28/05/2012

Sommaire "Contes & Légendes d'Ecosse"

Sommaire Ecosse

écosseécosse

Hymne National Ecossais
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contes   legendes d ecosse
Les Fantômes de Cawdor Castel  25.html
L'Âne du Comte de Cawdor (Cawdor Castel) 24-l-ane-du-comte-de-cawdor.html
Les Fantômes du Sabbat (Calda House)  calda-house.html
Les Fantômes d'Ardvreck (Ardvreck Castle)  22-les-fantomes-d-ardvreck.html
Jouer aux Cartes avec le Diable (Glamis Castle)  21-jouer-aux-cartes-avec-le-diable.html
contes   legendes d ecosse
La Dame Grise (Glamis Castle)  20-la-dame-grise.html
Le Monstre de Glamis (Glamis Castle) le-monstre-de-glamis.html 
Adam Bell
La Légende de la Loireag
La Légende du Sluagh
contes   legendes d ecosse
La Fin Honteuse du Dragon de Wantley
Le Brownie des MacCulloch
George Buchanan & ses Chiens
Les Chasseurs de Temps
L'Abbaye de Holyrood
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La Grille de Traquair House
Le Bras et 3 Doigts de Saint André
Le Tulman
La Noyée de Linne Chait
Le Fantôme de Bagpiper
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Le Poney Récalcitrant
Les Fingalians du Manoir Rowan
Les Norvégiens de South Uist
Le Farfadet du Moulin
Nessie

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25 - LES FANTÔMES DE CAWDOR CASTEL

 

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Muriel Calder, héritière de Cawdor Castel, fut enlevée à l'âge de 12 ans. 

Elle se maria avec le Comte du fils d'Argyll, Sir John Campbell en 1511.

Un fantôme portant une robe bleue de velours a été annoncé dans le château, certains rapportent que c'est celui de Muriel Calder.

***

Un autre fantôme hante Cawdor Castel:

Selon la légende, il y aurait le,fantôme d'une femme sans main qui se promènerait dans le château, et ce depuis le XIXème siècle. Cette femme était la fille du Comte de Cawdor, laquelle tomba amoureuse d'un homme qu'elle voyait en secret car elle craignait une mauvaise réaction de son père. 

Celui-ci surpris malgré tout un jour les amoureux, et ordonna que l'on coupe les mains de sa fille, afin qu'elle ne puisse plus tenir son compagnon.

24 - L'ÂNE DU COMTE DE CAWDOR

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Un jour, le Comte de Cawdor fit un rêve:

il devait envoyer un âne chargé d'or et construire un château là où l'animal déciderait de s'arrêter. L'âne se coucha sur une aubépine, celle-là même qui se trouve dans la pièce secrète que l'on découvrit très tardivement, en 1979.

Une analyse au Carbone 14 indique une date précise: 1312. 

27/05/2012

23 - LES FANTÔMES DU SABBAT (Calda House)

 

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La légende raconte que les ruines de Calda House sont encore hantée. 

D'après cette légende, les MacKenzie aurait organisé une réunion de famille un samedi, et les célébration ont continué après minuit le jour du sabbat. A un certain moment, un feu démarra, peut-être à cause de la foudre qui serait tombée, et tous les résidents périrent dans la maison réduite en cendres.µ Les causes du feu étant incertaines, certains habitants de l'Assynt déclarent qu'il s'agirait d'une manifestation du courroux divin comme la famille aurait célébrée des festivités le jour du sabbat.

Les histoires racontent qu'il y aurait eu un survivant à l'incendie, un joueur de cornemuse qui échappa aux flammes car il refusait de jouer après minuit.

De nombreux fantômes auraient été vus autour des ruines de la Calda House; L'un d'eux serait une femme. Des lumières étranges auraient même été observées la nuit, et plusieurs personnes ont déclaré avoir vu des phares d'une voiture approchant sur la route pendant la nuit, mais après avoir attendu, aucune voiture n'est apparue.

20 - LA DAME GRISE

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Le château de Glamis renferme une petite chapelle, avec des sièges pour 46 personnes.

On y prétend qu'un de ces 46 sièges est toujours réservé pour "Grey Lady", un fantôme qui habiterait le château. Il s'agirait peut-être de Janet Douglas, épouse du VIème signeur de Glamis.

Accusée de sorcellerie, elle fut torturée afin de la faire avouer, puis envoyée au bûcher à Edimbourg, en 1537. 

La chapelle est toujours utilisée régulièrement par la famille, mais personne n'a le droit de s'asseoir sur le siège de la dame grise. Sir David Bowes-Lyon (1902-1961), l'un des oncles maternels de la reine Elisabeth II, se promenant sur la pelouse une nuit après le souper, déclara avoir vu une fille s'aggrippant aux barreaux d'une fenêtre et regardant fixement dans la nuit. Alors qu'il s'aprêtait à lui parler, elle disparut soudainement, comme si quelqu'un l'avait arrachée de la fenêtre.

19 - LE MONSTRE DE GLAMIS

 

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1821: un enfant affreusement difforme naît. Il est le fils ainé du XIème Comte Georges Bowes-Lyon et de son épouse Charlotte Grimstead, arrière-arrière-grands-parents de Elizabeth Bowes-Lyon, la reine-mère.

L'enfant aurait été gardé reclus dans le château toute sa vie, et ses chambres murées après sa mort.

Une version alternative de la légende rapporte qu'un vampire naît à chaque génération de la famille, et est gardé à l'intérieur des murs de ces chambres. 

Une vieille histoire raconte que des invités auraient accrochés des serviettes aux fenêtres de chaque pièce pour tenter de trouver les chambres murées du monstre. Lorsqu'ils regardèrent le château de l'extérieur, de nombreuses fenêtres n'auraient pas montré les serviettes.

Cette légende peut être inspirée par l'histoire réele des Ogilvie. Quelque part dans les murs épais de presque 5 mètres, se trouve une chambre remplie de crânes, où la famille Ogilvie cherchant protection contre le Clan Lindsay serait morte de faim, emmurée. Enfin, un autre monstre aurait habité dans le Loch Calder, à proximité de Glamis.

11/05/2012

18 - ADAM BELL (Annandale, Dumfriesshire)

 

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Ce conte a, par plusieurs aspects, des airs de vérité. Il est singulier, autant par son approche du surnaturel que par les faits qui ont été découverts en le relatant et qui échappent à la raison. Car si parfois surviennent des évèenements qui à l'époque où ils se produisent , demeurent inexplicables pour la majorité des mortels, il existe pourtant toujours quelques personnes informées des causes initiales de ces évènements, qui rarement manquent de les éclairer devant leurs acteurs ou les personnes auxquelles ils ont été confiés, les vidant ainsi de toute rationnalité. Mais les causes qui produisirent les évènements que nous allons rapporter, n'ont jamais encore été expliquées. Et dans ce labyrinthe où l'on erre jusqu'à l'inéluctable catastrophe, on n'a jamais pu trouver le moindre fil d'Ariane.

gif-image-ecosse-3.gifM. Bell était un gentleman d'Annandale, dans le Dumfriesshire, au sud de l'Ecosse et le propriétaire d'un immense domaine de cette région qu'il occupait lui-même en partie. Il avait perdu son père quand il était enfant et sa mère était morte quand il avait vingt ans, le laissant unique propriétaire du domaine et d'une confortable somme d'argent. Cependant il était endetté, dans une grande mesure à cause de la parcimonie de sa mère pendant sa minorité. 

Il était grand, musclé et athlétique, et son unique plaisir était le combat et les exercices violents. C'était le meilleur cavalier  et le meilleur tireur du comté, et lui-même était particulièrement fier de son adresse au sabre. Il se vantait d'ailleurs de cela, fréquemment et sans modestie aucune, et déplorait de n'avoir pas dans le comté un adversaire à sa hauteur.


Durant l'automne 1745, après avoir passé quelques jours à préparer activement sans rien dire, son voyage, il donna quelques directives à ses domestiques, leur indiqua qu'il avait à s'absenter pour quelques temps, quitta son domaine et partit pour Edimbourg. Quelques jours après son départ, un matin que sa gouvernante faisait son ménage quotidien, son maître, c'est ce qu'elle pensa, entra par la porte de la cuisine, la porte principale étant fermée à clef, et passa devant elle au milieu de la pièce.

Il portait le pardessus boutonné qu'il avait en quittant la maison, avait le même chapeau sur la tête, et tenait la cravache qu'il avait emportée. En le voyant, elle poussa un cri, mais revenue de sa surprise, elle s'adressa à lui:

" Vous n'êtes pas resté longtemps loin de nous, Sir."

Il ne répondit rien,mais, l'air maussade, il se rendit dans ses appartements sans défaire son pardessus. Au bout de cinq minutes, elle pénétra à son tour dans le bureau. Il se tenait à son secrétaire et lui tournait le dos. Elle lui demanda aimablement q'il souhaitait qu'elle allume le feu et ensuite s'il allait bien, mais il ne répondit à aucune de ses questions. Elle en fut surprise et repartit dans la cuisine.

Cinq minutes passèrent, il sortit par la porte principale qui maintenant était ouverte, partit en direction de la berge boisée de la profonde Kinnel, puis sortit de son champ de vision.

Cette femme, extrêmement contrariée, courut alors informer les hommes employés dans la maison. Le premier qu'elle trouva était l'un des laboureurs. Elle lui annonça que leur maître était de retour, mais qu'il devait avoir perdu la raison car il téiat sorti pour se promener et ne parlait pas. L'homme détela ses chevaux de la charrue, et rentra avec la femme en l'écoutant lui relater ce à quoi elle avait assisté. Il lui fit répéter plusieurs fois avant de lui assurer qu'elle avait dû avoir des visions, car le cheval du maître n'était pas dans l'étable, et que, sans lui, il n'aurait jamais pu revenir.

Pourtant, comme elle insistait dans ses insertions avec les meilleurs gages de bonne foi, il se rendit dnas les environs de la rivière linn pour voir ce qui avait pu advenir de ce maître mystérieux. Personne dans tout le pays ne l'avait ni vu, ni entendu.


On conclut que la gouvernante avait vu une apparition et qu'il avait dû arriver quelque chose à leur maître. On se renseigna auprès de personnes âgées qualifiées dans ce domaine, ils dirent que quand le spectre (wraith) ou l'apparition d'une personne vivante se manifestait au grand jour, au lieu que ce soit l'annonce de sa mort, était le signe d'une très longue vie. De plus, il n'était pas possible qu'elle ait vu un fantôme car ils ne font que des visites nocturnes. Bref, bien que ce fut le sujet principal des conversations entre les domestiques ou les gens du voisinnage, aucune conclusion raisonnable ne put être donnée à ce sujet.

La supposition la plus probable était que M. Bell, bien connu pour son goût immodéré des armes, avait quitté sa maison le jour même où le prince Charles Stuart et ses Highlanders remportaient sur le général Hawley, la victoire de Falkirk Muir, et l'avait rejoint pour combattre à ses côtés ou aux côtés du duc de Cumberland plus au nord. Il fut pourtant établi après coup qu'il ne rejoignit jamais aucune des deux armées.

Les semaines passèrent, puis les mois, mais M. Bell ne donnaé aucun signe de vie. L'une de ses cousines étant sa plus proche parente, le mari de celle-ci prit la direction des affaires. Etant établi qu'il n'avait pas rejoint l'armée et ne s'était pas noyé dans la Kinnel, quand on l'avait vu s'en approcher, toute enquête le concernant fut suspendue.

A quelques temps de là, un respectable fermier du nom de McMillan, dont la ferme était à proximité de Musselburgh, se rendit pour affaires à Edimburgh. Au cours de son séjour, il fut invité à aller passer une soirée chez un de ses amis qui résidait près d'Holyrood House. Comme il fut surpris d'une indisposition, le couple qui l'avait invité lui proposa de passer la nuit chez eux. Au milieu de la nuit, il se sentit extrêmement mal, et dans l'impossibilité de se rendormir ou seulement de se reposer dans son lit, il eut l'idée que rien ne lui conviendrait mieux qu'une petite promenade nocturne;

Il enfila ses vêtements, et comme il ne voulait pas déranger ses hôtes, se glissa subrepticement dehors en passant par la porte de derrière, et s'en alla se promener dans le parc St Anthony, derrière la maison. 

La lune éclairait le parc presque comme en plein jour, et il en avait à peine fait le tour, qu'il vit un homme de haute taille y pénétrer par l'autre porte. Ce dernier portait un pardessus assez terne. L'autre fit son intrusion au moment même où McMillan se trouvait dans l'ombre du mur. Il se rendit bien compte que l'étranger ne l'avait pas vu. Bien que l'idée lui vînt laors qu'il n'était pas convenable de demeurer cacher, il put  observer ce que l'homme était venu faire. Celui-ci faisait des aléles et venues apparemment excédé, regardant sa montre à chaque instant, jusqu'à ce qu'enfin, un autre homme entrant par la même porte vînt le rejoindre. Celui-là portait également un pardessus, et vait un capuchon sur la tête. Il était d'une constitution très robuste, mais beaucoup plus petit que le premier. Ils n'échangèrent qu'un mot, puis se tournant tous deux, ils se défirent de leurs manteaux, tirèrent leurs épées et engagèrent un véritable combat.

 

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Le grand gentleman semblait avoir l'avantage. Il gagnait constamment du terrain sur l'autre, et le repoussa sur plus de la moitié circulaire de la partie du parc dans laquelle ils combattaient. Chacun d'eux s'efforçait de combattre en tournant le dos à la lune, de façon à ce que la lumière éclaire le visage de son adversaire. Ils échangèrent de nombreuses passes rapides afin de gagner cette position. L'engagement fut long et obstiné, et les assauts désespérés qui étaient fréquemment tentés de part et d'autre, n'avaient d'autre objectif que la destruction totale de l'adversaire. Ils s'approchèrent à seulement quelques yards de l'endroit où McMillan était caché.

Ils étaient tous deux à bout de souffle. A cet instant, un petit nuage passa devant la lune. L'un des deux hommes dit alors:

" Allons, personne ne peut nous voir."

Ils se découvrirent la tête et s'essuyèrent le visage. Dès que la lune émergea du nuage, les deux hommes se remirent en garde. Ce fut sûrement une pause horro=ible! Et courte en considérant le temps qui s'écoula entre celle-ci et l'éternité ! 

Le grand gentleman se fendit, mais son coup fut paré par l'autre qui le repoussa. Comme l'assaillant faisait un pas sur le côté pour éviter la contre-offensive, son pied glissa. Il trébucha vers l'avant sur son adversaire,q ui adroitement lui transperça la poitrine de la pointe de son épée, et la lui enfonça dnas le corps. Il n'eut que quelques spasmes convulsifs, comme s'il avait voulu se relever, puis mourut presque sur le coup.

L'horreur pétrifiait McMillan. Sachant cependant qu'il s'était lui-même mis dans une situation périlleuse en étant sorti de la maison à cette heure creuse de la nuit, il eut la présence d'esprit de conserver son calme et de demeurer à l'écart. Le duelliste survivant essuya son épée avec un grand sang froid, remit sa capuche, recouvrit le corps avec l'un des pardessus, prit l'autre et s'éloigna. McMillan regagna tranquillement sa chambre sans réveilelr personne. Il ne ressentait plus rien de son malaise, mais son esprit était choqué et excessivement perturbé. Il réfléchit jusqu'au matin sur la conduite qu'il devait adopter et décida finalement de ne dire rien à personne de ce qu'il avait vu, craignant qu'on en vienne à le soupçonner. Il resta donc sur son lit le matin, jusqu'à ce que son ami vienne lui apprendre qu'un homme avait été assassiné derrière la maison durant la nuit. Il se vela et alla examiner le corps.

C'était celui d'un jeune homme, apparemment du pays, ayant les cheveux bruns et les traits fins et virils. Il n'avait sur lui ni la lettre, ni lvre, ni signature qui auraient pu permettre son identification. On découvrit seulement dans l'une de ses poches, une montre en argent sans particularité, et dans sa main, une épée sanglante et élégante portant les initiales A et B gravées sur la garde. L'épée avait pénétré sa poitrine et était ressortie dans son dos, un peu en dessous de l'épaule gauche. Il avait également une légère blessure sur le bras. Le corps fut transporté à la morgue, où il demeura huit jours. Bien que de nombreuses personnes défilèrent pour le voir, aucune ne le reconnut. On l'enterra au cimetière de Greyfrairs, au milieu des étrangers.

16 années s'écoulèrent durant lesquelles McMillan conserva le silence sur le duel auquel il avait assisté. Mais un jour qu'il était à Annandale pour prendre livraison de quelques moutons qu'il avait achetés, il entendit parler des circonstances étranges dans lesquelles Bell avait disparu. Alors, il raconta toute l'histoire. La période, la description de la victime, les vêtements, et surtout l'épée avec les initiales gravées, tout concordait pour ne laisser planer aucun doute sur le fait que c'était bien M. Bell qu'il avait vu se faire tuer dans ce duel derrière l'abbaye. 

Mais l'identité de la personne qui l'avait tué, l'origine de la querelle et son apparition devant la gouvernante demeurent à ce jour sans explications, et risquent de rester ainsi, tant que toutes ces zones d'ombre ne seront pas élucidées.

Certains ont même tenté de discréditer McMillan, en raison de son trop long silence sur les faits, et en considération autant de sa force physique peu commune que de ses dispositions à toujours affronter le danger, McMillan étant l'un des hommes les plus téméraires et les plsu hardis de son époque. Mais tous ceux qui l'ont connu ont rejeté avec mépris de telles insinuations, en tous points contradictoires avec son caractère honorable et désintéressé. De plus, ce qu'il raconté avait tous les accets de la vérité.

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13/04/2012

17 - La LEGENDE DE LA LOIREAG

 

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 La mère Crook était si avare qu'elle n'aurait pas donné son eau à cuire les eaus. La quenouille en main, elle poussait ses trois vaches, de bon matin, sur le versant bien herbu de Snowhill, quand son oeil de chouette alla se poser sur un gros peloton de fil "couleur de brume", oublié au pied de la haie.

loireag,ecosse,contes,légendes,elfesElle le ramasse furtivement et l'examine. Ce n'est pas du fil ordinaire. La soie est aussi fine qu'un de ces filandres que les araignées laissent traîner dans la rosée des prés, et aussi résistante qu'un brin d'acier. La pelote a dû tomber de son tablier. Tant pis pour elle si elle l'a perdue !

Bien sûr, il serait plus honnête qu'elle le pose en évidence sur une pierre pour que la fileuse puisse la retrouver. Mais la mère Cook est si avare ! Elle voit déjà les beaux bas fins, les mouchoirs, les bonnets, les dentelles qu'elle va pouvoir en tirer, et vendre très cher sur le marché. Elle entend déjà les sous tinter au fond de sa poche.

Cependant qu'elle est toute affairée à la manipule, le peloton lui échappe des mains, et roul à terre devant elle. La mère Cook, pour le saisir, dépose en hâte sa quenouille au bord du chemin. Les deux mains se tendent avidement vers lui pour l'attraper. Mais non, il roule encore, il roule toujours !

Pareil à un feu follet, un Will O'the Wisp, tantôt il la poursuit, tantôt il la précède, mais lui échappe encore, lui échappe toujours !

Elle franchit, haletante, les prairies du hameau, elle grimpe sans s'en apercevoir la côte si raide des monts de Lochboisale, et poursuit sans fin sa course. Enfin, elle réussit à saisir, non pas l'objet de sa convoitise, mais le brin de fil qu'il entraîne.

La mère Cook, malgré les rochers qu'elle escalade, malgré les ornières dans lesquelles se tordent ses pieds, les ronces qui la déchirent, ne se contient plus de joie et, tout en ahanant, assure sa prise en enroulant sans cesse le fil autour de ses mains, de ses poignets, de ses bras.

Bientôt, la voilà aussi emmitouflée qu'une mouche dans une toile d'araignée, encore deux ou trois tours et ses jambes se retrouveront entravées. C'est un crève-coeur, mais il faut bien se résogner à rompre le fil d'u coup de dent ! Et voilà le peloton qu'elle a poursuivi si longtemps qui disparait dans un bond vertigineux, et en même temps, tout l'écheveau de fil qu'elle a obtenu avec tant de peine, malgré ses efforts pour le retenir, se déroule de sa taille, de ses bras, de ses mains, de ses doigts. Il n'en reste plus rien. Pas un brin !

Et la vieille mère Cook de courir de nouveau après le peloton qui la nargue en rebondissant à la façon d'une balle.

Son homme trouva, au soir, les trois vaches broutant toutes seules l'herbe des collines, la quenouille abandonnée au bord du chemin, mais de mère Cook point.

Depuis des années, elle poursuit ainsi sa course à travers landes et brumes d'un pays inconnu, à la poursuite d'un peloton de fil de "couleur de brume".

Quand, dans l'herbe du matin, vous trouverez des pelotons de fils, ramassez-les, mais avec l'intention de les rendre aux Loiteag qui les ont perdus.

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La LEGENDE DU SLUAGH

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Certaines fois, au soir, on entend de quelques villages isolés des Borders, des Lowlands ou, plus loin, des Highlands,  une sourde rumeur aller et venir au-dessus des toits. Ceux qui perçoivent ce bourdonnement vont sur le seuil lever le nez au ciel et scruter l'ombre en vain.

Aucune nuée d'orage dans l'air, pas de vent à chahuter les arbres, pas de passage d'oiseau, pas une aile. Rien. Rien que ce murmure en rond. C'est tout. Mais ce n'est pas parce qu'on ne voit rien qu'il n'y a rien.

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Bien au contraire puisqu'on voit des gens rentrer aussitôt chez eux avec inquiétude, faire des signes de croix, barricader portes et volets... et prier pour ceux qui sont encore dehors à traîner, alors qu'ils devraient savoir que c'est le pire moment de l'année pour sortir après la nuit tombée...

 


A la fin des moissons, à deux pas d'All-Halloweéen

Quand les Bons Voisins s'apprêtent à partir

Certains chevauchent des brioches, d'autres des haricots

La troupe apparait dans le crépuscule

Tous habillés de vert

Richement parés, grands ou petits

Le Roi du Pharie avec la Reine des Elfes

Et toute sa cour de Sluaghs portés par le vent...

 

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A Dundlane, près d'Aolla, sur le Menstrie Glen, un paysan à sa charrue, malgré la nuit venue, se hâte de terminer son sillon, quand soudain le tumulte d'une course aérienne s'agite autour de lui. Tant pas si ce n'est pas le bon choix. On ne peut refuser l'invitation à la course des Sluaghs. Nul ne peut résister ! Et le voilà parti chevauchant un fagot de genêts.

Sveltes fées ! Sveltes fées !

Voyageurs du vent ! Voyageurs du vent !

En route pour Cruinau !

Et c'est à Cruinau qu'ils arrivent et tournoient autour du château où se tient un banquet. Comme une nuée d'étourneaux, ils s'abattent sur les tables, boivent, festoient, invisibles au nez et à la barbe des invités. Puis le seigneur des elfes crie à nouveau:

Elfes du ciel ! Elfes du ciel !

Voyageurs du vent, voyageurs du vent

A Stirling pour la danse. Partons !

Et d'une même volée, ils disparaissent par les serrures aussi vite que les éclairs et rejoignent les nues... Alors, le paysan tout à son idée, à la chanson, ajoute son couplet:


Lévriers ! lévriers ! 
Cours devant ! Cours devant ! 
A Dunblane, au Menstrie Glen. Rentrons !
 
Et d'un seul coup, toute la compagnie dans l'air s'est effacée. A sa charrue, tout seul, il s'est retrouvé au bout du champ pour achever son sillon.

11/04/2012

15 - LA FIN HONTEUSE DU DRAGON DE WANTLEY

 

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Z - hermines début de texte.gifDurant le règne d'Elisabeth I, le dragon du domaine de Wantley terrorisait les habitants du village de Wortley, dans le Yorkshire.

Ce dragon avait pour mauvaise habitude de déraciner les arbres, boulotter les vaches laitières et de maltraiter tous les humains qu'il rencontrait. Longtemps les habitants du village durent supporter ses méfaits, pour finalement se tourner en désespoir de cause vers More de More Hall, un grand chevalier local, un peu trop porté sur ce qui se cache sous le jupon des demoiselles.fantastique-dragon-00009.gif

More de More Hall accepta de se débarrasser du dragon mais, à la condition que la veille et le matin de la bataille, une demoiselle à la peau blanche et aux cheveux noirs, l'enduise d'huile et l'aide à s'habiller.

Tandis que toutes les jeunes filles brunes à la peau claire de la région tentaient de convaincre les anciens de leur confier cette importante mission, More de More Hall se rendit à Sheffield, où il fit confectionner par un maître armurier, une armure métallique recouverte de pointes d'acier longues de 15 centimètres.

Dans la soirée, il rentra à Wortley avec son costume digne de la rencontre entre un cactus et la révolution industrielle, et regagna son manoir, impatient de retrouver la demoiselle choisie par les villageois.

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Le lendemain matin, il se leva très tard, l'air étonnamment fatigué. Aussi, pour lui redonner des forces, les paysans lui apportèrent six pintes de bière qu'il avala d'un trait, avant de partir en quête du dragon. 

Connaissant le puit où celui-ci venait régulièrement s'abreuver, More de More Hall s'y dissimula et, lorsque la bête arriva, bondit à l'extérieur et le frappa violemment à la mâchoire. Surpris par cette attaque en traitre, la créature blessée réagit en répendant dans sa direction un tombereau d'excréments fumants.

fantastique-dragon-00171.gifLe combat qui s'engagea ensuite, dura deux jours-et-demi, à l'issue desquels, aucun des deux adversaires ne réussit à blesser l'autre. Le chevalier était aussi bien protégé par son armure que le dragon l'était par ses grandes écailles vertes.

Finalement, le chevalier saisit le monstre par les hanches et le fit tourner sur lui-même, de manière qu'il lui présente son arrière-train. Il avait entendu dire par les villageois que c'était le seul point vulnérable du dragon, et il était justement temps de vérifier cela. Levant le pied droit, chaussé d'une botte métallique fort pointue, il frappa de toutes ses forces.

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Poussant un hurlement de douleur, le monstre bondit en l'air, tourna six fois sur lui-même, puis s'effondra sur le sol. Pendant quelques instants ensore, il s'agita et geignit, puis il lâcha un dernier flot d'excréments et mourut. Le chevalier More de More Hall put alors paisiblement regagner son manoir, où l'attendait sa masseuse aux cheveux noirs et une nouvelle jarre d'huile.

 

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nb: je n'ai malheureusement pas de source à vous donner, pour le moment, quant à ce conte. Une chose cependant: le récit me paraît bien léger, les termes et grammaire plutôt simples, j'aurais plutôt tendance à penser que ce conte est une invention très récente. 


09/04/2012

LE BROWNIE DES McCULLOCH

 

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Ecosse, Brownie, MacCulloch, contes, légendesNombreux sont les petits êtres et esprits de la terre attachés à une famille noble, surtout dans les pays anglo-saxons. 

Ecosse, Brownie, MacCulloch, contes, légendesGodfrey McCulloch, jeune et brave seigneur écossais, chevauchait à travers des landes. Tous ces beaux paysages recouverts de bruyère qu'il traversait tranquillement étaient ses propres terres. En Ecosse, on n'a que faire des domaines rabougris: les possessions des McCulloch étaient immenses et Godfrey aimait les parcourir, fièrement monté sur son cheval.

Il vérifiait les frontières avec ses voisins, contrôlait le bon était des villages, localisait les troupeuax de moutons, jetait un coup d'oeil aux troubières et aux murets de pierres sèches, puis rentrait au château. Bien au sec, il notait aussitôt ce qu'il était nécessaire d'améliorer.

Ce jour-là, sir Godfrey avait presque fini sa tournée. Comme le temps était humide et frois, il était fort pressé de rentrer chez lui et de s'installer au coin du feu avec un bon verre. Mais il était dit qu'il n'arriverait pas de sitôt...Ecosse, Brownie, MacCulloch, contes, légendes

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A peine quelques miles le séparaient de son manoir quand un cheval et son cavalier se dressèrent soudain devant lui. Comment étaient-ils arrivés là ? Sir Godfrey se gratta le front. Pour une fois, la brume n'était pas de sortie. Le paysage était bien dégagé à des lieues à la ronde et il ne les avait pas vus avancer. Néanmoins, il salua le cavalier:

" Eh bien moi, je ne vous salue pas ! répondit celui-ci du tac au tac.

- Allons bon", se dit sir Godfrey."

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Il détailla d'un peu plus près son interlocuteur, qui était perché sur un petit cheval blanc hirsute. L'homme semblait vieux, le visage ridé et quelque peu maussade, des cheveux blancs, des membres noueux... Il portait un petit habit vert guère soigné et un drôle de bonnet de la même couleur.


" J'habite au-dessous de chez vous.... commença l'étranger.µ

- Impossible, l'interrompit McCulloch, il n'y a personne au-dessous de chez moi ! Rien que mes caves, qui sont bien surveillées...

- N'insistez pas, continua l'autre d'un ton sévère. J'habite au-dessous de chez vous et les canalisations de votre égout pleuvent chez moi. C'est fort désagréable !

- Comment... ! s'écria le seigneur du lieu.

- Ah ! vous feriez bien de remettre tout votre système d'évacuation en état... grogna le petit être. J'en ai plus qu'assez de cette eau qui me coule sur le crâne et abîme mon intérieur. "

Sir Godfrey, après un petit moment de stupeur bien compréhensible, avait fini par reconnaître un brownie. C'est ainsi qu'on appelle les petits êtres à la figure humaine, un peu nains, un peu lutins, un peu gnomes, qui croisent parfois la route des hommes. 

"Ainsi, il y a donc un brownie sous le château..."  réalisa Godfrey. Voilà une surprise, jamais  il n'aurait imaginé cela.

" Faites réparer ces maudites canalisations, insista le brownie sans amabilité,  ou vous pourriez le regretter. " 


Là-dessus, il s'éloigna sur son poney et disparut. Evaporé ? Masqué par une écharpe de brume ? Nul ne le sait. McMulloch se garda bien de désobéir au brownie. Il fit vérifier ses tuyaux, son système d'évacuation et répara sans tarder les canalisations qui fuyaient. Il supposa le brownie satisfait des travaux, puisqu'il n'entendit plus parler de lui.

 

Ecosse, Brownie, MacCulloch, contes, légendes

Ecosse, Brownie, MacCulloch, contes, légendes

Quelques années plus tard, McCulloch eut maille à partir avec l'un de ses voisins. La querelle ne s'apaisant pas, il eut la mauvaise idée de le provoquer en duel. Idée funeste même, parce que, ayant blessé son adversaire, il fut emprisonné à Edimbourg, jugé et condamné à mort.

Le jour de l'éxécution arriva. Mains liées derrière le dos, le prisonnier devait être conduit en charette jusqu'à l'échafaud où l'attendait la hache du bourreau. La foule était dense et se pressait contre le convoi. Sir Godfrey ne pouvait rien faire d'autre que murmurer quelques prières, bien certain que sa dernière heure était venue.

Tout à coup, un bruit de galopade se fit entendre et un petit poney blanc fendit la foule, monté par le brownie. En un tournemain, celui-ci fit sauter sir Godfrey en croupe derrière lui, s'élança au grand galop et disparut à une vitesse telle que les hommes d'armes ne purent esquisser un geste.

Ecosse, Brownie, MacCulloch, contes, légendes

Pour une canalisation réparée, le brownie avait sauvé la vie de son seigneur, l'habitant des étages supérieurs. On dit que le condamné miraculé ne fut pas poursuivi par ses juges et put continuer à diriger ses terres. 

On dit aussi que, depuis cette date, le clan prestigieux des McCullogh ne manque jamais une occasion d'honorer son brownie domestique, qui fait pour ainsi dire, partie de la famille.

Encyclopédie du fantastique et de l'étrange



26/03/2012

GEORGE BUCHANAN & SES CHIENS

Il y avait autrefois, un berger en Ecosse qui se rendait régulièrement en Angleterre avec du bétail, des moutons et parfois même des porcs. Il avait un très bon chien de troupeau.

george buchanan et ses chiens,contes et légendes d'ecosseUn anglais qui avait vu ce chien décida de l'acheter. Il était prêt à payer ce que le berger en demanderait. Le berger lui vendit le chien 5 livres. L'anglais l'aurait payé bien plus cher s'il le lui avait demandé.


Le berger regretta alors de n'avoir pas amené davantage de chiens en Angleterre. Il se disait qu'en tirant 5 livres à chaque fois qu'il en aurait vendu un, cela lui aurait rapporté bien plus que de conduire les troupeaux de vaches ou de moutons. Il commença donc à récupérer des chiens un peu partout et en eût bientôt 500.

Il affréta donc un bateau et les emmena à Londres. Quand il arriva, il n'osa pas amarrer son bateau dans le port avec une telle cargaison. Il jeta donc l'ancre sur la côte. Il se rendit seul en ville, pour voir s'il pourrait vendre ses chiens. Il ne trouva personne qui veuille lui en acheter un: les gens n'en avait pas besoin.

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Il fit cependant la connaissance de George Buchanan. Le berger lui raconta ce qui lui arrivait.

" Bon! dit George. Je ne sais pas du tout comment ça va marche, mais soyez tranquille, je peux peut-être vous arranger ça."

George s'éloigna alors, et se mit à crier:

" Qui veut acheter 500 chiens à 5 livres le chien ?"

Deux anglais passaient par là, l'un d'eux dit:

" Qu'est-ce que vous racontez aujourd'hui George ?"

Et l'autre ajoute:

"N'est-il pas astucieux ? Il ne faudrait pas grand chose de plus pour qu'on l'envoie promener en l'injuriant ! Où peut-il trouver 500 chiens ?"

L'anglais s'apprêtait à le suivre, mais:.

"Laissons tomber, dit l'autre.

- Non, dit le premier. Où peut-il trouver 500 chiens ? Même si il ramassait tous les chiens d'Angleterre, il ne pourrait pas en avoir 500 !"

L'anglais s'approcha de George Buchanan:

" Vous avez ces chiens George ? demanda-t-il.

- Oui.

- Bon, je les achète. Mais vous devez me les présenter ici, à 10 heures précises, demain matin.

- D'accord, dit George. On se retrouve ici et je vous les amènerai."

L'anglais s'en alla.

" Allons-y maintenant" dit George au berger, "et que votre bateau soit ici à quai demain à 10 heures du matin."

george buchanan et ses chiens,contes et légendes d'ecosseLe lendemain, George Buchanan arriva à 10 heures. Le bateau du berger était déjà amarré au quai. L'anglais arriva. Quand les écoutilles du navire furent ouvertes, les chiens s'égayèrent à droite et à gauche, et disparurent pour se répandre dans toute la ville. Ils étaient plus qu'affamés et se seraient dévorés entre eux.

 


L'anglais dut payer les 500 chiens à George Buchanan, puis il envoya des gens à leur poursuite dans tout le pays pour qu'ils les tuent avant qu'ils ne dévorent tout ce qui vit en Angleterre.

" Je vous ai assez vu maintenant, dit George au berger. Et ne remettez plus les pieds ici avec des cheins ou avec du bétail !"

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24/03/2012

LES CHASSEURS DE TEMPS

 

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Monts Ochil

 

 

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A cette époque, dans le comté de Fife, il y avait un jeune seigneur du nom de Kenneth. Courageux, élégant et plein de finesse, il avait su conquérir l'estime de tous par sa noble conduite et sa grande bienveillance envers les pauvres.

Il était tombé amoureux de la belle Riona, une orpheline de bonne famille qui résidait en son château de Glendevon, juste au-dessous des monts Ochil. Celle-ci l'aimait passionnément et ne pensait qu'au  jour où tous deux pourraient enfin se marier.

 

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La date du mariage fut cependant fixée. La veille, Kenneth s'en alla visiter sa fiancée à Glendevon pour lui annoncer la nouvelle. La joie envahit le coeur de la jeune fille et elle avoua que, depuis des semaines, elle se tenait prête. Kenneth lui dit qu'il reviendrait la chercher le lendemain matin pour l'emmener à Kinross où devait avoir lieu la cérémonie, au milieu d'une belle compagnie de jeunes seigneurs et de belles dames qui leur témoigneraient leur grande amitié.

La nuit commençait à s'épaissir et Kenneth ne pouvait se résoudre à quitter Riona. Mais il avait encore du chemin à faire pour regagner son propre logis. Il se décida enfin à partir, s'arrachant avec peine aux bras de Riona, et il monta sur son cheval qui piaffait d'impatience.

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Riona se tenait à la fenêtre, au-dessus de la porte de son manoir. Elle se pencha pour profiter encore de la présence de celui qu'elle aimait.

" Doux ami, dit-elle, il est temps pour toi de partir, mais je ne suis pas triste, car je sais que demain matin, tu seras là à la première heure. Je guetterai ton arrivée à cette même fenêtre.

- Sur la foi, répondit le jeune homme, je serais là dès les premières lueurs du jour, sois-en certaine.

- Oui, je t'attendrai avec impatience, mon cher seigneur. Et s'il le fallait, je demeurerai à cette place pour te guetter jusqu'à ce que mes cheveux bruns qui te plaisent tant soient devenus crinière d'argent."

A cette évocation, le jeune homme éclata de rire.

" Belle amie ! s'écria-t-il, point n'est besoin d'attendre si longtemps ! nos amis seront prêts et nous ne pouvons les décevoir !"

Sur ce, après un dernier signe de la main, le jeune homme éperonna son cheval, et celui-ci bondit, galopant dans la nuit qui devenait maintenant très dense.

 

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Kenneth connaissait fort bien le chemin, car il l'avait parcouru bien souvent, de nuit comme de jour. Mais il lui fallait chevaucher jusqu'à la minuit pour regagner son logis où il ne pourrait se reposer que fort peu de temps s'il voulait être fidèle à sa promesse. Cela ne l'inquiétait pas outre mesure, d'ailleurs, car son bonheur était tel qu'il se sentait capable de supporter toutes les fatigues pour l'amour de Riona.

gelndevon,monts ocill,comté de fife,contes et legendes d'ecosseLa lune n'était pas encore levée, mais la nuit était douce et une brise légère caressait le visage du jeune homme, toute parfumée des senteurs qu'exhalaient les nouvelles fleurs du printemps. Il chantait une vieille chanson du temps jadis, et son cheval bondissait allègrement sur le chemin, sautant par-dessus les taillis et les ruisseaux, quittant un vallon pour s'engager sur le flanc d'une colline et traversant un bois pour pénétrer dans une plaine.

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Il venait de quitter un bois sombre quand il entendit soudain, non loin de là, une éclatante fanfare de vénerie. Quelque peu surpris, il fit arrêter son cheval. Qui pouvait bien chasser ainsi à pareille heure dans une obscurité aussi complète ? Il ne put résister au désir de savoir quelle était cette chasse et de la suivre, ne serait-ce qu'un certain temps. Ainsi n'aurait-il nul besoin de rentrer chez lui: il reviendrait directement à Glendevon pour retrouver sa fiancée.

A vive allure, il se dirigea vers l'endroit d'où provenait le son des trompes. Bientôt, devant lui, la forêt s'illumina d'une lueur extraordinaire qui semblait venir du fond de la terre, comme si le reflet rougeoyant d'un foyer intérieur embrasait les sous-bois. Et, en approchant davantage, il aperçut, derrière les troncs de châne, au milieu d'une vaste clairière, tout un équipage de chasse, dont les participants étaient vêtus de grands manteaux rouges et noirs.

Celui qui paraissait leur chef était un vieux gentilhomme fort maigre, recouvert d'un manteau semblable. Dès qu'il vit Kenneth, il lui fit, du bout de sa cravache, un signe d'accueil très cordial bien que quelque peu protecteur. Ce gentilhomme montait sans selle ni carapaçon, un superbe cheval tartare, d'un noir immaculé, dont les muscles frémissaient sous l'étrange lumière qui éclairait la clairière. Autour de lui, il y avait des valets de chiens qui retenaient avec effort une meute dont l'impatience était manifeste.

gelndevon,monts ocill,comté de fife,contes et legendes d'ecosseLe jeune homme entra dans le groupe des cavaliers. Alors, le maître d'équipage sonna du cor avec une soudaine furie. Au moment précis ou s'éteignit cette sonnerie, la cloche fée d'un ermitage fit entendre dans le lointain les douze coups de minuit, qui résonnèrent longtemps dans le silence.Dès que se fut évanoui le dernier son de cloche, les chiens, les chasseurs, les valets, le vieux gentilhomme et Kenneth lui-même, tous s'élancèrent en un galop furieux.


La forêt que Kenneth connaissait pourtant bien, lui parut immense, interminable. Les clairières succédaient aux clairières, les ravins aux ravins, et la clarté fantastique accompagnait toujours la chevauchée. Le vent mugissait, les arbres semblaient fuir en arière, emportés en sens contraire par le même galop que celui qui emmenait les chasseurs sur des routes qui ne finissaient jamais. La meute de chiens hurlait, et toujours l'écho répercutait les accents du cor que tenait le vieux gentilhomme. Ils franchirent des montagnes, ils s'élancèrent par-dessus des lacs, franchirent d'un bond des estuaires. Kenneth sentit tout à coup une chaleur torride lui enflammer le visage. Mais cele ne dura pas, et bientôt le vent fut glacial et lui mordit les joues.

" Arrêtez ! arrêtez ! s'écria-t-il."

Sa voix se perdit dans le tumulte. Son cheval galopait sans paraître le moins du monde harassé. Ils franchirent des montagnes, s'élancèrent sur la mer, retrouvèrent des rivages qui étaient inconnus. Terrifié, Kenneth voulut se jeter au bras de son cheval. Il prit son élan, mais ses étriersse refermèrent sur ses pieds, le serrant comme un étau brûlant. Il ne pouvait même plus se soulever de sa selle. Alors, vaincu et résigné, cédant au sort infernal qui s'acharnait ainsi sur lui, il ferma les yeux et se laissa emporter.

 

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Cela dura longtemps, longtemps. La nuit n'en finissait pas, et la mystérieuse lueur semblait jaillir sous les pas des chevaux au fur et à mesure que ceux-ci frappaient le sol. Il sentit plusieurs fois une chaleur lourde le brûler, puis un froid intense lui glacer les membres. Et la trouipe continuait à galoper, à galoper, dans ce même bruit assourdissant qui avait envahit toute la terre. De temps à autre, Kenneth ouvrait les yeux pour savoir où il se trouvait. Il voyait des monatgnes, il voyait des palaines, il voyait des lacs, il voyait des rivages. Alors, il refermait les yeux, le coeur déchiré parce que chaque instant devait l'éloigner un peu plus de celle qu'il aimait.

Tout à coup, alors qu'il était plongé dans le plus noir désespoir, sa monture s'arrêta et fondit sous lui. Il tomba sur un sol recouvert de bruyère et de mousse. Un coq chanta dans le lointain et il vit pointer les premières lueurs de l'aube. Encore abasourdi, il reprit péniblement sa respiration, puis il se leva en chancelant. Il se trouvait dans une vallée, et, un peu plus loin, il voyait la forme encore indécise d'un château. Il s'avança et reconnut les lieux: c'était le manoir de Riona. Ainsi, malgré cette chasse infernale qui l'avait entraîné pendant toute la nuit, serait-il fidèle au rendez-vous qu'il avait fixé à sa fiancée.

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D'un pas encore hésitant, car il se sentait fourbu, il se dirigea vers l'entrée du château. Au-dessus de la porte, une silhouette toute blanche apparaissait à la fenêtre. Le coeur empli de joie, Kenneth se précipita. Les lueurs de l'aube étincelaient maintenant sur toute la terre. Kenneth dévora du regard la jeune fille qui lui tendait les bras. Mais il s'arrêta net, figé par la stuppeur: Riona avait les cheveux blancs somme une neige dans la prairie, un matin d'hiver.

 

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" Enfin ! s'écria Riona, enfin te voici mon bien-aimé ! après trente années d'attente dans les pires angoissses ! "

A ces paroles, Kenneth faillit s'évalouir. Tout à coup il se sentit faible et misérable, tel un vieillard qui peut à peine marcher. Il tendit els bras et murmura:

" Riona ! Riona ! comment est-ce possible ? "

Ils pleurèrent longtemps dans les bras l'un de l'autre. S'ils avaient vieilli, leur amour était toujours ardent. Ils se marièrent très vite, mais ils n'eurent pas d'enfant. Et souvent, le soir, lorsque ses amis étaient rassemblés autour d'eux, Kenneth racontait comment il avait été emporté pendant trente années par une chasse infernale conduite par le diable en personne.

 

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NB: ce conte est une des nombreuses versions de la "chasse infernale" connue en France sous l'appellation "Chasse Arthur" ou de "Mesnie Helleguin", analogue à la Compana de la tradition Galicienne.

Mais cette version spécifique, mêle au thème de la chasse infernale, le thème du temps oublié. Le héros a cru vivre une seule nuit parmi les chasseurs maudits alors qu'il s'est écoulé trente ans entre le moment où il est entré dans la chasse et celui où il en est sorti.

 

03/06/2008

La Prémonition

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écosseL'épouse d'un fermier qui résidait sur la rive de l'Ale, près de St. Boswells, regardait par une fenêtre, quand elle vit un enterrement qui approchait. Elle en informa immédiatement quelques voisines qui étaient chez elle à ce moment-là. Les commères se précipitèrent aussitôt sur le pas de la porte pour en apprendre davantage, mais revinrent aussi vite et reprirent leurs sièges en lui disant qu'elle avait dû avoir la berlue, car il n'y avait rien ni personne dehors. La femme, énervée et ne tenant pas en place, ne pu résister à l'envie de retourner à la fenêtre.

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Elle vit à nouveau passer l'enterrement. Ses amies se re-précipitèrent à la porte et scrutèrent la route. A nouveau, elles ne virent rien. Elle se remit une troisième fois à la fenêtre et s'écria :
"Il se déplace rapidement. Il sera bientôt devant la porte."
Personne d'autre qu'elle ne pu voir quoi que ce soit.

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Une demi-heure plus tard, elles entendirent un bruit confus à l'extérieur. Les valets de ferme entrèrent portant le corps sans vie de son mari. Il était accidentellement tombé de sa charrette et sa chute l'avait tué.
écosse

20/05/2008

L'Abbaye de Holyrood

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écosse
Holyrood signifie "Saint Croix3.Son origine remonterait à David 1er.

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Alors que le roi chassait, il aurait été menacé par un cerf, mais il fut sauvé par une croix qui se serait miraculeusement interposée entre l'animal et lui.



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En signe de reconnaissance, il aurait fait construire en ce lieu même, une abbaye,l'abbaye de Holyrood, en 1128.

Cette abbaye est de nos jours en ruine, et caché par le palais de Holyroodhouse.
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18/05/2008

Les Mariés de Gretna

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écosseSituée dans le Sud-Ouest de l'Ecosse, Gretna acquit une réputation au-delà de toute mesure, en se spécialisant dans les mariages , légitimes certes, mais impossibles ou difficiles ailleurs.

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La loi écossaise, abrogée depuis 1940, était en effet très libérale, puisqu'elle n'exigeait, pour unir un couple, qu'une simple déclaration de leur part, en présence de deux témoins.

Le forgeron local et son aide, s'offraient volontiers à jouer ce rôle.
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16/05/2008

La Grille de Traquair House

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Traquair HouseCe vaste manoir fut construit pour résister aux fréquentes invasions anglaises.
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Traquair House peut se targuer d'avoir hébergé 27 monarques écossais et anglais, dont Marie Stuart.

Lorsqu'en 1745, le 5ème Comte, alors popriétaire de Traquair, ferma la grille d'honneur, "Bear Gate", (ainsi nommée en raison des ours surmontant les piliers), souhaitant au jeune prétendant "bonne chance", il fit serment de ne la rouvrir que lorsque les Stuarts regagneraient le trône:

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Elle est depuis, toujours fermée!

13/05/2008

Le Bras et 3 Doigts de Saint-André

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Peu avant 1160, Saint Regulus ou Saint Rule, Moine de son état, transportait un bras et trois doigts d'un disciple du Christ, Saint André.

dyn003_original_57_79_gif_2571711_3fbaeb42fb0a5bc7a8182320a037f7b6Il échoua dans la baie - Il réussit à convertir le roi Picte Fergus, sans doute grâce aux reliques précieuses, qui furent dès lors préservées dans la tour carrée St Rule, visible de nos jours.

Ces reliques y restèrent 158 ans, le temps d'achever la cathédrale qui les recevrait.
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05/05/2008

16 années d'amour éternel "Sweetheart Abbey"

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Sweetheart Abbey, aussi appelée New Abbey, est située à 12 km s=au sud de Dumfries,au sud-ouest de l'Ecosse;

Cette ancienne abbaye cistercienne du XIIIème siècle doit son nom à sa fondatrice, la mère du roi John Baliol.

Cette dernière se fit inhumer ici, avec le coeur de son cher mari qu'elle avait conservé auprès d'elle pendant les 16 années de son veuvage.

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Aujourd'hui,il ne reste plus rien des bâtiments monastiques, mais l'église abbatiale, de style gothique primitif, taillée dans de la pierre rose, est assez bien préservée.
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12/04/2008

Le Tulman

écosseUne femme de Baile Thangusdail était partie à la recherche de deux de ses veaux, mais la nuit, la pluie et la tempête la surprirent et elle dût trouver un abri. Menant ses veaux, elle arriva à une butte. En voyant une cheville suspendue, elle la tira. La butte s'ouvrit. Elle entendit un claquement sourd comme si une crémaillère heurtait une marmite. Elle en fut étonnée et cessa de tirer la chevillette. Une femme passa la tête juste au milieu de la porte et lui dit : "Quelles affaires importantes peuvent t'amener à troubler la tranquillité de ce tulman dans lequel j'ai élu domicile ?

- Je prends soin de ces veaux, mais je me sens faible. Où pourrais-je aller avec eux ?
- Tu dois les mener vers ce mamelon en contrebas. Tu y verras une touffe d'herbe. Si ces deux veaux la mangent, tu ne resteras plus jamais un jour sans vache laitière aussi longtemps que tu vivras car tu auras suivi mes conseils.

Comme elle le lui avait dit, elle ne manqua plus jamais de vache laitière. Et elle vécut encore très, très longtemps

écosseAutres contes Féériques - Contes de fées d'EcosseTraduction française de Jean-Louis LaurinRecueillis sur le site de M. Alastair McIntyre

25/03/2008

La Grotte du Prince Charles

écosseAu sommet de Meilchan, à environ trois cents mètres de la route qui relie Rannoch et Dalnacardoch, se trouve une grotte, dans laquelle on prétend que le gentil mais malchanceux prince Charles Edward Stuart se cacha pour attendre le bateau qui devait le conduire en France. Après l'horrible massacre de Culloden Moor - plus connu localement sous le nom de Drumossie - il erra dans les Highlands à la manière d'un lièvre poursuivi par des chiens. Poursuivi par la terrible meute du duc de Cumberland, il tenta plusieurs évasions sur le fil du rasoir et fut maintes fois à deux doigts d'être capturé. Mais il ne me semble pas nécessaire de revenir ici sur les nombreuses mésaventures de ce prince malchanceux. Il suffit de rappeler que chassé et traqué comme il l'était, il parvînt à glisser entre les doigts de ses ennemis, et que l'année suivante, il trouva refuge en France. Sur tout le territoire d'Ecosse, l'expression "Gentil prince Charlie" est un terme familier ; et dans toute Albion, sa renommée est évoquée en chansons et en histoires.

La grotte du prince Charlie se trouve au sommet d'une petite colline verte. C'est une grotte de solides pierres calcaires. Elle est d'un accès relativement difficile et passablement périlleux, son entrée étant submergée par les eaux et sa voûte extrêmement basse.

Pour autant que je sache, cette grotte n'a jamais été complètement explorée bien que cette exploration ait été maintes fois tentée ; la dernière en date de ces tentatives remonte à douze ou quatorze ans.

Un jeune gentilhomme, membre d'une société de chasse, se porta volontaire pour y descendre et pour ce faire, dut se déplacer à quatre pattes à l'intérieur de la grotte.

Sa sortie fut beaucoup plus rapide que son entrée. Il réapparut devant ses camarades, blême et tremblant. On lui demanda ce qu'il avait vu ou entendu. Il déclara qu'il avait vu, tapi au plus profond de la grotte la silhouette d'un homme grand et maigre vêtu du costume traditionnel des Highlands ; il semblait le menacer s'il pénétrait plus avant dans la grotte.

La rumeur prétend que cette grotte possède d'autres entrées, quelque part en direction du Loch Chon. Ainsi situé sur un sol moussu et perfide, cet endroit voit l'intérêt qu'on lui porte accru par la présence de quelques rares personnes déterminées à tourmenter les visiteurs.
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16/03/2008

La Noyée de Linne Chait

écosseDream of the Cat's Pool Voici maintenant l'histoire, une histoire vraie qui s'est passée dans la maison d'à côté, celle que vous pouvez voir par la fenêtre. Il y a bien longtemps de ça, les gens pour se rendre à Ronay, vous avez entendu parler de Ronay ?, avaient l'habitude de couper par les algues et ce jour-là en particulier des gens qui revenaient de Grimsay, de l'autre côté. La dame à laquelle cela arriva avait rendu visite à des parents éloignés qui habitaient encore là.

Les femmes avaient l'habitude de profiter du bateau des hommes pour couper par les algues et cette jeune femme très regrettablement passa par-dessus bord et se noya. Ils ne retrouvèrent pas son cadavre et durent rentrer chez eux sans elle. Ils revinrent les jours suivants pour voir s'ils retrouvaient quelque chose mais ils ne retrouvèrent rien.
3eme_age17La vieille dame qui vivait donc dans cette maison - son arrière petit-fils est encore vivant, il est à Trianad, c'est une maison de retraite, il n'est pas très âgé, mais il n'a pas été bien pendant un petit moment, alors il y est monté ; comme ça, ils peuvent garder un œil sur lui. Bon son arrière grand-mère rêva cette nuit-là que la pauvre femme qui s'était noyée se trouvait debout devant son lit et lui disait que si quelqu'un allait à Ronay et regardait dans ce qu'on appelle "linne chait" [Cat's Pool], ce qui veut dire la flaque d'eau du chat, on retrouverait son corps. Elle réveilla son homme et lui dit qu'il fallait y aller. A cette époque c'était mon arrière grand-père qui vivait ici, dans cette maison où nous sommes et lui, il avait un bateau, mais eux, ils n'en avaient pas, de bateau, mais lui, il avait un bateau. Il s'appelait Donald Campbell. Elle dit à son homme :

- Oh, on doit aller chez Donald Campbell ; on va lui demander de sortir le bateau ; comme ça on ira à Linne Chait et on verra bien si on trouve quelque chose - Oh, femme, lui dit-il. T'es possédée par le démon ! C'est juste un rêve ! Rendors-toi !" 3eme_age15Elle se calma, elle se rendormit et elle fit exactement le même rêve. Elle se réveilla et se dit que ça ne servirait à rien de lui parler : il n'écouterait pas.

Elle se rendormit pourtant pour la troisième fois et fit encore ce rêve. Mais cette fois, elle le secoua pour de bon. Elle lui dit : "On doit aller à Ronay et voir si il y a quelque chose, si le rêve veut dire quelque chose."

barque
A la fin, le vieil homme alla avec elle, ils vinrent ici, ils sortirent le bateau d'ici, et ils allèrent à Ronay et ils trouvèrent les restes comme elle l'avait dit dans le rêve et elle eut une sépulture décente.

Et tout ce que je vous dis c'est la vérité. Et on raconte encore cette histoire par ici. Ça fait pas bien longtemps que je l'ai encore entendue.
écosseMary MacLean; Yellow Point, Isle of Grimsay, North Uist
Contes des Hébrides de Mary MacLean
Yellow Point, Isle of Grimsay, North Uist - Interviewed July 1997

12/03/2008

Le Fantôme de Bagpiper(Château de Dunnottar)

Dunnottar(Stoneheaven-Ecosse)
écosse Durant la rébellion de 1745-46, qui vit le retrait de Derby des troupes du prince Charles Edward Stuart, le corps d'armée de ses Highlanders fut obligé, dans sa marche vers le nord à travers Badenoch, de faire une courte halte dans la passe sauvage de Drumouchtdar, pour permettre à l'arrière-garde et aux autres traînards de cette armée malchanceuse de passer devant.
cavalier faceEtant constamment harcelés par une partie de la cavalerie anglaise, les hommes commencèrent à murmurer et à grogner contre l'entêtement du prince qui ne leur accordait pas la permission de déloger les cavaliers et contre sa mauvaise volonté apparente à donner l'ordre de charger.

Le malheureux prince ne souhaitant pas affronter les troupes de dragons fraîches et bien entraînées et connaissant l'état pitoyable dans lequel se trouvaient ses régiments, s'efforça de les raisonner, de leur faire renoncer à ces idées stupides et expliqua du mieux qu'il put la totale folie d'un mouvement stratégique de cette sorte. Mais les ardents Highlanders n'accordèrent pas la moindre attention à ses conseils et décidèrent de leur propre chef de mener l'attaque.
Résolus, au prix de tous les dangers à déloger leurs ennemis des positions qu'ils occupaient sur les collines, ils préparèrent une action de front et vers midi passèrent à l'assaut. Les assaillants se composaient de deux régiments d'infanterie, les clans McDonald et McPherson alors que l'ennemi comptait près de six cents hommes.

Medieval-54La bataille s'engagea. Et le carnage fut grand. La cavalerie, dans l'attente d'une telle attaque, avait, durant la nuit, élevé des talus et creusé des fossés. Toutes les pierres et les gros galets disponibles avaient été empilés pour repousser l'attaque des féroces écossais qui chargeaient avec une détermination terrible, taillant et pourfendant tout ce qui se mettait en travers de leur chemin, détruisant tout et plus de ce qui entravait leur marche en avant.
Sauvages et sinistres, ils étaient décidés à vaincre ou à mourir. Et multipliant les assauts, ils parvinrent enfin avec difficulté à s'emparer des fossés. Cet exploit accompli, les poignards et les bombes incendiaires décidèrent bientôt de l'issue du combat. L'ennemi complètement mis en déroute, s'enfuit dans toutes les directions.
Coupant les jarrets des chevaux, les Celtes se mirent aussitôt à leur poursuite réduisant les fugitifs à un seul homme.
Medieval-98
Le dernier anglais trouva la mort quand la bombe incendiaire d'un Highlander tomba sur les berges de la "Ault-na-Sassenach" appelée aussi "la brûlure de l'Anglais". Cet endroit porte ce nom depuis ce jour et le lieu où cet homme fut tué est marqué d'une pierre dressée dans la mousse, à environ neuf yards de la rivière.

On dit que les personnes qui par hasard passent le soir sur la lande, peuvent soudainement sursauter en entendant pleurer une cornemuse, mais sont dans l'impossibilité de dire d'où vient cette complainte mélancolique.
Des gens assurent encore qu'on peut entendre, au crépuscule, d'autres sons tout aussi étranges et déroutants et qu'on peut voir des spectres s'affronter en combat mortel à l'emplacement où eut lieu cette ancienne et terrible bataille.


écosseDivers objets anciens : claymores, poignards, barils et autres, furent trouvés dans les fossés ou à proximité : j'en ai vu moi-même quelques uns.
Scottish tales - Traduction française de Jean-Louis Laurin

09/03/2008

La Dague

écosse (The Whinger)

Un pair de cette nation était un matin dans sa chambre à coucher assisté par un groupe de personnes quand l'un de ses domestiques lui apporta un manteau neuf.

dormeurs009Un gentleman de l'assistance s'écria soudainement :

"Par la grâce de Dieu, my Lord, retirez ce manteau !" .

Comme on lui demandait des explications, il dit qu'il avait vu une dague ou un poignard planté dedans au niveau du coeur.

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Le pair du royaume estimant cette remarque de la plus haute fantaisie, lui répliqua :

"Ce manteau m'a été confectionné sur mesure, très proprement et je ne vois rien qui m'empêcherait de le porter."

Le gentleman insista à nouveau et le supplia sérieusement de ne pas le porter. endant cette discussion, l'épouse du Lord qui ne se trouvait pas très loin, pénétra dans la pièce et mise au fait du sujet du débat, parvînt à convaincre son époux de se plier à la suggestion du gentleman. Il finit par accepter.

Un moment plus tard, l'un des domestiques vînt trouver la dame et lui dit que si elle souhaitait lui donner le manteau, il le porterait. Elle céda à sa requête. La nuit suivante, il reçut un coup de poignard à l'endroit exact indiqué par le gentleman le matin même.

écosse Scottish tales - Traduction française de Jean-Louis Laurin

07/03/2008

Le Poney Récalcitrant

écossegif07 The Reluctant Pony

C'est une histoire sur une famille qui habitait après Sollas, je crois que c'était là. Ils avaient un fils invalide. Et le père était en train d'atteler le cheval à la charrette pour aller chercher une charretée de tourbe ou d'autre chose ce jour-là. Et le cheval ne voulait justement pas reculer entre les brancards de la charrette et le voilà parti en sautant tout autour et en regardant par-dessus son épaule et ainsi de suite.

Roulotte-1A cette époque-là, cette famille, leur cheval et leur charrette - vous savez il n'y avait pas d'entreprise de pompes funèbres ou de corbillard pour transporter les morts dans ce temps-là - c'était cette famille-là, leur cheval et leur charrette qui se chargeaient de mener les cadavres au cimetière, vous voyez.
Et l'homme ne pouvait pas du tout atteler son cheval à la charrette ; il sautait à droite et à gauche ; il ne voulait simplement pas qu'on le mette entre les brancards. Et le vieil homme pensa que ça annonçait la mort de son fils parce que son fils était invalide à l'époque.

Ankou faucheurMais le temps passa, quelques semaines passèrent et l'état de son fils parut lentement s'améliorer. Mais une vieille femme qui se rendait de Sollas à Lochmaddy, elle n'était pas en bonne santé, elle était extrêmement fatiguée et elle se résolut à frapper à leur porte, vous voyez, pour leur demander si elle pouvait rentrer pour se reposer un petit moment.
Portes-9Ils se montrèrent gentils avec elle, ils la firent rentrer et la laissèrent se reposer mais elle était allée au bout de ses forces et elle ne pouvait plus reprendre sa marche de Sollas à Lochmaddy. Elle mourut dans la maison. Et ce furent le cheval et la charrette qui l'emmenèrent. Car aussi étrange que cela paraisse, le jour de l'enterrement, le cheval très calmement accepta qu'on l'attelle et se rendit au cimetière sans problème. C'est une histoire véridique. Parce que comme ils disaient, ce cheval-là pouvait sentir les choses.

écosseContes des Hébrides de Mary MacLean Yellow Point, Isle of Grimsay, North Uist - Interviewed July 1997

03/03/2008

Comment Gilles Padra'Dubh paa son loyer

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écosseHow Gille Padra' Dubh Paid His Rent

Le bailli de Clanranald avait une maison à Loch Eynort : on appelait cet endroit Rubha Taigh a'Mhail, The Rent House Point. C'était là qu'on payait le loyer à Clanranald.

3_1_6Gille Padra' Dubh descendit donc là pour payer son loyer ; il payait en nature, avec du blé. Le blé était habituellement mesuré avec un boisseau. La dernier boisseau de blé n'était pas plein et le bailli ne voulut pas l'accepter ; il en manquait.

Alors Gille Padra' Dubh attrapa le bailli et lui posa son couteau sur la gorge. Il lui dit qu'il allait compléter la mesure avec son sang. 'Elle sera pleine comme ça,' dit-il. Aussi vrai que je vous le dis. Ce fut le dernier loyer qui fut payé là !

écosseContes des Hébrides de Mary MacLean Yellow Point, Isle of Grimsay, North Uist - Interviewed July 1997

02/03/2008

Les Fingalians au manoir de Rowan(Chateau d'Eilean)

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écosseThe Fingalians In The Rowan Mansion

Les Fingalians, les géants primitifs, furent un jour conviés à un grand festin au manoir féerique de Rowan Mansion. Lorsqu'ils arrivèrent, les plats étaient déjà servis.
Quand ils se mirent à table, leurs pieds se collèrent au sol et leurs dos au dossier de leurs sièges. Ils ne pouvaient plus bouger. C'était un piège destiné à mettre fin aux Fingalians.

Diarmaid ne les avait pas accompagnés. Ils l'entendirent arriver. Fionn mac Cumhail sut - il avait le pouvoir de divination - que rien ne pourrait les libérer sauf le sang de trois enfants royaux. Il cria à Diarmaid de rester dehors et de voir s'il pouvait trouver les trois enfants.
Il fallait qu'il les attrape, qu'il les tue et qu'il apporte leur sang, le seul moyen pour eux de retrouver leur liberté. Il était en train de se passer quelque chose sur les pieds avant de venir.

Diarmaid partit, attrapa les trois enfants de roi et les tua. Puis il emporta leur sang. Il revînt et libéra d'abord Fionn. Puis il se rendit vers les autres et les libéra tous jusqu'à ce qu'il soit devant Conan qui était le plus mauvais de tous les Fingalians. Il n'y avait plus de sang et Diarmaid dut laisser Conan comme il était.
Quand Conan comprit qu'on allait le laisser seul, il dit à Diarmaid :
"Oh, blond et généreux Diarmaid, si j'étais une bonne grosse femelle bien rondouillarde, tu ne m'abandonnerais pas".

"Tu penses vraiment ?" dit Diarmaid.
Il revînt sur ses pas, saisit Conan sous les aisselles et l'arracha de son siège. La peau du dos de Conan resta collée au dossier du siège et celle de la plante de ses pieds au sol ! Diarmaid le prit dans ses bras et alla le déposer sur un monticule à l'extérieur.
"Va-t-en maintenant, dit-il. Le plus grand danger que courent les Fingalians est de rester toujours ensemble"


Contes des Hébrides de Mary MacLean
Yellow Point, Isle of Grimsay, North Uist - Interviewed July 1997écosse

Les Norvégiens de South Uist

falaises de st-Kilda (hébrides)

3UK_Escocia-18a44320The Norwegians In South Uist

Maoilein, fils du roi de Norvège, vivait à Aird Mhaoile dans le Bornish : c'est pourquoi on appela cet endroit Aird Mhaoile. Mor, fille du roi de Norvège, se noya et on retrouva son corps sur le rivage.
Elle fut la première femme à être enterrée à To-Mor (Howmore) : c'est pourquoi on appela cet endroit To-Mor; c'est-à-dire Taigh Moire - Mor's House est son nom exact. La fille du roi de Norvège fut la première femme à être enterrée là.

Ce sont les norvégiens qui les premiers firent submerger les passages de pierres qui reliaient aux îles des lochs.

Il n'y a pas une île dans un loch de Uist dont les passages de pierres qui y menaient n'aient été submergés. C'est ce que les norvégiens entreprirent, en faisant ces pierres de passage dans les lochs pour se protéger. Ce sont eux aussi qui construisirent ces tumulus (barps) au sommet des collines.

Je pense qu'il y a des tombes sous les tumulus, sous les pierres, parce qu'il n'y avait aucun d'entre eux qui n'eut un endroit fait sous ça comme un canal. C'est pourquoi les gens âgés appellent tung l'endroit où les norvégiens se faisaient ensevelir : mettre dans un tung, avec une pierre tombale au-dessus d'eux, c'est ensevelir sans cercueil du tout.

3UK_Escocia-18a44320

23/02/2008

La Transformation (Menhirs de Call Nish-îles Hébrides)

Menhirs de Callnish (-îles Hébrides)
The Shapeshifter
Voilà ! Ça s'est passé dans un quartier de North Uist, pas loin d'ici. Il y avait une soirée entre jeunes femmes. On appelait ça une soirée promenade parce que les femmes à l'époque se réunissaient le soir pour piétiner le tissu, pour la teinture. Bref. Elles s'étaient donc retrouvées un soir chez l'une d'elles pour faire ça, pour piétiner. L'une de ces jeunes femmes avait des vues sur un jeune homme du village, mais il ne s'intéressait pas à elle. Celle-ci avait, ou était supposée avoir ce qu'on appelait à cette époque c'était dans la tradition "le pouvoir". Celles qui avaient le pouvoir, on les appelait aussi des sorcières, pouvaient adopter n'importe quelle forme selon leur fantaisie. Ça leur permettait d'arriver à leurs fins.

Donc durant cette soirée, quand ce fut à son tour, cette jeune dame se mit à crier de douleur : elle semblait avoir terriblement. mal. Comme si quelqu'un l'avait battue, c'était tout à fait ce genre de douleur. Ça lui venait par à coups courts, secs et violents. Lorsque ce fut terminé, elle resta allongée sur le sol. La réunion se terminait. Elle était toujours étendue par terre. Au moment où elles s'apprêtaient à partir, il s'avéra qu'une autre des jeunes femmes présentes était la seule à intéresser réellement le jeune homme. Celui-ci lui avait promis de passer la chercher dans cette maison. A ce moment, la sorcière transformée en femme se redressa et s'assit sur le sol pour récupérer. Le jeune homme arriva.. Il leur raconta que quand il avait quitté sa maison pour venir chercher son amie, il avait croisé un chien qui ne voulait pas le laisser passer, qui avait essayé de lui sauter à la gorge et de le mordre par derrière. Comme il avait sa canne, il l'avait frappé avec à petits coups secs et violents.

On en déduisit que cette jeune femme qui avait subi des tourments lors de la soirée avait changé de forme comme on disait,... et pris l'apparence du chien et que les coups que le jeune homme avait administrés au chien avaient traversé l'espace pour venir jusqu'à elle qui était assise, à cette soirée.

Mary MacLean; Yellow Point, Isle of Grimsay, North Uist Interviewed July 1997

22/02/2008

Le Farfadet du Moulin de Fincastle (Ecosse)

Farfadet
Meg, ou Maggy Moulach, est un des Farfadets les mieux connus d'Écosse. Meg avait un fils, Clod, mais ce n'était qu'un Dobin, un genre d'esprit plutôt stupide.

Dans un des contes, il est question du Moulin de Fincastle qu'on disait hanté et où nul n'aurait osé pénétrer après le coucher du soleil.Or, un soir, une jeune fille qui devait faire un gâteau pour son mariage s'aperçut qu'elle manquait de farine. Ne trouvant personne qui veuille s'approcher du moulin, elle dut s'y rendre elle-même. Elle prépara un grand feu, mit de l'eau à bouillir et entreprit de moudre le grain.

Sur le coup de minuit un petit homme brun et laid entra et s'installa près d'elle. Quand elle lui demanda son nom, il répondit en lui demandant le sien.- "Oh, dit-elle, je suis Mise mi fein (Miss moi-même)." Le Farfadet se rapprocha, un mauvais sourire sur son visage. La fille prit peur et lui lança une casserole d'eau bouillante. Il se jeta sur elle avec un cri de rage, mais elle se défendit en versant sur lui le reste d'eau bouillante.Il s'enfuit, brûlé à mort, il courut jusque chez Maggy Moulach, qui lui demanda quel être avait pu le blesser ainsi.

- Moi-même, cria-t-il.

La fille ne pu éviter longtemps la vengeance de Maggy. Peu après son mariage, on lui demanda de raconter une histoire et elle expliqua comment elle avait mystifié le Farfadet du Moulin. Or, Maggy s'était cachée dehors, elle entendit tout ce que dit la fille et se vengea sans attendre en lui jetant à la tête un tabouret de bois si brutalement que la jeune mariée fut tuée sur le coup.

Maggy s'en vint demeurer près d'une ferme où les domestiques la payaient de son travail avec du pain et de la crême. Mais elle travaillait si bien que le fermier décida de renvoyer tous ses serviteurs pour ne garder qu'elle. Ensuite de quoi elle se mit en grève, devint une vraie peste et lui causa tant d'ennuis qu'il dut reprendre les domestiques.

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