18/09/2012

Sommaire "Contes & Légendes de Bretagne"

druide,sirène, excalibur

 

Hymne National Breton

Bro Gozh Ma Zadou

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L'Arbre Tronjoly, Ar Ven Der (Bulat-Pestivien, 22)  le-chene-de-tronjoly-ar-ven-der-bulat-pestivien-22.html  

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La Femme aux Deux Chiens (Penvénan, 22)  la-femme-aux-deux-chiens.html

L'Apparition de la Peste (Plogoff, 29)  l-apparition-de-la-peste-plogoff.html

Celui Qui Porta la Peste sur ses Epaules (Plestin, 22)  celui-qui-porta-la-peste-sur-ses-epaules-plestin.html

N'Oun-Doaré (Morlaix)  n-oun-doare.html 

Les Lavandières Moqueuses  les-lavandieres-moqueuses.html

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Hélène Jegado, Tueuse en Série (Rennes, 35)  helene-jegado-tueuse-en-serie-plouhinec-rennes.html

Le Menhir de Bormouïs & le Meunier de Saint-Salomon 123-le-menhir-de-bormouis-le-meunier-de-saint-salomon.html 

La Pierre des Nains (Lamballe, 22) la-pierre-des-nains.html

Les Fées de la Butte aux Guénas (Bain-de-Bretagne, 35) les-ffes-de-la-butte-aux-guenas.html 

Le Bois de la Danse (Quévert, 22)   le-bois-de-la-danse.html

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Pierre de Saint-Roch (St-Pierre-Quiberon,56)  119-pierre-de-saint-roch-st-pierre-quiberon-56.html

Tristan & Yseult (Carhaix, 29)  tristan-yseut.html

Les Tombes de l'Espoir (Rennes, 35)

La Culotte de Baptêùe (Dinan, 22)

L'Entrée de l'Enfer (Dinan, 22)

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Les Tentations du Diable (Dinan, 22)

L'Etang de Gargantua (Jugon, 22)

La Pierre Merveilleuse

Le Tombeau d'Almanzor (Piriac-sur-Mer, 44)

Les Fées de Chêlins

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La Fée Exorcisée (Saint-Suliac, 35)

La Pommade Magique (Cap Fréhel)

La Grotte du Chat (Piriac-sur-Mer, 44)

La Barque des Sorcières (Île de Sein, 29)

Le Troc avec le Diable (Locmariaquer, 56)

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La Licorne de Brocéliande

Gargantua Déteste la Raie (St-Jacut-de-la-Mer, 22)

Les Pierres Sonnantes de Gargantua (Dinan, 22)

Gargantua Victime de l'Alliance Humanokorrigane (Fréhel, 22)

Le Doigt Planté de Gargantua (Fréhel, 22)

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Le Doigt Perdu (Fréhel, 22)

La Légende du Perce-Neige

Les Aboyeuses (Josselin, 35)

Les Lavandières & la Vierge (Josselin, 35)

Le Bag Noz

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Les Boeufs des Korandons (Vieux-Bourg, Quintin, 22)

La Résidence des Nains (Saint-Nolff, 56)

La Légende des Amoureux (Essé, 35)

Les Fées Constructrices (Essé, 35)

Louise de Bréciliane & les Oiseaux (Comper, 56)

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L'Amour de Merlin pour Viviane (Comper, 56)

Diane Chasseresse (Comper, 56)

Le Fantôme à la Jambe de Bois (Combourg, 35)

Le Chat Noir du château (Combourg, 35)

L'Armoricaine Voleuse de Menhirs (Plourin, 29)

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Saint Tanguy (Château de Trémazan)

La Mariée de Trécesson (Château de Trécesson)

Le Manoir du Pied d'Anon (Château de Trécesson)

La Chambre aux Revenants  (Château de Trécesson)

Le Chêne du Duc (Forêt du Gâvres, 44)

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Misti Courtin & Auts Lutins

Les Corrompus d'Ecoublac (Escoublac, 44)

Le Trésor du Mort (Plonéour-Lanvern, 29)

La Légende du Manoir de Coatbily (Coatbily, 29)

La Fée & Boutin (Saint-Juvat, 22)

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Morganed & Morganezed (Île d'Ouessant)

Al Lew-Dréz (Saint Efflam)

La Messe du Revenant (Plougasnou, 29)

Là où la Terre Devient de l'Or

La Grotte des Korrigans (Batz-sur-Mer, 44)


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Les Deux Bossus

La Chambre au Loup (Brocéliande)

Le Torrent Silencieux (Locquenvel)

Le Tourbillon de ala Fauconnière (Plévenon, Côtes d'Armor)

 Pied d'Airin & Main d'Argent (Lanmeur) 

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Jopig des Ronces (Plougonven)

La Légende de Tourc'h, le Sanglier Blanc

Seoc de Lancieux (Lancieux)

La Bague du Capitaine Etranger (Buguélès en Penvénan)

Brandwen, la Plus Belle Fille du Monde (Camaret-s/mer)

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Le Cheval de Margeot (Kercabin, Pontrieux)

Le Diable et le Couturier

Rodomont

Le Doreur & le Diable

Le Diable Changé en Fille

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Jean l'Or

Le Trésor de Roc Trévézel

Les Lutins de la Gueule

La Légende du Tumulus de Mané er Hroeg

Le Char de la Mort
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Les Recommandations d'un père

Querelle de Voisins

Légendes autour de Huelgoat

Le Chat de Jean Foucault

Le Yeun Elez, Porte de l'autre Monde
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Les Pierres de Plouhinec

La Fée des Houx

Le Trésor de Roc Trévézel
Azénor, la Captive de Brest

La Chapelle des 7 Saints
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La Broëlla

Accoucher sans Douleur

Le Conjuré de Tadic-Coz

’Courir le Guilledou’’

Les 7 Saints Guérisseurs
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Les Maisons Neuves de la Mort

Le Crâne du Prélat du Mont Tombe

Le Cheval Enchanté

Agartha, Dinn-dann-an-Douar
 
Le Char de la Mort
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La Roche-aux-Fées

La Pierre à Marier

Le Roi des Korrigans

La Légende du Sillon

Le Fossoyeur de Penvénan
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Ewen & les Menhirs de Galatjar

Saint Guirec & Garengeau

9 Tours à pieds nus pour les martyrs

La Légende d'Azénor

Les Pains de Saint-Hervé
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Le Chateau de Tonquedec

Les Trois Bénédictins

La Dame Blanche de Trécesson

Le Gouffre du Paon de Bréhat

Comore, le Barbe Bleu breton
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Le Trésor du Centurion de Carnac

L'Ofern Drantel

Les Korils de Plaudern

Les 7 777 Saints de Lanrivoaré

Dahud & Le Prince
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Les Amants de la Fée Morgane

La Brouette de la mort dans leYeun

Mona Kerbili, fille de la Terre

LeDragon de l'Elorn

Le mystérieux Domaine de Trécesson
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La Fée de l'île de Loc'h

La Stèle de Rudesse

Belle-île-en-Mer, création des Fées

La Croix Rouge du Cimetière de Rennes

La Fée Carabosse de Redon
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131 - Le Chêne de Tronjoly (Ar Ven Der, Bulat-Pestivien (22)

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Au Nord-Est de Callac, dans les Côtes d'Armor (22), trône depuis des siècles un chêne que l'on surnomme "le Chêne Tronjoly" ou chêne de Bulat-Pestivien. Localement, on préfère l'appeler "Ar Ven Der".

Ar Ven Der s'écrivait Ar Wezenn Derv: "Ar Wezenn" signifiant "l'arbre" et "Derv" pour "chêne".

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Circonférence: 12 mètres. Il est peut-être le plus gros chêne de tous ceux situés en Europe Occidentale, et certainement un des plus vieux:

Âge: entre 1300 & 1600 ans.


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Les anciens vous raconterons que vers 1750, un  moine ascète appelé Le Graët, en fit son hermitage et installa sa bibliothèque dans le ventre de l'arbre.

ps: j'en vois venir tout de suite au nom de ce moine. Noël Le Graet, Président de la FFF (Fédération Française de Football) depuis 2011 et né à Bourbriac (22) un 25 décembre,  à défaut d'être le père noël, serait-il un de ses descendants ? J'en doute, je vous laisse libre de faire des recherches.

 

Merci à  une ami de m'avoir fait découvrir son site BRETAGNE CHARME NOUS:

 lien_article.php?id_art=1163365&nom_url=Chene_de_Tron...

15/07/2012

130 - LA FEMME AUX DEUX CHIENS (Penvénan, 22)

 

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hermines début de texte.gifCeci se passait au temps où les toiles de Basse-Bretagne étaient renommées entre toutes. Il n’y avait pas alors, à Penvénan ni aux alentours, de fileuse qui filât aussi fin que Fant Ar Merrer, de Crec’h-Avel. Tous les mercredis, elle allait à Tréguier vendre son fil. Un mardi soir elle se dit :

"Il faudra que demain je sois sur pied de bonne heure."

 

Elle se coucha avec cette préoccupation.

 

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Au milieu de la nuit, elle se réveilla et fut étonnée de voir qu’il faisait déjà presque clair. Elle se leva en grande hâte, s’habilla, jeta sur ses épaule son paquet d’écheveaux et se mit en route.

 Arrivée au pied de la montée qui mène vers Croaz-Ar-Braban, elle fit rencontre d’un jeune homme.

 Ils se bonjourèrent mutuellement et cheminèrent côte à côte jusqu’à la croix.

 Là, le jeune homme prit Fant Ar Merrer par le bras et lui dit : 

 "Arrêtons ici."

 Il la poussa dans la douve, contre le talus, et se plaça devant elle comme pour la protéger.

 

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A peine se furent-ils ainsi rangés de la route, que Fant entendit venir un bruit épouvantable. Jamais elle n’avait ouï fracas pareil. Il y aurait eu, à la file, cent lourdes charrettes lancées au galop, qu’elles n’auraient pas fait plus de train.

 

Le bruit approchait, approchait.  

Fant tremblait de tous ses membres. Néanmoins elle cherchait à voir ce que ceci pouvait être.

 

Une femme passa dans la route, courant à perdre haleine, elle allait si vite qu’on entendait palpiter les ailes de sa coiffe, comme si c’eussent été deux ailes d’oiseau. Ses pieds nus touchaient à peine le sol ; il en pleuvait des gouttes de sang. Ses cheveux dénoués flottaient derrière elle. Elle agitait les bras, en des gestes désespérés, et hurlait lugubrement.

 

C’était une plainte si angoissante, que Fant Ar Merrer en avait froid jusque sous les ongles.

 

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Cette femme était poursuivie par deux chiens qui semblaient se disputer entre eux à qui la dévorerait.

 De ces chiens, l’un était noir, l’autre blanc.  C’étaient eux qui faisaient tout le vacarme.

 A chacun de leurs bonds, les entrailles de la terre résonnaient.

 La femme fuyait dans la direction de la croix. 

 Fant Ar Merrer la vit s’élancer sur les marches du calvaire. A ce moment le chien noir était parvenu à la saisir par le bas de sa jupe. Mais elle, se précipitant, étreignit l’arbre de la croix et s’y tint cramponnée de toutes ses forces.

 Le chien noir disparut aussitôt, en lâchant un aboi terrible.

 Le chien blanc resta seul auprès de la malheureuse et se mit à lécher ses blessures.

 Le jeune homme dit alors à Fant Ar Merrer :

"Vous pouvez maintenant continuer votre route. Il n’est que minuit. Ne vous exposez plus à voir ce que vous avez vu. Je ne serai pas toujours là pour vous protéger. Il y a des heures où il ne faut pas être sur les. chemins. Quant vous arriverez à Kervénou, entrez dans la maison qui est là. Vous y trouverez un homme en train de mourir. Passez le reste de la nuit à réciter près de son chevet les prières des agonisants et ne sortez de cette maison qu’à l’aube. Quant à moi, je suis votre bon ange ."

20/06/2012

129 - L'APPARITION DE LA PESTE (Plogoff, 29)

 

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A Plogoff, dans le Cap-Sizin, on raconte comme voici l'apparition de la Peste.

 

hermines début de texte.gifUn navire passait au large, couvert de grandes voiles sombres. Quand il fut en face de la Vallée de Parkoubruk, on en vit l'élever une longue fumée blanche, semblable au fantôme d'une femme. Elle vint vers la côte en traversant l'air, sans toucher l'eau. C'était la Peste. En un seul jour elle eu dévasté le pays à trois lieux à la ronde.

 

Extrait de la "Légende de la Mort" Anatole le Braz, éditions Coop Breiz

128 - CELUI QUI PORTA LA PESTE SUR SES EPAULES (Plestin, 22)

 

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hermines début de texte.gifUn vieux, de Plestin, la rencontra un soir sur les bords du Douron. Elle était assise sur la berge, regardant l'eau couler. Elle venait de Lanmeur qu'elle avait dépeuplé et se rendait dans le pays de Lannion.

 " Hé, vieux !! cria-t'elle, auriez vous l'obligeance de me prendre sur vos épaules pour me faire passer l'eau ? Je vous en récompenserai bien."

 Le vieux qui ne la connaissait pas y consentit.

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L'ayant chargée sur ses épaules, il entra dans la rivière. Mais à mesure qu'il avançait peser sur lui d'un poids plus lourd.

 A la fin, épuisé et le courant étant trop fort, il lui dit :

 " Ma foi, bonne dame, je vais vous planter là. Je ne tiens pas à me noyer pour vous.

 - De grace, ne fais pas cela. Ramène moi plutôt à l'endroit ou tu m'as prise.

 - Soit"

 Et il rebroussa chemin sans trop de peine, son fardeau s'allégeant à mesure qu'il s'approchait du rivage.

 Le pays de Lannion fut ainsi préserver de la Peste.

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Mais si le vieux avait laissé tomber la vilaine groac'h (fée) au beau milieu de la rivière, comme il en avait eu d'abord l'intention, le monde eut été débarrassé d'elle à jamais.

 

 

Extrait de la "Légende de la Mort" Anatole le Braz, éditions Coop Breiz

 

127 - N'OUN-DOARé

 

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hermines début de texte.gifIl y a de cela bien longtemps,

Quand les poules avaient des dents.

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Le marquis de Coat-Squiriou, revenant, un jour, de Morlaix, accompagné d’un domestique, aperçut, couché et dormant dans la douve, au bord de la route, un enfant de quatre ou cinq ans. Il descendit de cheval, éveilla l’enfant, qui dormait, et lui demanda :

" Que fais-tu là, mon enfant ?

- Je ne sais pas, répondit-il.

- Qui est ton père ?

- Je ne sais pas.

- Et ta mère ?

- Je ne sais pas.

- D’où es-tu ?

- Je ne sais pas.

- Quel est ton nom ?

- Je ne sais pas, répondit-il toujours."

hermines début de texte.gifLe marquis dit à son domestique de le prendre en croupe sur son cheval, et ils continuèrent leur route vers Coat-Squiriou.

L’enfant fut appelé N’oun Doarè, ce qui signifie en breton : Je ne sais pas.

On l’envoya à l’école, à Carhaix, et il apprenait tout ce qu’on lui enseignait.

ados_013.gifQuand il eut vingt ans, le marquis lui dit :

" Te voilà assez instruit, à présent, et tu vas venir avec moi à Coat-Squiriou."

Et il l’emmena à Coat-Squiriou.

hermines début de texte.gifLe quinze du mois d’octobre, le marquis et N’oun-Doaré allèrent ensemble à la Foire-Haute, à Morlaix, et descendirent dans le meilleur hôtel de la ville.

" Je suis content de toi, et je veux t’acheter une bonne épée, dit le marquis au jeune homme. "

medieval6.gifEt ils allèrent ensemble chez un armurier. N’oun-Doaré y examina mainte belle et bonne épée ; mais, aucune ne lui plaisait, et ils s’en allèrent sans avoir rien acheté. En passant devant la boutique d’un marchand de vieilles ferrailles, N’oun-Doaré s’y arrêta, et, remarquant une vieille épée toute rouillée, il la saisit et s’écria :

" Voici l’épée qu’il me faut !

- Comment ! Lui dit le marquis, vois donc dans quel état elle est ! Cela n’est bon à rien.

- Achetez-la-moi comme elle est, je vous prie, et vous verrez plus tard qu’elle est bonne à quelque chose."

Le marquis paya la vieille épée rouillée, qui ne lui coûta pas cher, et N’oun-Doaré l’emporta, tout heureux de son acquisition ; puis, ils retournèrent à Coat-Squiriou.

hermines début de texte.gifLe lendemain, N’oun-Doaré, en examinant son épée, découvrit sous la rouille des caractères à demi effacés, mais qu’il parvint pourtant à déchiffrer. Ces caractères disaient : « Je suis l’Invincible ! »

A merveille ! Se dit N’oun-Doaré. Quelque temps après, le marquis lui dit :

" Il faut que je t’achète aussi un cheval. "

gif3122.gifEt ils se rendirent tous les deux à Morlaix, un jour de foire.

Les voilà en champ de foire. Il y avait là, certes, de beaux chevaux, de Léon, de Tréguier et de Cornouaille. Et pourtant, N’oun-Doaré n’en trouvait aucun à lui convenir, si bien que le soir, après le coucher du soleil, ils quittèrent le champ de foire, sans avoir rien acheté.

Comme ils descendaient la côte de Saint-Nicolas, pour rentrer en ville, ils rencontrèrent un Cornouaillais menant par un licol de chanvre une vieille jument fourbue et maigre comme la jument de la Mort. N’oun-Doaré s’arrêta, la regarda et s’écria :

" Voici la jument qu’il me faut !

- Comment ! Cette rosse ? Mais regarde-la donc ! Lui dit le marquis.

- Oui, c’est bien elle que je veux, et pas une autre ; achetez-la-moi, je vous prie."

Et le marquis acheta la vieille jument à N’oun-Doaré, tout en protestant qu’il avait de singuliers goûts.

Le Cornouaillais, en livrant sa bête, dit à l’oreille de N’oun-Doaré :

" Voyez-vous ces noeuds, au licol de la jument ?

- Oui, répondit-il.

- Eh bien, chaque fois que vous en déferez un, la jument vous transportera immédiatement à quinze cents lieues de l’endroit où vous serez.

- Fort bien, répondit-il. "

hermines début de texte.gifPuis, N’oun-Doaré et le marquis reprirent le chemin de Coat-Squiriou, avec la vieille jument. Chemin faisant, N’oun-Doaré défit un nœud du licol, et aussitôt la jument et lui furent transportés, à travers l’air, à quinze cents lieues de là. Ils descendirent au centre de Paris.

Quelques mois après, le marquis de Coat-Squiriou vint aussi à Paris, et rencontra N’oun-Doaré, par hasard.

" Comment ! Lui demanda-t-il, est-ce qu’il y a longtemps que tu es ici ?

- Mais oui, répondit-il.

- Comment donc y es-tu venu ? "

Et il lui raconta comment il était venu si vite à Paris.

Ils allèrent ensemble saluer le roi, dans son palais. Le roi connaissait le marquis de Coat-Squiriou, et leur fit bon accueil.

hermines début de texte.gifUne nuit, par un beau clair de lune, N’oun-Doaré alla se promener, seul avec sa vieille jument, hors de la ville. Il remarqua, au pied d’une vieille croix de pierre, dans un carrefour, quelque chose de lumineux. Il s’approcha et reconnut une couronne d’or, garnie de diamants.

" Je vais l’emporter, sous mon manteau, se dit-il.

- Gardez-vous-en bien, ou vous vous en repentirez, dit une voix venue il ne savait d’où."

 Cette voix, qui était celle de sa jument, se fit entendre jusqu’à trois fois. Il hésita quelque temps et finit par emporter la couronne, sous son manteau.

Le roi lui avait confié le soin d’une partie de ses chevaux, et, la nuit, il éclairait son écurie avec la couronne, dont les diamants brillaient dans l’obscurité. Ses chevaux étaient plus gras et plus beaux que tous ceux que soignaient les autres valets, et le roi l’en avait félicité souvent, de sorte qu’ils étaient jaloux de lui. Il y avait défense expresse d’avoir de la lumière dans les écuries, la nuit, et, comme ils en voyaient toujours dans l’écurie de N’oun-Doaré, ils allèrent le dénoncer au roi. Le roi n’en fit d’abord aucun cas, mais, comme ils renouvelèrent plusieurs fois leur dénonciation, il demanda au marquis de Coat-Squiriou ce qu’il y avait de vrai dans tout cela.

" Je ne sais pas, répondit le marquis, mais je m’informerai auprès de mon domestique.

- C’est ma vieille épée rouillée, répondit N’oun-Doaré, qui luit dans l’obscurité, car c’est une épée fée. "

hermines début de texte.gifMais, une nuit, ses ennemis, appliquant leurs yeux au trou de la serrure de son écurie, virent que la lumière qu’ils dénonçaient était produite par une belle couronne d’or placée sur le râtelier des chevaux, et qui éclairait sans brûler. Ils coururent en avertir le roi. Celui-ci, la nuit suivante, guetta le moment où la lumière fit son apparition, et, pénétrant subitement dans l’écurie de N’oun-Doaré, dont il avait une clé, comme de toutes les autres, il s’empara de la couronne, la mit sous son manteau et l’emporta dans sa chambre.

Le lendemain, il convoqua les savants et les magiciens de la capitale, pour lui donner la signification de l’inscription gravée sur la couronne ; mais aucun d’eux n’y comprenait rien.

hermines début de texte.gifUn enfant de sept ans, qui se trouvait là par hasard, vit aussi la couronne et dit que c’était celle de la princesse du Bélier d’Or.

Aussitôt, le roi fit appeler N’oun-Doaré, et lui parla de la sorte :

" Il faut que tu m’amènes à la cour la princesse du Bélier d’Or, pour être mon épouse, et, si tu ne me l’amènes pas, il n’y a que la mort pour toi."

Voilà le pauvre N’oun-Doaré bien embarrassé. Il va trouver sa vieille jument, les larmes aux yeux.

" Je sais, lui dit la jument, ce qui cause votre embarras et votre tristesse. Vous rappelez-vous que je vous dis de laisser la couronne d’or où vous la trouvâtes, autrement vous vous en repentiriez, un jour ? Voici ce jour venu. Pourtant, ne vous laissez pas aller au désespoir, car, si vous m’obéissez et faites de point en point ce que je vais vous dire, vous pouvez encore vous tirer de ce mauvais pas. Allez d’abord trouver le roi et demandez-lui de l’avoine et de l’argent pour le voyage."

Le roi donna de l’avoine et de l’argent, et N’oun-Doaré se mit en route avec sa vieille jument.

hermines début de texte.gifpeixe3.gifIls arrivent au bord de la mer, et y voient un petit poisson resté à sec sur le sable et près de mourir.

" Mettez vite ce poisson à l’eau, dit la jument."

 N’oun-Doaré obéit, et aussitôt le petit poisson, élevant sa tête au-dessus de l’eau, parla de la sorte :

" Tu m’as sauvé la vie, N’oun-Doaré ; je suis le roi des poissons, et si jamais tu as besoin de mon secours, tu n’auras qu’à m’appeler, au bord de la mer, et j’arriverai aussitôt."

Et il plongea dans l’eau et disparut. Un peu plus loin, ils rencontrèrent un petit oiseau, pris dans des lacs.

" Délivrez cet oiseau, dit encore la jument."

 Et N’oun-Doaré délivra le petit oiseau, qui dit aussi, avant de s’envoler :

x1pAiu4hyfyKFVbZuUPF4m9cP8NdZJvRx9tuaC8RKP0f3o8MsHQtWK2vEn7BlT0ckH6lvdcvDsgBgu-fi0aLX4ZHjfXhGRdxQ.jpg" Merci ! N’oun-Doaré, je te revaudrai ce service ; je suis le roi des oiseaux, et si jamais moi ou les miens pouvons t’être utiles, tu n’auras qu’à m’appeler et j’arriverai aussitôt. "

 

hermines début de texte.gifIls continuèrent leur route, et, comme la jument traversait facilement les fleuves, les montagnes, les forêts et les mers, ils arrivèrent bientôt sous les murs du château du Bélier d’Or. Ils entendirent un vacarme épouvantable à l’intérieur du château, de sorte que N’oun-Doaré n’osait pas y entrer. Près de la porte, il vit un homme attaché à un arbre, par une chaîne de fer, et qui avait autant de cornes sur le corps qu’il y a de jours dans l’année.

" Détachez cet homme et rendez-lui la liberté, dit la jument.

- Je n’ose pas en approcher.

- Ne craignez rien ; il ne vous fera pas de mal. N’oun-Doaré détacha l’homme, qui lui dit :

- Merci ! Je vous revaudrai ce service ; si jamais vous avez besoin de secours, appelez Griffescornu, le roi des démons, et j’arriverai aussitôt.

- Entrez à présent dans le château, dit la jument à N’oun-Doaré, et ne craignez rien ; je resterai à paître ici, dans le bois, où vous me retrouverez, au retour. La maîtresse du château, la princesse du Bélier d’Or, vous fera bon accueil et vous montrera nombre de merveilles de toutes sortes. Vous l’inviterez à vous accompagner dans le bois, pour voir votre jument, qui n’a pas sa pareille au monde, et qui connaît toutes les danses de Basse-Bretagne et des autres pays, que vous lui ferez exécuter sous ses yeux. "

 

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hermines début de texte.gifN’oun-Doaré se dirige vers la porte du château. Il rencontre une servante, qui va puiser de l’eau à la fontaine du bois, et qui lui demande ce qu’il cherche par là.

" Je voudrais, répond-il, parler à la princesse du Bélier d’Or. "

dame.gifLa servante va dire à sa maîtresse qu’un étranger vient d’arriver au château, qui demande à lui parler.

La princesse descend aussitôt de sa chambre et invite N’oun-Doaré à visiter avec elle les merveilles de son château.

Quand il eut tout vu, il invita à son tour la princesse à venir voir sa jument, dans le bois. Elle y consentit, sans difficulté. La jument exécuta devant elle les danses les plus variées, ce qui la divertit beaucoup.

" Montez sur son dos, princesse, lui dit N’oun-Doaré, et elle dansera avec vous fort agréablement. "

gif72.gifLa princesse, après quelque hésitation, monta sur la jument ; N’oun-Doaré sauta aussitôt à côté d’elle, et aussitôt la jument s’éleva en l’air avec eux et les transporta, en un instant, par-delà la mer.

" Vous m’avez trompée ! S’écriait la princesse ; mais vous n’êtes pas encore au bout de vos épreuves, et avant que j’épouse le vieux roi de France, vous aurez pleuré, plus d’une fois. "

hermines début de texte.gifIls arrivèrent promptement à Paris. Dès en arrivant, N’oun-Doaré conduisit la princesse au roi et lui dit, en la lui présentant.

" Sire, voici la princesse du Bélier d’Or."

 Le roi fut ébloui par sa beauté ; il ne se possédait pas de joie et voulait l’épouser, sur-le-champ. Mais, la princesse demanda qu’on lui rapportât d’abord son anneau, qu’elle avait laissé dans sa chambre, au château du Bélier d’Or.

N’oun-Doaré fut encore chargé par le roi d’aller à la recherche de l’anneau de la princesse. Il s’en revint tout triste vers sa jument.

" Ne vous rappelez-vous pas, lui dit celle-ci, avoir sauvé la vie au roi des oiseaux, qui vous promit de reconnaître ce service, à l’occasion ?

- Je me le rappelle, répondit-il.

- Eh bien, appelez-le à votre secours, c’est le moment. "

Et N’oun-Doaré s’écria :

" Roi des oiseaux, venez à mon secours, je vous prie ! "

Aussitôt, le roi des oiseaux arriva et demanda :

" Qu’y a-t-il pour votre service, N’oun-Doaré ?

- Le roi, dit-il, veut que je lui rapporte, sous peine de la mort, l’anneau de la princesse du Bélier d’Or, qui est resté à son château, dans un cabinet dont elle a perdu la clé.

- Rassurez-vous, dit l’oiseau, l’anneau vous sera rapporté. "

23.gifhermines début de texte.gifEt aussitôt il appela tous les oiseaux connus, chacun par son nom. Ils arrivaient tous, à mesure que leurs noms étaient prononcés ; mais, hélas ! Aucun d’eux n’était assez petit pour pouvoir pénétrer dans le cabinet de la princesse, par le trou de la serrure. Le roitelet seul avait quelque chance d’y réussir ; il fut donc envoyé à la recherche de l’anneau.

Avec beaucoup de mal et en y laissant presque toutes ses plumes, il parvint à s’introduire dans le cabinet, prit l’anneau et l’apporta à Paris.

N’oun-Doaré courut aussitôt le présenter à la princesse.

" A présent, princesse, lui dit alors le roi, vous n’avez sans doute plus de raison de retarder davantage mon bonheur ?

- Il ne me manque plus qu’une chose pour vous satisfaire, sire, mais il me la faut, ou rien ne sera fait, répondit-elle.

- Parlez, princesse, ce que vous demanderez sera fait.

- Eh bien, faites-moi apporter mon château ici, vis-à-vis du vôtre.

- Apporter votre château ici !… Comment voulez-vous ?…

- Il me faut mon château, vous dis-je, ou rien ne sera fait. "

Et N’oun-Doaré fut encore chargé d’aviser aux moyens de transporter le château de la princesse, et il se mit en route avec sa jument.

Quand ils arrivèrent sous les murs du château, la jument parla de la sorte :

" Appelez à votre secours le roi des démons, que vous avez délivré de ses chaînes, à notre premier voyage. "

Il appela le roi des démons, qui vint et demanda :

" Qu’y a-t-il pour votre service, N’oun-Doaré ?

- Transportez-moi le château de la princesse du Bélier d’Or à Paris, devant celui du roi de France, et tout de suite.

- C’est bien, cela va être fait à l’instant."

hermines début de texte.gifEt le roi des démons appela ses sujets, dont il vint toute une armée, et ils déracinèrent le château du rocher sur lequel il se trouvait, l’enlevèrent en l’air et le transportèrent à Paris. N’oun-Doaré et sa jument les suivirent et y arrivèrent aussitôt qu’eux.

Le matin, les Parisiens furent tout étonnés de voir l’éclat du soleil levant sur les dômes d’or du château et crurent à un incendie ; aussi, criait-on de toutes parts : « Au feu ! Au feu !… »

Mais la princesse reconnut facilement son château et se hâta de s’y rendre.

" A présent, princesse, lui dit le roi, il ne vous reste plus qu’à fixer le jour des noces.

- Oui, mais il me faut encore une petite chose avant, répondit-elle.

- Quoi donc, princesse ?

- La clé de mon château, qu’on ne m’a pas rapportée, et sans laquelle je ne puis y entrer.

- J’ai ici des serruriers très habiles, qui vous en feront une nouvelle.

- Non, personne au monde ne peut fabriquer une nouvelle clé capable d’ouvrir la porte de mon château ; il me faut l’ancienne, qui est au fond de la mer. "

hermines début de texte.gifEn se rendant à Paris, comme elle passait pardessus la mer, elle l’avait laissée tomber au fond de l’abîme.

N’oun-Doaré est encore chargé de rapporter à la princesse la clé de son château, et il se remet en route avec sa vieille jument. Arrivé au bord de la mer, il appelle à son secours le roi des poissons. Celui-ci arrive aussitôt et demande :

" Qu’y a-t-il pour votre service, N’oun-Doaré ?

- Il me faut la clé du château de la princesse du Bélier d’Or, que la princesse a jetée à la mer.

- Vous l’aurez, répond le roi. "

040406_dauphins.gifhermines début de texte.gifEt il appela aussitôt tous ses poissons, qui se hâtaient d’accourir, à mesure qu’il prononçait leurs noms ; mais, aucun d’eux n’avait vu la clé du château. Seule, la vieille n’avait pas répondu à l’appel de son nom. Elle finit par arriver aussi, portant dans sa bouche la clé, qui était un diamant d’une très grande valeur. Le roi des poissons la prit et la donna à N’oun-Doaré.

N’oun-Doaré et sa jument retournèrent aussitôt à Paris, heureux et sans souci, cette fois, car ils savaient que c’était leur dernière épreuve.

La princesse ne pouvait plus reculer et temporiser, et le jour du mariage fut fixé.

hermines début de texte.gifOn se rendit à l’église, en grande pompe et cérémonie, et N’oun-Doaré et sa jument suivaient le cortège et entrèrent aussi dans l’église, au grand étonnement et grand scandale de tout le monde. Mais, quand la cérémonie fut terminée, la peau de la jument tomba à terre et laissa voir une princesse, d’une beauté merveilleuse, qui présenta la main à N’oun-Doaré, en disant :

" Je suis la fille du roi de Tartarie ; venez avec moi dans mon pays, N’oun-Doaré, et nous nous y marierons ensemble. "

hermines début de texte.gifEt N’oun-Doaré et la fille du roi de Tartarie, laissant le roi et la société tout ébahis, partirent ensemble, et, depuis, je n’ai pas eu de leurs nouvelles.

 

 

 

Conté par Vincent Coat, ouvrier de la manufacture des tabacs de Morlaix, avril 1874.

19/06/2012

126 - LES LAVANDIERES MOQUEUSES

 

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Flèche début de texte.gif

D'après une légende populaire, des lavandières à l'ouvrage un jour de la fête de la Vierge, se moquèrent d'une mendiante qui s'avançait vers elles. Battoirs et Langues menaient grand bruit. Le chien des lavandières s'en prend à la mendiante, se précipitant sur elle tout en aboyat de colère.

Flèche début de texte.gifMais l'inconnue s'arrêta et ses loques tombèrent. D'un coup, elle resplendissait comme un soleil, et avec un regard sévère, d'une voix cingla, elle s'adressa aux moqueuses:

" Femmes, vous serez punies et vous aboierez à l'avenir, vous et vos filles, comme votre chien ta l'heure aboyant après moi".

Flèche début de texte.gifA ces mots, la mendiante disparut, et les laveuses trop tard reconnurent en elle la Vierge Marie.

 

125 - HéLèNE JEGADO, TUEUSE EN SERIE (Plouhinec, Rennes)

 

 

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennesBon je sais, cette histoire vraie n'est pas une légende, ni même un personnage ayant "fait" l'Histoire, mais elle sort du commun - Je voulais la partager avec vous, et je n'avais pas envie de créer une rubrique "Faits Divers".

En attendant...

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes1801, le 17 juin: naissance d'Hélène Jegado (ou 1803) à Plouhinec. Orpheline, elle est recueillie par un curé. Elle fut placée très jeune comme domestique. Elle tombe amoureuse, mais son "élu" perd la vie très tôt dans un accident de voiture.

Réputée comme excellente cuisinière, elle est décrite comme caractérielle, ivrognesse, malpropre et chapardeuse. elle agrémentait ses soupes aux herbes très relevées, de mort aux rats contenant de l'arsenic.

Elle tua ainsi, des enfants, des curés, des bonnes soeurs, ses maîtresses de maison, et même sa propre soeur.

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennestueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes1833: engagée par le vicaire de Guern. Quatre mois après son arrivée, 7 personnes trouveront la mort pendant son service. Elle est accusée de mauvais sort.

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes1834-1841: Elle travaille dans 6 villes différentes: Auray, Bubry, Hennebont, Locminé, Lorient et Pontivy. 40 personnes trouveront la mort pendant ce parcours.

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes1841: Engagée à Rennes, à l'hôtel du Bout du Monde, place St-Michel, une femme de chambre est retrouvée empoisonnée.

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes1841-1849: apparemment les crimes cessent, tout du moins, difficile de lui attribuer des crimes.

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennestueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes1850: elle entre au service de M Bidard de La Noe, à Rennes, avocat et professeur de droit. Sa femme de chambre, Rose Tessier, meurt peu de temps après l'arrivée de cette nouvelle servante. Sa rempaçante, Françoise Huriaux, reste peu de temps, tombant subitement malade. Remplacée par Rosalie Sarrazin, cette dernière décède très rapidement après son arrivée.

Ces trois dernières victimes éveillent trop de suspicions. Une autopsie est pratiquée, et de l'arsenic en forte quantité est trouvée.

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes1851, le 6 décembre: ouverture de son procès. Elle fut accusée de 37 crimes connus, crimes qu'elle reconnût au cours de sa confession reçue par l'abbée Tiercelin. Mais combien d'autres crimes sont-ils à porter à son crédit ? Nul ne le sait ! Sa carrière criminelle s'étale sur plus de 18 ans. La plupart de ses crimes ont été accomplis plus de 10 ans avant son procès, ne pouvant donc être jugés donc, pour cause de prescription légale.

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tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes1851, le 14 décembre: elle est condamnée à mort. Son acte d'accusation comporte 3 meurtre et 3 tentatives de meurtre, ainsi que 11 comptes de vol domestique.

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes1852, le 26 février: elle est guillotinée, en place des Lices à Rennes, devant une assistance de près d'un millier de personnes. Avant de monter à la guillotine, elle avoue que ses crimes sont bien plus nombreux que ceux découvert, et qu'elle fut initié par une femme de Guern, au secret de l'arsenic.

 

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennesComment a-t-elle pu opérer durant près de 18 ans sans que personne ne fasse le lien entre toutes ces morts suspectes ? La raison est simple: relativement intelligente, ou alors fortuitement, ses premiers crimes coïncident avec l'année où le choléra fit des ravages, empêchant les médecins de conclure de suite à un empoisonnement à l'arsenic, les symptômes étant les mêmes.

NB: Hélène Jegado, la Tueuse en série de Bretagne, ne manquait jamais d'aller fleurir la tombe de ses victimes.

 

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31/05/2012

124 - LE MENHIR DE BORMOUÏS & LE MEUNIER DE SAINT-SALOMON

 

menhir de Crifol, Carnac, 56.jpgmenhir de Crifol, Carnac, 56


menhir de Bormouïs, Pierre du diable, meunier, Saint-Salomon, Guern, 56, Morbihan, Bretagne, mégalithes, contes, légendesAucun monument mégalithiques n'a été signalé jusqu'à ce jour à Guern. Seul le chanoine Mahé dit qu'"on montre en cette commune un peulvan d'environ 12 pieds, que le génie exterminateur n'a pas encore renversé; mais il le sera tôt ou tard".

Plus heureux que nos devanciers, nous avons exploré quatre menhirs, un petit cromlec'h ou cercle de pierres, sur lequel nous avons relevé des cupules et des écuelles, et une pierre à bassin.

Le menhir de 4 mètres de hauteur, mentionné par le chanoine Mahé, se trouve près du village de Keravail, à 2 kilomètres au nord du bourg. Il paraît qu'on a trouvé autrefois des fragments de poteries et des cendres au pied.

A quatre kilomètres au Nord-Ouest du bourg, à deux kilomètres dans la même direction du menhir précédent, sur le sommet de la montagne escartpée dite de Bormouïs, en la commune de Kerhiec, à 500mètres de la chapelle et du village de Saint-Salomon, un jour, en explorant la lande, nous avons eu la bonne fortune de découvrir un menhir qui, par sa situation sur un point élevé et tout à fait pittoresque, domine tout le pays d'alentour et semble regarder les menhirs de Saint-Etienne, en Malguénac.

Vue de loin, ou du bas de la montagne, cette pierre, énorme et de forme bizarre, prend la figure d'un géant accroupi, à la tête monstrueuse enfoncée dans les épaules. Au clair de lune, l'illusion est complète. Orientée exactement Est-Ouest, les rayons du soleil levant viennent s'y reposer. On raconte différentes légendes à son sujet; voici  celle relative à son origine:

 

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menhir de Bormouïs, Pierre du diable, meunier, Saint-Salomon, Guern, 56, Morbihan, Bretagne, mégalithes, contes, légendes

Un jour, il y a de cela dans ans et des ans, le meunier de Saint-Salomon, homme avare, riche et orgueilleux, résolut d'entourer sa propriété d'un mur pour la mettre à l'abri des indiscrets et des voleurs. Mais ce n'était pas chose aisée que de transporter des pierres sur la colline de Saint-Salomon; aussi, les maçons du pays se montrèrent-ils très exigeants pour un tel travail. Courroucé, à bout d'expédients pour arriver à ce qu'il désirait, et ne voulant pas leur céder, le meunier se décida à traoiter le marché avec le diable. Le démon se montra bon enfant. Il consentit à bâtir le mur gratis, en échange de la fille du meunier. Le bonhomme se gratta l'oreille, mais, en rusé compère, il accepta, espérant bien jouer un bon tour à messire Lucifer.


menhir de Bormouïs, Pierre du diable, meunier, Saint-Salomon, Guern, 56, Morbihan, Bretagne, mégalithes, contes, légendes


" Affaire conclue, lui dit-il, à la condition que le mur soit terminé avant que le coq n'ait chanté.

- Rien ne m'est plus facile, répondit le démon, ravi de son marché."

Et aussitôt, il se mit à l'oeuvre, travaillant comme un bon diable qu'il était. Les pierres s'entassaient tant et si bien qu'il n'en manquait plus qu'une seule pour finir le mur.

Et, sur la lande de Bormouïs, le diable portait à pleine brassée un bloc énorme destiné à terminer la clôture, quand, tout à coup, le chant du coq retentit aigu et lugubre à son oreille.

menhir de bormouïs,pierre du diable,meunier,saint-salomon,guern,56,morbihan,bretagne,mégalithes,contes,légendesC'était la bonne du meunier qui, malicieuse, avait pris le coq et l'ayant plongé dans un seau d'eau l'avait fait chanter. Aussitôt de dépit et furieux, le démon planta la pierre à l'endroit où il était, y laissant profondément incrustée la forme de ses bras et de ses mains. De là le nom de Pierre du Diable.


Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, 1902


24/05/2012

123 - LA PIERRE DES NAINS (Locminé, Lamballe, 22)

 

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hermines début de texte.gifUn gars de Locminé se trouvant à la foire de Lamballe, perd sa blague à tabac, un sac superbe en peau de veau marin, cadeau de sa douce amie.

Il cherche d'abord, puis interroge ses amis et connaissances, et ne reçoit pas la moindre nouvelle de la pauvre blague. Fort ennuyé, il court consulter un chercheur de pain nommé Bernic, qui passait pour un sorcier, et celui-ci, à tort ou à raison, lui dit que si sa blague est perdue pour lui, elle ne l'est pas pour tout le monde, parce que c'est Guériau le faucheur au père Bompoil, qui la lui a dérobée.

Notre gras n'en demande pas davantage, il fait présent d'une pièce de dix centimes au mendiant, et court aussitôt accuser Guériau de l'avoir volé.

Celui-ci se défend comme un beau diable, il appelle le gars:

" Menteur !"

Le gars l'appelle:

" Voleur !"

Bref, la querelle va dégénérer en bataille, quand une commère s'avise de parler de la Pierre des Nains.

Cette Pierre des Nains est un peulvan à moitié détruit, qui jouit de la propriété de faire découvrir les volveurs.

" A la Pierre des Nains, s'écrie le gars.

- A la Pierre des Nains, répère Guériau. "

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Toute la foule se précipité derrière les deux paysans, qui continuent à s'injurier jusqu'au moment où ils arrivent à la pieere. On se range en cercle autour du peulvan, et les deux gars restent suels au milieu. Guériau fait un signe de croix, et s'avance tout près de la pierre en disant:

" Pierre, si je suis un voleur, décmare-le hautement en dansant, mais si je suis innocent, je t'ordonne de ne pas bouger."

Après cette invocation, il fait trois fois le tour du monument celtique, recommence un grand signe de croix, et les deux bras croisés sur la poitrine, se précipite de toute sa force contre la pierre.

" Il est innocent, cria la foule, car la pierre n'a pas pas bougé."

Et le gars fut obligé de lui faire des excuses, de reconnaître qu'il s'était trompé en l'accusant.

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Ce fait se reproduit très fréquemment chez nos Bretons; ils aiment à consulter les pierres celtiques, les sources, les eaux de certaines fontaines placées sous l'invocation de saints ou de saintes pour retrouver les objets perdus ou volés, pour reconnaître les vertus et les défauts des personnes et des choses, et certes, ces épreuves qu'ils aiment à faire subir ne sont pas autre chose qu'un reste des siperstitions qui faisaient regarder comme infaillibles les arrêts émanant du jugement de Dieu.


Comte d'Amezeuil, Récits bretons, 1863


122 - LES FEES DE LA BUTTE AUX GUENAS (Bain-de-Bretagne, 35)

 

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hermines début de texte.gifLa Butte aux Guenas est située dans la commune de Bain, près du village du Tertre, non loin du bois de la Marzelière.

fee010.gifDes fées y demeurent, dans les entrailles de la terre. AU matin, au soleil levant, avant que les bonnes gens soient aux champs, étendre sur le versant du coteau pour les faire sécher, les pièces d'or et d'argent qu'elles fabriquent dans leurs demeures souterraines.

Un jour, elles furent surprises par deux hommes qui regardèrent avec convoitise, ces trésors.

" Prenez-en, leur dirent les fées."

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L'un d'eux, en emplit les poches; mais l'autre, plus gourmand, s'en alla bien vite chercher un cheval et une charette. Quand il revînt, les fées n'y étaient plus, et elles avaient caché leurs richesses sous les pierres de la butte.fee007.gif


Adolphe Orain, Contes du pays gallo, 1904

121 - LE BOIS DE LA DANSE (Quévert, 22)

 

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Quévert, 22, Dinan, le Bois de la Danse, Contes, Légendes, Bretagne, Côtes d'Armor, FéesCe bois de la commune de Quévert près de Dinan, se situe tout près d'un tumulus. 

Les paysans disent que son sommet très arrondi, est une table où les fées viennent prendre leur repas. Elles vont ensuite danser dans les bois qui, en raison de cette circonstance, a reçu son nom. 

 

Quévert, 22, Dinan, le Bois de la Danse, Contes, Légendes, Bretagne, Côtes d'Armor, Fées

Quévert, 22, Dinan, le Bois de la Danse, Contes, Légendes, Bretagne, Côtes d'Armor, Fées

Plus d'un les a vues, mais il est imprudent de s'approcher d'elles: un jeune gars qui s'était joint à elles fut parfaitement accueilli et revînt enchanté de ce qu'il avait vu et entendu. Mais le lendemain, il était trouvé mort dans son lit.

Pourtant ces fées ne sont pas méchantes: si ceux qui les approchent meurent, ce n'est pas parcequ'elles leur ont jeté un sort, mais parce qu'elles sont si belles et si aimables qu'on ne peut se consoler de ne plus les voir.


Lucie de V.H, Revu des traditions populaires, XVII, 1902

22/05/2012

120 - PIERRE DE SAINT-ROCH (St-Pierre-Quiberon, 56)

Un jour, Saint Roch passait à cheval à Roh en Aod; son cheval glissa sur une pierre, où il laissa les marques de son fer. Le Saint tomba en se blessant au genou. Il ne voulut pas rester dans cet endroit, et il alla plus loin pour construire sa chapelle.

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Depuis cette époque, lorsqu'on veut obtenir des vents favorables aux voyages des marins, on doit frapper avec un marteau dans les cupules de la pierre de Saint-Roch. Et ce la doit se faire la nuit, sans être vu ni connu.

Une veuve du village raconta en 1901 qu'elle avait elle-même pratiqué ce rite à plusieurs reprises, et que toujours, ses voeux avaient été exaucés.


Lors de sa première restauration en 1889, la pierre avait été placée dans une position qui ne permettait plus de voir les cupules. Les femmes frappaient alors sur une autre pierre de l'encorbellement de gauche, au fond du dolmen. Cette pierre, creusée de trous par des carriers, a servi depuis, à cette pratique. Les petits creux martelés se voient encore aujourd'hui.


Zacharie Le Rouzic, Légendes, traditions, coutumes et contes du pays, 1954

18/05/2012

118 - Tristan & Yseut

La plupart des historiens attesteront que Tristan et son père Marc Conomor sont des personnages ayant bel et bien existés. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi de faire figurer l'histoire très connue de Tristan & Yseut en catégorie B "Contes & Légendes de Bretagne", mais aussi en rubrique L3 "Personnages historiques".

 

 

 

Pierre de Tristan - Fowey, Cornouailles.jpgPierre de Tristan, Fowey, Cornouailles

 


 

Le récit de Tristan et Yseut est issue de la tradition populaire orale. Elle figure dès le XIIème siècle dans plusieurs textes. Les versions les plus célèbres sont celles de Béroul et de Thomas d'Angleterre, ou encore celle de Chrétien de Troyes. Mais aucun de ces récits ne sont parvenus intégralement jusqu'à nous.

 

C'est la version de Normand Béroul qui serait la plus ancienne, puisque le récit aurait été écrit entre 1150 et 1160. Mais il est incomplet.

 

Les auteurs du XIIème siècle qui ont fixé la légende, sont des Normands de l'empire Plantagenêt, lequel contrôle les zones celtiques du Moyen-Âge. Cette histoire serait née au VIIIème siècle, mais l'origine reste incertaine.

 

Certains en font une évolution du mythe irlandais de Deidre & Noisé. Il convient de rappeler que la géographie se partage entre la Cornouaille armoricaine et l'Irlande.

 

Après la mort de ses parents, Tristan est élevé par son oncle Marc'h. Or, dans l'Antiquité celtique, il était coutumier que les enfants ne soient pas élevés par leurs parents, ils étaient confiés à d'autres: c'est ce qu'on appelait le "fosterage". 

 

Dans le roman Iseult et Tristan de Yann Brekilien, notez l'inversion des deux prénoms, l'histoire est replacée dans son contexte mythologique, afin de montrer le mythe dans son sens ^rimitif. Il redonne à Iseut la place qu'avait la femme celte dans la société, c'est-à-dire l'égale de l'homme, ce qui était inconcevable pour les trouvères normands.

 

***

 

Rivalen, roi de Loonis a épousé Bleunwenn ("Blanche-Fleur"), la soeur de Marc'h, le roi de Cornouaille en Armorique. Rivalen s'en va en guerre où il trouve la mort. Bleunwenn, avant de mourir de chagrin, donne naissance à un fils: Tristan.

 

L'enfant est recueilli et élevé par son oncle, le roi Marc'h, en Bretagne. Ce dernier, devait s'acquitter du paiement d'un tribut auprès du roi d'Irlande. Quelques années plus tard, Tristan décide d'en finir avec habitude, et quand il arrive dnas l'île, il doitcombattre le géant Morholt, le frère du roi. Tristan reçoit un coup d'épée empoisonnée, mais blesse mortellement le géant qui, dnas un dernier souffle, lui indique qu'Iseut, la fille du roi, a le pouvoir de neutraliser le poison. La jeune fille guérit Tristan de ses maux sans qu'elle sache qu'il a tué Morholt. Une fois rétabli, il reprend la mer, et retourne près de son oncle.

 


 

Marc'h souhaite que son neveu lui succède à la tête de la Cornouaile, mais des seigneurs s'y opposent, préférant une succession directe. Le roi décrète qu'il épousera celle à qui appartient le cheveux d'or déposé le matin même par un oiseau. Tristan se souvient d'Iseut et suggère une ambassade auprès du roi d'Irlande. A peine débarqué, surgit un terrible dragon qu'il doit combattre et occire non sans avoir été blessé. Pour la seconde fois, il est soigné par la fille du roi. Iseult voit que l'épée du chevalier porte une marque qui correspond à un morceau de fer, retrouvé dans le crâne de Morholt. Elle comprend que c'est Tristan qui a tué son oncle, mais renonce à toute idée de vengeance. Il s'acquitte de sa mission, et le père accepte que sa fille épouse le roi de Cornouaille, ce qui est une manière d'effacer les différends entre les deux royaumes. Iseul éprouve quelque ressentiment du peu d'intérêt que lui manifeste Tristan, mais s'embarque pour la Bretagne.

 

La reine d'Irlande remet à Brangaine, la servante d'Iseut qui est du voyagge, un philtre magique qui rend éternellement épris et heureux les amants qui le boivent. Il est destiné aux nouveuaux mariés le soir de leur nuit de noce. Durant la navigation entre l'île et le continent, croyant se désaltérer avec de l'eau, Tristan boit du breuvage magique et en offre à Iseut. L'effet est instantané. En dépit de ce nouvel amour indéfectible, la jeune fille épouse le roi Marc'h, mais le soir des noces, c'est la servante Brangaine qui prend placen dans le lit du roi.

 

Les amants prennent la fuite et décident de vivre dans la forêt, fuyant toute âme qui vive. Après un long temps de recherche, le roi les surprend endormis dans la grotte qui les abrite, l'épée de Tristan est plantée dans le sol entre eux deux. Le roi pense qu'il s'agit d'un signe de chasteté et respecte la pureté de leurs sentiments. Il remplace l'épée par la sienne, met son anneau au doigt d'Iseut et s'en va. Au réveil, ils comprennent que le roi les a épargnés. C'est la séparation, Iseut retourne près du roi Marc'h.

 

Trsitan s'en va dans l'île de Bretagne où il finit par se marier. Son occupation principale est la guerre, et lors d'une expédition, il est gravement blessé. Une fois de plus, seule Iseut peut le sauver.Il la fait mander étant convenu que le bateau doit porter une voile blanche si elle accepte de le secourir. Elle vient sans tarder dans un vaisseau à la voile blanche, mais l'épouse de Tristan lui dit que la voile est noire. Se croyant abandonné par celle qu'il aime, il se tue d'un coup d'épée. Iseut, arrivée auprès du corps de Tristan, meurt à son tour, de chagrin.

Le roi Marc'h prend la mer, et ramène les corps des amants, et les fait inhumer en Cornouaille, l'un près de l'autre. Le tombeau de Tristan est placé à droite de la chapelle, et celui d'Iseut, à gauche. Aussitôt, un rosier jaillit de la tombe de Tristan et plonde dans celle d'Iseult, les reliant ainsi par-delà la mort.



 

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la Pierre de Tristan, Fowey, Cornouailles

Cette pierre située en Cornouailes anglaise, porte des inscriptions qui remontent au VIème siècle:

HVC IACIT DRVSTANVS CVNOMORI FILIVS

(si-gît Drustan fils de Conomor)

Au XVIème siècle, John Leland rapporta une mention supplémentaire:

CVM DOMINA OVSTILLA

(avec sa maîtresse Oustilla/Esyllt/UIseult)


Il est apropié cependant de préciser que "la pierre de Tristan" n'est très certainement pas sur son site originel: elle aurait été déplacée maintes fois.


Marcus Conomorus régnait au VIème siècle sur un territoire quis 'étendait sur les deux rives de la Manche. Au début, il lui fut confié la région de Padstow-Fowey, par où transitaient les navires par voie de terre, pour reprendre la mer et gagner la Bretagne. Sa forteresse principale était Castel Dore.

Il s'établit ensuite sur le continent, en Bretagne donc, où le nom de Conomor lui est associé. On le retrouve donnant des terres au moine Goueznou dans le Léon, sa base originelle fut certainement Carhaix. Mais par une habile diplomatie, et par des alliances, notamment celle avec la veuve du roi de Domnonée, il finira par maîtriser tout le nord de la péninsule bretonne.

Cependant, il tentera d'assassiner son beau fils Judual, que Samson enverra à la cour de Childebert. Conomor s'opposera aux moines, et c'est sans doute de là, qu'il se trouva diabolisé, et deviendra le barbe bleue que l'on connaît.

A la mort de Childebert, l'allié des Bretons, son frère Clotaire lancera une expédition contre Conomor pour rétablir Judual sur le trône de Domnonée. La bataille aura lieu en 560 à Ban Aleg, dans les Monts d'Arrée. Conomor y sera tué, et selon la tradition, ses guerriers emmenèrent son corps de l'autre côté de la mer.

Bataille de Ban ALeg: 



 



 


 


 


 

 

 


 


16/05/2012

LES TOMBES DE L'ESPOIR (Rennes, 35)

Cimetière, Rennes, 35, Bretagne, contes, Légendes

Dans le nord de Rennes, le cimetière de l'Espérance, où vous attendent les tombes de l'espoir.....

* LA TOMBE DE L'ABBé HUET

Près de l'entrée, sur la droite, cette tombe est dédiée aux étudiants. Celui qui a donné son nom à l'une des rues de la commune; dans le quartier de Villejean, était aumônier. Né en 1864, ordonné prêtre à 24 ans, Jean Huet enseignera à Versailles, avant d'être précepteur à Pleurtuit, puis surveillant à Saint-Vincent  de Paul. Amonier de l'Hôtel-Dieu, sa tombe rassemblait les étudiants qui venaient chercher du soutien pendant leurs examens.

* LA TOMBE DE JOSEPH THEBAULT ou LA TOMBE AUX BOUCHONS

Cimetière, Rennes, 35, Bretagne, contes, Légendes

Cimetière, Rennes, 35, Bretagne, contes, LégendesSituée à gauche en entrant, ce curé mort en 1860 était l'objet de curieuse pratique. On l'appelle aussi, la tombe aux bouchons.

Autrefois elle était couverte de bouchons de liège, bouchons déposée par ceux qui voulaient guérir de la bouteille. La tombe a beaucoup souffert, et les bouchons ont presque disparus.

 

* LA SAINTE AUX POCHONS

Cimetière, Rennes, 35, Bretagne, contes, Légendes

La sépulture de Madame Philippe Hélène de Coëtlogon, que l'on appelle la sainte aux petits pochons. Née en 1630, mariée à un gouverneur de Rennes, elle fut enterrée en 1677 dans la chapelle des Carmes. Lorsque le bâtiment fut démoli en 1798, soit 120 après l'inhumation de cette femme, et que sa dépouille fut transférée au cimetière du nord de la ville, on s'aperçut que son corps était intact.

Cimetière, Rennes, 35, Bretagne, contes, LégendesDepuis, cette dame, ubnique héritière du marquis de Coëtlogon, a pour réputation de guérir certains maux, la fièvre... Il suffit de porter sur soi un petit sachet, pochon pour les bretons, rempli de la terre prise sur la tombe pendant une neuvaine (9 jours) et de la rapporter ensuite.... La tombe de la sainte eux petits pochons est envahie par le lierre, et couverte de petits sacs.

13/05/2012

117 - LA CULOTTE DE BAPTÊME (Dinan, 22)

 

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Le Menhir de Saint-Samson est également appelé « roche à érusser » : comme en d'autres endroits en Bretagne, la jeune fille qui réussissait à y glisser « en culotte de baptême » sans trop s'écorcher était certaine de se marier dans l'année.

116 - L'ENTREE DE L'ENFER

 

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Une autre légende rapporte que le menhir est l'une des trois « bondes » bouchant l'entrée de l'enfer, ou encore qu'il empêche la mer de jaillir par le trou qu'il obstrue, évitant ainsi un nouveau déluge.


Il est également appelé « roche à érusser » : comme en d'autres endroits en Bretagne, la jeune fille qui réussissait à y glisser « en culotte de baptême » sans trop s'écorcher était certaine de se marier dans l'année.

115 - LES TENTATIONS DU DIABLE (Dinan, 22)

 

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Saint Samson aurait ainsi séjourné près du menhir, en butte aux tentations du diable. Devant l'échec des manœuvres de ce dernier, celui-ci aurait lancé, de dépit, son fouet sur le menhir, qui s'en trouve marqué, comme en témoigne un filament de quartz affleurant à la surface du mégalithe.

2 autres légendes autour de ce menhir:

L'Entrée de L'Enfer: 

La Culotte de Baptême:


10/05/2012

114 - L'ETANG DE GARGANTUA (Jugon, 22)

 

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La légende raconte que c'est en pissant qu'est né cet étang d'où provient l'Aguernon. Il y laisse une pierre à affiler près de Saint-Mire, et une autre près de Pontgamp en Plougenast.

08/05/2012

113 - LA PIERRE MERVEILLEUSE

bebe047.gifIl y a de cela fort longtemps...une femme- korrigan qui se trouvait sur le point de donner le jour à un enfant, envoya chercher une vielle sage-femme de sa connaissance à la ville voisine. Après la naissance de l'enfant, et lorsque la sage-femme l'eut emmailloté à la manière ordinaire et se fut assise au coin du feu pour le chauffer, la mère lui dit, aussitot qu'elle put recouvrer la parole:

 

"Chercher là, ma commère, au coin de l'armoire,et  vous y trouverez une pierre ronde. Frottez-en les yeux de mon enfant.

- Qu'est ce que cela signifie? se demanda la sage-femme.

- Cette pierre aurait-elle donc queque propriété merveilleuse"

 

Et pour s'en assurer, après avoir appliqué la pierre sur les yeux de l'enfant, elle s'en frotta l'oeil droit.

femme026.gifLa pierre donnait la faculté aux personnes dont elle avait touché les yeux de voir les Korrigans, lorsqu'ils étaient invisibles. A quelques heures de là la sage-femme se rendit à une grande foire qui se tenait dans le bourg voisin. Elle fut bien surprise lorsqu'elle arriva, d'apercevoir sa commère, la femme Korrigan, qui furetait dans les boutiques les plus richements garnies, et qui prenait les marchandises, celles qui lui plaisaient le plus, sans que les marchands parussent en etre surpris.


Le soir, s'en retournant chez elle, la sage-femme rencontra en chemin la femme korrigan, qui portait un lourd panier rempli d'étoffe de la plus grande richesse.

 

 "Ah! Commère!", lui dit- elle en l'abordant, Vous avez fait aujourd'hui une rude brèche aux étalages et aux boutiques d'étoffes, et pourtant, elles ne vous ont pas couté bien cher!

- Oh, oh" lui répondit la femme korrigan. Vous m'avez vue les payer, et de quel oeil me voyez-vous maintenant?

-  De l'oeil droit",lui dit la sage-femme.

 

C'était celui qui avait été en contact avec la pierre mystérieuse.

Aussitot la femme korrigan enfonça un de ses doigts dans l'oeil que la malheureuse commère venait de lui désigner, l'arracha de son orbitre et  lui dit avec un ricanement digne du diable:

" Vous ne me verrez plus à présent"dyn006_original_104_150_gif_2571711_dc01a6f2cc58f91e2d60f43a44092fb5.gif

Et désormais, la sage-femme fut borgne et ne vit plus jamais les korrigans lorsque ceux-ci étaient invisibles?

05/05/2012

112 - LE TOMBEAU D'ALMANZOR (Piriac-sur-Mer, 44)

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hermines début de texte.gifSitué sur la côte au lieu dit « la mine », peu avant la Pointe du Castelli, un rocher bien particulier se distingue des autres. En effet, même à marée haute, ce bloc granitique émerge de l’eau. A marée basse, vous pouvez y accéder pour l’observer de plus près et pour y découvrir peut-être tous les secrets qu’il renferme 

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La légende raconte qu’Almanzor, Seigneur de Lauvergnac, partit avec Saint Louis en Orient pour la 8ème croisade.

En attendant le retour du chevalier, Dame Yseult, son épouse, venait chaque jour sur la côte, s’abritant parfois dans sa grotte, « la grotte à Madame ». Après une longue absence, Almanzor revint de la croisade, mais une violente tempête fit sombrer son vaisseau et les vagues rejetèrent le corps laminé du valeureux guerrier au pied du rocher qui devint dès lors, son tombeau pour toujours…

111 - LES FEES DE CHÊLINS


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hermines début de texte.gifLes fées de Chêlin avaient un boeuf qui passa dans l'avoine des fermiers de la Roulette; ils ne furent pas contents et viinrent se plaindre:

" Ne dites rien: voici un chanteau de pain, et il en diminuera pas si vous n'en parlez à personne" répondirent les fées."

Pendant un mois, tous les gens de la métairie coupèrent des morceaux dans le chanteau, lequel n'en diminuait point, ni même ne durcissait.

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Mais sitôt que le fermier eut l'imprudence de révéler qu'il s'agissait d'un don des fées, le chanteau devint comme un morceau ordinaire, et ne tarda pas à être mangé entièrement.


110 - LA FEE EXORCISEE (Saint-Suliac, 35)

 

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Saint-Suliac, 35, Ile-et-Vilaine, Bretagne, Fée, Fée exorciséeA l'extrémité de la commune de Saint-Suliac, est une grotte appelée l'antre de la Fée du Bec du Puy.

A sa voix jadis, les vents soufflaient moins fort, les flots se calmaient, et la mer devenait tranquille et transparente, comme un lac de cristal. Aussi voyait-on chaque marin, en partant pour la pêche, venir sur la grève sacrée, offrir ses hommages à la belle déesse, qui lui rendait le vent favorable et la pêche abondante.

Les femmes, les soeurs, les filles, les amantes des absents, venaient déposer de nombreuses guirlandes de fleurs sauvages, à l'entrée de son impénétrable grotte, gardée par une meute de chiens invisibles, toujours aboyants et preêts à dévorer l'imprudent qui se hasardait à en forcer l'entrée.

Saint-Suliac, 35, Ile-et-Vilaine, Bretagne, Fée, Fée exorcisée

On dit qu'un jour, des bergers revenant de pâturages, trouvèrent à la tombée du jour, à l'entrée de la grotte, une jeune fille expirante: son fiancé n'avait encore jamais manqué au rendez-vous, quand, trois jours auparavant, elle avait vu la fée. 

" Depuis, confia t-elle, je l'attends vainement: le vent et la mer ont été contre nous, et cependant, je conserverais l'espoir, si la Fée ne m'était de nouveua apparue".

La veille au soir, elle se trouva face à la Dame du Puy; voulant fuir, les forces lui manquèrent, et elle tomba anéantie à la place où l'on venait de la trouver.

" Mes jours sont comptés, dit-elle; allez me chercher un prêtre: la fée m'a dit des choses qui me laissent aucun doute sur ma fin prochaine. Mon fiancé n'est plus ! Que ferai-je ici-bas ? Allez mes amis, hâtez-vous, le temps presse, et mes forces m'abandonnent."

Saint-Suliac, 35, Ile-et-Vilaine, Bretagne, Fée, Fée exorcisée

Les bergers, ne doutant plus de la fatale rencontre, la portèrent sur leurs épaules jusqu'au bourg, où elle expira. Le curé de Saint-Suliac, suivi d'un nombreux cortège, croix et bannière en t^te, se rendit à la grotte, où il somma la fée de comparaître, répétant trois fois la sommation, sans résultat.

Alors, il l'exorcisa et lui ordonna de la part de Dieu de ne plus apparaître en ces lieux. On ne vit rien, mais on entendit un cri de douleur sortir de la montagne, et des imprécations qui glacèrent tous les coeurs furent répétées par les échos des vallons de la Rance.

Depuis ce jour, on la voit bien quelquefois se promener au clair de lune, mais elle s'enfuit, dès que l'homme approche l'endroit où elle se trouve.

Saint-Suliac, 35, Ile-et-Vilaine, Bretagne, Fée, Fée exorcisée

En revenant sur les galets de la grève, le cortège trouva un corps inanimé que les flots y avaient déposé depuis son passage. C'était le jeune marin disparu, le fiancé de la jeune fille qui, faisant chaque jour la traversée de la Rance à la nage, avait péri dans le trajet, et que la fée en fuyant, avait jeté comme une dernière vengeance sur les pas du clergé qui le fit enlever et transporter en terre bénite.


Légendes locales de la Haute-Bretagne, 1899


 

109 - LA POMMADE MAGIQUE (Cap Fréhel)

 

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hermines début de texte.gifLes fées des houles se mariaient soit avec des féetauds, jouant un rôle très effacé, soit avec des hommes. Mais il semble qu'en s'unissant à ces derniers, elles cessaient d'être immortelles, soit à la suite de leur baptême, soit simplement parce qu'elles vivaient avec des hommes.

Elles avaient des enfants mais prenaient quelquefois ceux des hommes, et mettaient à leur place des petites créatures à l'air vieux qui ne grandissaient point.

A part leur pouvoir surnaturel, les fées et les féetauds vivaient quasiment comme des seigneurs ou comme d'aisés propriétaires.

On les entendait bercer leurs enfants, elles boulangaient pour mettre du pain au four, elles filaient, faisaient leur lessive à la mare de Gaulehen, dans la lande du cap Fréhel, étandaient leur linge sur les rochers du rivage ou sur les gazons. Le linge était si blanc qu'est né le proverbe:

" Blanc comme le linge des fées"

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En effet, leur linge était le plus blanc qu'on pût voir, et l'on disait que celui qui aurait pu aller jusque là, sans remuer les pauîères aurait pu prendre le linge, dont les fées auraient en ce cas, fait présent.

Dans les houles, elles prenaient leurs repas, elles invitaient parfois ceux qui étaient assez hardis pour y pénétrer: ainsi dans la houle de la Teignouse en Plévenon, était une pierre taillée en forme de table.

Elles allaient également à la pêche, celle de la Peite-Houle allant aux Bourdineaux manger l'affare que les pêcheurs jetaient aux poissons. Ils juraient après elles et disaient:

" Elles sont pires que les chiens bros (petits chiens de mer)"

Les bonnes dames possédaient aussi des animaux domestiques, des vaches quelquefois invisibles, excepté pour la pâtoure qui les gardait. 

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La nuit, tout le monde pouvait voir les fées, et les Roches étaient couvertes de féetauds pêchant. Mais en journée, ce privilège n'était donné qu'à un petit nombre de personnes: uniquementr celles qui avaient eu les yeux frottés avec des pommades magiques. Elles les reconnaissaient alors sous leurs déguisements et, grâce à  ce mystérieux onguent, les fées pouvaient se rendre invisibles ou se transformer, quelques unes en profitant pour  voler.

Elles semblaient d'ailleurs considérer que certains larcins leur était permis: si elles prenaient des huitres dans les parcs, si elles enlevaient du poisson ou du bétail, elles indemnisaient largement, ou elles favorisaient ceux qui les laissaient faire sans rien dire.

108 - LA GROTTE DU CHAT (Piriac-sur-Mer, 44)


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Piriac, 44, Loire-Atlantique; grotte du chat, chat, caverne, fée des HoulesLa légende raconte que cette grotte qui serait le logis des fées des houles,  est ainsi nommée à cause d'un chat aui, jeté dans cette grotte, et forcé d'en sortir par la mer qui en refermait l'entrée, repassa près du village de Camsilion.

Piriac, 44, Loire-Atlantique; grotte du chat, chat, caverne, fée des Houles


La grotte du chat de Piriac, conduirait ainsi à plus d'une demi-lieue dans les terres.

04/05/2012

107 - LA BARQUE DES SORCIERES (Île de Sein)

 

Île de sein,la barque des sorcières,titikatou,ankou


Île de sein,la barque des sorcières,titikatou,ankouSur l'île de Sein, des Sénanes, veuves de leur état, connaissaient bien la mer.  En compagnie des Esprits des Eaux, elles vont aux Rondes de la Mer tenir conférences et sceller les destins.

Elles possèdent tous les pouvoirs pour faire lever le vent, calmer les vagues et danser les dauphins. Elles peuvent d'entendre avec le capitaine du Bag Noz pour le faire apparaître où elles le désirent.

Les Sénanes sont les maîtresses de leur embarcation, la Barque Sorcière ou Bag Sorser. Ce n'est pas une vraie barque ni même un canot. Elle est composée de leurs instruments de travail pour le goémon: la grande panière d'osier à fond bombé, et le bâton de goémonier.

Elles entrent dans leur panier en s'accroupissant et se servent de leur bâton comme d'un gouvernail. Puis, levant leur tablier, elles appellent le vent et s'éloignent dans la Chaussée.

 

Elles possèdent le don de "vouer à la mer".

 

Île de sein,la barque des sorcières,titikatou,ankou

Île de sein,la barque des sorcières,titikatou,ankou

Titikatou était l'une des Sénanaes. Elle était sans âge, veuve, triste mais dynamique. Elle travaillait sans relâche au goémon et habitait une petite maison du bourg. Elle allait à la messe bien comme il faut, et respectait le recteur. Elle parlait à ses morts et saluait les vivants. Les gens l'aimaient bien, mais s'en méfiaient quand même un peu: c'est qu'elle "tait Sorser. Il vaut toujours être bien avec une sorcière, que de l'avoir à dos et de risquer qu'elle vous jette un sort ou qu'elle voue votre homme à la mer.

Pour se venger d'un mauvais voisin, on pouvait aller la voir. Il fallait pour cela la trouver quand elle s'en retournait chez elle, après le travail ou après la messe du soir, quand la pénombre commence à se faire complice. Il fallait lui parler bien poliment et lui demander de ses nouvelles. C'est Titikatou qui, la première, devait aborder la question de pourquoi on avait besoin de ses services. Alors, on lui racontait son malheur et de qui il venait. Titikatou hochait la tête sous la jibilinenn et ne disait rien. Vous lui remettiez trois objets appartenant à votre ennemi, que vous aviez dérobés sans qu'il ne s'en aperçoive, et vous proposiez une date pour l'exécution de votre adversaire. Puis, vous lui mettiez dans la main le prix de son service. Elle vous saluait sans dire mot, et s'en allait son chemin,pendant qu'encore tremblant, vous rentiez chez vous.

Suivant la marée, la nuit, la lune ou les étoiles, quelques rares personnes dehors de très bonne heure, pouvaient la voir comme si elle se rendait au goémon, son panier planté sur son bâton. personne n'aurait osé la suivre. Tous savaient ien qu'en réalité, elle partait retrouver les Esprits des Eaux. Effectivement, le tablier était bientôt levé et d'autres marins racontaient à voix basse l'avoir croisée sur les vagues à quelques heures de l'aurore.

 

Île de sein,la barque des sorcières,titikatou,ankou

Au petit jour, elle était de retour chez elle, comme si elle n'était jamais sortie dans la nuit. Titikatou reprenait sa vie quotidienne, et si elle vous croisait, elle ne parlait pas de vos confidences de la veille, il n'y avait qu'à attendre en tremblant. Elle partait ainsi trois nuits de suite, emportant à chaque fois avec elle un effet de votre ennemi que vous lui aviez remis, et revanant les mains vides.

Vous savez que si vous avez réussi, votre ennemi allait probablement ne pas rentrer de la pêche à la date que vous aviez demandée, et qu'il y aurait bientôt une nouvelle veuve sur l'île: un accident, le Bag-Noz, une lame de fons, tant de choses peuvent arriver sur un bateau. C'était cela "vouer quelqu'un à la mer": jeter une malédiction qui l'entraîne à périr, englouti par les flots.

 

Île de sein,la barque des sorcières,titikatou,ankou

Mais si vous n'aviez pas réussi, alors il était trop tard pour tenter de sauver votre âme. Et c'est vous que l'Ankou viendrait chercher à la date proposée par vos soins. On ne jette pas des sorts impunément. 

 

 

 

02/05/2012

106 - LE TROC AVEC LE DIABLE (Locmariaquer, 56)

contes, légendes, temple de Lanleff, 56, morbihan


Une pauvre et affreuse femme fit un troc avec le diable : son enfant en échange de pièces d'or.

contes, légendes, temple de Lanleff, 56, morbihanLucifer conclut l'affaire et déposa une poignée de pièces sur la margelle de la fontaine, sise près du temple. Puis il saisit l'enfant et l'emporta. Quant la mère indigne voulut récupérer son butin, elle se brûla gravement : les pièces sortaient tout juste des flammes de l'enfer.

Dans un cri de douleur, elle lâcha l'or si convoité et les pièces s'incrustèrent à tout jamais dans le granit de la margelle.

Si vous passez par Lanleff, rendez-vous à la fontaine. Vous mouillerez la margelle et 14 pièces apparaîtront.

Mais réfléchissez bien avant de les saisir et de les empocher...

105 - LA LICORNE DE BROCELIANDE

 

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La licorne est un animal mythique et fabuleux, elle est l'emblème de pureté d'âme et d'amour honnête.

Elle est aussi symbole de puissance, force et beauté. Elle protége les justes, apporte de la chance et réalise les désirs du cœur ... 

licorne006.gifUne légende raconte que désabusée par la cruauté de l' homme, la licorne aurait quitté la planète Terre il y a de cela très longtemps. Elle vit maintenant dans les cieux, au Paradis.

La légende dit qu'elle reste à l'écoute des êtres au cœur pur, et consent parfois à aider certains humains à réaliser leurs vœux. Cependant, elle ne reviendra sur Terre que lorsque la Paix régnera à nouveau sur notre Planète Bleue.


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Seules les âmes pures pouvaient l'approcher et la toucher. Le seul homme qui aurait pu approcher ce bel animal fut Merlin, qui possédait la sagesse et le pouvoir de parler aux animaux.

 



432002_304370196288538_121133541278872_888843_1370473215_n.jpgDans la forêt de Brocéliande...

Dans la forêt de Brocéliande, au pays des légendes et des fées, allaient en toute liberté, les elfes et les lutins qui bénéficiaient d'un immense privilège en ces temps bien troublés.

Ils étaient invisibles pour les hommes et le Prince des Ténèbres, seuls les enfants et les

gens bien pensants pouvaient les voir gambader, jouer ou se chamailler dans la nuit, car les lutins, gais par natures, ne pensaient qu'à rire, s'amuser et danser.

Le peuple des lutins ayant une âme d'enfant, choisissait toujours pour chef le plus jeune d'entre eux, il devenait : Le Prinde des Lutins.

 

Mais un jour, né d'un éclair venu du ciel, apparut sur terre un étrange animal ressemblant à un cheval, il portait sur le front une magnifique corne, aussi les lutins l'appelèrent : la Licorne.

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 Le Prince des Lutins devint ami avec la Licorne qui, en échange de son amitié, lui permit de monter sur son dos.

leprechaun marchant.gifAinsi, accompagné de son peuple, le Prince des Lutins entreprit un grand voyage avec la Licorne dans le royaume du Prince des Ténèbres...

La nuit était si grande que la Licorne ne trouvait plus son chemin. Apparut alors la Fée Viviane qui d'un seul coup de baguette magique fit jaillir la lumière de la corne de la Licorne, et le jour gagna sur la nuit, au grand émerveillement du peuple des lutins.1201160888.gif



Le Prince des Ténèbres entra alors dans une violente colère et sortit de la nuit pour affronter la Licorne.

Dans ce combat, il réussit à s'emparer de la corne de l'animal qui perdit ainsi immédiatement tous ses pouvoirs surnaturels et redevint un simple cheval...

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druide pointant doigt.gifMerlin décida de faire régner l'Ordre et le Droit, de défendre les pauvres et les opprimés et de secourir le peuple des hommes.

Pour cela, il fit venir à lui la corne que le Prince des Ténèbres avait arraché au front de la Licorne et la transforma en une magnifique épée dotée de pouvoirs surnaturels. Merlin la nomma : Excalibur.

 

Puis il fit venir Arthur, qu'il savait être Chevalier de haute lignée pour lui remettre l'Épée, mais surgit alors de la nuit le Prince des Ténèbres prétendant également à l'Épée.

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Merlin décida alors qu'un grand tournoi où le champion deviendrait le propriétaire de l'Épée de Justice...


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Le jour dit, sur le lieu dit, Arthur et son ami Mélian des Lys accompagnés de leurs écuyers portant fièrement bannières et étendards se présentèrent face au Prince des Ténèbres accompagné d'un Chevalier Viking suivis de leurs hommes d'armes puissamment armés pour le Grand Tournoi.

 

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Merlin et la Fée Viviane présidèrent la cérémonie afin d'en assurer le bon déroulement suivant le code d'honneur de la Chevalerie.


Medieval-6.gifLe Prince des Ténèbres et son compagnon le Chevalier Viking battus en tournoi par Arthur et son ami Mélian des Lys n'acceptèrent pas leur défaite.

Dans une dernière traîtrise il attaqua Arthur alors que la Fée Viviane venait de lui remettre Excalibur l'Epée magique. Arthur, tout en esquivant l'attaque frappa d'un coup d'Excalibur l'épée du Prince des Ténèbres qui dans un grand éclair se brisa en deux.Medieval-8.gif

 

 

Sous la menace de la Fée Viviane et de Merlin, le Prince des Ténèbre retourna dans la nuit d'où il ne revint jamais. Arthur, champion du tournoi, devint Roi et Chevalier de La Table Ronde.chevaliers de la table ronde.jpg

 

 

 

 

 

 

 

104 - GARGANTUA DETESTE LA RAIE (St-Jacut-de-la-Mer, 22)

Saint-Jacut-de-la-mer, 22, Contes d'Armor, Bretagne, Gargantua, contes, légendes


Gargantua, sentant une odeur de raie à Saint-Jacut-de-la-Mer, est pris de haut-le-coeur et vomit les rochers du Bé, la Pointe de la Garde, le Rocher de Bec Rond (également présenté comme un étron), tandis qu’il laise tomber deux cailloux qui traînaient dans sa poche :

la Petite et la Grande-Feuillâtre. Il vomit encore Canevet et chie la Basse à Chiambrée (qui pourrait aussi être, avec l’île Agot, et les Petit et Grand-Boudineau, des pierres avec lesquelles il cherche à abattre une bernache).

103 - LES PIERRES SONNANTES DE GARGANTUA (Dinan, 22)

Dinan (ph. J P Fleau).jpg(ph: JP Fléau)

 

Gargantua ramenait, après les avoir avalées, des pierres sonnantes provenant d’une carrière à Languédias, qu’il avait demandées aux Dinannais pour aller les faire sonner à Plévenon. Mais, arrivé à Plancoët et marchant dans le lit de l’Arguenon, il croise un bateau transportant de la raie. Pris d’un haut-le-coeur, il vomit d’abord la pierre La Héronnière à l’embouchure, puis les autres à Notre-Dame-du-Guildo