la forêt. Quand Guillo s'est un peu remis de sa frayeur, les lavandières ont disparu. Il s'imagine avoir rêvé, surtout avec tout ce qu'il a bu. Mais c'est alors qu'il sent l'humidité du drap qu'il porte encore sur son bras. Tout à fait dégrisé, Guillo n'a plus qu'une pensée : courir jusqu'à chez lui, sans se retourner. Mais il n'a pas le temps de faire trois pas qu'il entend un énorme grincement. C'est le grincement des roues d'une charrette qui n'ont pas été graissées depuis des années. Incapable de faire le moindre geste, Guillo attend, l'oreille tendue. Mais d'où vient cette charrette ? Il n'y a pas de chemin forestier par ici. Cependant l'attelage s'approche, et en plus du grincement des roues, il peut maintenant entendre le claquement de sabots sur le sol, et les branches qui se brisent sur le passage du cheval et de la carriole. La charrette vient s'arrêter au bord de l'eau. Le cheval se penche pour se désaltérer. C'est alors qu'un personnage vêtu de noir s'approche de Guillo, un fouet à la main : _ Holà, l'homme ! crie-t-il. Je cherche un nommé Guillo, est-ce que tu l'aurais vu par hasard ? Guillo ne répond pas. Ses dents claquent, ses mains tremblent, il a l'impression que sa tête va exploser. Le mystérieux personnage tourne autour de lui et dit d'une voix rauque : _ Mais je ne me trompe pas ! Tu portes ton linceul sur le bras. C'est donc toi Guillo ! Guillo de Tréhoranteuc. C'est alors que la lune éclaire le visage de cet étrange personnage. Guillo, avec une indicible horreur, voit ce visage et le reconnait : c'est l'Ankou, le Serviteur de la Mort. Alors, ne pouvant supporter cette vision, Guillo tombe à genoux sur le sol. On raconte qu'à ce moment il y eut un ricannement qui se prolongea dans les arbres et sur la lande. Puis un grand bruit de branches brisées. On raconte que le cheval hennit trois fois et que la charrette s'évanouit dans la nuit. On raconte que personne n'a revu Guillo, Guillo de Tréhoranteuc, depuis cette nuit-là. D'après les Contes populaires de toutes les Bretagne de J. Markale. Ed. Ouest-France entre contes & légendes

île d'Ouessant

ouessant

1er Conte Breton

Deux jeunes filles de l'île d'Ouessant, cherchant un jour des coquillages, au bord de la mer, aperçurent une Morganès qui séchait ses trésors au soleil, étalés sur deux belles nappes blanches. Les deux curieuses, se baissant et se glissant tout doucement derrière les rochers, arrivèrent jusqu'à elle, sans s'en être aperçues. La Morganès, surprise et voyant que les jeunes filles étaient gentilles et paraissaient être douces et sages, au lieu de se jeter à l'eau, en emportant ses trésors, replia ses deux nappes sur toutes les belles choses qui étaient dessus et leur en donna à chacune une, en leur recommandant de ne regarder ce qu'il y avait dedans que lorsqu'elles seraient rendues à la maison, devant leurs parents. Voilà nos deux jeunes Ouessantines de courir vers leurs demeures, portant leur précieux fardeau sur l'épaule. drapeau en gifMais, l'une d'elles, impatiente de contempler et de toucher de ses mains les diamants et les belles parures qu'elle croyait tenir pour tout de bon, ne put résister à la tentation. Elle déposa sa nappe sur le gazon, quand elle fut à quelque distance de sa compagne qui allait dans une autre direction, la déplia avec émotion, le coeur tout palpitant et ... n'y trouva que du crottin de cheval. Elle en pleura de chagrin et de dépit ! L'autre alla jusqu'à la maison, tout d'une traite, et ce ne fut que sous les yeux de ses parents, dans leur pauvre chaumière, qu'elle ouvrit sa nappe. Leurs yeux furent éblouis à la vue des trésors qu'elle contenait : pierres précieuses, perles fines et de l'or, et de riches tissus !... La famille devint riche, tout d'un coup ; elle bâtit une belle maison, acheta des terres et on prétend qu'il existe encore, parmi les decendants, qui habitent toujours l'île, des restes du trésor de la Morganès... entre contes & légendes

16/02/2008

Devise bretonne

devise bretonne.svg Kentoc'h mervel eget bezañ saotret !En français, « plutôt la mort que la souillure »La devise bretonne est née grâce à la duchesse Anne de Bretagne, un quand elle participa à la chasse avec ses chiens...Alors qu'elle suivait ces chiens qui couraient après une herminne, ils arrivèrent (Anne, sa troupe les chiens et l'herminne) à côté d'une marre de boue. Coincée, l'herminne a préferée mourir des crocs des chiens plutôt que se salir en s'enfuiyant par la marre. Depuis, Anne décida que ce soit ça la devise de la Bretagne