22/05/2012

Rock of Cashel (Cashel, Comté de Tipperary)

 

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En irlandais: "Carraig Phàdraig"

Ce site historique de la province de Munster présente une grande complexité, par la juxtaposition de très nombreuses époques. 

Lors d'un sermon célèbre, Maewyn Succat dit Saint-Patrick, montra une feuille de trèfle:

" Voilà la figure de la Trinité sainte". 

Les figures de triades étaient familières à la religion celtique: le trèfle deviendra ainsi le symbole de l'Irlande. La légende raconte que c'est à ce moment-là que furent chassés tous les serpents du pays.

Du IVème siècle à l'année 1101, Rock of Cashel, éperon calcaire haut de 60 mètres, pointant au milieu d'une prairie, avait en son sommet un château oùe les Rois de Munster eurent leur quartier général.

Saint-Patrick visitant les lieux en 450, y baptisa le roi Aengus et ses frères.

1172: Henri II d'Angleterre y force l'Irlande à se soumettre exclusivement à l'autorité de l'Eglise catholique romaine, et mettant fin aux pratiques d'un christianisme celtique.

***

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rock of cashel,cashel,province de munster,comté de tipperary,saint-patrick, IrlandeLorsque Saint-Patrick bâtissait la grande église qui domine le rocher de Cashel, les ouvriers, en arrivant le matin avaient le chagrin de trouver détruit leur ouvrage de jour précédent. Chaque homme veilla à son tour, mais vers une heure du matin, celui qui était de garde s'endormait toujours. A la fin, Saint-Patrick résolut de faire lui-même sentinelle, et quand la cloche sonna une heure, il aperçut un terrible taureau jetant le feu par les naseaux, qui montait au grand galop la colline et qui bouleversait les pierres, les poutres et le mortier. 

" Ah ! dit le saint, je trouverai bientôt quelqu'un qui saura te calmer !"

Or, celui à qui songeait Saint-Patricj n'était autre que Usheen (Ossian) que le saint voulait convertir au christianisme.

Usheen était un disciple très peu souple. Pendantq ue Saint-Patrick prononçait d'éloquents discours au milieu de lectures pieuses, l'esprit du héros songeait aux chasseurs et aux guerriers de sa jeunesse. Pourtant il chérissait le bon saint à cause de sa charité.

Le lendemain du jour où Saint-Patrick avait vu le taureau, il raconta à Usheen ce dont il avait été témoin:

"Mène-moi, dit Usheen, près d'un rocher ou d'un arbre à côté duquel doit passer le taureau et j'examinerai la conduite à tenir. "

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C'est ainsi que le soir même, il grimpa sur les branches d'un arbre qui s'élevait sur la colline, et quand le taureau gravit avec la rapidité et le fracas du tonnerre la pente escarpée et qu'il passa près du héros, Usheen sauta sur son dos, saisit de chaque main une de ses cornes, le terrassa et le lança si violemment contre un des murs de l'église, qu'on en voit encore la trace sur la pierre.

A partir de ce jour, les ouvriers cessèrent d'être inquiétés. Dans leur reconnaissance, ils sculptèrent l'exploit d'Usheen, et de nos jours, on distingue encore sur les pierres ruinnées, l'image du héros à cheval sur le taureau.


Loys Brueyre, Contes populaires de la Grande-Bretagne, 1875


















05/05/2012

Sommaire "Contes & Légendes Irlandais"

Sommaire Irlande

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contes   legendes irlandais

Carraig Phadraig (Rock of Cashel) sommaire-arrets-sur-images-irlandaise.html
Le Fantôme du Château de Gwrycht
Le Chemin des Fées Entravé
Le Chant du Lutin
contes   legendes irlandais
Findabair, la Blanche Fée
La Razzia des Vaches de Cooley
La Reine Maeve à  A Knocknarea
Balor le cyclope
Demné, Fils de Cumal
contes   legendes irlandais
La Tombe de la reine Scotta
La Colline de Tara
Le Don du Fantôme
La Chaussée des Géants
Fintan & l'Aigle de l'Île d'Achill
contes   legendes irlandais
Curoi & le celte Cuchulainn
La Forteresse de Dun Aengus
Diarmuid & le Sanglier Fantastique
Le Saumon de la Sagesse
Le Roi Sans Royaume

contes   legendes irlandais

L’Enfant Sans Nom
Le Chant du Lutin
Diarmaid & Grainne
Gantelet le Bossu
1er Conte Irlandais

contes   legendes irlandais

L'Histoire des Enfants de Lyr
La Légende de Bran
Doe
Les Femmes cygnes de la Mer
La Légende de Jack O'Lantern

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16/04/2012

Les CHEMINS DES FEES ENTRAVES

 

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knockeencreen,chemins des fées,irlandeEn Irlande, les personnes souffrant de maladies ou de malchances, vivraient dans des maisons qui "sont sur le chemin" ou dans une "place opposée", c'est-à-dire qui obstrue un chemin des fées. 

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Un jour, quatre enfants d'une même famille sont morts des suites de maladies, les médecins étant incapables de trouver les causes. Le cinquième est tombé malade. Frôlant la mort, i; s'est subitement remis. Le père a annoncé au médecin avoir consulté une femme qui lui avait indiqué qu'une rallonge récente à sa maison bloquait un chemin des fées entre deux forts de fées. Après que cette dépendance ait été démolie, son enfant s'est remis.

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A Knockeencreen, Brosna dans le Comté de Kerry,  une personne a raconté les problèmes qu'elle vécut dans une petite ferme, devenue entre temps une grange pour des vaches. Dans les années 1980, elle rapporta que son grand-père y avait éprouvé des problèmes avec ses vaches, celles-ci tombant malades périodiquement et de façon inexpliquée, au point d'en mourir. Le grand-père fur informé par une diseuse de bonne aventure que la bâtisse se trouvait exactement sur un chemin des fées reliant deux collines. Elle conseilla au grand-père de laisser les deux portes légèrement entrouvertes la nuit, permettant ainsi aux fées de passer sans peine. Une fois la recommandation suivie, les problèmes avaient cessé. La bâtisse est en effet sur une ligne droite qui relie deux collines de la région et, de plus, elle se trouve au bout d'un long chemin rectiligne.knockeencreen,chemins des fées,irlande

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Toutes les nuits, il semble que des fées rayonnent  à partir de Rath Ringlestown. Pour cette raison, les parents s'assurent que leurs enfants sont à la maison avant que les fées ne circulent. Le chemin passe à travers plusieurs arbustes. Un homme avait coupé l'un d'eux, mais n'a pu le brûler. Il est tombé malade, conséquence de son geste. Le chemin passe aussi à travers deux maisons faites de murs en terre. Un homme s'y serait trouvé à l'heure où les fées passent: il en serait mort, les fées lui ayant lancé un sortilège pour s'être trouvé sur leur chemin. knockeencreen,chemins des fées,irlande

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Des propriétaires ont détruit les coins de leur maison pour ne pas entraver les chemins des fées et des cottages ont été détruits en s'assurant que les portes avant et arrière sont alignées, ce qui laisse le loisir aux propriétaires de les laisser ouvertes la nuit, facilitant ainsi le passage des fées.

Certains croient qu'une maison construite sur un chemin des fées serait le théatre de différents phénomènes paranormaux, dont les bruits la nuit. La malchance ou la maladie, tant chez les animaux que chez les humains, peut en résulter. Il serait possible de prévenir ces problèmes en allumant des feux le long des chemins des fées,mais l'allume-feu doit provenir du feu célébrant la naissance de Saint-Jean Baptiste, le 23 juin de chaque année au matin.


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Un conte folklorique traditionnel provenant du sud de Terre-Neuve au Canada, rapporte qu'un couple nouvellement marié, avait découvert qu'il avait construit sa maison sur un chemin fréquenté par le petit peuple. Il prit différentes mesures pour prévenir les problèmes pouvant résulter d'une telle situation. Il semble donc que le folklore féerique a rayonné en dehors de l'Europe, vers le Canada, ou qu'il y existe de façon native.


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11/04/2012

26 - LE CHANT DU LUTIN

 

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On raconte qu'il y avait quelque part en Irlande, un territoire interdit aux hommes, qui devait rester vierge et sauvage, parce qu'il appartenait à un lutin.

AGRICULTEURS, JARDINIERS 2.gifUn jour, un homme décida de cultiver ce champ interdit, et voulut alors retourner la terre. A peine eut-il prit sa pelle et commencé, qu'il entendit une petite voix malicieuse qui lui dit:

leprechaun marchant.gif" Mais qu'est-ce que tu fais là ? "

C'était un petit lutin qui venait de sortir d'un trou dans la terre.

" Eh bien, je viens labourer le champ, répondit l'homme.

- Et qui t'a donné la permission ? reprit le lutin.

- Personne, dit l'homme un peu stupéfait.

- Alors attend, dit le lutin, on va t'aider."

Et cent lutins apparurent, et l'aidèrent à retourner la terre.

AGRICULTEURS, JARDINIERS 2 (6).gifLe lendemain, l'homme voulut semer. A peine il eut voulu semer que la même petite voix lui dit:

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" Mais qu'est-ce que tu fais là ?

- Eh bien je plante, répondit l'homme.

- Et qui t'a donné la permission ?

- Personne !

- Alors attend, on va t'aider, dit le lutin."

Deux cent lutins apparurent alors, et l'aidèrent à semer son champ.

AGRICULTEURS, JARDINIERS 2 (8).gifLorsque le blé eut poussé, il faut le récolter, mais l'homme était malade, alors il demanda à son jeune fils. Quand celui-ci arriva devant le champs, il ne put résister: il cassa un épi pour gouter le blé.

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" Mais qu'est-ce que tu fais là, demanda alors le même petit lutin qui venait de surgir.

- Eh bien je goûte le blé, répondit le fils.

- Et qui t'a donné la permission ?

- Personne: c'est le champs de mon père, se défenditr l'enfant.

- Alors attend, on va t'aider, dit le lutin."

Et quatre cent lutins surgirent et mâchèrent tout le blé en quelques instants.

Quand le père vit cela, il rentra dans une violente colère, et se mit à frapper son fils qu'il aimait pourtant beaucoup.

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" Mais qu'est-ce que tu fais là, demanda le lutin qui une fois de plus venait d'arriver.

- Je frappe mon fils, qui a mangé tout mon champ, répondit l'homme furieux.

- Alors attend, on va t'aider, dit le lutin d'un ton dur."

Et huit cent lutins surgirent, et frappèrent l'enfant, jusqu'à la mort.


Alors, la mère arriva, et voyant cela, prit son enfant dans ses bras, et se mit à pleurer.

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" Mais qu'est-ce que tu fais là, lui demanda le lutin d'un air triste.

- Je pleure mon fils qui est mort, dit la mère en sanglotant.

- Alors attend, on va t'aider..."

Mille six cent lutins surgirent alors de terre, et se mirent à verser toutes les larmes de leur corp, pleurant l'enfant avec sa mère. Les larmes, si nombreuses, devinrent fleuves, et elles emportèrent la mère et son enfant.

Alors le père resta seul, hébété devant son champ dévasté et sa famille emportée. Un insecte le piqua, et il se gratta pour chaser la démangeaison. Le lutin lui demanda alors:

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" Mais qu'est-ce que tu fais là ?

- Je me gratte, parce qu'un insecte m'a piqué.

- Alors attend, on va t'aider, reprit le lutin."

Et trois mille deux cent lutins surgirent, et lui grattèrent la peau, puis la chair.

Finalement, les lutins le grattèrent jusqu'à l'os...


05/04/2012

FINDABAIR, LA BLANCHE FEE

Flèche début de texte.gifFindabair est un personnage de la mythologie irlandaise. Fille de la reine Medb et du roi Ailill Mac Mata, on conte son histoire dans de nombreux écrits tels que « La razzia des vaches de Cooley » (Táin Bó Cúailnge).

Findabair est décrite comme une jeune femme de grande beauté, aussi douce que désirable. Son nom signifierait « La Blanche Fée », et découlerait du prénom Guenièvre.

 

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D’après les écrits, Findabair tombe amoureuse de Fráech Mac Idath, un grand guerrier du Connaught. Celui-ci apprend la nouvelle, et désire la rencontrer à la cour. Il y fait la connaissance du roi Ailill Mac Mata et de son épouse, la reine Medb. Il passe alors 3 jours à jouer aux échecs avec ses souverains, passe d’heureuses heures en leur compagnie, puis finit par rencontrer Findabair un soir.


gif-mariage-12-gratuit.gifFráech Mac Idath tombe immédiatement sous le charme de Findabair, et lui propose de partir avec lui cette nuit-même. Celle-ci refuse, demandant à ce que le mariage soit fait dans le respect des traditions. Findabair et Fráech Mac Idath demandent alors aux parents de Findabair la permission de se marier. Ceux-ci acceptent, mais demandent en contrepartie sa participation à la razzia des vaches de Cooley, ainsi que le versement d’une dot si importante, que Fráech Mac Idath finira par refuser de payer.fetes_mariage041.gif


Outrés par ce refus, les souverains du Connaught tentent de se venger, en l’invitant à se baigner dans un lac alors habité par un monstre sanguinaire. Findabair vole à son secours, le sauve, puis parvient finalement à faire accepter à ses parents l’idée de se marier. Après leur mariage, Fráech Mac Idath s’acquitte de son obligation pour participer à la razzia des vaches de Cooley. Il meurt cependant après un combat d’une grande violence l’opposant à Cúchulainn.

 

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Findabair est alors sous l’emprise d’un terrible chagrin. Sa mère, machiavélique, commence à se servir de sa fille pour séduire les guerriers découragés qui participent à la la razzia des vaches de Cooley. En, échange de quelques nuits avec elle, ces guerriers doivent ensuite s’aquitter de missions servant les intérêts de la reine Medb. Elle est ainsi promise à Rochad Mac Fathemain, puis à Ferdiad.

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Findabair ne supporte plus cette situation, tente de protester, mais finit par mourrir de honte, lorsque celle-ci apprend qu’elle est finalement promise à plus de 10 rois du Munster.chevalier de droite.gif

 


04/04/2012

LA RAZZIA DES VACHES DE COOLEY

 

Irlande, Tara, les vaches de Cooley, contes et légendes

Irlande, Tara, les vaches de Cooley, contes et légendesTout démarre à Tara, dans la demeure royale de Crúachan. Le couple royal s’y dispute. La reine Medb et le roi Ailill, sont en effet en désaccord sur leurs prestiges respectifs. Medb affirme posséder bien plus de bien qu’Ailill, faire preuve d’un plus grand courage et de plus grandes vertus que lui.

 

En réponse, Aillil rétorque posséder bien plus de bien que son épouse, et commence à énumérer ses biens les plus précieux, pour tenter de prouver sa supériorité sur Medb.

 

Irlande, Tara, les vaches de Cooley, contes et légendes

Afin de prouver la supériorité de l’un sur l’autre, le couple royal du Connaught accepte donc de lister l’intégralité de leurs biens respectifs… La liste est alors gigantesque, allant des bijoux, jusqu’à la vaiselle, aux moutons, vaches, chevaux et porcs… En vain, car leurs biens sont en tout point équivalents, qu’il s’agisse de la reine Medb ou du roi Ailill. A l’exception d’un veau « Le Blanc Cornu », bel animal appartenant au roi Ailill.

Irlande, Tara, les vaches de Cooley, contes et légendes

 Afin de pouvoir tenir la comparaison, Medb décide alors de trouver un animal de la même carrure. Elle apprend qu’il en existe un en Ulster possédé par Däre, et décide d’aller le chercher. Ce taureau, nommé « le Brun de Cooley » est tout à fait énorme et Medb demande à Däre de le louer en échange de 50 génisses, et d’un char. Däre accepte donc dans un premier temps le marché. Mais tard dans la soirée, il apprend qu’en cas de refus, on lui aurait prit le taureau par la force. Face à cette attitude, Däre revient donc sur sa décision, et refuse de céder son animal.

 

Irlande, Tara, les vaches de Cooley, contes et légendes

Face à ce refus, Medb organise une véritable expédition armée pour envahir le royaume d’Ulster, et obtenir le taureau de Cooley. Mais une prophétie avertit l’armée, en annonçant qu’ils devront affronter un homme dénommé Cúchulainn qui anéantira leur projet dans un bain de sang.

 

 

Irlande, Tara, les vaches de Cooley, contes et légendesCúchulainn est d’ailleurs le premier à découvrir la volonté de Medb pour arracher le Taureau de Däre. A peine ayant aperçu les armées se diriger vers l’Uslter, qu’il part donner l’alerte avec Sualtam. Démarre alors une bataille féroce. Cúchulainn décapite les 2 fils de Nera, et envoie leur cadavres à Medb. Le lendemain, Cúchulainn n’hésite pas à faire face aux armées gigantesques de Medb et assassine brutalement Orlàm, et les 3 fils d’Arach. S’ensuit alors une troisième journée, où cette fois-ci 100 guerriers périrent sous la lame du puissant Cúchulainn. Tard dans la nuit, l’armée tente pourtant de le surprendre, mais 100 guerriers périssent encore de sa main.

 

Irlande, Tara, les vaches de Cooley, contes et légendes

Irlande, Tara, les vaches de Cooley, contes et légendes

Devant ces défaites répétées, Medb tente de soumettre Cúchulainn par la corruption. Argent, bijoux, proposition d’enrôlement… Rien n’y fait, et Cúchulainn reste insensible aux richesses proposée par la reine.

 

Irlande, Tara, les vaches de Cooley, contes et légendesExcédée, Medb envoie de nouveau 100 guerriers contre le héro de l’Ulster. Rien n’y fait : Cúchulainn assassine par 100 les soldats venus l’affronter. On décide alors de changer de stratégie, et de faire affronter un soldat par jour au guerrier invaincu pour gagner du temps.

 

S’ensuit alors de nombreux combats toujours remportés par Cúchulainn. Pendant ce temps, le taureau de Cooley et 50 génisses sont capturées par Buide, fils de Bain Blai. Furieux, Cúchulainn reprend de plus belle ses combats. Les guerriers du camps adverse ont de plus en plus peur de lui. Et Medb doit rivaliser d’intelligence pour les séduire et en enrôler de nouveaux. C’est à grand renfort de promesses, d’alcool et de caresses prodiguées par Findabair qu’elle parvient à ne pas dégrossir dangereusement le nombre de ses soldats.

 

Irlande, Tara, les vaches de Cooley, contes et légendesIntervient alors Lug, un Dieu Suprême, qui vient rendre visite à Cúchulainn. (Lug est en vérité le père « divin » de Cúchulainn.) Ce Dieu se rend donc au campement de son fils, soigne ses blessures à l’aide plantes du Sidh, et veille sur lui pendant son rétablissement (Cúchulainn dormit 3 jours et 3 nuits). Après avoir récupéré en force, le héro fait atteler son char, et se lance dans un des pires combats du récit : le massacre est si grand, que l’on raconte que l’on ne voyait plus l’herbe tant celle-ci était recouverte de cadavres. Le bilan est réellement meurtier : on dénombre alors plus de 150 rois assassinés, et plus d’un tiers des soldats blessé.

 

Irlande, Tara, les vaches de Cooley, contes et légendes


Irlande, Tara, les vaches de Cooley, contes et légendesMedb décide de mettre en place une nouvelle stratégie : elle tente de convaincre Ferdiad, un ami de Cúchulainn à l’affronter au cours d’un duel. Celui-ci accepte après avoir été séduit par l’alcool, les promesses et les caresses de Findabair. Le combat est alors d’une rare violence : à un tel point que la rivière change de cours durant la bataille. le combat dura 3 jours, jusqu’à ce que Cúchulainn décapite Ferdiad, malgré un coup reçut dans la poitrine.

 

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Rochad Mac Fathemain vient alors aider Cúchulainn, et tente de mener des batailles à ses côtés. Findabair tente alors de passer la nuit avec cet homme pour négocier une trêve avant la bataille de Gárech et Ilgárech. Les princes de Munster à qui la main de la princesse avait été promises apprennent alors les agissements de celle-ci, font un véritable scandale et Findabair meurt de honte.

 

Irlande, Tara, les vaches de Cooley, contes et légendesCúchulainn est à ce moment là éreinté et épuisé. Ses blessures le laissent sans force. Il demande alors à son père terrestre, Sualtam d’aller chercher de l’aide auprès des Ulates. Le roi Conchobar finit par répondre à cet appel et forme une gigantesque armée composée de 3000 chars, et de cavaliers en nombre équivalent. La première confrontation fait alors perdre à Medb plus de 800 soldats.

 

Après de nombreuses batailles, les Ulates finissent par remporter le dernier mot, et chassent Medb et son armée en leur ordonnant de rentrer chez eux. Seul Cúchulainn n’a pas put assister à la dernière bataille, suite à ses blessures trop importantes.

 

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Entre temps, le taureau de Cooley avait pu être amené face au taureau d’Ailill. Ces 2 animaux se bâtirent alors, jusqu’à ce que le taureau de Cooley mit à mort son adversaire. Celui-ci rentra alors chez lui, auprès de Däre.

 

 

Irlande, Tara, les vaches de Cooley, contes et légendes

 

nb: La Razzia des Vaches de Cooley est un texte issu de la mythologie irlandaise. Bien que ces origines remontent à la période protohistorique, la version manuscrite ne fut cependant écrite qu’au XIeme siècle. Celui-ci est aujourd’hui considéré comme le texte fondateur de la mythologie irlandaise…

Irlande, Tara, les vaches de Cooley, contes et légendes

 

 

 

22/03/2012

LA REINE MAEVE A KNOCKNAREA

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Knocknarea, reine Maeve, légende d'irlandeDu haut de ses 327 mètres, Knocknarea Moutain (Cnoc na Ri, en gaëlique) domine la péninsule. Sa forme de baignoire renversée rappelle étonnament le Benbulben, autre montagne symbolique du Comté de Sligo, à seulement quelques kilomètres de là.

Le sommet de la montagne est accessible en 45 minutes de marche depuis un parking entre Sligo City et Carrowmore.


Knocknarea, reine Maeve, légende d'irlande

Au sommet, on découvre la tombe de la reine Maeve (ou Medb), un cairn âgé d'environ 6.000 ans, mesurant 55 mètres de long et 10 mètres de haut. Il est ainsi le plus grand cairn d'Irlende, en dehors de ceux de la vallée de la Boyne.

Des chercheurs ont calculé que l'ensemble des pierres utilisées pour construire le cairn, représente environ 40.000 tonnes.

Knocknarea, reine Maeve, légende d'irlande

Knocknarea, reine Maeve, légende d'irlande

La tradition raconte que la reine Maeve, reine guerrière du Connaught dans la mythologie irlandaise, y est enterrée debout, tournée vers le nord, face à ses ennemis d'Ulster.

Knocknarea, reine Maeve, légende d'irlande

Le bon état de préservation du cairn est d'ailleurs sans doute dû en partie à la réputation guerrière de la reine que les pilleurs n'avaient pas envie de fâcher. Il n'en a malheureusement pas été ainsi pour les nombreux autres monuments du Néolithique qui entourent la tombe de la reine Maeve.

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21/03/2012

BALOR LE CYCLOPE

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Comme de nombreuses îles autour de l'Irlande, l'Île de Tory, située au large du Donegal, abrite le peuple mystérieux des Fomorés.

Ce peuple de géants entourés de forces obscures est mené par Balor, un roi cyclope dont le regard porté par son unique oeil avaitnpouvoir de mort.

Pour échapper à la prohétie selon laquelle il serait tué par son propre petit-fils, Balor enferma sa fille Ethlinn dans une tour sur l'Île de Tory. Aidé par la druidesse Birog, Cian réussit à atteindre Ethlinn. De leur union, naquit le dieu Lug.

DEMNé, FILS DE CUMAL

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"Les Slieve Bloom" ou Bladma, du nom d'un envahisseur milésien, sont une chaîne de montagne située à l'ouest de Dublin, près de Port Laois, et furent le théatre de nombreuses légendes.

En particulier, dans ses forêts, Muirné donna naissance à Demné - le daim, fils de Cumal.

Il y fut caché et recueilli par les magiciennes Bodnall et le Grise de Luachair, pendant toute son enfance, et prit ensuite le nom de Finn - le beau, le bien-né.

LA TOMBE DE LA REINE SCOTTA

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"La légende des Milésiens", dont les irlandais seraient les descendants, raconte que ce peuple venu d'Espagne arriva en Irlande vers 1000 ou 1500 ans avant JC.

Guidés par leur reine Scotta, fille de pharaon et veuve du roi scythe Milesius, ils auraient affronté sur les versants des Slieve Mish dans le Kerry, la tribu des Tuatha de Dânaan.

Au cours de cette bataille, la reine Scotta fut tuée. Les Milesians remportèrent pourtant la victoire et s'installèrent définitivement en Irlande. Perdue dans un bois de chêne, on peut aujourd'hui se recueillir sur la tombe de la reine, mais encore plus sacrée, une pierre gravée en caractère oghamique, isolée en plein champ, indique le lieu exact où tomba la reine.

LA COLLINE DE TARA

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Située dans le comté de Meath, non loin de Dublin, la "ville" de Tara abritait un palais qui était le siège des rois pré-chrétiens.

Cormac Mac Airt fut le roi le plus fameux pour son caractère divin et son sens de la justice.

C'est à Tara que se trouve l'un des Talismans, la pierre de Fal, apporté par le peuple divin des Tuatha Dé Dânann.

07/03/2012

LE DON DU FANTÔME

 

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le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoDans l'ancien temps, il y avait un homme qu'on appelait Paîdin Ruadh O'Kely et demeurait au pied de la colline du Petit-Nêifin. Il était marié, mais il n'avait eu qu'un seul enfant, une fille, qui était malheureusement aveugle. Les gens du voisinnage appelaient cette fille Nora Dall ("Nora l'aveugle) et murmuraient qu'elle entretenait des rapports avec les bonnes gens (dénomination souvent usitée en Irlande pour désigner les fées et les êtres surnaturels qui vivent dans les profondeurs des tertres mégalithiques), car on la voyait toujours la tête dressée vers le ciel, comme si elle écoutait des voix que personne ne pouvait entendre.

 

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le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoIl faut dire que Paîdin Ruadh était lui-même bien étrange. Il ne possédait que deux acres de terre autour de sa maison, et il était très pauvre, car sa récolte de pommes de terre était bien maigre. Mais, chaque nuit, qu'il fit froig ou chaud, humide ou sec, il sortait de chez lui et s'en allait rôder dans la campagne. En fait, il ne savait pourquoi il agissait ainsi: quand on lui en demandait la raison, il répondait toujours qu'une force irrésistible le poussait à s'en aller ainsi dans la profondeur de la nuit et qu'il lui était impossible de demeurer immobile et allongé sur son lit.

 

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le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoEn ce temps-là, les gens croyaient que tous les lutins et les fantômes de la terre sortaient pendant la nuit de Samain (le 1er novembre) pour gâter les mûres, et, assurément, personne n'aurait mis la moindre mûre dans sa bouche après cette date-là. Mais Paîdin n'avait pas peur des bonnes gens, et ce n'était pas la nuit de Samain qui l'aurait empêché de sortir de chez lui et d'aller très loin à travers les collines.

 

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Donc, une nuit de Samain, Pâidin sortit de sa maison, comme il en avait l'habitude, et il marcha longtemps jusqu'à ce qu'il arrivât auprès d'une vieille église entourée du cimetière. La lune était dans son plein et elle donnait une belle lumière, car le ciel était sans nuage. Comme il entendait un bruit de branches froissées, Pâdin regarda en l'air et vit un grand homme qui sautait d'arbre en arbre. Tous les cheveux qu'il avait sur la tête se dressèrent tout à coup et il sentit qu'une sueur froide lui coulait sur tout le corps. Il ne pouvait même plus mettre un pied devant l'autre tant il était saisi de frayeur. Le fantôme sauta à terre. Il avait des jambes longues et maigres, et l'on voyait presque à travers son corps. Il s'arrêta devant Pâidin et lui dit:

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" N'aies pas peur de moi, je ne te ferai aucun mal. Je sais que ton courage est grand et c'est pourquoi je vais te faire voir la troupe de fées de Connaught qui joue à la balle contre la troupe des fées de Munster au sommet de la colline du Grand-Nêifin. Je ne pense pas que tu puisses le regretter."

 

le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoSur ce, il saisit Pâidin par les deux mains, le jeta sur son dos comme on jette un sac plein d'orge, sauta sur l'arbre et, ensuite, de branche en branche, parvint au sommet du Grand-Nêifin. Il déposa doucement Pâidin sur un rocher.

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La troupe des fées de Connaught ne tarda pas à arriver. Elle fut suivie par celle des fées de Munster. Elles se mirent à jouer à la balle en présence de Pâidin et du fantôme, et jamais un homme vivant  n'avait contemplé un spectacle aussi amusant. Pâidin riait aux éclats et en prenait mal aux côtes. A la fin, le roi des fées de Connaught s'écria:

" Fantôme des arbres ! selon toi, quelle est la troupe qui a gagné la partie ?

- Assurément, c'est la troupe des fées de Connaught ! répondit  le fantôme.

- Tu es en train de dire un mensonge ! s'écria alors le roi des fées de Munster. Nous allons combattre avant d'abandonner la partie à ceux de Connaught."

 

le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoIls commencèrent à se battre les uns contre les autres, et ce ne fut pas une mince affaire: ils ne luttaient pour rire et biend es crânes furent brisés, ainsi que des bras et des jambes, à cette occasion. L'herbe de la colline en devint toute rouge de sang. A la fn, le roi des fées de Munster leva les bras au ciel et s'écria d'une voix forte:

" Paix ! Je vous cède la victoire cette fois-ci, mais je vous assure que nous combattrons de nouveau pendant la nuit de Beltaine (1er mai) ! "

le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoAlors le fantôme des arbres dit aux deux rois:

" Payez cet homme que j'ai amené ici, car, sans sa présence, vous n'auriez pas pu jouer à la balle.

- C'est juste, dit le roi des fées de Connaught. Je vais lui donner une bourse remplie de pièces d'or.

- Je ne serai pas en reste, dit le roi des fées de Munster. Je lui donnerai, moi aussi, une bourse remplie de pièces d'or. "

 

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le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoTous deux s'approchèrent de Pâidin et lui tendirent chacun une bourse Puis, brusquement, les deux troupes disparurent.

" Te voici avec beaucoup d'argent maintenant, dit le fantôme à Pâidin. Y a-t-il autre chose que tu aimerais avoir ?

- Oui, en vérité, répondit Paîdin. J'ai une fille qui est aveugle de naissance, et je voudrais bien qu'elle pût voir clair.

- Ce n'est pas difficile. Elle verra clair demain, avant que le soleil ne se couche. Mais il faut que tu suives mon conseil. Il y a un petit buisson qui pousse sur la tombe de ta mère. Prends-en une épine et enfonce-la derrière la tête de ta fille. Elle y verra aussi bien que toi. Mais si jamais tu dévoiles ton secret à n'importe quel être humain, elle redeviendra aveugle pour toujours. Il est temps à présent de quitte cet endroit, car, avant que tu retournes chez toi, je voudrais te montrer ma demeure."

le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoIl prit Paîdin par les deux mains et le jeta sur son dos, comme la première fois, et il se remit à sauter de branche en branche jusqu'à ce qu'il eût regagné le grand arbre, près de la petite église, au milieu du cimetière. Il déposa doucement Paîdin au pied de l'arbre, puis il souleva l'arbre, découvrant ainsi un grand trou dans la terre.

" Suis-moi, dit le fantôme en s'engageant dans l'ouverture."

le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoIls descendirent un bel escalier de pierre et arrivèrent à  une grande porte. Le fantôme ouvrit la porte et ils entrèrent. Quand Pâidin regarda autour de lui, il vit un grand nombre de gens qu'il avait connu autrefois et qui, depuis, étaient morts, tant de sa famille que de son voisinnage, et cela depuis bien des années. Quelques-uns souhaitèrent la bienvenue à Pâidin et lui demandèrent quand et comment il était mort.

 

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" Mais je ne suis aps encore mort ! leur répondit-il.

- Tu plaisantes ! s'écrièrent-ils. Si tu n'étais pas mort, tu ne serais pas ici au milieu de la troupe des trépassés.

- Ne crois pas ces gens-là, dit le fantôme, car ils ne comprennent rien à ce qui se passe. Tu as encore une longue vie devant toi. Viens avec moi, maintenant, avant que tu retournes chez toi. Je vais te donner un petit pot: à n'importe quel moment, quand tu auras besoin de nourriture et de boisson, frappe-le trois fois et prononce ces paroles:

                   " Nourriture et boissson, et gens de service ! "

Tu auras alors tout ce que tu pourras désirer. Mais si jamais tu te sépares de ce pot, tu t'en repentiras. Je vais également te donner un petit sifflet: n'importe où que tu sois, si tu es dans la détresse et le danger, souffle dedans, et tu seras secouru. Mais, sur ton âme, ne t'en sépare jamais, car tu t'en repentiras amèrement."

le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoLà-dessus, il reprit Pâidin par les mains, le mit sur son dos et le reconduisit sur la route qui menait à sa maison. Il le laissa à un carrefour et lui dit encore:

" Sur ton âme, ne raconte à personne ce que tu as vu cette nuit, car tu aurais à t'en repentir, et je ne pourrai plus rien pour toi."

le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoPâidin s'en retourna chez lui, à la pointe du jour, et sa femme lui demanda où il avait passé la nuit. Il répondit simplement qu'il n'avait pas flâné, mais il déposa le petit pot sur la atble et prononça "Nourriture et boisson".

Rien ne se produisit. Pâidin était sur le point de maudire le fantôme qui lui avait raconté des mensonges, quand il se souvînt qu'il avait omis de frapper les trois coups sur le pot. Il donna donc trois coups avant de prononcer les paroles magiques et, aussitôt, deux jeunes femmes sautèrent hors du pot, mirent la table et y placèrent toutes sortes de choses bonnes à boire et à manger. Pâidin, sa femme et aussi Nora Dall mangèrent et burent  tout leur content, et quand ils eurent fini, les deux jeunens femmes desservirent la table, rangèrent tout soigneusement et rentrèrent dans le pot où elles disparurent immédiatement.

 

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" Nora ne sera plus longtemps aveugle. Je vais la guérir sans retard, mais je t'en prie, ne me demande pas de renseignements à ce sujet, car il m'est interdit de t'en donner ! si je le faisais, elle redeviendrait aveugle comme avant.

 

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- Tu te moques de moi ! s'écria la femme. Tu sais bien  qu'elle est aveugle de naissance et que personne n'y peut rien !

- Attends de voir, dit Pâidin, et tu parleras autrement."

le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoIl sortit aussitôt de la maison et s'en alla au cimetière. Il ne s'arrêta pas tant qu'il ne fût pas arrivé près de le tombe de sa mère. Il y avait en effet un buisson émineux qui se développait au-dessus de la tombe. Pâidin cueillit une épine et retourna chez lui. Il saisit Nora et il enfonça l'épine qu'il venait de prendre dans la nuque de sa fille. Celle-ci poussa un grand cri et dit:

" Je vois tout !"

le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoLa mère fut saisie de stupeur et pouvait à peine croire à ce prodige. Quand elle eut pleuré de joie, elle dit à Pâidin:

 

" L'amour et la chaleur de mon coeur, c'est toi, Pâidin,mon époux. Tu es vraiment l'homme le meilleur que je connaisse au monde !"

 

le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoLe bruit se répandit dans le voisinnage que Nora Dall n'était plus aveugle et ne méritait plus son nom. Les gens en téaient bien étonnés. Mais le bruit se répandit aussi que Pâidin était devenu riche. Or, pour qu'il fût devenu riche, il fallait bien qu'il fût de connivence avec les bonnes gens, c'était évident. On commença à raconter des histoires à propos de Pâidin, et nombreux furent ceux qui l'envièrent et qui voulurent lui causer du tort. Certains finirent par dire qu'il n'était pas juste qu'il fût en vie, ils imaginèrent un complot pour le tuer. Heureusement, parmi eux, il y avait un homme qui ne voulait pas qu'il arrivât du mal à Pâidin. C'était son propre beau-frère, et il vint le prévenir de ce qui se tramait. Pâidin ne se troubla pas. Il mit le sifflet à sa bouche et souffla dedans. Peu de temps après, il entendit murmurer à son oreille:

" Sors de ta maison et cueille les herbes qui sont dans ton jardin, le long du mur de ta grange. Manges-en tant que tu pourras et distribue le reste à ta femme et à ta fille pour qu'elles fassent de même. Chacun de vous trois aura autant de fois la force d'un homme qu'il y a de cheveux sur vos têtes. Avec le maillet qui est sur le mur de ta maison, tu peux vaincre tout ce qu'il y a d'hommes dans l'ensemble de ta paroisse. Mais prends  bien soin de faire manger ces herbes à ta femme et à ta fille, et surtout, ne révèle à personne les secrets dont tu disposes."

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le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoAu matin suivant, les hommes et les femmes du village vinrent pour tuer Pâidin. Ils répétaient partout que Pâidin était un homme-fée et qu'il tenait sa richesse du grand diable de l'enfer. Ils entourèrent la maison de Pâidin et dirent que, s'il ne sortait pas, ils brûleraient la maison au-dessus de sa tête. Pâidin vint à la porte, leur dit de retourner chez eux et de le laisser en paix, car il n'avait commis aucun tort envers eux. Mais ils étaient exaltés et si furieux que rien ne pouvait les satisfaire, formisle meurtre de Pâidin. Ils se lancèrent à l'assaut de la maison, espérant y mettre bientôt le feu. Mais Pâidin saisit le maillet, sa femme un manche de bêche et sa fille un ribot de baratte, et tous trois se ruèrent contre les assaillants. Ils ne furent pas longtemps à les mettre en déroute, laissant derrière eux une bonne partie des leurs, le crâne fendu ou les os rompus. Et, depuis ce jour, les habitants du village se gardèrent bien de le provoquer ou de lui causer le moindre tort. Ainsi vécurent heureux Pâidin, sa femme et sa fille.

le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoMais comme tout a une fin, il fallut bien qu'un jour la femme de Pâidin parlât du petit pot à l'une de ses voisines. Celle-ci, bien qu'ayant promis le secret sur cette affaire, ne put s'empêcher d'en parler à une autre femme, de sorte que l'histoire, de bouche à oreille, parvint au seigneur qui possédait la terre. Celui-ci vint trouver Pâidin et lui dit:

" J'ai entendu raconter des merveilles au sujet d'un petit pot que tu as. Montre-le moi, ou sinon, je te fais brûler pour sorcellerie."

Pâidin ouvrit son coffre et en sortit le petit pot que lui avait donné le fantôme.

" Fort bien, dit le seigneur, mais qui me prouve que tout cela n'est que vantardise. Montre-moi la vertu qui est dans ce pot."

le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoPâidin frappa trois coups sur le pot et prononça les paroles qu'il fallait. Aussitôt, les deux jeunes femmes sautèrent hors du pot et mirent la table, avec la nourriture et la boisson par-dessus, devant Pâidin et le seigneur.

" Sur ma foi, dit celui-ci, voilà un pot qui  est bien utile. Et puisque je suis ton seigneur, il serait juste que tu me le prêtes ! je dois recevoir des gentilshommes un jour de la semaine prochaine, et je pourrai ainsi les traiter comme il se doit."

 

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 Pâidin réfléchit à ce qu'il convenait de faire. Il était bien ennuyé, car il ne pouvait guère refuser son assistance à son seigneur.le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayo

" Ce pot n'aurait aucun vertu si je n'étais pas présent, dit-il enfin.

- Qu'à cela ne tienne ! s'écria la seigneur. Tu peux te joindre à nous et tu seras le bienvenu ! la seule chose que je te demande, c'est d'être bien habillé ! "

le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoLe lendemain, Pâidin acheta un nouveau vêtement complet et, quand il l'eut mis, il avait si belle allure qu'il s'en fallut de peu que sa femme et sa fille ne le reconnussent point. Mais elles ne purent s'empêcher de l'admirer.

Le jour dit, au petit matin, il prit avec lui son petit pot et alla jusqu'à la maison du seigneur. Il y avait là une grande quantité de gentilshommes venus de tout le pays avoisinnant. Le seigneur fit entrer Pâidin et son petit pot dans le grand salon.

" Fais préparer de la nourriture et de la boisson afin que je sache s'il y en aura assez pour rassasier ces gentilshommes."

le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoPâidin frappa trois coups sur le pot et prononça les paroles qu'il fallait, en n'oubliant as d'ajouter  "et les gens de service" Sur-le-champs, six jeunes femmes sautèrent hors du pot. Elles dressèrent la table et y disposèrent toutes sortes de choses, les meilleures qu'on eût pu trouver à  la cour du roi.

 

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Le seigneur fit alors annoncer que le repas était prêt. Les gentilshommes qu'il avait invités furent pleins d'admiration quand ils virent la belle table et tout ce qui se trouvait dessus. Ils mangèrent et burent à satiété, mais bientôt un sommeil lourd s'empara d'eux.

 

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le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoQuand ils se réveillèrent, le toit de la maison avait disparu sans qu'on pût savoir ce qu'il était devenu. Ils se demandèrent ce qu'ils étaient venus faire en cet endroit dévasté et s'en retournèrent chez eux, furieux contre le seigneur qu'ils accusaient de s'être moqué d'eux.

le don du fantôme,samain,beltaine,comté de mayoQuant à Pâidin, il était bien le plus ennuyé de tous. Car il eut beau chercher son petit pot, ainsi que le sifflet dont il ne se séparait jamais, il ne les trouva pas, et il s'en retourna chez lui, honteux et confus. Il redevint aussi pauvre  qu'il l'avait été. Pendant que lui-même, le seigneur et tous les invités plongés dans le sommeil de l'ivresse, les bonnes gens étaient venues et avaient emporté le tout. Ainsi tomba le malheur sur Pâidin parce qu'il n'avait pas su garder le secret  sur les choses merveilleuses dont lui avait fait don le fantôme des arbres.


NB: ce conte gaélique recèle ne nombreuses allusions à des thèmes celtiques, notamment la référence aux deux principales fêtes du calendrier celtique (Samain et Beltaine). On y retrouve la croyance que "les bonnes gens", ie le peuple féerique ou divin des Tuatha Dé Danann (peuple de la déesse Dana), le thème mélusinien par excellence ou 'linterdiction de parler des merveilles à tous ceux qui sont ou bien indignes de les posséder ou bien eux-mêmes incapables d'en comprendre le sens, le petit pot magique fait référence au chaudron celtique....



18/01/2012

La Chaussée des Géants

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381698_273922506002408_138630262864967_736634_1270143691_n.jpg              La Chaussée des géants, Comté d'Antrim, Ireland

En irlandais: " Clochan na bhFomharach " signifiant "le petit tas de pierres des Fomoires".

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hermines début de texte.gifLa Chaussée des Géants est un ensemble de 40 000 colonnes basaltiques hexagonales formant une chaussée descendant doucement vers la mer. Elle sont si parfaitement emboîtées les unes dans les autres qu’on comprend aisément que nos ancêtres y voyaient une création de personnages légendaires ! Mais la formation de ce site exceptionnel est bien naturelle : elle est le résultat d’un brusque refroidissement de coulées de roches éruptives il y a 50 à 60 millions d’année, l’érosion dessinant ensuite ces surprenantes formes hexagonales.

 

hermines début de texte.gifCette curiosité géologique est interprétée par différentes légendes locales.

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hermines début de texte.gifL'une d'elles, raconte que les deux géants FinnMacCumhaill du côté de l'Irlande et Fingal de l'autre côté de la mer en Ecosse, voulaient s'affronter.

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Finn commença à construire sa chaussée pour traverser la mer quand son rival arriva brusquement. Saisi par l'immensité de ce géant beaucoup plus grand que lui, il imagina une ruse en se cachant dans un landeau et en se faisant passer pour un enfant.

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hermines début de texte.gifLe géant écossais découvrant un nourrisson aussi grand, supposa que son père devait être tellement énorme qu'il valait mieux s'enfuir. Il prit ses jambes à son cou et s'en retourna dans ses terres d'Ecosse, en prenant soin de démonter la chaussée pour que l'irlandais ne risque pas de rejoindre son île.

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Fintan et l'aigle de l'île d'Achill

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381844_271641342897191_138630262864967_728682_1292475928_n.jpg           Île d'Achill, Comté de Mayo, Ireland

 

     Cette île du Comté de Mayo est habitée par un aigle.

aigles-01.gifDe nombreuses légendes évoquent cet oiseau mythique. L'une d'elles reprend sa rencontre avec Fintan, au cours de laquelle l'aigle explique qu'il est le plus ancien animal, et donc qu'il fut témoin de toute l'histoire de l'Irlande.

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Curoi, chef de clan contre le celte Cuchulainn

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374857_271630876231571_138630262864967_728655_1758829121_n.jpg  Caherconree, Comté du Kerry, Ireland

Caherconree, dans le Kerry, touche à un personnage mythique important: le grand chef de clan Curoi.

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hermines début de texte.gifCe guerrier considéré comme un demi-dieu, doué de pouvoirs magiques, vivait dans un fort situé en haut du versant de Caherconree, à l'est de la chaîne des Slieve Mish. Il avait le don de protéger son repaire en l'encerclant à distance, d'un mur tournant.

hermines début de texte.gifRéputé aussi pour sa grande force physique, la légende raconte son combat victorieux contre Cuchulainn. Il lui infligea un des plus grands affronts que puisse subir un guerrier celte, en lui coupant ses cheveux.

 

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Aujourd'hui, après avoir traversé quelques bois, on peut atteindre le haut de Caherconree à la rencontre de fort Curoi. Les alentours sont réputés être parcourus d'apparitions et de phénomènes magiques, en particulier quand le brouillard se lève.

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Diarmuid & le Sanglier Fantastique

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374807_273017802759545_138630262864967_733266_1467960008_n.jpg          Ben Bulben, Domté de Sligo, Eire

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De nombreuses légendes sont liées au Ben Bulben, la plus célèbre étant celle de Diarmuid Ua Duibhne, un membre des Fiannas, ces soldats et chasseurs au service du roi d'Irlande au IIIème siècle.

          

hermines début de texte.gifDepuis son enfance, un geis (incantation magique pronopncée par un druide) lui interdisait de tuer un sanglier, sous peine de mourir à son tour. Une sombre histoire de famille:

La mère de Darmuid mui avait donné un demi-frère illégitime, tué par le père de Darmuid, puis transformé en sanglier pour échapper à la mort. Ce sanglier fantastique errait dans les forêts autour de Ben Bulben, dans l'attente du moment propice pour tuer Diarmuid...

 

hermines début de texte.gifL'occasion se présenta lors d'une chasse organisée par Finn McCool, chef des Fiannas, près de Ben Bulben. Lors de cette chasse, Diarmuid se retrouva face au sanglier fantastique, son demi-frère, qui lors d'un terrible corps à corps transperça son coeur d'un coup de défense.

Le sanglier fantastique était mort, Diarmuid agonisait, le geis se réalisait... Finn McCool avait pourtant le pouvoir de ramener Darmuid à la vie en le faisant boire de l'eau de source dans ses mains. Mais malgré une réconciliation récente il n'avait jamais vraiment pardonné à Diarmuid de mui avoir enlevé sa future femme Grainne, 16 ans plus tôt. Par deux fois il laissa l'eau s'écouler entre ses doigts. Quand il se ravisa et consentit à nouveau à sauver sona ncien ennemi, il était trop tard. Diarmuid avait rendu l'âme...

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hermines début de texte.gifOn raconte que Diarmuid et sa bien-aimée Grainne reposent désormais pour l'éternité quelque part sur la montagne.

 

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05/03/2011

LE SAUMON DE LA SAGESSE

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Un jour pas comme les autres, à force d'être à l'affût et en observant le miroitement de l'eau, Finégas le prit en son filet et demanda à son apprenti Finn Mac Cumail de le faire cuire pour lui:

 

  Le Saumon de la Sagesse, est à l'origine, un saumon ordinaire qui nageait dans les eaux celtiques d'Irlande "le Boyne" ou "la rivière Shannon".

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          Un jour, tomba en ce fleuve neuf glands de l'Arbre du Savoir, si bien que le saumon, se trouvant là, les mangea.Il devint énorme et acquiert tout le savoir du monde et devenant plus sage que les hommes.Il était dit, que la première personne qui mangerait sa chair, entrerait en possession de ce savoir....

 

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     C'est alors qu'un poete nommé Finégas, voulait manger absolument ce saumon de la sagesse pour en avoirtous les bienfaits, et durant sept longues années, il tenta de l'attraper.

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Le Saumon étant trop sage pour se faire manger, se faisait dur à être pêcher: car non seulement il était sage, il était tout aussi malin. Il se savait convoité. C'était le saumon rouge et argent que l'on voyait parfois nager dans le fond de la Boyle et qui ne se laissait attraper par personne et encore bien moins par un mortel.

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 "Maintenant Finn, tu dois me le préparer, fais le cuire dans de l'eau bouillante avec des herbes sacrées. Mais surtout, tu ne dois en aucun cas le goûter; car il est dit que celui qui le mange en premier, s'empare de toutes les connaissances. Je veux être le premier, m'entends-tu ?"

 

Alors Finn acquiessa de la tête et obéît à son maître.

Il fit bouillir de l'eau, en y ajoutant moult d'herbes sacrées et le saumon, qu'il fit cuire pendant des heures, tout en remuant avec délicatesse.

 

Lorsque l'eau se mit à bouillir, une éclaboussure brûla Finn, qui aussitôt se suça le doigt pour calmer la douleur de cette brûlure.

 

Son maître arriva, et lui demanda:

 

"As-tu préparé le saumon Finn, comme il se doit?

 

- Oui maître! Je l'ai préparé, sans y goûter, comme tu me l'avais demandé!"

 

Finégas, le déposa dans une assiette en se disant à voix muette: enfin, à moi toutes les connaissances et toute la sagesse du monde. Mais, à son grand désespoir, il ne se passa rien. Que pouvait-il donc se passer ?

 

Il se retourna vers son apprenti et lui dit sur un ton suspicieux:

 

"Est-ce toi malotru qui a mangé un morceau de ce poisson?

 

-Oh non maître, ce n'est pas moi, je n'ai fais que le cuire !

 

-Y-as-tu goûté par une maladresse quelconque ?

 

-Euh! Peut-être qu'oui, lorsque celui-ci me brûla!

 

-Ah non! " s'écria Finégas. Alors c'est toi qui a reçu toute la sagesse et toutes les connaisances du monde.

 Elles te sont maintenant louées sois-tu, demi-dieu car en plus d'être dieu, tu as la sagesse en toi."

 

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MORALE

 

Il faut toujours s'occuper soi-même de ses affaires, au lieu de se les défaire car là, la preuve en est, le mérite revient à celui qui l'a fait.

 

Ces connaissances et cette sagesse exceptionnelles ont permis à Finn de devenir le chef des Fianna (groupe gueriers mythique défenseur du roi d'Irlande). Il est dit qu'il suffisait à Finn de sucer son doigt pour ainsi accéder au savoir du saumon de la sagesse.

 

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08/05/2008

Le Roi Sans Royaume

irlandeAutrefois, l’Irlande connut une troupe de guerriers à nuls autres pareils. On les appelait les Fiana.

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Aucun jeune homme, aucune jeune fille ne pouvait prétendre s’y joindre sans démontrer sa valeur. Pour éprouver le candidat, on l’enterrait jusqu’à la taille et il devait s’y dégager tout en se protégeant avec son bouclier des javelots lancés contre lui par neuf guerriers. Ensuite il devait échapper à travers la forêt à une meute de poursuivants, sachant qu’il serait éliminé si, arrivé au but, sa peau nue portait une seule égratignure, si une branche avait dérangé sa coiffure, ou encore si un morceau de bois mort avait craqué sous son pied. guerrier coup d'épéeBien entendu on lui demandait de sauter plus haut que son front et de se couler sans toucher le sol sous une barre placée a hauteur de ses genoux, mais cela, c’est la moindre des choses. Enfin, il devait arracher une épine plantée dans son talon sans ralentir sa course.

guerrier 2épées

Si le candidat franchissait ces épreuves, il était admis à suivre l’entraînement qui, au bout de plusieurs années, ferait de lui un véritable Fiana. C’est dire si ce titre était recherché, et quel respect entourait ces guerriers.

guerrier hache

Ils avaient à leurs tête un roi, mais celui-ci, s’il disposait de quelques forteresses, n’avait pas de territoire. Aussi se mettait-il au service d’autres souverains, et en particulier le Haut-roi d’Irlande, qui siégeait dans la cité de Tara.

A la belle saison, les Fiana vivaient dans la forêt, se nourrissaient du produit de leur chasse. L’hiver, ils se répartissaient dans les maisons qui voulaient bien les accueillir, et il n’en manquaient pas, car chacun se disputait l’honneur de loger l’un d’entre eux.

duel

Au moment où cette histoire commence le roi de Fiana se nommait Cumhall. Lors d’un séjour a Tara, il remarqua Dans l’entourage du Haut-roi, Conn aux cent batailles, une jeune fille d’une grande beauté. A peine croisa-t-il son regard qu’il éprouva pour elle la plus dévorante passion.gif-anime-sexy%20(7)Il se renseigna aussitôt sur l’identité de la belle ; elle se nommait Muirné, et était la fille du druide Tagd. Le lendemain matin Cumhall s’en fut demander la main de la jeune fille a son père. Tagd refusa tout net, jugeant Cumhall, malgré ses talents de guerrier, indigne de sa fille. Il faut dire que, parmi ses ancêtres, Muirné comptait Nuada, le roi des Tribus de Dana, ainsi qu’Eithné, la mère de Lug.

Evidemment Cumhall ne pouvait prévaloir une lignée aussi prestigieuse et ce fut la raison pour laquelle Tagd refusa la main de sa fille à Cumhall.Contrarié dans ses amours et vexé par le motif du refus, Cumhall décida que, puisqu’il n’obtenait pas l’accord paternel, il s’en passerait. Il enleva Muirné, ce qui, ne déplut pas du tout a la jeune fille : Cumhall était plutôt beau gosse, et cela compensait largement a ses yeux la banalité de ses aïeux. Tagd en revanche prit mal la chose. Il alla se plaindre à Conn. Le Haut-roi d’Irlande ne plaisantait pas avec le devoir, surtout quand l’offensé était un druide Il appela aussitôt Aed son meilleur capitaine et lui demanda de ramener Cumhall pour le juger.Aed réunit toute une armée car il savait que les Fiana ne consentiraient jamais à le laisser s’emparer de leur roi. La rencontre eut lieu dans la plaine de Cnucha. Aed alignait dix fois plus d’hommes que son adversaire, mais cela n’effrayait nullement les Fiana. Les deux chefs s’avancèrent l’un vers l’autre pour parlementer :

- Il ne t’arrivera rien, annonça Aed, si tu renvoies Muirné a son père et si tu te rends, seul et sans armes à Tara pour implorer la clémence du Haut-roi.
- Il ne t’arrivera rien, répliqua Cumhall, si tu tournes bride et déguerpis immédiatement.

A ces mots, le deux troupes se ruèrent l’une sur l’autre. Le choc fut terrible, et sa rumeur parvint à tous les confins de l’île, telle le grondement de tonnerre. Les Fiana se battaient à un contre dix. Dans la mêlée, Aed perdit un œil, ce qui le rendit encore plus furieux envers Cumhall. Malgré sa vaillance Cumhall, cerné de toutes parts, succomba sous les coups de ses ennemis. Les Fiana, voyant leur chef tomber, s’enfuirent dans la forêt voisine où Aed n’ose pas les poursuivre.Muirné regagna, le cœur lourd, le foyer paternel. Neuf mois plus tard elle donna naissance a un enfant qu’elle appela Demné, « le daim ». Ce nom évoquait pour elle la forêt où elle connut un bonheur trop bref.Hélas, elle apprit que Aed s’était promis de tuer Demné, pour éteindre la lignée de son adversaire et se venger ainsi de la perte de mon œil. Aussi confia-t-elle l’enfant a sa propre nourrice, la druidesse Bodhmal.

Certains racontent que Bodhmal cacha l’enfant pendant cinq années dans le tronc d’un chêne. Peut-être. Ca qui est sûr, en revanche, c’est qu’elle dispensa au jeune Demné son amour et ses connaissances, et fut assez adroite pour échapper à toutes les poursuites d’Aed et de son clan.
Quand Demné eut atteint l’âge où les garçons acquièrent le métier des armes, Bodhmal l’envoya chez le forgeron Luachair. Celui-ci fabriqua son épée, sa lance, les ferrures de son bouclier et lui apprit a s’en servir. Demné se montra assez bon élève pour oser bientôt s’attaquer a un gigantesque sanglier qui terrorisait la région. Quand il rapporta la tête du monstre Luachair lui dit :

2 épées- Pour toi le temps de l’errance est venu. Des exploits tels que celui-ci ne manqueront pas d’asseoir ta réputation. Or, attirer l’attention est la dernière chose a faire quand on se cache. Mais le sang des héros coule dans tes veines, aussi tu ne pourras t’en empêcher.
- Je vais partir a la recherche des Fiana qui ont survécu à la bataille de Cnucha. Ensuite, Aed et son clan devront redouter ma colère !
Lauchair secoua la tête :
- Je t’ai montré comment te servir d’une épée tu dois encore apprendre a t’en servir a bon escient. Pour cela, va d’abord parfaire ton éducation chez le maître des druides, Fingol.
Demné rassembla ses affaires. Au moment de partir, Luachair le rappela :
- Fais taire la haine qui est en toi. Aed défendait la loi que ton père avait bafouée ; voilà pourquoi les Fiana ont été vaincus.
- Je ne suis pas d’accord. L’amour de que parents éprouvaient l’un pour l’autre Les plaçait au-dessus de cette prétendue justice.
- Peut-être as-tu raison. Si ta loi est de préférer l’amour et l’équité à l’obéissance, suis-la. Mais garde toi de l’oublier un jour. Grâce à toiles Fiana peuvent retrouver leur gloire d’autrefois. Veille cependant à toujours les mettre au service d’une juste cause. Et méfie-toi de toi-même : tu est le descendant du dieu Lug mais aussi de Balor.

Demné remonta vers le nord, à la recherche de la clairière où Fingol dispensait son enseignement. Comme il suivait le cours d’une rivière, il le rencontrât entrain d’essayer de pêcher le saumon de la connaissance.
Et c’est ainsi que Fingol accepta Demné comme disciple. Pendant trois ans, Demné apprit de son maître les milliers de vers au moyens desquels les druides se transmettent leur savoir de génération en génération. Le barde Cathern lui enseigna également comment manier une arme bien plus puissante que le fer ou le feu : la parole.

Un matin, on entendit un cri, du côté de la rivière. Aussitôt après Fingol vint avec un gros poisson sous le bras.

saumon- C’est lui ! c’est Fintan, le saumon de la connaissance. Je l’ai enfin attrapé. Vite, Demné, prépare un feu ! Ce poisson est la créature la plus ancienne de l’univers. Celui qui consommera sa chair partagera tous ses secrets.

Mais hélas pour Fingol, une ampoule se forma sur le flanc du poisson. La peau se creva, et un jet de graisse brûlante fut projeté sur le pouce de Demné. Celui-ci le lécha pour apaiser la douleurs.
Fingol aperçut ce geste et comprit que le poisson de la connaissance avait choisit Demné pour transmettre tous ses secrets. Demné mangea la chair du poisson et par après Fingol décida de le renommer. Finn fut son nouveau nom et a partir de cet instant Finn fut imprégné de connaissances.
Finn reprit la route, décidé à mettre a exécution son projet : restaurer la gloire des Fiana. Après leur défaite, ils avaient trouvé refuge dans le Connaught. Regroupés autour de Crimall, le frère de Cumhall, ils s’y étaient enfoncés pour ne plus jamais reparaître. C’est la que Finn se rendit.
La forêt était profonde, et les Fiana plus habiles à s’y cacher que des chevreuils. Malgré sa sagacité Finn ne les aurais jamais débusqués, si Crimall, distinguant sur le visage du jeune homme les traits de son frère, ne l’avait laissé les découvrir.
Crimall fut séduit par ce neveu en qui il retrouvait l’ardeur de sa race, tempérée par la sagesse druidique. En revanche Finn était plutôt déçu de ce qu’il voyait : il avait si souvent rêvé à ses fabuleux guerriers ! Hélas ! Depuis le temps qu’ils se terraient dans les bois, sans plus recruter de nouveaux adeptes, ils n’étaient qu’un ramassis d’hommes usés, aux articulations craquantes, au forces déclinantes.
Crimall entraîna son neveu au pied d’un vieux chêne au tronc crevassé qui supplantait par sa taille et sa majesté tous les autres arbres de la forêt.

Entre ses racines Crimall déterra une lance. Une peau de cerf enveloppait sa pointe.

- Elle appartenait à ton père, expliqua Crimall. Non ! Ne découvre pas son fer, car sa magie est puissante. Pendant que tu cheminais vers nous, as-tu entendu parler d’Aillen ?

Finn hocha la tête. Depuis quelques années, à Tara, on ne voyait pas s’approcher Samain sans inquiétude. Ce soir-là, en effet, un être maléfique nommé Aillen, surgissait de l’Autre Monde. Sur la harpe du dieu Dagda, il jouait l’air du sommeil. Dès que tous les hommes dormaient, ce qui ne tardait guère, Aillen incendiait les greniers de la ville.

- Conn a promis une récompense à qui délivrerait Tara de ce fléau, précisa Crimall. Jusqu’à présent, tous ont échoué. Puisse cette lance t’aider à y parvenir ! Alors Conn ne pourra rien te refuser.

Quelle ne fut pas la surprise du Haut-roi quand il vit venir à lui cette troupe dépenaillée, à la tête de laquelle marchait un jeune homme qui ressemblait trait pour trait a un rebelle qui avait jadis défié son autorité. Finn lui demanda de prendre la garde pour le soir en espérant vaincre Aillen, ce qu’il fit grâce a la magie de la lance de son père. Mais cette magie n’était pas celle que pensait Finn quand il retira la peau qui couvrait le fer de sa lance un grande puanteur s’en dégagea tellement grande qu’il ne s’endormit pas et au prix d’un rude combat le vainquit. Et le Haut-roi, Conn, dut accepter la requête de Finn et l’honneur des Fiana futsauf etla forteresse de son père que Aed avait prise lui fut rendue.

Ainsi Finn succéda-t-il à son père à la tête des Fiana, qui retrouvèrent bientôt leur gloire d’autrefois. irlande 1

05/05/2008

L'enfant sans nom

irlandeIl y a de cela bien longtemps l'héritière de la ferme d'Eary Cushlin accoucha. Eary Cushlin est un endroit terriblement isolé ; il se tient tout là-haut au bord de l'Eanin Mooar, le grand précipice entre les falaises de Cronk-yn-Irree-Laa. On pouvait vivre là pendant des mois sans voir un visage et personne ne sut rien de cette naissance.
femme026Cette naissance n'était pas souhaitée et l'enfant mourut presque aussitôt. Sa mère le soir de sa mort l'emporta sur l'étroit chemin qui surplombe les rochers, au-delà de l'endroit où les eaux se précipitent dans la crique de Gob-yn-Ushtey, au-delà de Ooig-ny-Goayr, à la caverne de la chèvre, à Traînent-ny-Keilley. dyn004_original_50_58_gif_2571711_f2a3ebaf0ab59cc163354feb28a6946fElle l'enterra dans les ruines du petit Keeil isolé qui était à flanc de colline depuis plus de quatorze cent années, puis s'en alla sans autre cérémonie.

Peu de temps après quelques pêcheurs d'aiglefins de Dalby allèrent tendre leurs lignes : il y avait la Mamie Chanceuse du Lagg, le Fumeur Bossu et le Petit Porc de Cubbon Aalish, Boid-y-Conney de Cleary dans la gorge Rushen, et d'autres, dix en tout. Ils répétaient que quelque chose d'étrange se passait du côté de Traînent-ny-Keilley et que les hommes auraient mieux fait d'aller à la pêche sous l'ombre noire de Cronk-yn-Irree- Laa, la colline du jour levant.
Bateaux-5Du côté de Traînent-ny-Keilley, les embarcations dérivaient tantôt vers le sud avec la marée montante, tantôt vers le nord avec le reflux, passant et repassant devant le rivage sans pouvoir jeter l'ancre. On voyait apparaître une grande lueur et on entendait des lamentations et des pleurs, comme ceux d'un petit enfant perdu. À la fin, la lumière remontait vers le vieux Keeill et s'éteignait. Les hommes en furent si effrayés qu'ils décidèrent de ne plus aller dans la crique la nuit venue et se contentèrent de rester à terre, pour pêcher dès que le soleil commençait à se rapprocher de l'horizon.

3eme_age15La vie était devenue tellement difficile pour les femmes et les enfants que le vieil Illiam qui n'avait pas pris la mer depuis de nombreuses années, décida de se rendre là-bas en barque pour voir ce qui s'y tramait. On lui fit confiance, on disait de lui :

"Le vieux Illiam est un sage ; il sait des prières, il est capable, il connaît des moyens et il a de la volonté." C'était ainsi à cette époque-là.

Son embarcation pénétra dans la crique ; l'équipage était effrayé. La nuit était douce et agréable et claire sous la lune. La barque se rapprocha de la côte et vers le Gob-yn-Ushtey, il entendit pleurer et pleurer. Penché sur ses avirons, il écouta encore et il entendit un petit enfant pleurer :

"'elle lhiannoo prient le mee d'ennym de dyne !", c'est-à-dire : "Je suis un petit enfant sans nom !"
"Rapprochez-vous encore" commanda Illiam en l'entendant.

Ils se rapprochèrent autant qu'ils purent de la côte et Illiam aperçut un petit enfant sur la rive qui tenait une bougie allumée dans sa main.

" Que Dieu me bénisse, compagnons, il lui faut un nom !" dit Illiam.

Il ôta son chapeau, se mit debout dans le bateau et aspergea l'enfant qui pleurait là-bas :

"Si tu es un garçon, je te baptise Juan, au nom du père, du fils et du Saint Esprit ! Si tu es une fille, je te baptise Joanney, au nom du père, du fils et du Saint Esprit !"

Les pleurs cessèrent immédiatement et on ne les entendit plus jamais. La lumière s'éteignit et on ne la revit plus jamais.


irlande 1http://maitre.cles.free.fr/pages/le_barde/contes-irlande.htm#man

09/04/2008

Le Chant du Lutin

irlandeUn jour, un homme décida de cultiver ce champ interdit, et voulut alors retourner la terre. A peine il eut pris sa pelle et commencé qu'il entendit une petite voix malicieuse qui lui dit :

- Mais qu'est ce que tu fais là ?
C'était un petit lutin qui venait de sortir d'un trou dans la terre.
- Eh bien je viens labourer le champ, répondit l'homme.
- Et qui t'a donné la permission ? reprit le lutin
- Personne, dit l'homme un peu stupéfait.
- Alors attend, dit le lutin, on va t'aider

Et cent lutins apparurent, et l'aidèrent à retourner la terre.

Le lendemain, l'homme voulut semer. A peine il eut voulu semer que la même petite voix lui dit :
- Mais qu'est ce que tu fais là ?
- Eh bien je plante, répondit l'homme
- Et qui t'a donné la permission ?
- Personne !
- Alors attend, on va t'aider, dit le lutin.

Deux cent lutins apparurent alors, et l'aidèrent à semer son champ.

Lorsque le blé eut poussé, il fallut le récolter, mais l'homme était malade, alors il demanda à son jeune fils. Quand celui-ci arriva devant le champ, il ne put résister : il cassa un épi pour gouter le blé.

- Mais qu'est ce que tu fais, là, demanda alors le même petit lutin qui venait de surgir.
- Eh bien je goûte le blé, répondit le fils.
- Et qui t'a donné la permission ?
- Personne : c'est le champ de mon père, se défendit l'enfant
- Alors attend, on va t'aider, dit le lutin.

Et quatre cent lutins surgirent et marchèrent tout le blé, en quelques instants.

Quand le père vit cela, il rentra dans une violente colère, et se mit à frapper son fils, qu'il aimait pourtant beaucoup.

- Mais qu'est ce que tu fais, là, demanda le lutin qui une fois de plus, venait d'arriver.
- Je frappe mon fils, qui a mangé tout mon champ, répondit l'homme furieux.
- Alors attend, on va t'aider, dit le lutin d'un ton dur.

Et huit cent lutins surgirent, et frappèrent l'enfant, jusqu'à la mort.

Alors, la mère arriva, et voyant cela, prit son enfant dans ses bras, et se mit à pleurer.

- Mais qu'est ce que tu fais là, lui demanda le lutin d'un air triste.
- Je pleure mon fils qui est mort, dit la mère en sanglotant.
- Alors attend, on va t'aider...

Mille six cent lutins surgirent alors de terre, et se mirent à verser toutes les larmes de leur corps, pleurant l'enfant avec sa mère. Les larmes, si nombreuses, devinrent fleuves, et elles emportèrent la mère et son enfant.

Alors, le père resta seul, hébété devant son champ dévasté et sa famille emportée. Un insecte le piqua, et il se gratta pour chasser la démangeaison. Le lutin lui demanda alors :

- Mais qu'est ce que tu fais, là ?
- Je me gratte, parce qu'un insecte m'a piqué.
- Alors attend, on va t'aider, reprit le lutin.

Et trois mille deux cent lutins surgirent, et lui grattèrent la peau, puis la chair. Finalement, les lutins le grattèrent jusqu'à l'os...irlande 1

01/04/2008

Diarmaid & Grainne

irlandeCette légende est une des légendes romantiques les plus connues.

Après un certain nombre de mariages, Finn mac Cumhaill, déjà d’un âge fort avancé, veut épouser Grainne, la fille du roi Cormac mac Airt.

Or, comme beaucoup de jeunes filles dans les légendes celtiques, celle-ci a d’autres projets. Ainsi, au cours de la cérémonie du mariage, elle verse dans le vin de Finn et de ses guerriers, un narcotique, puis s’enfuit avec le héros de son choix, à savoir le neveu de Finn, Diarmaid O’Duibhne.

dameCe dernier est tout d’abord réticent face à l’action entreprise envers son oncle, mais dans les légendes irlandaises, l’amour d’une dame est toujours plus fort que tout. Après avoir imploré Grainne de rester avec Finn, il finit par succomber à ses pouvoirs magiques et à son charme. Pendant que Finn dort, Diarmaid et Grainne s’enfuient doucement, et lorsque Grainne est fatiguée, Diarmaid la porte dans ses bras.

Enfin, Finn se réveille. Il remarque alors la disparition des deux jeunes gens et décide d’envoyer à leur poursuite ses guerriers.
Contrairement à l’habitude où ils sont obéissants, les hommes de Finn choisissent la fidélité à leur camarade Diarmaid, et protègent sa fuite. C’est ainsi que Finn part lui-même à la poursuite du couple dans les bois.

cavalier face
Diarmaid décide d’accomplir des miracles de bravoure pour tenir Finn en échec. Il a bien sûr au préalable protégé sa bien-aimée en la plaçant chez son père adoptif, Aengus mac in Og.
Grâce aux efforts d’Aengus, Finn parait se résigner à perdre Grainne. En réalité, il continue à la désirer et fait semblant d’être amical de manière à mieux prendre sa revanche.

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Un jour, Diarmaid est invité à une chasse au sanglier. Malheureusement, il est transpercé par les défenses d’un sanglier surnaturel au cours de celle-ci. Il supplie alors Finn de lui apporter de l’eau pour éteindre son intolérable soif.
Finn met alors ses mains en coupe et apporte de l’eau du ruisseau,mais la laisse échapper entre ses doigts. Il retourne alors en chercher, mais fait de même. La troisième fois, il prend pitié pour Diarmaid et lui apporte réellement de l’eau. Mais il est trop tard, celui-ci est déjà mort.
Finn, désormais sans ennemi, force Grainne à l’épouser.

Notez que ce conflit est semblable à celui de la légende de Tristan et Iseut.irlande 1

16/03/2008

Gantelet le Bossu

irlande Le pauvre Gantelet (nommé ainsi parce qu'il accrochait toujours à son petit chapeau de paille un brin de campanule, ou gant de bergère) souffrait doublement de son infirmité car les paysans alentour avaient peur de son aspect un peu monstrueux et le tenaient en quarantaine.

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Sa bosse était gigantesque, "on aurait dit que son corps était roulé en boule et placé sur ces épaules, pesant tellement sur sa tête que lorsqu'il était assis il devait appuyer le menton sur ses genoux". Quelques ignorants des environs racontaient même à son sujet des histoires bizarres, mais ce n'était probablement que de l'envie, car Gantelet était un artisan fort doué pour tresser la paille et le jonc dont il faisait des paniers et des chapeaux si beaux qu'ils se vendaient plus cher que tous les autres.

Un soir que Gantelet revenait de Cahir, une jolie petite ville, et regagnait sa demeure, il s'assit un moment près des anciens fossés de Knockgrafton pour soulager sa lassitude. C'est alors qu'il entendit monter des douves une musique fort belle, mais qui semblait d'un autre monde, une mélodie si prenante que le bossu écouta de toutes ses oreilles jusqu'à être lassé de l'entendre répéter. dyn003_original_86_78_gif_2571711_8c0bcd0057cca9c017650f40d45096cdAu bout d'un temps, la musique s'arrêta. Alors Gantelet se mit à chanter le même air, de plus en plus fort, et il s'entendit accompagner par des voix qui venaient de plus bas. Les elfes furent enchantés des variations qu'il apportait à leur chant, ils "décidèrent sur-le-champ d'attirer en leur compagnie ce mortel mieux doué qu'eux-mêmes pour la musique et un tourbillon transporta en un clin d'oeil le petit Gantelet parmi eux". Les esprits, ravis, rendirent un juste hommage au talent du bossu, qu'ils mirent au-dessus de tous leurs musiciens, ils lui firent fête et honneur "comme s'il était le premier personnage du royaume".

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Quelque temps après Gantelet remarqua un jour que les elfes étaient en grande consultation autour de lui, ce qui ne manqua pas de l'alarmer, mais un des esprits se détacha des autres et lui dit

"Gantelet à la voix d'or !
Ne doute pas, ni ne déplore,
Car la bosse que jusqu'alors
Ton dos croyait porter encore
Est à tes pieds, et donc d'abord
Regarde-la, Gantelet d'or !"


Gantelet se sentit soudain plus léger que d'habitude, et il fut pris d'une telle exaltation "qu'il aurait pu sauter d'un bond jusqu'à la lune". Il regarda autour de lui, émerveillé ; pour la première fois de sa vie il pouvait lever la tête, et tout lui semblait de plus en plus beau. "Subjugué par la spendeur qui s'offrait à ses yeux, la tête lui tourna et sa vision se troubla." Il tomba alors dans un profond sommeil. Quand il en sortit, bien plus tard, ce n'était plus le même homme. Vêtu d'un habit flambant neuf dont les esprits avaient dû lui faire présent, il vit qu'il était devenu désormais "un petit jeune homme bien troussé".

livreurA quelque temps de là, quand l'histoire de sa bosse se fut répandue dans la campagne environnante, une vieille femme vint frapper chez lui pour demander les détails de sa "guérison", à l'intention du fils d'une de ses amies, lequel était bossu aussi. Gantelet, de caractère aimable et confiant, ne se fit pas prier pour décrire son aventure.

3eme_age17La femme lui fit mille remerciements et s'en retourna chez elle. Elle rapporta &agrav;e son amie le récit de Gantelet et elles se mirent en route avec le bossu vers l'ancien fossé de Knockgrafton. Or ce bossu, il s'appelait Jack Follin, "était depuis sa naissance un être geignard, irritable et plein de ruse". Quand il entendit la musique des fées il fut si pressé de se débarrasser de sa bosse qu'il ne pensa pas instant qu'il devait attendre le bon moment pour essayer une variation, ni même se soucier de bien chanter. Il interrompit sans vergogne la musique des elfes avec ses braillements, "pensant que là où il en est passé un, deux passeront mieux, et que si Gantelet avait reçu un habit neuf, on lui en donnerait deux".

Un tel comportement provoqua la colère des esprits. Ils traînèrent violemment Jack Follin au fond de la douve et l'entourèrent avec force cris et hurlements. L'un deux se détacha et lui dit

"Jack Follin, Jack Follin !
Si mal venus tes mots
Dans nos chants si joyeux
Qu'en ce château ruiné
Ta vie sera plus dure -
Voilà deux bosses pour Jack Follin !"


Et alors "vingt des elfes les plus robustes fixèrent la bosse de Gantelet par-dessus la sienne, aussi fermement que si des maîtres charpentiers l'avaient clouée avec des clous en or".

Puis les esprits boutèrent l'infortuné hors de leur demeure à grands coups de pieds. Au matin les deux femmes le trouvèrent à demi mort, les deux bosses sur le dos. Il va sans dire que le voyage de retour, alourdi qu'il était d'un poids énorme, eut raison de ses forces.
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10/03/2008

Dans le Conté de Mayo - 1er Conte Irlandais

irlande Une jeune femme, peu de temps après avoir mis au monde son enfant, est morte et on l'enterra le jour suivant. Deux nuits plus tard, une autre femme - une femme de la famille - était près du feu, l'enfant sur ses genoux, lui donnant à boire du lait dans une tasse.

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Alors la femme que l'on avait enterrée a ouvert la porte et est entrée dans la maison. Elle est allée près du feu, a pris un tabouret et s'est assise devant l'autre femme. Ensuite elle a tendue la main, a pris l'enfant contre elle et lui a donné le sein. Après cela, elle a posé l'enfant dans le berceau, s'est dirigée vers le buffet et en a retiré du lait et des pommes de terre qu'elle a mangés. Puis elle est sortie.

L'autre femme, épouvantée, a raconté la chose à l'homme de la maison quand il est rentré, et aussi à deux jeunes hommes. Ils ont dit qu'ils viendraient la nuit suivante et que, si elle revenait, ils se saisiraient d'elle. Elle est revenue la nuit suivante, a donné le sein à l'enfant et, quand elle s'est levée pour se diriger vers le buffet, l'homme de la maison s'est saisi d'elle, mais il est tombé sur le plancher. Alors les deux jeunes hommes l'ont attrapée et maintenue.
Elle leur a dit qu'elle avait été emportée par les fées mais que celles-ci ne pouvaient pas la garder cette nuit, et que ne mangeant rien avec ses ravisseuses, elle pouvait revenir voir son enfant et se rassasier. Puis elle leur raconta que tous ceux qui avaient été enlevés comme elle quitteraient cette partie du pays la nuit précédant la Toussaint, qu'ils seraient quatre ou cinq cents à cheval, elle-même sur un cheval gris, en croupe derrière un jeune homme. Et elle leur dit de se rendre à un pont qu'ils traverseraient cette nuit-là et de l'attendre.
Quand elle arriverait, elle ferait ralentir le cheval et ils pourraient jeter quelque chose sur elle et sur le jeune homme, alors ils tomberaient sur le sol et seraient sauvés.

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Ensuite elle s'en est allée et, la nuit précédant la Toussaint, les hommes se sont rendus là et l'ont reprise. Après cela, elle a eu quatre enfants et enfin elle est morte.
Ce n'était pas du tout elle que l'on avait enterrée la première fois mais quelque vieille chose mise par les fées à sa place.
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09/03/2008

Les Enfants de Lyr

irlande Au temps où le peuple-fée, qui habite sous terre ses palais des collines se choisit un roi après la bataille de Tailtinn, quand Lîr apprit qu'on donnait la couronne à Bôv Derg, son déplaisir fut grand. Il quitta l'assemblée sans prendre congé ni dire mot à personne, car c'était lui, pensait-il, qu'on aurait dû faire roi. Mais si lui s'en alla, on n'en donna pas moins la couronne à Bôv Derg, aucun des cinq concurrents ne la lui enviant, sauf Lîr. Et ce qu'on résolut fut de poursuivre Lîr, brûler sa maison forte, l'assaillir lui-même avec la pique et 1'épée, pour le punir de ne pas s'incliner devant le roi qu'on avait choisi.

Medieval-1- Nous n'allons pas faire cela, dit au contraire Bôv : ce guerrier défendrait n'importe quelle place qu'il occupât ; et d'ailleurs, en suis-je moins roi du peuple-fée parce qu'il refuse de plier devant moi ?

Tout alla de la sorte pendant un assez long temps ; mais enfin un grand malheur tomba sur Lîr: il perdit sa femme, morte après une maladie qui dura trois jours. La chose fut très cruelle, et il avait de la morte un lourd regret dans le cœur.
jollyroger40On parla beaucoup de cette mort en ce temps-là et la nouvelle en circula dans toute 1'Irlande, et elle arriva jusqu'au palais de Bôv quand il avait autour de lui les pnncipaux du peuple-fée. Et Bôv dit :

- Si Lîr y tenait, mon amitié lui serait d'un grand secours, aujourd'hui que sa femme n'est plus. Car j'ai ici avec moi les trois jeunes filles les mieux faites, et du plus beau visage, et du meilleur renom qui soient dans toute l'Irlande, Év, Ifé et Ailve, filles d'Oilell, roi d'Arann, auxquelles je sers de père adoptif.

Ses hommes dirent qu'ils trouvaient son idée bonne, et qu'il disait vrai. On envoya messages et messagers, de la part de Bôv Derg, à I'endroit où vivait Lîr, lui mander que s'il lui plaisait de s'allier avec le fils de Dagda et le reconnaître souverain, il en recevrait l'un de ses enfants d'adoption. Lîr, appréciant l'offre, se mit en route le lendemain, avec cinquante chars, du Palais de la Blanche-Colline ; et il prit au plus court, pour atteindre le lieu où vivait Bôv, sur le lac Derg : on lui fit grand accueil, et les gens se montraient pleins d'allégresse et de bonne grâce, et sa suite et lui reçurent toutes sortes d’attentions cette nuit-là. Les trois filles d'Oilell, roi d'Arann, étaient assises sur le même siège que la femme de Bôv Derg, reine du peuple-fée, laquelle était leur mère adoptive. Bôv dit :

- Tu peux choisir entre les trois jeunes filles, Lîr.
-Je ne saurais dire, répondit Lîr, laquelle je préfère ; mais quelle qu'elle soit, l'aînée est la plus noble, et celle qu’il me sied mieux de prendre.
- Puisqu'il en est ainsi, reprit Bôv, c'est Év qui est l'aînée et je te la donne, si c'est ton vœu.
- C'est mon vœu.

II prit donc Év à femme cette nuit-là, demeura une quinzaine, et ensuite l'emmena dans son palais à lui, où il donnerait une grande fête pour leurs noces. Avec le temps, Év lui donna deux enfants, une fille et un fils, dont les noms furent Finuala Blanche-Épaule, et É. Après un temps encore, elle reprit le lit, et cette fois donna le jour à deux fils, qu'on appela Fiachra et Conn ; mais elle mourut à leur naissance. Ce fut à Lîr un lourd poids sur le cœur, et s'il n'avait eu la pensée arrêtée sur ses quatre enfants, il eut été bien près de mourir de chagrin.
La nouvelle parvint à la demeure de Bôv Derg, et tous jetèrent trois grandes, hautes lamentations, pleurant leur fille adoptive ; mais quand ils l'eurent pleurée, voici ce que dit Bôv :

- Nous sommes désolés de savoir notre fille morte, tant pour l'amour d'elle que pour l'amour de l'homme de cœur à qui nous I'avions donnée, et que nous remercions de sa fidélité. Mais l'amitié entre nous ne sera pas rompue, car je lui donnerai pour femme la sœur de l'autre, Ifé.

À cette nouvelle, Lîr vint chercher la jeune fille, l'épousa, et l'emmena chez lui dans son palais. Ifé aimait et honorait les enfants de sa sœur, car en vérité personne au monde ne pouvait voir ces quatre enfants sans leur donner l'amour de son cœur. Bôv Derg avait coutume d'aller souvent chez Lîr pour l'amour de ces enfants, comme aussi de les emmener chez lui pour un bon espace de temps, quitte à les laisser ensuite retourner dans leur maison.
À ce moment-là, le peuple-fée cé1ébrait la fête du Temps, sous chaque colline hantée, à tour de rôle ; et quand ils arrivèrent à celle où vivait Lîr, les quatre enfants, par leur beauté, faisaient la joie et le délice de tous. Ils avaient coutume de dormir en des lits sous les yeux de leur père, et Lîr se levait chaque matin au petit jour pour aller s’étendre parmi ses enfants. Mais ce qui advint de tout cela, c'est qu'Ifé s'enflamma d'un feu jaloux, et qu'elle prit les enfants de sa sœur en dégoût et en haine. Alors elle prétendit être malade d'une maladie qui dura près d'une année entière ; et au bout de ce temps-là, elle acheva un coup de traîtrise, jalousie et cruauté contre les enfants de Lîr. Elle fit mettre au joug les chevaux de son char, monter les quatre enfants, et tous roulèrent vers le palais de Bôv Derg. Finuala n'avait aucune envie de la suivre, car, à la voir, elle devinait qu'Ifé méditait leur mort ou leur perte, et elle avait connu en rêve qu'une trahison contre eux hantait l'esprit d'Ifé.
N'importe, elle ne put échapper à ce qui l'attendait. Quand ils furent en route, Ifé dit à ses gens :

- Tuez maintenant les autres enfants de Lîr, qui m'ont ravi l'amour de leur père, et je vous donnerai le choix d'une récompense entre toutes les bonnes choses de ce monde.
- Nous n'en ferons rien, dirent-ils. C'est une mauvaise action qui t'est venue en tête, et tu la paieras un jour.

Et comme ils ne voulaient pas faire à son gré, elle-même prit une épée pour se défaire des enfants ; mais, n'étant qu'une femme, et sans grand cœur, ni grande résolution dans l'esprit, elle ne put aller jusqu'au bout. Ils continuèrent vers l'ouest et le Lac aux Chênes, où elle arrêta les chevaux. Là, Ifé dit aux enfants de Lîr d'aller se baigner dans le lac, et ils firent comme on leur disait ; mais ils n'étaient pas plutôt dans le lac qu'elle les toucha d'une baguette druidique, et jeta sur eux l'apparence de quatre cygnes, blancs et beaux.Et elle leur dit :

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- Partez, enfants du roi ! Votre bonne chance vous est à jamais ravie. Triste sera votre histoire à ceux qui vous aiment.

C'est parmi les vols d'oiseaux qu'on entendra pour toujours vos cris.

- Sorcière, car nous savons maintenant quel est ton nom, dit Finuala, tu nous as frappés sans recours ; mais, même si tu nous pousses de vague en vague, il y aura des jours où nous toucherons terre ; nous recevrons de l'aide quand on nous verra, de l'aide et tout ce qui pourra nous soulager ; même s'il nous faut dormir sur les eaux du lac, nos esprits s'envoleront bien loin de grand matin. C'est une cruauté que tu as faite, Ifé, c'est fin cruelle à ton amour que de nous perdre ainsi sans raison ; la vengeance te poursuivra, tu périras en punition de ton crime, car ton pouvoir pour nous perdre ne passe point, de ceux qui nous aiment, le pouvoir pour nous venger. Et maintenant, fixe un temps à la durée de cet enchantement.
- Je le ferai, dit-elle, et pis vous en prendra de l'avoir demandé. La limite que je pose est que l'enchantement dure aussi longtemps que la Femme du Sud ne rencontrera pas l'Homme du Nord. Et puisque vous voulez le savoir de ma bouche, ni amis ni puissance que vous ayez ne pourra jamais vous délivrer de la forme où vous êtes, jusqu'à ce que vous ayez vécu trois cents ans sur le Lac aux Chênes, trois cents ans sur la Passe de la Moyle entre Irlande et Écosse, trois cents ans à Port Domnann ; et telles seront vos étapes à partir de ce jour.

dyn010_original_87_99_gif_2571711_13f7ecb0783e6fc3ed1d008993983b91Mais une manière de repentir alors vint à Ifé, et elle dit :

- Puisque maintenant je n'ai plus d'autres secours à vous donner, au moins vous allez pouvoir garder votre langage ; vous chanterez aussi la douce musique des palais souterrains, si douce qu'elle berce jusqu'au sommeil les hommes de la terre, et il n'y aura point au monde musique qui égale la vôtre ; vous garderez encore la raison qui fut vôtre et la noblesse, en sorte qu'il vous pèse moins de demeurer sous la forme d'oiseaux. À présent, disparaissez de devant mes yeux, Enfants de Lîr, avec vos têtes blanches et votre hésitant langage irlandais. Dure malédiction sur de tendres enfants, que de se voir jetés dehors, au gré du vent farouche ! Neuf cents années sur l'eau, le temps a quiconque serait long pour souffrir. C'est moi qui par ma trahison vous imposerai 1'épreuve, le mieux pour vous maintenant est de faire comme je vous dis. Et lui, Lîr, à qui son javelot donna tant de victoires, maintenant en lui son cœur est un noyau de mort. Le gémissement du héros me rend malade, et pourtant c'est bien moi qui ai mérité son courroux.

Alors on saisit les chevaux d'Ifé, on les enjugua à son char, elle poursuivit sa route jusqu'au palais de Bôv Derg, et reçut grand accueil des principaux du peuple. Le fils de Dagda lui demanda pourquoi elle n'amenait pas les enfants de Lîr.

-Je te le dirai, répondit-elle. C'est que Lîr ne t'aime guère, et qu'il ne te confiera pas ses enfants, de crainte que tu ne les gardes tout à fait, et loin de lui.
- La chose m'étonne, repartit Bôv Derg, car j'aime ces enfants-là plus chèrement que les miens-mêmes.

Il pensait, à part lui, que c'était une fourberie de la femme, et ce qu'il fit, ce fut d'envoyer des messagers dans le nord, à la Blanche-Colline. Lîr s'enquit d'eux pourquoi ils venaient.

- À raison de tes enfants, dirent-ils.
- Ne sont-ils pas allés vous voir en compagnie d'Ifé ?
- Non. Et Ifé prétend que c'était toi qui ne voulais pas qu'ils vinssent.

Lîr, à cette nouvelle, eut le cœur brisé de tristesse, car il devinait bien qu'Ifé avait conçu la perte ou la mort de ses enfants. Donc, au petit jour le lendemain, on saisit ses chevaux, et il prit la route du sud-ouest. Quand il fut parvenu jusqu'aux bords du Lac aux Chênes, les quatre enfants virent les chevaux approcher, et Finuala dit :

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- Bienvenue soit la troupe de chevaux que j'aperçois venir vers la rive du Lac ! Les hommes qu'ils portent sont puissants, on lit sur eux la tristesse : c'est nous qu'ils poursuivent, c'est nous qu'ils cherchent. Approchons-nous du bord, É, Fiachra, gracieux Conn ! Les arrivants ne sauraient être que Lîr et sa maison.

Lîr, étant venu à la pointe du Lac, s'aperçut que les cygnes avaient la voix de personnes naturelles, et leur demanda comment il se faisait.

- Je te le dirai, Lîr, répondit Finuala. Nous sommes tes quatre enfants à toi, que ta propre femme, sœur de notre mère, vient de perdre sous la poussée de sa jalousie.
- Est-il aucun moyen de vous faire reprendre votre forme ?
- Il n'en est point. Tous les hommes du monde entier n'y pourraient rien, jusqu'au jour où nous aurons fait notre temps, et cela ne peut être avant qu'aient passé neuf cents ans.

En oyant cela, Lîr et ses gens poussèrent trois grandes, lourdes clameurs de chagrin, douleur et gémissement.

- Aimeriez-vous, dit Lîr, venir à terre avec nous, puisque vous avez encore votre même raison et votre mémoire ?
- Nous n'avons, dit Finuala, congé de vivre avec aucun être humain à présent : il nous reste notre langage, l'irlandais, et nous pouvons chanter de suave musique, belle à réjouir toute la race des hommes qui pourrait 1'écouter. Passez la nuit ici, nous vous donnerons notre musique.

Lîr et sa maison, donc, firent halte en ce lieu, tendant l'oreille à la musique des cygnes, et cette nuit-là jouirent d'un doux sommeil. Lîr, le lendemain matin, se leva de bonne heure et fit cette chanson :

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"Il est temps de quitter ce lieu,

Je ne puis y dormir bien que je sois couché.

Séparé de mes chers enfants,

Voilà qui tourmente mon cœur.

C'est un cruel filet que je jetai sur vous,

Le jour où j'amenai dans ma demeure Ifé.

Je n'aurais jamais formé ce dessein

Si j'avais su ! si j'avais su !

Finuala, gracieux Conn, É, Fiachra, mon fils aux beaux draps,

C'est malgré moi que je vous quitte,

Vous et le havre où vous vivez."

dyn008_original_64_64_gif_2571711_a5c1f08921cc0170c320049b4f818062
Alors, il poursuivit jusqu'au palais de Bôv Derg, où l'accueillit une bienvenue ; mais Bôv lui fit reproche de ne pas amener ses enfants avec lui.

- Hélas ! dit Lîr, ce n'est pas moi qui refuserais d'amener mes enfants. C'est cette Ifé là-bas, ta fille d'adoption et la sœur de leur mère, qui leur a imposé la forme de quatre cygnes sur le Lac aux Chênes, comme le peut voir tout le peuple d'Irlande ; mais ils conservent encore leur raison, leur esprit, leur voix et leur langage irlandais.

À ces mots, Bôv eut un violent sursaut, car il connut que Lir disait vrai et après un reproche acerbe à Ifé, il lui dit :

- Traîtrise qui pour toi-même, Ifé, finira plus mal que pour les Enfants de Lîr ! Quelle forme toi-même penserais-tu la pire qu'on pût t'infliger?
- La pire serait, je pense, d'être muée en un démon de l'air.
- Et c'est celle ou je vais te changer.

Sur quoi il la toucha de sa baguette druidique, et elle se trouva soudain tournée en un malin esprit de l'air, et en cette figure elle s'enfuit sur l'aile du vent, et elle y est encore, et elle y sera jusqu’à la consommation de la vie et du temps.
Quant à Bôv et au peuple-fée, ils s'en vinrent à la rive du Lac aux Chênes, et y plantèrent leur camp pour écouter la musique des cygnes. celte1Et les Fils des Gaëls avaient coutume d'y venir, non moins que le peuple divin, des quatre coins de 1'Irlande pour les ouïr, car jamais en Irlande il n'y eut musique délicieuse qui se pût comparer à la musique des cygnes.
Eux s'adonnaient, aussi, à conter des histoires, et converser chaque jour avec les hommes d'Irlande, avec leurs anciens maîtres et compagnons d'école, avec leurs amis. Et chaque nuit ils se reprenaient à chanter de très suave musique du pays-fée ; et quiconque oyait cette musique dormait un profond et calme sommeil, de quelque tourment ou longue maladie qu'il fût affligé, car, à ouïr la musique des oiseaux, il goûtait la plénitude du bonheur. Or donc, ces assemblées du peuple divin et des Fils des Gaëls continuèrent là, autour du Lac aux Chênes, pendant trois cents longues années. Et c'est alors que Finuala dit à ses frères :

- Savez-vous que nous avons achevé toute la part de notre âge que nous avons à passer ici, moins la nuit qui vient ?

Les fils de Lîr, à ces mots, furent saisis d'une grande tristesse, car à leur sens, pouvoir converser avec leurs amis et compagnons sur le Lac aux Chênes valait presque autant que de redevenir personnes naturelles, surtout en comparaison de leur sort à venir, sur la mer froide et tourmentée de la polaire Moyle. Ils vinrent le surlendemain parler à leurs deux pères, le vrai et l'adoptif, ils leur dirent adieu, et Finuala fit cette chanson:

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dyn008_original_64_64_gif_2571711_a5c1f08921cc0170c320049b4f818062
"Adieu, Bôv Derg, gage de toute connaissance !

Adieu, père, adieu Lîr de la Blanche-Colline !

Voici venir, je crains, l'heure qui nous sépare.

Plaisante compagnie ! ô douleur, nous partons,

Mais non point pour vous aller voir.

Désormais, amis de nos cœurs.

C'est la Moyle tempétueuse,

Où nous vivrons, sans une voix auprès de nous.

Trois cents ans là, puis trois cents ans

Dans la baie des Gens de Domnann.

Ô pitié ! les Enfants de Lîr

N'auront la nuit pour les vêtir,

Ô pitié ! que la vague et le sel et la mer.

Frères, frais visages pâlis,

Qu'elle quitte à présent le lac,

L'ample troupe qui nous aimait !

Triste est la séparation."

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dyn003_original_86_78_gif_2571711_8c0bcd0057cca9c017650f40d45096cdQuand elle eut fini de chanter, ils prirent l'essor, d'une aile vive et 1égere, jusqu'à la Passe de la Moyle, entre Irlande et Écosse. Ce fut une douleur pour les hommes d'Irlande, et ils interdirent de tuer désormais aucun cygne, quelque chance qu'on eût de l'abattre, d'un bout de l'Irlande à l'autre.
C'etait aux enfants de Lîr un cruel lieu pour y vivre que la Passe de la Moyle. Quand ils virent autour d'eux la vaste côte, ils se sentirent noyés de froid, de crainte ; et toutes les misères qu'ils avaient traversées déjà ne leur semblaient rien, au prix de celles qui les attendaient sur la mer. Une nuit, donc, une grande tempête les assaillit, et Finuala dit :

- Frères chéris, ce serait pitié de ne point nous préparer à la nuit qui vient, car la tempête, sans manque, va nous séparer les uns des autres. Fixons quelque lieu où nous puissions nous retrouver, si nous sommes chassés à l'écart cette nuit.
- Décidons, dirent les autres, de nous retrouver à l'Écueil aux Phoques, puisque nous savons tous où il est.

phoques28Quand minuit vint, le vent survint avec ; la rumeur des lames s’éleva, dans les éclairs et le tonnerre, l'ouragan déchaîne balaya 1'étendue, et tant, que les Enfants de Lîr se trouvèrent épars sur la vaste mer, et que l'immensité les en égarait, et que pas un d'entre eux ne savait plus ou les autres étaient passés. Mais après l'ouragan tomba un grand calme. Finuala était seule sur la Moyle ; et quand elle vit que ses frères manquaient, elle les regrettait avec des plaintes lamentables, et elle fit cette chanson :

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"Quelle pitié de vivre en l'état où je suis,

Mes ailes gelées sur mes flancs !

Peu s'en fut que le vent ne m'ait, dedans le corps,

Brisé le cœur, si É n'est plus.

Trois cents ans sur le Lac aux Chênes

Sans recouvrer ma propre forme,

Ce n'était rien au prix du temps

Qu'il me faut rester sur la Moyle.
Mes trois aimés, mes trois aimés

Dormant à l'abri de mes ailes,

Jusqu'au jour où les morts reviendront aux vivants

Je ne les verrai plus jamais.

C'est grand dommage de survivre

À Fiachra, Conn, sans rien savoir d'eux,

Et c'est grand'pitié d'être là,

Face aux cruautés de la nuit."

dyn008_original_64_64_gif_2571711_a5c1f08921cc0170c320049b4f818062
Elle attendit toute la nuit, sur l'Écueil aux Phoques, le lever du soleil, et tant, qu'épiant autour d'elle toute 1'étendu de la mer, elle vit enfin Conn approcher, les plumes trempées jusqu'aux os, la tête pendante, et son cœur lui fit grand accueil. Puis Fiachra s'en vint trempé, morfondu, épuisé et ils ne purent comprendre un mot de ce qu'il disait, accablé qu'il était par la froidure et la misère endurées. Finuala le mit sous son aile et dit :

- Nous serions bien aises maintenant si seulement É pouvait nous revenir.

Ce ne fut guère longtemps après qu'ils virent arriver É, la tête sèche et le plumage beau : Finuala lui fit grand accueil et le mit sous les plumes de son poitrail, Fiachra sous son aile droite et Conn sous son aile gauche, de sorte qu'elle les couvait tous trois de son duvet.

- Hélas ! frères, dit-elle, ce fut une cruelle nuit pour nous que la dernière, et plus d'une pareille nous en souffrirons avant d'être quittes.

Après ce jour, ils demeurèrent là un très long temps, endurant sur la Moyle le froid et la misère, jusqu'au temps où enfin une nuit tomba sur eux dont ils n'avaient jamais souffert la pareille, pour le gel, la neige et le vent. Ils pleuraient et gémissaient sur la cruauté de leur sort, le froid de la nuit, 1'épaisseur de la neige, l'aigreur du vent. Et après qu'ils eurent pâti du froid jusqu'à la consommation d'une année, alors une nuit pire encore tomba sur eux au cœur de l'hiver ; ils étaient sur l'Écueil au Phoques, l'eau gelait autour d'eux, et comme ils se reposaient sur le roc, leurs pieds, leurs ailes, leurs plumes gelèrent jusqu'à prendre à la pierre, si bien qu'ils ne pouvaient plus bouger. Et ils se débattirent si fort pour se délivrer qu'ils y laissèrent la peau de leurs pieds, leurs plumes, le bout de leurs ailes après eux.

- Hélas ! Enfants de Lîr, dit Finuala, peineux est le cas où nous sommes, car nous ne pouvons endurer que l'eau salée nous touche, et nous sommes tenus de ne pas la quitter : si le sel de l'eau entre dans nos plaies, c'est pour nous la mort.Et elle fit cette chanson :

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"Cette nuit se passe à gémir, sans plumes pour vêtir nos corps.

Qu'il est froid, le roc inégal, le roc coupant à nos pieds nus !

Cruelle fut notre marâtre, hélas ! de nous jeter le sort,

Qui de nous quatre fit des cygnes sur la mer. L'étuve où nous laver,

C'est le brisant du golfe où vole en écumant la crinière des lames ;

Nous buvons au lieu de la bière du festin, L'amère eau de la marée bleue."

dyn008_original_64_64_gif_2571711_a5c1f08921cc0170c320049b4f818062
N'importe ! il leur fallut revenir au courant marin de la Moyle, et l'eau chargée de sel était poignante et vive et cruelle pour eux, mais si âpre fût-elle, ils ne pouvaient ni la fuir ni s'en préserver. Ils restèrent le long de la rive à pâtir de toute cette misère jusqu'au jour où leurs plumes de nouveau crûrent, où leurs ailes, leurs plaies se trouvèrent entièrement guéries. Ils abordaient chaque jour à la rive d'Irlande ou d'Écosse, mais il leur allait revenir à la Passe de la Moyle chaque nuit.
Advint qu'un jour ils dérivèrent, dans le Nord de 1'Irlande, à la bouche de la Bann, et ils aperçurent une troupe de cavaliers,
beaux à voir, vêtus d'une seule couleur, montant des bêtes excellemment dressées, de robe toute blanche, et courant la route qui vient droit du sud-ouest.

- Savez-vous qui sont ces cavaliers, Enfants de Lîr ? demanda Finuala.
- Non, dirent-ils. Mais ils pourraient bien être une bande soit des Fils des Gaëls, soit du peuple-fée.

Ils approchèrent encore de la côte, pour reconnaître qui c'etait ; et les cavaliers, les apercevant, vinrent au devant, assez près pour tenir conversation. Il y avait là les deux fils de Bôv Derg, É a 1'Esprit-Agile, Fergus Sage-aux-Échecs, qui étaient les chefs ; avec eux, un tiers des cavaliers du Pays Divin ; et c'étaient les cygnes qu'ils allaient cherchant depuis un long temps. Lorsqu'ils se furent joints, les uns et les autres mutuellement s'offrirent gracieuse et amicale bienvenue et les enfants de Lîr demandèrent des nouvelles de tout le peuple-fée et, plus que de tous autres, de Lîr, de Bôv Derg, et des leurs.

- Ils sont sains et saufs, leur fut-il répondu, tous au même lieu, dans le palais de ton père sous la Colline-Blanche, célébrant la fête du Temps de façon plaisante et heureuse et sans souci, n'était votre absence, et aussi qu'ils ne savent ce que vous êtes devenus depuis le jour où vous quittâtes le Lac aux Chênes.
- I1 n'en fut pas ainsi de nous, dit Finuala : nous avons passé par de grandes épreuves, misères et tourments sur le flux et reflux de la mer, jusqu'au jour où nous voilà.

Et elle fit cette chanson :

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"On mène grande joie dans le palais de Lîr ;

On y boit force bière et vin ;

Pourtant froide est la place où cette nuit reposent

Les quatre enfants du roi.

Couverture sans une tâche,

La seule plume vêt nos corps ;

Et pourtant souvent nos habits furent de pourpre,

Nous buvions le doux hydromel.

Notre manger et notre boire,

C'est le sable et c'est l'onde amère de la mer ;

Pourtant nous avons bu souvent aux coupes rondes

La boisson de feuilles de coudre.

Nos lits sont les rocs nus que n'atteint pas la vague ;

Pourtant on nous tendit souventes fois des lits

De duvet ravi aux oiseaux.

Notre tâche est qu'il faut qu'on nage

Dans le gel, la rumeur des eaux ;

Pourtant plus d'une fois une escorte de princes

Chevauchait après nous jusqu'au palais de Bôv.

Voilà qui a flétri ma force

D'aller et de venir dans les courants de Moyle

Sans jamais pouvoir, au soleil,

Jouir de l'herbe tendre et molle.

Lit de Fiachra ou lit de Conn,

C'est l'abri d'une aile, à la mer ;

Lit d'É, c'est le duvet si doux d'une poitrine,

Tous quatre arrangés flanc à flanc."

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Alors les cavaliers s'en furent au palais de Lîr et rapportèrent aux princes du peuple-fée tout ce que les oiseaux avaient souffert et en quel triste point ils étaient.

- Nous ne pouvons rien pour eux, dirent les princes ; mais nous sommes joyeux qu'ils soient encore en vie, car ils seront secourus à la fin de leur temps.

Quant aux Enfants de Lîr, ils retournèrent à leur repaire ancien sur la Moyle et y vécurent jusqu'à ce que le temps qu'ils devaient y passer fût passé. Alors Finuala dit :

- Voici pour nous venu le temps de quitter cet endroit : c'est au Port de Domnann qu'il nous faut aller maintenant, après nos trois cents ans ici. En vérité, là-bas, il n'y aura pour nous nul repos, nulle place pour atterrir, nul abri contre la tempête. N'importe ! puisque le temps est venu d'aller, partons sur l'aile du vent glacé, que nous n'allions pas nous perdre.

Ils partirent donc de la sorte, laissèrent derrière eux la Passe de la Moyle, descendirent à la pointe du Havre de Domnann et s'y établirent. C'est une vie de misère et de froid qu'ils y vécurent : une fois, la mer gela autour d'eux, tant qu'ils ne pouvaient plus bouger, et les frères se lamentaient ; mais Finuala les consolait, sachant qu'à la fin de leur temps le secours viendrait.Ils demeurèrent au Port de Domnann jusqu'à ce que le temps qu'ils devaient y passer fût passé. Alors Finuala dit :

- Voici pour nous venu le temps de regagner le palais de Blanche-Colline, où notre père habite avec toute sa maison, avec tout notre peuple.
chateau10- Nous en sommes grandement réjouis, dirent-ils.

Ils prirent donc leur vol légèrement dans l'air pour gagner la Blanche-Colline. Mais voici comment devant eux ils trouvèrent la place : déserte. Rien que des tertres verts et des buissons d'orties, sans un toit, sans un feu, sans un âtre. Les quatre, serrés l'un contre l'autre, poussèrent trois cris de douleur et Finuala fit cette chanson :

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"Hélas ! je demeure interdite :

Pas un toit et pas un foyer ! À voir ce qu'il est devenu,

Ce lieu est amer à mon cœur. Pas un chien et pas une meute ;

Pas une femme et pas un roi.

Nous ne l'avons pas connu tel quand Lîr notre père y régnait.

Ni coupe ou corne, ou beuverie dans une salle illuminée ;

Ni jeunes gens ni cavaliers: désert préfigurant tristesse.

Que les gens du lieu soient comme ils sont à présent,

La pensée est lourde à mon Cœur.

Ce soir, il est clair à mon âme que le seigneur du lieu n'est plus.

Ô maison, nous avions coutume d'y voir la musique et les jeux :

C'est change profond de la voir déserte comme elle est ce soir."

dyn008_original_64_64_gif_2571711_a5c1f08921cc0170c320049b4f818062
Cependant les Enfants de Lîr demeurèrent cette nuit-là dans le lieu qui avait été celui de leur père et de leur aïeul, où eux-mêmes avaient grandi ; et ils chantaient la très suave musique des palais divins.
Le lendemain matin au petit jour, ils s'élevèrent, gagnèrent 1'île de Clare, et tous les oiseaux du pays s'assemblaient autour d'eux sur le Lac aux Oiseaux.
oiseaux-41C'est environ ce temps-là qu'il leur advint de rencontrer un jeune homme de bonne race, lequel s'appelait Aibric : il avait remarqué ces oiseaux, leur chant lui était doux, il les aimait grandement, et eux l'aimaient. C'est lui qui a rapporté toute l'histoire de leurs aventures et qui l'a mise en bel ordre. Et l'histoire qu'il conta de leur aventure dernière est telle que s'ensuit :Ce fut après le temps où la foi du Christ et le bienheureux Patrick avaient paru en Irlande, que saint Mohévog arriva dans l'île de Clare ; et à sa première nuit dans 1'île, les enfants de Lîr entendirent la voix de sa cloche, qui tintait non loin d'eux. Les frères, à l'entendre, eurent un sursaut de crainte :

- Nous ne connaissons pas, dirent-ils, cette voix grêle et déplaisante qu'on entend.
- C'est la voix de la cloche de Mohévog, dit Finuala, et par elle vous serez délivrés de la douleur et de la misère.

Ils écoutèrent la musique de la cloche jusqu'à ce que matines fussent dites, et ensuite ils se prirent à chanter en sourdine la suave musique des palais divins. Or, Mohévog les écoutait, et il pria Dieu de lui révéler qui chantait cette musique, et il lui fut révé1é que les chanteurs, c'étaient les Enfants de Lîr.
Le lendemain matin, il s'avança jusqu'au Lac aux Oiseaux, vit devant lui les cygnes sur le lac et descendit vers eux jusqu'au bord de la rive.

cygnes003- Êtes-vous les Enfants de Lîr ? dit-il.
- Nous le sommes, dirent-ils.
- J'en remercie Dieu, dit-il, car c'est pour l'amour de vous que je suis venu jusque dans cette île par-delà toutes les autres îles. Et maintenant, venez à terre, et confiez-vous à moi, que vous puissiez faire de bonnes œuvres et renoncer à vos péchés.

Sur quoi, ils prirent terre et se confièrent à Mohévog. Il les amena à sa demeure et ils avaient coutume d'entendre la messe avec lui. Il trouva un bon fèvre et lui fit faire pour eux des chaînes d'argent brillant : une chaîne il mit entre É et Finuala, une chaîne entre Fiachra et Conn. Et tous quatre élevaient son cœur et réjouissaient son esprit ; et quant aux cygnes, danger ou détresse ne les trouvaient plus désormais.
Or, en ce temps, le roi de Connacht était Leirgnenn, fils de Colmann; et Déoch, fille de Finghinn, etait sa reine : c'étaient 1'Homme du Nord et la Femme du Sud dont Ifé avait prédit la rencontre. La femme entendit parler des oiseaux, et un grand désir lui vint de les posséder : elle pria Leirgnenn de les lui amener, et il dit qu'il demanderait à Mohevog. Elle jura qu'elle ne resterait pas avec lui une nuit de plus s'il ne les lui amenait pas, et sur-le-champ quitta la maison ; et Leirgnenn envoya après elle des messagers pour la ramener, mais avant qu'ils pussent la rattraper, elle était déja à Kildoûn. Elle revint avec eux ; et Leirgnenn envoya des messagers à Mohévog pour lui demander les oiseaux, mais en vain. Une grande colère le saisit : il alla en personne trouver Mohévog et lui demanda si c'etait vérité qu'il lui eût refusé les oiseaux.

- C'est vérité sûre et certaine, dit le saint homme.

Là-dessus Leirgnenn se leva, s'empara des cygnes et les arracha à l'autel, deux oiseaux dans chaque poing, pour les ramener à Déoch. Mais il n'eut pas plutôt sur eux porté la main que tomba leur plumage ; et ce qu'il y avait à la place des cygnes, c'étaient trois maigres vieillards flétris, une menue vieille flétrie, que n'avaient plus ni chair ni sang.
À cette vue, Leirgnenn eut un grand sursaut, et s'enfuit. C'est alors que Finuala dit à Mohévog :

- Allons, baptise-nous, car notre mort est proche. Et, je m'assure, te séparer de nous ne te coûte pas plus qu'à nous de nous séparer de toi. Ensuite creuse notre tombe, et couche Conn à mon flanc droit, Fiachra à mon flanc gauche, E face à mon visage entre mes deux bras. Et prie le grand Dieu du Ciel qu'il te donne le temps de nous baptiser.

+Alors les Enfants de Lîr reçurent le baptême, et ils moururent, et ils furent ensevelis comme Finuala l'avait prescrit, Conn et Fiachra à chacun de ses flancs, É face à son visage ; et on planta sur eux une pierre debout, on y grava leur nom en Ogham fourchu, on dit sur eux les lamentations dernières et leur âme monta au ciel.
Ici finit l'histoire des enfants de Lîr.
irlande 1" Texte traduit du Gaelique et adapté en Français par Roger Chauviré "

02/03/2008

La Légende de Bran

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irlande Il devient saint Brandan ou Brendan dans l'histoire chrétienne mais son histoire est beaucoup plus ancienne. Il est en fait probablement un dieu à l'origine. Celui de l'océan.

Bran est le roi de la Grande Bretagne.
Une sordide aventure se déroule lors du mariage de sa soeur Branwen. L'époux et le roi s'estiment tous les deux inqultés, car un trublion a jeté la discorde.

Cependant Bran, dans un élan de générosité, donne à l'autre un chaudron magique, dont la particularité est de ressusciter les morts. La recette est simple, il suffit de les plonger dans la cuve pour que le lendemain, ils soient à nouveau apte au combat, mais ils sont devenus muets ! Une fois en Irlande auprès de son époux, la malheureuse Branwed subit les pires outrages et se voit rabaissée au rang de servante. Pourtant elle parvient à faire parvenir un message à son frère.

C'est le branle-bas de combat. Les porchers de Matholwch, le mari de Branwen voient arriver une forêt qui avance sur la mer et une montagne qui marche sur les flots : la flotte de Bran. Comme c'est un géant, Bran traverse à gué. En hâte, Matholwch coupe le pont sur la rivière (celle-ci attire à elle tous ceux qui veulent la franchir sans utiliser un pont).
Alors, Bran dit : "que celui qui est le chef soit le pont".

Il s'arcboute au dessus de la rivière et les guerriers passent sur son corps.
D'autres ruses de Matholwch sont déjouées. Cependant son atout le plus sûr demeure le chaudron d'immortalité. Un des généraux de Bran se sacrifie pour le faire éclater en quatre morceaux. Mais à la fin du combat, il ne reste que sept guerriers. Mais comme toute victoire à son prix ! Bran ordonne qu'on lui coupe la tête pour l'inhumer en Grande Bretagne, sous la colline Blanche (le tertre de Silbury Hill ?).

Ainsi il pense assurer la sauvegarde de son peuple éternellement, en écartant tout danger d'invasion. Le roi Arthur aura l'imprudence de déterrer ce chef !

Le Château de Doe

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123gifs006 La tour centrale du château, entourée d'un puissant mur, permet de voir la mer sur trois côtés.

Doe a joué un rôle important dans l'histoire de l'Irlande. Quartiers général de Cahir O'Doherty lors de son attaque sur Derry en 1608, le château a également abrité Owen Roe O'Neill lors de son retour d'Europe avant qu'il conduise la révolte irlandaise de 1642.

Après la reconquête de Charles XI en 1660, le château fut occupé par les troupes anglaises jusqu'à ce que les MacSweeney s'en emparent à nouveau en 1690.
Restauré une première fois vers 1800, Doe a été habité jusqu' au début de ce siècle. Laissé à l'abandon, le château est maintenant propriété de l'état et en pleine restauration.
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18/02/2008

Rinn-Culisge (Irelande)

Rinn-Culisge (Ireland)

Les Femmes Cygnes de Rinn-Culisge (Irelande)

A Rinn-Culuisge (Roaringwater Bay), à l’ouest du comté de Cork, la mer pénètre profondément dans les terres, comme un fleuve, et les garçons qui demeurent dans le voisinage ont l’habitude de se réunir pour jouer, sur le bord, pendant les beaux jours.Un jour, un garçon d’environ quatorze ans était seul sur le rivage et regardait sans crainte sur la mer ou il y avait des lueurs vertes produites par l’éclat du soleil, et pas un souffle de vent dans l’air. Il s’était assis souvent avant ce jour au bas du flot qui battait maintenant contre les pierres au-dessous de lui, mais il pensa qu’il n’avait jamais vu l’eau plus belle et plus séduisante, et il se dit à lui-même que s’il avait un bateau, il aimerait à aller faire une promenade ; mais il n’y avait pas de bateau en vue. Après avoir regardé quelque temps à l’entour, il aperçut une planche de bois tout prêt de lui, et en même temps il vit trois cygnes nager à la surface du golfe et venir vers lui. Ils tournèrent deci delà, mais au bout de peu de temps ils arrivèrent devant lui. Le garçon fut pris d’une grande joie en voyant la forme des oiseaux. Il rassembla toutes les miettes de pain qu’il avait dans sa poche et les leur donna à manger. Il pensa qu’ils n’étaient pas sauvages ; ils semblaient si doux et si familiers! Ils s’avancèrent tout près de lui, mais chaque fois qu’il essayait de les prendre, il ne réussissait pas à les toucher. Ils n’étaient pas depuis longtemps auprès de lui qu’ils semblèrent devenir encore plus beaux et plus brillants, et son désir de les prendre s’accrut. Pour satisfaire son désir, il prit la planche de bois, s’assit dessus et suivit les cygnes. Il dirigea la planche à sa volonté en plongeant rapidement les mains dans l’eau, comme on fait d’ordinaire avec les rames. Les cygnes continuèrent à aller devant lui, mais il ne pût les atteindre. En peu de temps, il se trouva au milieu de la mer. Il était fatigué et il s’arrêta de ramer ; alors il changea de couleur, de crainte de ne pouvoir regagner la terre. Mais les oiseaux s’approchèrent et se rassemblèrent autour de lui comme s’ils cherchaient à le remettre de son trouble, et ils firent en sorte qu’il oublia le danger ou il était. Plein d’affection pour eux, il étendit rapidement la main pour prendre le plus beau de la bande, mais il porta trop lourdement sur le bord de la planche, il manqua son coup et il tomba dans les vagues de la mer.Quand il s’éveilla du saisissement qu’il avait éprouvé, il était étendu sur un lit de plumes, dans le château le plus beau qu’eût jamais vu oeil humain et trois dames se tenaient au pied de son lit. L’une d’entre elles prit la main du jeune garçon et lui demanda aimablement comment il se faisait qu’il fût là. - Je n’en sais rien, dit le jeune garçon, et il leur raconta le ma!heur qui lui était arrivé en route.- Consens-tu a rester auprès de nous, enfin? dit la plus jeune, nous te souhaitons la bienvenue. Mais si tu restes ici pendant trois jours, tu ne pourras jamais plus demeurer dans ton pays, car le vent et le soleil te gêneraient.Il était si charmé dans son coeur par la beauté du lieu qu’il promit de ne pas se séparer d’elles. Elles le conduisirent de chambre en chambre dans la maison ; chaque chambre l’emportait sur l’autre en beauté et en richesse ; elles étaient pleines de monceaux d’or et de riches soieries. Il avait souvent lu des descriptions du Paradis et il se demanda à lui-même si c’était là l’endroit qu’on appelait de ce nom.II resta avec un grand plaisir dans son nouveau pays pendant cinq ans, mais au bout de ce temps il fut pris du désir de retourner voir ses parents et les gens de sa famille. Il craignait qu’il ne lui fût pas possible de le faire, et son coeur se remplit de tristesse et de trouble sans que les dames en eussent connaissance. Un jour qu’il était couché au pied d’un arbre et que des larmes coulaient sur ses joues, une vieille sans dents vint à lui et lui dit:- Si tu me promets de m’épouser, je te conduirai chez toi demain.- Je ne t’épouserai pas, dit-il, quand même tu aurais la moitie des richesses du monde.Elle ne l’eut pas plus tôt entendu dire ces mots qu’elle bondit hors de sa vue. En même temps, les trois dames, qui étaient à l’ombre d’une tour près de lui à écouter sa conversation, 1’abordèrent: elles le remercièrent de la réponse qu’il avait donnée à la vieille femme, et lui dirent qu’en récompense, elles le feraient remonter chez lui.Au moment ou le soleil se leva, le jour d’après, en s’éveillant, il se trouva assis sur un monticule, au bord de la mer, à peu de distance de la maison de son père. Lorsqu’il regarda devant lui, il vit les trois cygnes qui nageaient dans le même bas-fond ou ils étaient cinq ans auparavant. Ils lui faisaient signe de la tête, comme s’ils lui disaient : — Adieu, ami de notre cœur. Ce faisant, ils plongèrent sous l’eau et ils partirent sans qu’on sût ce qu’ils étaient devenus.II se rendit chez lui, et il raconta l’histoire qui est rapportée ici. Comme son père et sa mère n’avaient pas d’autre enfant que lui, on peut s’imaginer comme ils furent joyeux de son retour, qu’ils n’espéraient pas. Les gens qui entendirent son histoire s’émerveillèrent mais ne le crurent pas, bien que ce fût la pure vérité.Au bout de peu de temps, il fut pris du désir d’aller au beau pays qu’il avait quitté pour revoir l’endroit ou il avait demeuré, et ses amies, mais il ne savait comment accomplir son projet. Son père et sa mère se désolèrent qu’il voulut les quitter, eux qui n’avaient que lui, mais il ne voulut pas suivre leur conseil. II alla au bord du golfe et se mit à pleurer, mais ce fut en vain, car il n’avait ni connaissance, ni information, ni secret sur l’endroit ou étaient allés les cygnes. On ne put le forcer à s’éloigner de là et à n’y pas retourner, jusqu’à ce qu’il mourut a cette place même.

Pub Irlandais

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La Légende de Jack O'Lantern (Irlande)

Un soir dans une taverne, Jack, un maréchal-ferrant irlandais, ivrogne et avare, bouscula le diable.Ce dernier, comme à son habitude tente de convaincre Jack de lui laisser son âme en échange de faveurs diaboliques…Sur le point de succomber, Jack demande alors au Diable de lui offrir un dernier verre avant qu'il n'accepte le pacte. Le Diable se transforme alors en pièce de six pence afin de payer le tavernier.Prestement, Jack empoigne la pièce et la glisse dans sa bourse. Or, celle-ci contient une croix d'argent, le Diable ne pouvant plus se retransformer, est prisonnier sous la forme de cette petite pièce !Jack obtient alors du Malin qu'il ne vienne pas réclamer son âme avant que ne se soient écoulées dix année et le Diable accepte…Dix ans plus tard, Jack rencontre le Diable sur une route de campagne : ce dernier réclame son dût.Jack réfléchissant à toute allure dit alors : " Je vais venir, mais d'abord pourrais-tu cueillir une pomme de cet arbre pour moi ? ". Le Diable grimpe sur les épaules de Jack et s'accroche aux branches du pommier. Jack sort alors son couteau et sculpte une croix sur le tronc de l'arbre…Coincé de nouveau ! Le rusé maréchal-ferrant obtient alors du Diable la promesse qu'il ne prenne jamais son âme…Sans autre solution, le Diable accepte et Jack efface la croix du tronc.Quelques années plus tard, Jack meurt. Il se voit refuser l'entrée du paradis à cause de sa vie d'ivrognerie.En désespoir de cause, il se rend chez le Diable. Aux portes de l'enfer, celui-ci lui rappelle qu'il ne peut pas prendre son âme… "Mais où vais-je aller ? demande Jack. " Retourne d'où tu viens " lui répond le Diable !Il faisait nuit, froid et un grand vent soufflait. Jack demanda alors au Diable s'il n'avait pas de quoi l'éclairer sur la route. Dans un geste de bonté, le Diable lui donna une braise. Jack la mis dans un navet qu'il mangeait pour la protéger du vent glacé. Depuis lors Jack est condamné à errer comme une âme en peine au milieu des ténèbres…La tradition irlandaise de creuser des navets lors de la nuit d'Halloween (en souvenir des âmes perdues comme celle de Jack) fut vite remplacée, lors de l'exode massif des Irlandais vers les Amériques en 1845-50, (" Irish potato famine) par l'envie de creuser des citrouilles qu'ils trouvèrent sur place.