27/05/2012

22 - LES FANTÔMES D'ARDVRECK

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On raconte que le château d'Ardvreck est hantépar deux fantômes:

* Un homme de grande taille, habillé de gris  que l'on pense être lié à la trahison du Marquis de Montrose, voire le Marquis lui-même.

* Une petite fille: on dit que les MacLeod ont fait appel au diable pour construire le château et qu'une de leurs filles lui fut octroyé en paiement. Désespérée, la fillette se serait jetée du haut d'une des tours du château.

18/06/2008

Sommaire "Contes & Légendes des Orcades"

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Les Trows & le Fermier de Sandwick
L’abbaye de Holyrood
Le Monstre se Stronsay
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Les Trows de l'Eglise Démolie
Le Finfolk
La Vengeance des Trows
Le Finman de Sanday
La Fille que les Trows Aimaient

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Les Trows & le Fermier de Sandwick

écosseUn fermier du quartier côtier de Kirkness à Sandwick fut durant quelques temps victime des trows qui vivaient dans l'eau du loch voisin.
ferme15Ces créatures jouaient perpétuellement des tours au pauvre homme, lui cachaient des objets, le volaient et plus généralement semaient la perturbation autour de sa ferme. Lorsqu'il mettait à sécher le blé dans le four, par exemple, s'il avait à rentrer dans la maison, il était sûr en revenant de trouver le four éteint.

LeprechaunL'homme décida donc de surveiller le four : au lieu de sortir, il se cacherait sous un tas de baille fraîchement battue. Heureux de son idée, il se cacha consciencieusement et armé d'un fléau, le regard mauvais, il s'assit pour attendre patiemment. Peu de temps après, deux trows franchirent précipitamment la porte et s'assirent près du four. En serrant les dents, le fermier tenta de se rapprocher des créatures, mais ses mouvements firent légèrement bouger la paille. L'un des trows tourna la tête et commenta :

"Strae's gae'n! " (La paille bouge !)

Son compagnon gesticula
: "Sit thee doon and warm thee wame. Weel kens thoo strae canna gang."
(Reste assis et chauffe ta bedaine. Tu sais bien que la paille ne peut pas bouger !)

Le fermier ainsi dissimulé rampa en se tortillant jusqu'à venir tout près de ses visiteurs trows. En poussant un hurlement, il jaillit alors de sous la paille et tomba sur les intrus avec son lourd fléau.
La fureur de son attaque fut telle que les trows ne le tracassèrent plus jamais.
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03/04/2008

Le Monstre de Stronsay

écosseBien que les contes sur les serpents de mer et autres habitants mythiques des fonds marins abondent dans les Orcades, il y a réellement eu un nombre étonnant de documents dits visuels qui enrichissent maintenant le folklore des îles.
La plus célèbre de ces rencontres est peut-être celle qui eut lieu sur l'île de Stronsay.
Là, en 1808, le premier épisode et peut-être le mieux connu de la série se produisit lorsque les carcasses de ce qui semblait des créatures marines pourvues de cous très longs furent retrouvées échouées sur le rivage.

Bateaux-11La bête de Stronsay fut aperçue la première fois le 25 septembre sur les rochers de Rothiesholm Head dans le sud-est de l'île. John Peace, un insulaire qui faisait de la pêche côtière, fut intrigué en voyant des oiseaux de mer qui se rassemblaient sur les rochers autour de ce qui ressemblait au cadavre d'un animal. Peace vira de bord et, accompagné par un autre homme de Stronsay, George Sherar, se dirigea en direction de la carcasse. Ce qu'il trouva ne ressemblait en rien à ce qu'il connaissait : ce qui reposait sur les rochers était les restes d'une créature qui ressemblait à un serpent ou à une anguille avec un très long cou et trois paires de pattes. A ce moment-là, la créature était assez inaccessible et rendait un examen plus détaillé impossible. Cependant, dix jours plus tard, l'un des grands vents des Orcades se leva et déplaça la carcasse mystérieuse en sorte qu'elle tomba des rochers et se retrouva juste au-dessous de la ligne des hautes eaux gisant sur son ventre en décomposition. Sherar avait maintenant la possibilité d'examiner la créature, ce qu'il fit : il l'étudia méticuleusement et releva les dimensions de cette créature des profondeurs. Il décrivit l'animal comme d'apparence serpentine et mesurant exactement 55 pieds de long, avec une longueur du cou de dix pieds trois pouces. Sa tête ressemblait à celle d'un mouton et ses yeux étaient plus grands que ceux d'un phoque. Sa peau était grise et rugueuse mais si on la frottait de la tête vers le bas du dos, elle paraissait "lisse comme le velours". Six membres étaient rattachés au corps et une crinière hérissée de longs poils raides apparaissait des épaules jusqu'à la queue. On prétendit que cette crinière argentée rougeoyait de façon inquiétante dans l'obscurité.

mouette23On décrivit sa chair comme ressemblant à celle d'un bœuf mourant, entièrement couverte de graisse et de suif et sans la moindre ressemblance ou parenté avec celle des poissons. La peau, de couleur grise et d'une texture élastique, avait environ deux pouces d'épaisseur à certains endroits.
A la fin du mois de septembre, la nouvelle que l'on avait trouvé un incroyable monstre à Stronsay s'était répandue un peu partout.
Comme les restes s'étaient décomposés au point qu'il n'en restait pratiquement plus rien, les quatre hommes qui avaient à l'origine examiné la carcasse furent convoqués à Kirkwall pour jurer de la véracité de leur information devant le magistrat local. A cette époque, les détails de cette trouvaille incroyable étaient parvenus à une société d'histoire naturelle d'Edimbourg. Lors de la réunion de cette société, en novembre 1808, la créature fut baptisée Halsydrus Pontoppidani. Ce nom, signifiant le serpent de mer de Pontoppidan, fut attribué ainsi en l'honneur de l'évêque norvégien du dix-huitième siècle qui avait recensé les monstres marins.

Peu après, le naturaliste Sir Everard Home lut une communication sur la bête de Stronsay. Intrigué par les légendes relatives à un monstre marin, il laissa de côté les évidences et fut bientôt convaincu que la créature n'était rien d'autre qu'un requin pèlerin, un animal assez commun dans les eaux entourant les Orcades. Comparant les vertèbres du monstre à celles du requin, Home les trouva identiques. (…)
Pourtant, même si la bête de Sronsay n'était rien d'autre qu'un pèlerin mort, un élément inexpliqué subsiste encore : le pèlerin le plus long jamais rencontré mesurait 40 pieds, 15 de moins que la bête ! Avec ses 55 pieds de long, la bête de Sronsay devait donc être en effet un véritable monstre. (…) Il vaut parfois mieux ne pas savoir !
D'autres découvertes de cadavres d'animaux du même type eurent lieu en 1942, identifiées également comme les dépouilles de requins pèlerins. Mais tous les experts ne furent pas d'accord sur ces conclusions ! Requin pèlerin ou monstre reptilien des grands fonds, la question demeure !
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16/03/2008

Les Trows de l'Eglise Démolie

écosseIl y a bien longtemps, peu de temps après l'arrivée des chrétiens dans les îles, il fut décidé qu'une église serait édifiée sur le bord d'un loch.

Pour gagner du temps, les maçons qui construisaient la nouvelle église décidèrent d'utiliser des pierres qu'ils prirent sur un monticule voisin. Pendant des jours, ils charrièrent la pierre taillée dans le monticule, mais il apparut bientôt comme une évidence qu'ils avaient commis une grave erreur.

Pretres-0Ils découvrirent que bien qu'en travaillant très dur à l'édification de cette église, leur construction ne s'élevait pas d'un pouce. Ils travaillaient toute la journée, mais le lendemain matin, ils découvraient que ce qu'ils avaient fait, avait été démoli et éparpillé dans la bruyère.

Ce que les constructeurs n'avaient pas réalisé, c'était que le monticule hébergeait une communauté de gens des collines. Irrités par le vol et la dégradation de leur antique monticule, ces petites créatures païennes, chaque nuit, abattaient ce qui avait été construit dans la journée.

leprechaun2A bout de ressources après une longue période sans progrès, un prêtre vînt sur le site pour le consacrer et pour lancer l'anathème sur les trows. L'intervention du saint homme fut salutaire et les trows furent forcés de quitter les lieux et de se réfugier sur une autre île. Leur départ permit aux maçons d'achever l'église sans davantage d'interruption.

Cependant, cet exode ne fut pas exempt de vengeance. L'infortuné prêtre, chaque fois qu'il entrait dans l'église nouvellement construite, était frappé de surdité et devenait muet, alors qu'en tout autre lieu il ne connaissait aucun de ces maux.

De même que cela fut le cas pour d'autres esprits féeriques des îles, beaucoup de personnes pieuses croyaient qu'il suffisait de prêcher les Saints Evangiles pour en chasser les trows.


écosseContes de fées des Orcades (Orkney Tales)
© Sigurd Towrie - J.Loui

Le Finfolk

écosse Contrairement aux Selkies, le Finfolk des Orcades est une sorte de sorcier que les mortels craignent et dont ils se méfient. Les contes qui les mettent en scène sont inquiétants et semblent contenir des éléments provenant de diverses sources. Cependant, il semble que leur descriptif provienne principalement des Finns de la tradition orale norvégienne, habitants de la Norvège du nord connus pour leurs "puissances magiques". Des éléments d'époque et de contes divers sont venus se greffer sur les exploits de ces magiciens. Le mélange entre d'autres aspects des mythes scandinaves et ceux des Orcades aboutit à la légende du Finfolk que nous connaissons aujourd'hui.

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Dans les Orcades, le Finfolk a conservé cette réputation d'un peuple de puissants sorciers héritée des Finns norvégiens, bien qu'il y ait en réalité très peu de contes où ils utilisent cette puissance supposée.
L'explication de ce nom "Finfolk" est simple. Il provient du fait que ce peuple est censé posséder des ailerons ou des nageoires (anglais : fin) ; ceux-ci sont adroitement dissimulés et si un mortel parvient à les voir, il les confond aisément avec un article d'habillement.

À la différence des Selkie qui, d'après quelques contes, ne pouvaient demeurer sur terre que durant une période limitée dans le temps, le Finfolk lui était totalement amphibie. Il menait une vie nomade, passant les longs hivers dans une ville majestueuse des profondeurs et revenait l'été dans l'une des Orcades. La tradition d'Hildaland est plus tardive.
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Le Finfolk a un trait commun avec les gens des collines, les trows : leur penchant à enlever les malheureux mortels. Ils les emmènent alors dans leurs repaires magiques et cachés où ils demeurent généralement captifs pour le reste de leurs jours. Ces infortunés sont habituellement enlevés pour épouser un représentant du Finfolk. Sous ces légendes, il est clair que ces enlèvements malveillants servaient à expliquer les nombreuses disparitions en mer. Imaginez une mère de famille vivant dans une cabane quand la mer fait rage : ne valait-il pas mieux pour elle espérer que son fils avait été enlevé par ces gens des fonds marins avec la perspective que peut-être, un jour, il pourrait revenir bien vivant ?
Comme d'autres créatures surnaturelles, le départ du Finfolk des Orcades fut une conséquence de l'arrivée du christianisme.
Quand on demandait aux personnes âgées pourquoi on ne voyait plus de Finmen, elles répondaient simplement :

" L'Evangile est maintenant prêché par tout le pays et le sprole a renvoyé les Finmen au fond des mers. "

Le sprole est un dispositif de pêche qui permet d'utiliser deux hameçons sur la même ligne.

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(voir le conte 1. Le Finman de Sanday)

12/03/2008

La Vengeance des Trows

écosseA une époque, il y a bien longtemps, deux frères, tous deux mariés, vivaient dans la même vieille cabane.
La femme de l'un des frères dont la grossesse arrivait à terme, s'apprêtait à accoucher. La sage-femme de l'endroit demanda donc à son beau-frère de quitter temporairement la maison. Il prit sa canne à pêche et se dirigea vers le Craig pour être un peu seul.

Pour se rendre aux falaises, le frère devait passer un buisson de ronces, la retraite favorite de beaucoup de trows. Quand il l'atteignit, il vit un certain nombre de ces mystérieuse et viles créatures qui le longeaient pour se diriger vers chez lui.

Une appréhension froide, glaciale le submergea car il se doutait des projets des trows. Ils étaient puissants à de telles occasions et quand l'enfant était né, sa santé pouvait s'en ressentir. LeprechaunLaissant tomber son attirail de pêche, il se précipita chez lui et claqua la porte. Ignorant le tut-tut de la sage femme qui attisait l'âtre devant lequel elle était assise, il alla chercher sa Bible dans son coffre.

Pecheurs-7Il posa le livre sacré près de la porte, laissa la clef dans la serrure et s'assura qu'aucune porte et qu'aucune ouverture de leur habitation n'était verrouillée : cela irrite les trows et une clef tournée augmente leur pouvoir. Après avoir demandé aux femmes présentes de ne pas permettre à la parturiente de dépasser la cheminée, il repartit. Cette fois, cependant, il avait pour dessein de se rendre chez un voisin au lieu de retourner s'aventurer près des ronces.

ouverturlivreMais à ce moment-là, les trows s'étaient rapprochés de la maison. Ils comprirent que le frère avait pris des précautions à l'égard du trésor qu'ils convoitaient. Irrités, ils utilisèrent tout leur pouvoir avant qu'il n'ait pu s'éloigner de quelques pas de sa propre porte.

leprechaun2À l'endroit où il devait enjamber la barrière, le malheureux homme constata qu'après avoir passé une jambe, il ne pouvait plus lever l'autre. Il se trouvait là privé de toute possibilité de bouger.

Il resta donc ainsi paralysé, des heures durant, à califourchon sur la barrière jusqu'à ce qu'enfin la vieille sage-femme sorte de la maison. En voyant cet homme ainsi assis, elle s'écria : "Jeemie, Dieu te protège ! Qu'est-ce tu fais don' assis ici à c't'heure ?" ("Jeemie, Geud be aboot dee! Whit's dee sitting yonder for a' this time?")

Dès qu'elle eut dit : "Dieu te protège !", l'immobilité magique et forcée disparut et le frère put rentrer à la maison pour se joindre à la fête célébrant la naissance.

Mais il ne put échapper à la colère des trows.

La nuit suivante, l'un de ses enfants se mit à pleurer. Il hurla et brailla pendant exactement huit jours, puis resta étendu, comme s'il avait dormi les huit jours suivants. Pendant tout ce temps, l'homme affligé et désespéré se tordit les mains au-dessus du corps sans vie de son enfant, nuit et jour pendant que les gens tout autour disaient que ce n'était plus le même enfant. L'homme comprit qu'il avait été victime d'un échange (changeling). Il porta le berceau sur le seuil de la maison au-delà de l'ombre du linteau et il n'y eut plus d'échange. Il ne restait qu'une pâle image sans vie dans le petit berceau de bois.

écosseContes de fées des Orcades, Orkney Tales
© Sigurd Towrie - Traduits par Jean-Louis Laurin - 2002

05/03/2008

Le Finman du Sanday

écosse Il y a bien longtemps, à Lammas près de Kirkwall, un étranger à l'allure sinistre demanda à un passeur de l'île d'emmener sur son bac une vache sur l'une des îles du nord. Comme on lui proposait le double du prix habituel, le passeur sauta sur l'occasion.

Sans prononcer un seul mot, l'étranger souleva la vache à bout de bras et la chargea sur le bateau.

barqueL'étranger parlait peu. Cependant, chaque fois qu'ils arrivaient en vue d'une île, il demandait au passeur déconcerté de la passer du côté est. Le marin perplexe demanda à son passager qu'elle était leur destination finale.

Voiliers-4- La parole est d'argent, mais le silence est d'or, lui répliqua le sombre étranger en le gratifiant d'un regard noir.
Comme ils passaient Sanday, un brouillard dense et épais enveloppa le bateau. Il se dissipa rapidement. Alors, à la lumière du soleil couchant apparut une terre enchanteresse. Un chant mélodieux s'éleva : celui des sirènes se réjouissant à la pensée que l'une d'elles allait pouvoir épouser un humain.
Mythologie-3Le passeur se rendit alors compte que l'étranger était un Finman. La mélodie harmonieuses des sirènes se transforma en pleurs déchirants lorsqu'elles apprirent que le marin était déjà marié et père de famille.

On banda les yeux du marin pendant qu'on tirait le bateau sur l'île enchantée. La vache fut débarquée et des sacs de pièces en paiement de la traversée furent déposés sur le fond du bateau. Plus tard, le passeur s'aperçut que toutes les pièces étaient en cuivre, parce que comme je l'ai dit ailleurs, les Finmen ne peuvent pas utiliser d'argent.

Après avoir payé son dû, le Finman tourna le bateau face à l'ouest. Le passeur n'accepta pas la manœuvre et arracha le bandeau qu'il portait encore sur les yeux.

Il était à nouveau enveloppé d'une brume magique. Il navigua dedans et lorsqu'elle se dissipa, il aperçut à tribord sa maison sur l'île de Sanday.

Portes-0Une année passa.
L'année suivante, un jour qu'il se trouvait à Lammas, le passeur aperçut dans une taverne, le sombre étranger. Il l'aborda pour lui payer une bière.

- Je suis bien content de vous voir, dit le passeur en buvant une grande gorgée de sa bière.
Un regard sinistre assombrit brusquement le visage de l'étranger.

- Ainsi vous me voyez ? laissa-t-il tomber. Eh bien, vous ne pourrez plus le dire !"
En parlant, il sortit une petite boîte de poudre et souffla dedans en direction des yeux du passeur. Et celui-ci en demeura aveugle le reste de sa vie.

écosseContes de fées des Orcades, Orkney Tales
© Sigurd Towrie - Traduits par Jean-Louis Laurin - 2002

La Fille que les Trows aimaient

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Il y avait autrefois une jeune fille, réputée dans l'ensemble des îles, pour sa beauté et en particulier, pour ses longs cheveux d'or. On disait que la mère de cette fille avait été emportée par les trows lorsqu'elle était née, de sorte qu'elle avait grandi sans mère.

C'était maintenant une adorable créature avec des cheveux comme on n'en avait jamais vus. Ils tombaient en faisant des ondulations d'or sur ses épaules minces comme personne n'en avait jamais vus sur aucune autre jeune fille ou sur un enfant qui auraient laissés leurs cheveux en liberté.

On disait que lorsqu'elle essayait de les domestiquer ou d'en attacher les boucles, ses mèches d'or refusaient d'obéir à ses doigts et reprenaient lentement leurs courbures d'anglaises naturelles.
La jeune fille avait également des dons pour le chant. On la voyait souvent se promener en fredonnant des chansons douces, ce qui avait pour conséquence d'émerveiller les voisins et de faire tourner la tête des garçons.

Il était communément admis que cette jeune fille était l'objet de toutes les attentions des trows, tant sa vie semblait insouciante. Ses cheveux d'or étaient surnommés "la bénédiction de ceux qu'elle aime."

Cependant ses boucles éveillèrent l'intérêt d'une sorcière bien connue.

Un jour que la jeune fille s'était endormie dans le foin, la sorcière la dépouilla de sa splendide chevelure. En se réveillant, lorsqu'elle découvrit sa tête tondue, elle rentra chez elle en courant, en pleurant et en gémissant. A la suite de cela, elle se replia sur elle-même. Les chansons étaient mortes sur ses lèvres et le sourire effacé de son visage.

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Lorsqu'elle fut allongée dans son cercueil, les gens disent que ses cheveux d'or avaient recommencé à pousser et avant qu'on en ait rabattu le couvercle sur sa dépouille inerte, ses cheveux avaient retrouvé leur longueur et leur beauté d'antan.

La sorcière ne demeura pas impunie. Elle avait suscité la colère des trows. Ils avaient aimé l'orpheline et veillé sur elle depuis sa plus tendre enfance. Ils se saisirent de la méchante vieille sorcière et lui firent ce qu'elle méritait.

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La vieille femme fut condamnée à errer autour de leurs retraites et ces créatures mauvaises la tourmentèrent nuit et jour. Chaque fois qu'elle essayait de dormir, les trows survenaient et faisaient un tel tintamarre qu'elle ne pouvait pas se reposer. La sorcière subit cette vie misérable et sans répit jusqu'à un âge très avancé, où elle disparut tout à fait, comme par enchantement.

écosseContes de fées des Orcades, Orkney Tales
Traduits par Jean-Louis Laurin - 2002