16/04/2012

LA MALEDICTION DU VER DE LAMBTON - Angleterre


En 1420, le matin de Pâques, tous les habitants du village de Washington dans le comté de Durham en Angleterre, se dirigèrent vers l'église..... tous, à l'exception du jeune John, l'héritier dépravé du château de Lambton.

 

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peche_001.gifMéprisant le soutien de la religion et l'observation de ses préceptes, pour se consacrer à des plaisirs plus matériels, John Lambton pêchait dans la rivière, faisant fi des regards désapprobateurs des habitants du village qui se rendaient à l'église. Au début de l'après-midi cependant, comme il n(avait pas encore pris de poisson, sa bonne humeur tourna à l'aigre et il maudit sa malchance à voix haute.


Comme provoquée par cette explosion de colère sacrilège, une vague agita l'eau du fleuve. Quelques instants plus tard, le jeune homme sentit quelque chose sur sa ligne, mais c'était bien d'autre chose qu'un simple poisson... Relevant sa canne, il crut tout d'abord que c'était une sorte de sangsue, ou de ver aquatique de forme allongée et présentant un dos noir et visqueux. Puis la bête leva la tête et le fixa. Le jeune Lambton eut un sursaut d'horreur car sa prise avait l'apparence d'un dragon et le visage d'un démon.

 

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Ses  longues mâchoires portaient des centaines de dents acérées comme des lames, un liquide nauséabond suintait des neufs fentes pareilles à des branchies situées de part et d'autre de son cou, mais Lambton ne vit que ses yeux. Ils luisaient comme des braises incandescentes, capturant son regard et le plongeant dans une horrible transe, et dans leur noirceur malfaisante, il pouvait voir danser tels des spectres, tous les péchés de sa jeunesse dissolue.

fantastique-dragon-00011.gifIl avait initialement eu l'intention de garder sa pêche mais il se débarrassa vivement de l'atroce créature en la jetant dans un puit voisin. A partir de ce moment, John Lambton ne fut plus jamais le même. Ne cessant de rechercher la rédemption pour ses erreurs passées, il se rendit quelques années plus tard en pèlerinage en terre sainte. Ainsi partit-il, laissant derrière lui son village natal ainsi que son château et à son insu, la monstrueuse incarnation de ses péchés de jeunesse.


La bête qu'il croyait morte en la jetant dans la noirceur du puit, avait au contraire prospérée, devenant de plus en plus grosse et plus puissante. Un matin, des villageaois de Washington trouvèrent une étrange trace fumante et acide qui allait du puit jusqu'à une colline proche. Intrigués, ils la suivirent et découvrirent un spectacle terrifiant. Devenue si grande que ses anneaux entouraient neuf fois la colline, la créature dépourvue de membre, au corps serpentin, s'agitait mollement sous le soleil. Une écume blanchâtre déssechait l'herbe sous son corps, et l'haleine empoisonnée qu'exhalait sa gueule brûlait les feuilles des arbres environnants.

 

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Ainsi débuta le règne de terreur du ver de Lambton. Il détruisit les récoltes et les forêts, dévora le bétail ainsi que quelques enfants, contraigant les habitanjts à demeurer cloîtrés chez eux, par crainte d'être vidtimes de la malédiction qui frappait leur village. 

Finalement, s'inspirant d'une vieille recette qui avait été concoctée pour calmer les dragons malfaisants, les paysans tentèrent d'apaiser le monstre en lui offrant du lait. Une auge gigantesque remplis de lait frais fut déposée dans la cour du château. Apparaissant aussitôt, le ver se glissa jusqu'à elle et la vida. Le reste de la journée et la nuit suivante, il demeura tranquille, endormi autour de sa colline.

fantastique-dragon-00049.gifMais le lendemain matin, en constatant que le lait n'avait pas été renouvelé, la bête fut prise de furie et attaqua tout ce qui se trouvait à sa portée. Les villageois terrifiés coururent se réfugier dans leurs demeures. Par la suite, toutes les vaches furent mises à contribution pour que la bête soit quotidiennement satisfaite.chevalier marchant.gif

Parfois quelques hommes plus aguerris que les autres essayaient de tuer le monstre avec des épées ou des lances. Mais, même lorsque l'un d'eux parvenait à couper la bête en deux, les morceaux se réunissaient aussitôt en reformant un ver intact, qui ne leur laissait aucune chance de réitérer l'exploit ou de prendre la fuite.

chevaliers026.gifDes années s'écoulèrent ainsi, puis John Lambton revint du Proche Orient. Horrifié par ce qu'il découvrit, il décida de libérer le village de la bête hideuse née des péchés de sa jeunesse. Etant allé consulter une vieille sorcière des environs, il apprit qu'il ne pourrait tuer le monstre que s'il l'affrontait au milieu de la rivière où il l'avait capturé des années auparavant, et s'il portait pour ce faire, une armure spéciale, recouverte de lames effilées.

Il y avait également une condition pour qu'il réussisse: après avoir vaincu la bête, il devait occire la première personne qu'il rencontrerait, faute de quoi, la lignée des Lambton serait maudite, et pendant neuf générations, aucun des seigneurs du château ne mourrait dans son lit. 

S'étant fait fabriquer l'armure requise et armé de son épée, John Lambton alla donc affronter la bête manoeuvrant habilement pour la forcer à plonger dans les flots. Losqu'ils furent tous les deux dans l'eau, la bête cherche à l'étouffer en le serrant entre ses anneaux, mais plus elle serrait, plus les lames de l'armure pénétraient dans ses chairs et les tailladaient. Au bout d'un moment, terriblement blessée par l'épée et les lames, le monstre fut coupé en morceaux, qui furent emportés par le courant avantd 'avoir pu se reformer pour le rendre de nouveau dangereux. Ainsi périt la bête de Lambton.

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John Lambton avait vaincu le monstre mais il n'avait pas encore dissipé la malédiction. Il courut alors jusqu'à son château et son père fou de joie par la victoire de son fils, fut le premier être vivant qui se présenta sur son chemin. Lorsqu'il le vît, se souvenant de l'avertissement de la sorcière, John pâlit. Devait-il tuer son propre père pour sauver ses descendants ? Il ne put s'y résoudre et tua son chien le plus fidèle à la place du vieil homme, espérant que ce sacrifice suffirait. 

Hélas, ce ne fut pas le cas. Pendant neuf générations, tous les héritiers du château de Lambton connurent une fin tragique.

Le ver géant était mort, mais sa malédiction comme l'avait annoncé la sorcière, demeure à jamais attachée au nom des Lambton...





09/04/2012

Sommaire "Autres Contes & Légendes Celtes"

Sommaire autres contes celtes


legendes et contes celtes

Maud & la Wyverne - Angleterre
Aengus & la jeune fille cygne
legendes et contes celtes
La Légende du Paon
Le Chêne Géant (Conte Druidique)
Le Goeland Argenté
La Légende du Barde Kian

legendes et contes celtes

Merlin & le Ballet des Géants
Mélusines de Tiffauges
Gargantua
Ymir,le Génat des Glaces
Le Cheval Enchanté

legendes et contes celtes

MAUD & La WYVERNE - Angleterre

 

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Le récit se déroule dans le Mordiford, dans le Comté du Herefordshiren.


maud,wyverne,mordiford,angleterreLes parents de la petite Maud ne voyaient aucune objection au fait que le fillette ait un animal famileir, un chien, un chat.... Mais, celui qu'elle leur avait ramené, aussi minuscule et joli fût-il, ne pouvait en aucun cas leur convenir. Elle l'avait découvert dans l'après-midi. Alors que Maud se promenait dans les bois près de chez elle, elle aperçut unmaud,wyverne,mordiford,angleterre minucule animal qui semblait égaré dans les buissons, se tenant tristement au milieu d'un bouquet de fleurs. 

maud,wyverne,mordiford,angleterreLa délicate créature qui avait sans doute perdu sa mère, avait l'apprence d'un dragon: son corps de forme allongé, était vert et parcouru d'écailles étincelantes, qui luisaient telles des pierres précieuses au soleil. La petitze créature se tenait assise sur ses deux pattes et agitait avec une touchante obstination ses deux petites ailes membraneuses. Il était clair qu'elle était bien trop jeune pour pouvoir déjà parcourir les cieux.

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Dès qu'elle avait aperçu Maud, sa tristesse s'était évanouie, et elle s'était mise à sautiller gaiement autour d'elle, ravie de ne plus être seule. La fillette, ravie de trouver ce petit compagnon inattendu, après avoir joué un long moment avecla Wyverne, trouva naturel de la ramener chez elle.

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Et maintenant, elle était là, posée sur le sol, les parents de Maud la reardant horrifiés. En vain Maud tenta de plaider la cause de son compagnon de jeux, affirmant qu'il était trop petit et trop mignon pour être dangereux. Ses parents lui ordonnèrent d'un ton qui n'admettait aucune réplique, de le ramener aussitôt à l'endroit où elle l'avait découvert. 

Dès qu'elle fut sortie, ils refermèrent la porte de la demeure, et l'observèrent par une fenêtre afin de s'assurer qu'elle prenait bien la direction du bois où elle était allé se promener quelques heures auparavant.

Dès qu'elle fut hors de vue du joug parental, la fillette quitta le sentier qui menait vers le bois, et se dirigea vers sa cachette: un petit coin de forêt invisible du chemin, où elle avait l'habitude de passer de longues heures à jouer seule, à l'acart du monde. Elle y installa son nouveau petit compagnon, et elle vint le voir chaque jour, jouant avec lui, lui apportant de la nourriture, le tenant à l'abri du regard de ses parents et des habitants du Mordiford.

 

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Au fil des mois, la bête ne cessa de grandir, se transformant à une vitesse inquiétante. Le mignon petit dragonneau que la petite fille avait recueilli se changea peu à peu en une Wyverne adulte d'une taille impressionnante. Ses écailels se durcirent, devinrent d'un vert indescent avec des bords aussi tranchant que les lames de rasoir, ses ailes s'épaissirent comme des chauve-souris et un dard mortel se développa à l'extrêmité de sa queue recourbée.

maud,wyverne,mordiford,angleterreBientôt, les soucoupes de lait que Maud apportait à la créature chaque jour, ne parvinrent plus à apaiser la faim sans cesse grandissante. Tout naturellement, elle commença à aller chercher sa pitance ailleurs. Les fermiers des environs perdirent de nombreuses têtes de bétail, et il ne se passa guère de temps avant que le coupable de ces forfaits ne soit identifié.

La Wynerve de Maud avait appris à aprécier la chair des moutons et des vaches. Quand les paysans les plus audacieux vinrent la traquer dans sa retraite, elle se défendit vaillament, en tua quelques-uns, et découvrit à cette occasion une autre nourriture bien meilleure que son ordinaire: la chair humaine.

La fillette, terrifiée par le comportement de son ancien compagnon de jeu, le supplia de mettre un terme à ses attaques contre les habitants du village, mais en vain. M^me les pleurs d'une fillette désolée ne peuvent l'emporter sur la nature carnassière et les instincts de prédateur d'une vriae Wyverne. En devenant adulte, la bête multiplia les ravages dans toute la contrée. Une sule personne n'avait rien à criandre d'elle: Maud, celle qui l'avait recueillie et choyée dans sa plus tendre jeunesse.

Elle seule pouvait cheminer en sécurité à côté de la créature, caresser ses griffes meurtrières, ou plonger sans appréhension son regard dans ses yeux de braise. Telle était la puissance de l'amitié et de l'amour.

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Mais cela n'altèra pas cependant le cours inexorable des évènements. Un jour vint où la tyrannie de la bête ne fût plus supportable pour les habitants de Mordiford.

Monté sur un solide destrier, protégé par une lourde armure, un des hommes de la plus illustre famille de la contrée: les Garston, partit dans les bois à la recherche de la bête, bien décidé à mettre un terme à son existence. 

Il avait mis un pied à terre pour s'enfoncer dans le sous-bois quand, brusquement, cachée jusque-là par le feuillage, une énorme masse verte surgit devant lui. Il brandit instinctivement son bouclier pour se protéger des flammes crachées par la Wyverne, puis brandit sa lance dans la gorge interminable du dragon, d'où jaillit aussitôt un épais flot de sang noir. Il saisit ensuite son épée, et s'aprêtait à couper la tête de la créature agonisante, lorsqu'une fillette surgit à son tour des broussailles, hurlant de colère et commença à lui lancer des pierres.

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Désemparé, ne sachant que faire, il battit rapidement en retraite. Avant de s'éloigner en direction du village pour aller annoncer aux paysans que leurs épreuves étaient désormais terminées, il eut cependant le temps de contempler l'étrange spectacle d'une Wyverne égorgée, pleurée par sa seule amie, une petite fille nommée Maud,qui venait de perdre à tout jamais, les illusions de son enfance.


01/04/2008

Aengus & la jeune fille cygne

Un jour, Aengus tombe amoureux d’une jolie jeune fille, la même que celle qui hante ses rêves depuis longtemps.

femme029Avec l’aide de son père, il cherche son nom, et finit par découvrir que c’est la fille d’Ethal Anubal, un prince de l’Autre Monde de Connacht, et qu’elle se prénomme Caer.

Le Dagda et Aengus partent alors dans leurs chars pour aller demander la main de cette jeune beauté. A leur arrivée, Ethal leur annonce que Caer est plus puissante qu’Aegus, et que celui-ci, devra la conquérir sans aucune aide.
Toutefois ? Ethal est contraint de révéler que sa fille vit en alternance une année sous la forme d’une femmeet l’autre année, sous la forme d’un cygne.cygnes005

Aengus repart alors, et trouve Caer en cygne près d’un lac.
Celle-ci, est entourée de nombreux autres cygnes, tous portant une chaîne d’argent. Lors d’une conversation, Caer promet à Aengus de s’unir à lui s’il accepte de la laisser retourner au lac.

cygnes003Ils s’embrassent et s’endorment sous la forme de deux cygnes, et volent ensuite trois fois autour du lac. Ainsi, Aengus tint parole, et Caer resta avec lui.

27/03/2008

La Légende du Paon

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Mériadek, comte de Goëllo, avait deux fils : Gouil et Ysselgert, qui, abandonnés au Grun-Ardent, pressuraient leurs vassaux, leur imposaient des tailles injustes, malgré les conseils de leur père Mériadek, et vivaient comme des mécréants.


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Aussi, bientôt, ne trouvèrent-ils plus de ressources dans leurs domaines dévastés. Les jeunes filles vierges se cachaient en les apercevant et les vassaux « préféraient la mort à une vie misérable ».


Alors les deux frères « songèrent » à « piller » l'abbaye de Beauport, qui renfermait des richesses considérables. Ils vinrent la nuit, accompagnés de leurs écuyers, mais l'abbé refusa de leur ouvrir la porte du monastère.


« Ils incendièrent la forêt et les chaumières dépendant du couvent », jurant « de revenir ».

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« L'abbé demanda aide et protection au seigneur de La Roche-Derrien qui envoya cinquante archers, cent arbalétriers et deux cents manants armés de faux et de piques pour protéger les hommes de Dieu. archerLe comte Mériadek, informé, enferma ses fils et donna satisfaction aux moines, car c'était un bon seigneur.
Mais Gouil et Ysselgert s'évadèrent et, aussitôt libres, ils songèrent à assassiner leur père pour avoir son héritage et pour tirer vengeance de l'obstacle qu'il avait mis à leurs desseins impies. soeurIls gagnèrent des vassaux en leur promettant le pillage et mirent le siège devant Château Goëllo. Mériadek, épouvanté, prit la fuite et se réfugia dans l'abbaye de Beauport où une religieuse effrayée vint un soir demander asile, se disant poursuivie par Ysselgert qui accourait à quelque distance. Les gardiens, sans défiance, lui ouvrirent les portes et furent aussitôt massacrés, car la religieuse n'était autre que Gouil qui fit entrer son frère et leurs hommes.
Moines-15Ils mirent l'abbaye à sac et pendirent les moines qui moururent en appelant sur eux la malédiction céleste. Mais ils ne purent retrouver Mériadek qui s'était réfugié dans un souterrain passant sous la mer, bien loin de là, où il vécut quelque temps en se nourrissant de serpents et de chauves-souris. Le prieur lui avait confié le trésor de l'abbaye et les deux frères, craignant qu'il ne trouvât du secours et qu'on ne leur fit expier leurs maléfices, invoquèrent le démon. Celui ci leur apparut sous la forme de Golo-Robin. Ils lui promirent leur âme s'il leur faisait retrouver Mériadek et l'or qu'il gardait ».

Le pacte signé, l'esprit de tentation les conduisit sur des chevaux de feu à travers les airs et les déposa dans l'île de Bréhat où le souterrain aboutissait.
« Leur père connut leur arrivée et voulut se sauver, mais le poids de l'or embarrassa sa marche et il fut atteint par eux au nord de l'île, malgré les habitants du bourg et de Pont ar-Prat qui tentèrent de s'opposer à leur passage. Alors Gouil et Ysselgert assassinèrent Mériadek et s'emparèrent de l'or ; puis, pour cacher les traces de leur crime, ils voulurent jeter à la mer le cadavre de leur père ; mais, comme il était fort lourd, ils le chargèrent sur leur épaules et montèrent sur la falaise, d'où ils voulaient le précipiter ».
Mais ils sentirent leurs pieds s'attacher au sol, leurs membres s'alourdir et leurs fronts orgueilleux fléchir sous un poids inaccoutumé. Ils voulurent parler, mais leur langue était collée à leur palais et ils tombèrent avec leur fardeau au milieu des vagues. Alors une voix terrible sortit du sein des nuages et leur dit : Parricides, vous ne jouirez pas du fruit de vos forfaits, et vous porterez éternellement votre victime. Ils furent changés en énormes rochers et un gouffre sans fond se forma entre eux, de sorte qu'ils n'étaient liés que par le cadavre de leur père, et le trésor de l'abbaye fut englouti dans le gouffre » où il doit rester jusqu'à la fin des temps.
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Telle est la légende du Paon. Elle nous aide à connaître l'idée que les moines de Beauport se faisaient autrefois des origines de leur monastère et par là elle est intéressante à étudier, mais on ne peut en tirer aucun fait historique.
(Extrait du Courlis de Bréhat, année 1925, n° 21 et 22)

26/03/2008

Le Chêne Géant - Conte Druidique

le roi de la forêt

Il fut un temps où la création du monde semblait achevée. Les royaumes originels bosselés de montagnes, creusés de vallées, recouverts de forêts n’avaient jamais été aussi éclatants. Les étoiles parsemaient la voûte céleste, le soleil et la lune se montraient à tour de rôle, hommes et animaux cohabitaient en toute tranquilité.

A cette époque lointaine, trois jeunes filles étaient amoureuses d’un beau chevalier. Elles plantèrent un chêne dans l’espoir que cet arbre leur porterait bonheur. Les années passèrent. Aucune des trois jeunes filles n’épousa le chevalier mais le chêne était devenu le plus beau de la région. Bientôt, plus personne ne se souvint de celles qui l’avaient planté mais le chêne grandissait toujours, dépassant la cime des arbres les plus hauts. Au début les hommes, fiers de ce chêne géant, venaient d’aussi loin que les quatre espaces pour l’admirer, puis, voyant que sa croissance n’avait pas de fin, ils s’inquiétèrent.

dyn006_original_156_182_gif_2571711_67af1766bf339c01d59d28c72118d407Un jour, un petit nuage poussé par le vent s’accrocha aux branches du chêne et y resta prisonnier: la cime avait atteint le ciel, ce qui entraîna une série de catastrophes. En effet, d’autres nuages vinrent se jeter dans la ramure de l’arbre, qui formait une barrière infranchissable. Le climat se détériora, et la situation s’aggrava lorsque le soleil et la lune à leur tour trouvèrent leur route barrée. Les deux astres, masqués en permanence par les nuages accumulés sur le chêne, ne parvenaient plus à éclairer les royaumes originels. Les ténèbres et le froid s’installèrent...

dyn010_original_93_107_gif_2571711_16e6b9e57c6a0f3c6cdabb58dd3c911aLes hommes essayèrent d’abattre l’immense chêne, mais leurs haches se brisaient en touchant l’arbre et aucun d’entre eux ne réussit à en entamer le tronc. Les hommes les plus forts, les plus instruits, les plus compétents se succédèrent devant le chêne sans trouver la moindre solution. Découragés, ils abandonnèrent tout espoir de revoir un jour la lumière du soleil.

Alors que tout semblait perdu, on vit surgir au loin le beau chevalier dont les trois jeunes femmes étaient amoureuse. Après tout ce temps passé, il ne semblait pas avoir vieilli d’une année. Il sorti de son grand sac de cuir une hache en or pur et sans dire un mot, il s’approcha du chêne qui était des milliards et des milliards de fois plus grand que lui et l’abattit d’un seul coup puissant et net. Aussitôt, les nuages délivrés reprirent leur course et les astres éclairèrent à nouveau les terres. Mais quelques étoiles restèrent prisonnières de la ramure du chêne qui s’était couché dans le ciel...

Le beau chevalier repartit comme il était venu et nul ne sut jamais qui il était. Et il n’y eu que quelques bardes, émus par cette belle histoire d’amour entre ces trois jeunes femmes et cet étrange inconnu qui s’aperçurent que les étoiles prisonnières de la ramure du chêne dessinaient trois visages en pleurs...

10/03/2008

Le Goeland Argenté

Goeland

Le Goéland argenté
Très souvent à la proue des embarcations, viennent
se poser des goélands qui semblent familiers.
Ce sont les âmes des capitaines ou des vieux marins
condamnés à vivre en penitence sous cette forme.
Ils reviennent ainsi dans les ports où ils ont vécu.
Ils vous regardent longuement et se laissent
quelquefois approcher.
Gare à celui qui les chasse.
Le mauvais sort peut s'abattre sur lui ou son bateau.
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08/03/2008

La Légende du Barde Kian

La légende du Barde Kian ou Gwenc'hlan Parmi les poèmes populaires chantés en Bretagne, il existe un fragment qui a pour titre : Prophéties de Gwenc'hlan, surnom d'un Barde du 6ème siècle, dont le véritable nom est Kian.

Voici ce que la Tradition nous apprend au sujet de ce poète.

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Gwenc'hlan fut longtemps poursuivi par un prince étranger, qui, s'en étant emparé un jour, lui fit crever les yeux et le jeta dans un noir cachot où il le laissa mourir ;
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mais le Barde en expirant lança contre le prince une imprécation qui ne fut pas sans effet, puisque bientôt après le prince fut frappé de mort sur un champ de bataille !


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Voici ce que nous dit, dans son Introduction, Hersart de la Villemarqué au sujet de ce Barde :

"Gwenc'hlan prédit avec une joie féroce qu'un jour les hommes du Christ seront traqués et hués comme des bêtes sauvages, qu'on les égorgera en masse ; que leur sang, coulant à flots, fera tourner la roue du moulin et qu'elle n'en tournera que mieux. Ce n'est point la chair pourrie de chiens ou de moutons, c'est de la chair chrétienne qu'il nous faut."

03/03/2008

Merlin & le ballet des Géants (Stonehenge)

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Lorsque le roi Aurélius consulta Merlin, magicien et astrologue, ce dernier lui conseilla d'envoyer des hommes chercher le Ballet des Géants.

Le roi leva donc une armée et envoya son frère en Irlande afin de dérober le Ballet des Géants. Cependant, les guerriers furent incapables de lever des pierres si lourdes, Merlin lança donc une formule magique et elles devinrent si légères qu'elles furent embarqués sans difficultés et amenées à Stonehenge où elles se trouvent encore.

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02/03/2008

Mélusine (Tiffauges)

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L'origine de Mélusine est royale. En effet, sa mère, la fée Présine, avait charmé son père Elinas, le roi d'Ecosse, non sans lui avoir fait promettre, avant leur mariage, de ne jamais chercher à la voir pendant qu'elle accoucherait.

Elinas, oubliant sa promesse, enfreint l'interdit. Présine dut alors se réfugier avec ses trois filles, Mélusine, Mélior, et Palestine, dans l'Ile perdue (Ile d'Avalon).

Lorsqu'elles devinrent grandes, celles-ci, usant de leurs pouvoirs de fées, décidèrent d'enfermer leur père dans la montagne magique de Northumberland. Cela parut trop sévère à Présine qui jeta un sort sur ses filles.

Elle dit à Mélusine :
" Tous les samedis tu seras serpente du nombril au bas du corps. Mais si tu trouves un homme qui veuille bien te prendre pour épouse et promettre de ne jamais te voir le samedi, tu suivras le cours normal de la vie. Toutefois si ton mari vient à percer ton secret, tu seras condamnée à retourner au tourment jusqu'au jugement dernier".

Mélusine rencontre Raymondin dans la Forêt de Cé près de Lusignan.
Ce dernier, revenant d'une chasse au sanglier aucours de laquelle il a tué par accident son oncle Aimeri, comte de Poitiers tombe amoureux de Mélusine et la demande en mariage.

Grâce à ses pouvoirs, Mélusine réussit à faire innocenter Raymondin.
La fée, accepte de l'épouser et lui fait promettre de n'avoir aucun doute sur son origine et de ne jamais chercher à la voir le samedi. En échange, elle offre à Raymondin sa fortune ainsi qu'une nombreuse et longue descendance.

Durant la première année de leur mariage, Mélusine entreprit la construction de Vouvant, de Mervent et de la tour de Saint-Maixent: autant de places fortes qui contribuèrent à l'immense puissance de la famille Lusignan.
Une seule nuit lui suffisaient pour édifier les plus imposantes forteresses (Tiffauge, Talmont, Partenay), des églises comme Saint-Paul-en-Gâtine, surgi au milieu des champs, les tours de la Garde à La Rochelle et celles de Niort, et même la ville de Lusignan.

Un samedi poussé par la jalousie de son frère, le comte de Forez, Raymondin transgressa la règle de fit avec la pointe de son épée un trou dans la solide porte en fer qui gardait le chambre de sa femme. Et voici ce qu'il vit:

"Mélusine se baignait dans une moult grande cuve de marbre, en signe de femme jusqu'au nombril, et se peignait les cheveux; et, du nombril en bas, en signe de queue d'une serpente, grosse comme une quaque à hareng, et moult longuement débattait sa queue en l'eau tellement qu'elle en faisait jaillir jusqu'à la voûte de sa chambre"

Mélusine trahie s'enfuit dans un cri par le fenêtre et plus jamais son mari ne la revit sous forme humaine. Toutefois, la légende nous enseigne que Mélusine revint pendant trois jours, à chaque fois que l'une des forteresses qu'elle avait construites changea de maître, et qu'elle apparut toutes les fois que l'un de ses descendants fut sur le point de mourir.

29/02/2008

Gargantua (Fort de la Latte)

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La plus mémorable rencontre eut lieu un jour qu'un "glao" (bateau jaguen à cul carré), chargé de belles raies, rentrait sur la Houle Chausseul.
L'eau lui vint à la goule. D'un geste prompt, il saisit la barque et avala le tout. Il n'avait pas estimé à leur juste poids les pierres de lest.

Il s'en alla au guildo vomir pêle-mêle bateau, raas (raies), marins et pierres. Ce sont ces fameuses Pierres Sonnantes qu'on peut encore voir sur la rive de l'Arguenon.

25/02/2008

Ymir, le Géant des Glaces (Conte Druidique)

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A l’aube du temps, l’espace n’était qu’un abîme sans fond, stérile et désert, limité au nord par le pays des glaces et au sud par le pays du feu. Du premier, monde de nuées et de ténèbres, coulaient douze fleuves de glace. Au coeur du pays de feu naissaient au contraire des rivières d’eau chaude qui se couvraient de givre à l’approche des régions froides avant de se figer, prisonnières de l’immensité glacée. Ainsi, l’Abîme originel fut il comblé peu à peu par des masses d’eau solidifiée par le froid.

Sur cette banquise désolée, le vent du sud se mit à souffler, un vent tiède qui réchauffa la surface gelée. La glace commença à fondre. Une première goutte d’eau se forma, suivie d’une deuxième , puis de beaucoup d’autres, et le miracle se produisit: animées d’un souffle mystérieux, les gouttelettes se rassemblèrent pour former le corps d’un géant, Ymir. Par quel prodige eut-il chaud dans cet univers glacial ? Nul ne le sait, mais il se mit à transpirer, et de sa sueur naquirent deux autres géants, un homme et une femme. Tandis qu’ils s’éveillaient lentement à la vie, de nouvelles gouttes d’eau ruisselèrent à la surface des blocs de glace et un quatrième être vivant apparut, la vache Audumla. De ses pis gonflés coulaient quatre ruisseaux de lait, auxquels se nourrirent Ymir et ses descendants, les géants. La vache Audumla en léchant les blocs de glace qui l’entouraient découvrit un cinquième être vivant: Buri qui épousa bien vite la géante. De leur union naquirent les premiers dieux du monde: Odin, Vili et Vé.

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Entre les géants et les dieux, ce fut la guerre, violente, impitoyable. Les géants y trouvèrent la mort, mais l’un d’eux réussit à prendre la fuite avec sa femme vers les régions les plus désolées du pays de givre où ils perpétuèrent leur race. Inerte, le corps d’Ymir gisait sur le sol, recouvrant de sa masse gigantesque l’amas chaotique des blocs de glace. Les dieux étaient bien content de demeurer seuls maîtres de l’univers. Mais quel univers ! En regardant le paysage triste, morne et glacial qui les entouraient, ils décidèrent de le transformer et de créer un nouveau monde. Ils utilisèrent le corps de leur ancien ennemi le géant Ymir pour façonner une lourde masse sans vie qu’ils lâchèrent dans l’ether: Le Plan Matériel.

Du corps du géant naquirent les montagnes, les mers, les rivières et les lacs. Ses cheveux prirent racines et devinrent des arbres puis des forets. Posant ensuite le crâne d’Ymir sur quatre piliers, les dieux en firent la voûte céleste. Ils la décorèrent de milliers d’étincelles qu’ils trouvèrent au pays de feu et la plus grosse flammèche devint le soleil. Il mirent de l’ordre dans leur création en réglant la succession des saisons, des jours et des nuits.

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Fort content de leur travail, ils s’accordèrent un peu d’amusement et de distraction. Ils édifièrent un merveilleux palais céleste, plus vaste qu’une ville où ils organisèrent des fêtes somptueuses qui rassemblaient un grand nombre de dieux et de déesses. De temps en temps, ils descendaient sur le Plan Matériel en empruntant les arc en ciel qui leur servaient de ponts.

Longtemps, la surface de la terre ne fut habitée que par les nains, race de petits êtres pétris dans la chair du géant Ymir. Ils creusaient des galeries et ils vivaient sans voir le soleil, forgeant sans cesse les matériaux qu’ils trouvaient. Un jour, alors qu’ils se promenaient le long d’une plage du Plan Matériel, Odin, Hoener et Lodur trouvèrent deux troncs d’arbres secs. Odin proposa de leur donner la vie et leur fit dont du souffle vital, Hoener leur fit cadeau de l’âme et de la raison et Lodur les réchauffa et les peignit aux couleurs de la vie. Les troncs s’animèrent, changèrent d’aspect et devinrent le premier couple d’êtres humains.

22/02/2008

Le Cheval Enchanté

cheval enchanté
Il était une fois un jeune homme du nom de tag possédant douze juments qui donnèrent naissance ensemble à onze jolies pouliches alezanes et un affreux gringalet bleu. Mais c'était un poulain qui parlait et Tag, subjugué, suivit toutes ses instructions. Bien nourrit le poulain devint un cheval gigantesque. Il était doté de pouvoirs magiques et conseilla à son maître de gagner sur son dos la cour du roi. Les chevaux du roi étaient atteints d'une maladie inconnue et le cheval de Tag les guéris par magie. Tag fût nommé chevalier et grand chambellan. Mais une demande de la cour qui le détestait suggéra au roi de l'envoyer conquérir le cheval du monde. Aidé par son cheval enchanté, Tag y parvint, mais son ennemi suggéra de l'envoyer guérir la princesse aux cheveux d'or. Il y parvint encore grâce à la reine des oies sauvages, qu'il avait sauvé de la faim. Le roi voulut épouser la princesse sur le champs mais elle s'y refusa, parce qu'elle ne pouvait pas se marier sans avoir avec elle les biens contenus dans un coffre de son château. Tag fût encore chargé d'y aller et y parvint grâce au roi des poissons à qui il avait rendu service. Alors le roi qui voulait retrouver sa jeunesse lui ordonna de se mettre en quête de l'eau de vie, car il était possible de rajeunir si l'on était successivement tué puis ressuscité. Tag réussit cette mission moyennant le sacrifice de son cheval. Mais dès qu'il eut en sa possession les deux eaux, il arrosa l'animal avec celle de vie et le ressuscita. Quant à la princesse aux cheveux d'or, elle versa sur le roi de l'eau de mort.... mais se garda bien de l'arroser ensuite d'eau de vie et put ainsi épouser Tag qu'elle aimait depuis le premier jour.