30/08/2012

Sommaire "Célébrités Bretonnes"

En rouge, les personnages qui seront bientôt traités


Anne de Bretagne


Barbe-Bleue ou Gilles de Rais (1404-1440) gilles-de-rais-dit-barbe-bleue-1404-1440.html

André Breton (1896-1966) Ecrivain, Surréaliste  andre-breton-1896-tinchebray-1966-paris-ecrivain-surrealiste.html

Aristide Briand (1832-1932) Homme d'Etat  aristide-briand-1832-nantes-1932-paris-homme-d-etat.html


Pierre Cambronne (1770-1842) Militaire  pierre-cambronne-1770-saint-sebastien-sur-loire-1842-nantes.html

Jacques Cassard (1676-1740) Corsaire  jacques-cassard-1676-nantes-1740-fort-ham-corsaire.html

 Guillaume Chauvin (1442-1484)  guillaume-chauvin-1422-nantes-1484-prisonde-vannes.html

 Marguerite de Clisson (1360-1441)  marguerite-de-clisson-1360-1441-dit-margot-la-boiteuse.html

Olivier de Clisson (1343) 

Jean Crémet (1892-1973)


Paul-Antoine-Marie Fleuriot de Langle (1711-1787)  paul-antoine-marie-fleuriot-de-langle-1744.html


Raoul de Gaël (av.1040-1097/1099)

Régis de l'Estourbeillon de la Garnache (1858-1946)regis-de-l-estourbeillon-de-la-garnache-1858-nantes-1946-ave.html

Anne de Goulaine (1676-?)  anne-de-goulaine-1676-nantes.html

Bertrand du Guesclin (1323-1380)


Guillaume Lejean (1824-1871)


Jean IV (1338-1399) Duc de Bretagne  jean-iv-51338-1399-nantes-duc-de-bretagne.html


Jean de Malestroit (1375-1443) Evêque  jean-de-malestroit-1375-nantes-1443-nantes.html

Elisa Mercoeur (1809-1835) Poète  elisa-mercoeur-1809-nantes-1835-paris-poete.html

Jean Meschinot (1420-1491) Poète  jean-meschinot-1420-1491-poete.html

Jean de Montfort (1295-1345)  jean-de-montfort-1295-nantes-1345-hennebont.html

Morvan-Lebesque (1911-1970)  morvan-lebesque-1911-nantes-1970-rio-de-janeiro-journaliste.html

 

 Louise de Penancouët de Kerouale (1649-1734)

Benjamin Péret (1899-1959) Poète  benjamin-peret-1899-nantes-1959-poete-surrealiste.html

 Marcel Planiol (1853-1931) Juriste  marcel-planiol-1853-nantes-1931-paris-juriste.html


Arthur de Richemont (1393-1458)

Jean de Rieux (1342-1417)  jean-de-rieux-1342-1417.html 

Rogatien & Donatien (280-304) Saints martyrs  rogatien-donatien-280-nantes-304-nantes.html

Marquis de la Rouërie (1751-1793)  le-marquis-de-la-rouerie-1751.html

Alain Le Roux (env.1040-1093)

 

Eric Tabarly (1931-1998) Navigateur  eric-tabarly-1931-nantes-1998-en-mer-navigateur.html

Sophie Trébuchet (1772-1821) Ecrivain, mère de Victor Hugo  sophie-trebuchet-1772-nantes-1821-ecrivain-mere-de-victor-hu.html


Jules Verne (1828-1905) Ecrivain  jules-verne-1828-nantes-1905-ecrivain.html

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Paul-Antoine-Marie Fleuriot de Langle (1744-1787)

Fleuriot de Langle, Kerlouët, expédition La Pérouse

Paul Fleuriot de Langle naquit au château de Kerlouët, paroisse de Quimper-Guézennec, évêché de Tréguier, le 1er août 1744. Il appartenait à une famille de cette nouvelle noblesse qui accéda aux sommets de la hiérarchie sociale aux XVIIIe et XIXe siècles, remplaçant une autre noblesse sans doute plus riche mais...

...qui avait été détruite par les ravages de la guerre, par les problèmes démographiques (disparitions de lignages ne laissant qu’une riche héritière permettant la concentration des patrimoines) et enfin par le surendettement (l’obligeant à se séparer morceau après morceau de son patrimoine). Il est important d’évoquer les Fleuriot de Langle afin de comprendre le destin de ce marin breton parmi les plus illustres marins de la Royale. Le premier membre de son lignage attesté est Jean Fleuriot (1425-1494) qui fut maire de Guingamp.

Fleuriot de Langle, Kerlouët, expédition La Pérouse



Les Fleuriot accrurent leur position essentiellement par une succession de mariages particulièrement lucratifs (voir ci-dessous la généalogie des Fleuriot de Langle).



- René Fleuriot, seigneur de Coëtquennou en 1595, épousa Marguerite de Penhoët, dame de Kerlouët, issue d’un des plus puissants lignages bretons.

- Leur fils, Claude, fut suffisamment riche pour faire deux superbes mariages : la première fois en 1623 avec Fiacrette Le Bahezre, dame de Rosviliou, du Cosquer, de Kerfilant et de Quenquistille dans les paroisses de Duault et de Locarn en Poher ; et la seconde fois avec une Coëtlogon, fille du vicomte de Messujeaume et tante du lieutenant général de Haute-Bretagne, gouverneur de Rennes.

- Le fils unique de Claude et de Fiacrette, Sébastien (attesté encore en 1675), augmenta ses terres autour de Duault-Locarn en épousant Mauricette Le Bigot, dame de Langle. Cette dernière n’eut que deux enfants : Jeanne Marie qui épousa le marquis de La Rivière dont elle eut un fils qui fut le cousin germain de la mère de La Fayette et un fils, Charles-Sébastien (1656-1720), qui en raison de son importante fortune put porter le titre de comte de Langle.

- Charles-Sébastien convola deux fois selon le degré de sa fortune : il épousa en premières noces un des plus grands noms de Bretagne Anne de Kerhoant, sœur des marquis de Kergournadech et de Coatanfao et de l’évêque d’Avranches, puis en secondes noces, en 1711, Marie-Anne-Angélique de Varennes ou de Varènes, qui hérita de la seigneurie de Loguével non loin de Langle et de Rosviliou.

- Le fils aîné de Charles-Sébastien et d’Anne-Angélique de Varennes, qui fit le père de notre héros, Jean-Sébastien (1712-1781), se trouva être un des hommes les plus riches de Bretagne. Il disposa de deux importants ensembles fonciers, l’un dans le Trégor et l’autre dans le Poher. Autour de son château de Rosviliou en Duault, dans le Poher, Jean-Sébastien possédait les manoirs de Lesmabon dans la même paroisse (venant des Le Bigot), de Kerfichant en Trébrivan, de Langle et de Loquevel (venantde sa mère, née Varennes), mais surtout de la grande seigneurie de Carnoët, relevant directement du roi, achetée par son père au duc de Richelieu en 1703.

Dans le Trégor, autour du château de Kerlouët en Quimper-Guezennec, les Fleuriot de Langle avaient acquis progressivement de nombreuses terres entre la Leff et le Trieux, dont deux des plus anciens fiefs de Bretagne, relevant directement du roi de France, la seigneurie de Kermarquer en Lézardrieux (un des principaux fiefs des illustres Tournemine du Moyen Age) et la vicomté de Frynandour (ayant appartenu aux Kergorlay, puis aux Montfort et aux comtes de Laval, barons de Vitré toujours au Moyen Age). Ce fut Jean-Sébastien qui acquit ses deux importantes terres. Il pouvait le faire sans doute grâce à la dot de son épouse, Marie-Jeanne de La Monneraye, elle aussi issue d’une famille de cette riche et assez récente noblesse bretonne.

- Son père, Jean de La Monneraye (1667-1737), seigneur de Bourgneuf, appartenait au Parlement de Bretagne. Il y occupait les fonctions de Grand Prévôt de Bretagne (fonction achetée en 1703 – Il pouvait se le permettre puisque sa fortune fut estimée à un million de livres) et de Secrétaire du roi à la Chancellerie de Bretagne. Son épouse, Marguerite Le Mézec, dame de Cantizac, fut la sœur d’un autre secrétaire à cette Chancellerie et de l’épouse du président des Requêtes. Par ce mariage et par d’autres plus tard, les La Monneraye furent étroitement liés aux Fleuriot de Langle. Pour finir, tous les frères et sœurs de Paul-Antoine, y compris lui-même, firent de brillants mariages dans la noblesse bretonne : ses sœurs épousèrent les comtes de Rosmorduc, de Derval et de Trogoff.

- La grand-mère de Paul-Antoine,  Angélique de Varennes. Mariée en 1711 à Charles-Sébastien Fleuriot de Langle, elle n’en eut que deux enfants survivants. Veuve en 1720, elle se remaria avec Jean-Baptiste Budes, dit le comte de Guébriant dont elle eut plusieurs enfants. Les Budes disposaient d’une forte position au sein de la Marine puisque Joseph-Marie Budes de Guébriant, le frère aîné de Jean-Baptiste, avait été chef d’escadre des armées navales et commandant de la Marine à Rochefort. Jean-Baptiste Budes quant à lui, était un proche du comte de Toulouse (1678-1737), non seulement fils légitimé du roi Louis XIV, mais encore très grand seigneur en Bretagne (avec son duché de Penthièvre, acheté en 1696) et Amiral de Bretagne et de France. Ce titre d’amiral n’était pas un vain mot.

Le comte de Toulouse commandait et commanda la flotte. Comme le révèlent les lettres conservées aux Archives de la Marine (série G), lui, comme son fils et héritier, le duc de Penthièvre (1725-1793), car la fonction d’Amiral de France était héréditaire, avaient pour rôle d’administrer l’Amirauté, institution qui eut une très grande place dans les règnes de Louis XV et de Louis XVI. Le comte de Toulouse et le duc de Penthièvre jouèrent aussi un rôle d’intermédiaires, en Bretagne, entre les autorités royales et les nobles bretons. Il est vrai qu’ils étaient encore à titre héréditaire lieutenants généraux et gouverneurs de Bretagne. Si la fortune du comte de Toulouse était considérable (la 6e du royaume, 13 millions de livres en 1737), celle de son fils fut une des premières du royaume (la 3e après le roi et le prince de Condé- avec 104 millions en 1789), ce qui lui permit de prendre à ferme une grande partie du Domaine royal en Bretagne.

 

 

Ces princes se comportaient comme tous les grands féodaux de Bretagne. On retrouve des noms bretons dans leur entourage, tels les Ravenel, les Rosmadec et aussi et surtout les Budes de Guébriant. Le comte de Guébriant appartenait à la Maison du comte de Toulouse. La comtesse de Guébriant, sa grand-mère, devint non seulement la dame d’honneur de la comtesse de Toulouse mais encore la gouvernante du duc de Penthièvre. Il n’est donc pas étonnant de voir son fils, Jean-Sébastien Fleuriot de Langle, devenir un des quinze gentilshommes du duc de Penthièvre – il est vrai qu’il était son vassal direct pour sa vicomté de Frynandour – tout comme son fils, Paul-Antoine qui devint ensuite gentilhomme du duc de Chartres, gendre du duc de Penthièvre.

 

Il est clair qu’avec un tel lignage, une telle fortune et surtout la protection de l’Amiral de France, Paul-Antoine Fleuriot de Langle intégra la Royale sous les meilleurs auspices. Fils cadet, il passa son enfance entre les résidences familiales, les châteaux de Kerlouët et de Rosviliou, et les hôtels particuliers de Lannion et de Guingamp. Très jeune, il devint Garde marine (en juin 1758) c’est-à-dire qu’il entra à l’Ecole de la Marine. Il ne faisait ainsi que suivre une tradition familiale. Ses oncles paternels, Charlemagne Fleuriot de Langle et Joseph Budes de Guébriant (demi-frère de son père) l’y avaient précédé. Il semble qu’il y montra très tôt un grand intérêt pour l’astronomie, l’hydrographie et les mathématiques. Le 16 novembre 1758 –il n’avait alors que 14 ans -, il reçut sa première affectation sur le Diadème (alors commandé par le comte de Rosily) où il fit deux campagnes, l’une dans les Antilles, l’autre le long des côtes espagnoles.

Fleuriot de Langle, Kerlouët, expédition La Pérouse Sur le même vaisseau (sous le commandement de comte de Breugnon), le 16 mai 1760, il participa à un combat naval contre les Anglais dans les parages d’Ouessant. La guerre de Sept ans faisait alors rage. Du 8 juin au 31 avril 1761, il servit sur le Palmier (commandé par le chevalier prince de Rohan), puis du 14 octobre 1761 au 21 novembre 1762 de nouveau sur le Diadème (commandé par M. de Fouquet) pour une nouvelle campagne à Saint-Domingue. Le 22 octobre 1763, il embarqua sur la frégate La Malicorne (commandée par La Motte-Picquet) qui avait pour mission de chasser les corsaires de Salé au large des côtes africaines. De mai à octobre 1764, il partit en Guyane sur l’Etoile. Le 22 avril 1765, il se trouvait officier de bord sur la Porteuse, sous le commandement du comte de Trobriand, autre gloire de la Royale, dont la mission était de surveiller les approvisionnements des ports militaires.

A son retour à Brest, le 27 décembre, il fut promu garde-pavillon, puis le 4 février 1766, enseigne de vaisseau. Il embarqua sur La Biche pour Cadix et la Méditerranée où il resta jusqu’en octobre 1767. Le 11 avril 1771, il navigua sur La Belle-Poule et vit une nouvelle fois Saint-Domingue. Sur le rôle de l’équipage, on trouve le nom de La Pérouse. C’est sans doute à cette époque qu’il se lia à cet autre célèbre navigateur.

Fleuriot de Langle, Kerlouët, expédition La Pérouse

La pénurie d’armement lui permit de jouir d’un court repos qu’il employa à travailler au sein de la nouvelle Académie de Marine. Le 24 juin 1771, il en devint un des membres adjoints. Il s’occupa d’améliorer les moyens de la navigation et de rédiger dans le Dictionnaire de Marine les mots Charpentage et Machines. En mai 1772, il fournit à l’Académie un rapport sur l’action réciproque des aiguilles aimantées des boussoles, suivi d’un autre sur les différences observées dans les longitudes sur la côte du Portugal. Sur ordre du ministre de la Marine, il devint membre honoraire de l’Académie en juillet 1774, et le 6 avril 1775, secrétaire temporaire de l’Académie. Cette progression spectaculaire, puisqu’il passa devant d’autres, provenait non seulement de son appartenance à la Maison du duc de Penthièvre qui était, il faut le rappeler, Amiral de France, mais encore à ses talents. En septembre 1775, il écrivit un mémoire pour l’Académie sur la méthode de déterminer la latitude en mer, méthode recommandée par l’Académie auprès du ministre de la Marine. Le même mois, il naviguait sur le Terpsichore (commandé par un autre marin breton fameux, le comte de Guichen). Le 15 juin 1777, il fut promu lieutenant de vaisseau.

 

La faveur que connaissait sa famille auprès du duc de Penthièvre lui permit d’obtenir une des meilleures places auprès du duc de Chartres (le futur duc d’Orléans, connu pendant la Révolution sous le nom de Philippe Egalité), gendre du duc de Penthièvre, qui voulait montrer au roi, son cousin, sa valeur sur les mers afin d’obtenir l’autorisation de succéder à son beau-père en tant qu’Amiral de France. Paul Fleuriot de Langle se trouva ainsi chef d’état major sur le Saint-Esprit (navire commandé par La Motte-Picquet) ; le chef d’escadre étant le duc de Chartres. Le 27 juillet 1778, ce dernier et ses navires connurent l’épreuve du feu contre les navires anglais au large d’Ouessant.

Les résultats de l’affrontement furent bien mitigés. Les Anglais profitèrent d’une erreur dans la chaîne de commandement pour s’enfuir. Le duc de Chartres revint à la Cour auréolé de gloire jusqu’au moment où les témoignages de marins français parvinrent aux oreilles des courtisans. Le navire du duc de Chartres se serait mis en panne et aurait débarqué un canot afin de mieux connaître de la part des autres commandants la situation. Ce contretemps aurait permis alors aux Anglais de prendre la poudre d’escampette. Le duc de Chartres fut raillé et fut contraint de renoncer à la charge, pourtant très lucrative, d’Amiral de France.

Ce fut une des principales déceptions du duc et une des causes de son ressentiment envers le roi. Le chevalier de Langle ne connut pas le même sort. Le duc de Chartres le nomma gentilhomme de sa Maison avec une pension annuelle de 2 000 livres et lui permit de recevoir le collier de chevalier du Saint-Louis. Il semblerait que Paul fut apprécié en effet assez tôt par le duc. Ce dernier, alors Grande maître du Grand Orient de France, avait assisté, à Brest, le 20 février 1778, à l’initiation de Paul Fleuriot de Langle, lieutenant de vaisseau, gentilhomme de son altesse sérénissime (c’était le prédicat du duc de Chartres), qui a été admis à la connaissance de nos mystères d’après le consentement de la loge par acclamation. Paul Fleuriot intégra la loge de la Marine, nommée aussi loge de « l’Accord parfait », loge composée à 90 % de lieutenants de vaisseaux, d’enseignes et d’aspirants dont beaucoup étaient nobles et titrés. Il devint donc franc-maçon, comme le fut trois jours plus tard, au sein de la même loge, Bougainville. La Pérouse avait été initié dans une autre loge brestoise, bien plus tôt, en 1765, L’Heureuse rencontre. Tout naturellement Fleuriot de Langle intégra la Franc-maçonnerie brestoise si importante non seulement au sein de la Marine du XVIIIe siècle.

 

Cette faveur d’un prince du Sang, en passe de devenir plus riche que le roi, dut propulser la carrière du chevalier de Langle. En septembre 1779, ce dernier commanda un navire, le Hussard, navire de 18 canons, chargé d’escorter des convois menacés par les Anglais. En janvier 1780, il quitta Brest pour Nantes afin d’escorter des gabarres chargés de bois, bois nécessaire à la construction navale. Jusqu’en juin 1780, il fit des allers et retours dans le golfe de Gascogne. En juin, il contraignit un navirecorsaire anglais à entrer en rade de Brest, mais quelques jours plus tard, le 5 juillet, au Nord-ouest d’Ouessant, il fut surpris par un navire anglais, le Nonsuch, commandé par sir William Wallace. Il tenta de se réfugier dans le Chenal du Four, mais il ne put avancer faute de vent. Dans une manœuvre désespérée, il fit raser les bastingages, jeter à la mer les canons et border les avirons de galère. Peine perdue, son navire fut pris. Il se retrouva à Plymouth pendant huit jours, puis à Falmouth où il fut bien traité. A la différence de ses marins, et très certainement à cause de ses relations, il ne resta pas longtemps prisonnier. Il fut échangé contre d’autres prisonniers anglais au large de l’île de Batz. Il rentra à Morlaix et alla se reposer au château familial de Kerlouët. En septembre 1780, on lui donna le commandement d’une frégate, l’Aigrette, armée de 12 canons, pour mener encore des opérations de convoyage entre Brest et Bordeaux. Lors d’un accrochage avec des navires anglais, il eut sa revanche car il s’empara d’un des trois navires corsaires.

 

Les opérations de Fleuriot de Langle, comme ceux d’autres marins de la Royale, avaient non seulement pour but de renforcer la Marine du Roi en permettant la construction d’une flotte qui, par la volonté de Louis XVI, devait surclasser celle des Anglais, mais encore mobilisaient de nombreux navires britanniques qui ne pouvaient ainsi intervenir contre les Insurgés américains. Le chevalier de Langle fut amené à passer de l’autre côté de l’Atlantique. Le 27 avril 1781, il commanda la Résolue, transportant un Américain, aide de camp de Washington, mais surtout quatre millions de livres en or afin de financer la rébellion américaine. Son navire convoyait aussi la Cybèle portant des armes dans ses cales. Il profita du voyage pour expérimenter, en bon académicien de la Marine, des tubes pour mesurer l’assiette de son navire en mer. Le 25 août, il mouillait dans la baie de Boston et rencontra De Grasse, chef d’escadre. Il participa à la flotte de 150 navires partie faire la conquête de la Jamaïque anglaise. De Langle avait sous ses ordres le Sagittaire et deux frégates. Après avoir opéré quelques passes d’armes avec des navires britanniques, il arriva au Cap Français le 14 mai. Son navire n’étant pas de bonne qualité, il obtint le commandement de l’Astrée (navire de 36 canons), que La Pérouse venait de quitter pour le Sceptre, sans capitaine depuis la mort de M. de Ternay. Tout naturellement, le chevalier de Langle prit comme second son cousin germain De La Monneraye, qui relata plus tard ses voyages. La défaite de De Grasse (bataille des Saintes le 12 avril 1782) entraîna l’échec de la conquête de La Jamaïque. En récompense de ces services en Amérique, De Langle fut aussi l’un de ceux qui obtint d’être intégré par les jeunes Etats-Unis d’Amérique dans la branche française de la Société de Cincinnatus.

 

Après cet échec à la Jamaïque, on décida alors de se tourner ver le Nord afin d’attaquer les intérêts britanniques, particulièrement lucratifs, du commerce de fourrures en baie d’Hudson. Trois navires français, le Sceptre de La Pérouse, l’Astrée de Langle et l’Engageante de La Jaille, simulèrent leur départ pour Saint-Domingue et au large de Terre-Neuve se dirigèrent vers cette baie. Langle en profita pour rectifier le tracé des côtes. Sans combattre, les forts de Wales et d’York furent pris et détruits. Alors que La Pérouse se dirigeait vers Saint-Domingue, Langle rejoignit son port d’attache, Brest, en octobre 1782 où son navire fut désarmé pour réparer sa coque. Quelques jours plus tard, il était promu capitaine de vaisseau, avec 1 200 livres de pensions. Il effectua un voyage à Paris afin de remettre au ministre de la Marine ses conclusions scientifiques. Il dut aussi s’occuper de la succession de son père mort le 31 mars 1781. Il avait hérité non seulement, avec autorisation royale, le droit de porter le titre de vicomte de Langle (son frère aîné restait comte de Langle), mais encore le château familial de Rosviliou. De retour à Brest, le nouveau châtelain épousa, le 23 décembre 1783, Georgette de Kerouartz, née en 1765. Elle constituait un des meilleurs partis de la région brestoise car elle était issue d’une famille en pleine ascension sociale. Ses parents étaient cousins éloignés. Son père, le 2nd marquis de Kerouartz, était président aux Enquêtes au Parlement de Bretagne. La fortune familiale avait permis à cette branche cadette des Kerouartz d’acheter le grand fief léonard de Penhoët. De cadet, il devint bientôt le chef de son lignage lorsque son beau-père, le 1er marquis de Kérouartz disparut laissant deux orphelines, dont son épouse, Marie-Anne-Charlotte de Kerouartz, qui hérita du château de Kerouartz en Lannilis. La sœur aînée de cette dernière devenait marquise de Kergroadez. Mieux encore, Georgette de Kerouartz était la pupille de son oncle par alliance, Jean-Charles Hector de La Cheffetière (1722-1808), dit le comte d’Hector, alors commandant du port de Brest. Avec une telle alliance, le vicomte de Langle ne pouvait qu’être élu, le 27 novembre 1783, pour une année réglementaire, directeur de l’Académie de Marine.

 

 

Fleuriot de Langle, Kerlouët, expédition La Pérouse

Ses talents scientifiques et sa position sociale lui permirent de participer à une grande expédition d’exploration voulue personnellement par le roi Louis XVI qui même s’il s’enfermait dans Versailles aimait les récits de voyages et les découvertes scientifiques. Par ailleurs, le souverain désirait ne pas laisser aux Anglais le bénéfice de toutes les explorations surtout après les voyages de James Cook. Il fallait profiter aussi de l’affaiblissement de la Grande-Bretagne, tant politiquement qu’économiquement, afin de reconstituer l’empire maritime perdue, à l’issue de la guerre de Sept ans (1756-1763), par Louis XV. La guerre d’Indépendance américaine avait démontré que la flotte française était alors la meilleure du monde.

Fleuriot de Langle, Kerlouët, expédition La Pérouse Deux navires jumeaux, l’Astrolabe et la Boussole, furent armés. Chacun portait 111 hommes d’équipage dont de très nombreux Bretons. Langle commanda le premier et La Pérouse le second.

Selon Prosper Levot, Langle aurait refusé de diriger l’expédition laissant cet honneur à son ami, La Pérouse. Les deux hommes se complétaient : Langle était davantage le scientifique, La Pérouse, l’explorateur. Les instructions royales, qui furent annotées et modifiées de la main même de De Langle, indiquent qu’il leur fallait récolter des informations dans tous les domaines : la géographie, l’astronomie, la navigation, la physique, la chimie, la politique, le commerce, l’histoire naturelle, la botanique, etc… En fait, tout ce qui pouvait servir à l’essor des connaissances scientifiques, mais aussi à l’accroissement de puissance du Royaume. Les voyages de Christophe Colomb et des explorateurs du XVIe siècle avaient considérablement enrichi ce continent entraînant une véritable révolution pour l’Europe. On comptait faire de même avec l’expédition de La Pérouse-Langle. De précédentes expéditions, et surtout celle de James Cook, permettaient de telles espérances.

 

1785, 1er août: laissant un fils âgé de neuf mois, le jour de ses 41 ans, De Langle et les deux équipages appareillèrent de Brest. Un jeune officier ambitieux, nommé Bonaparte, dont le parrain était un breton, le comte de Marbeuf, avait fait des pieds et des mains pour embarquer en tant qu’astronome sur l’Astrolabe. Monge fut pris à sa place. Ce fut une erreur car son mal de mer inguérissable obligea à le débarquer à Téneriffe.

1785, 29 août: les navires passèrent la Ligne et longèrent ensuite les côtes africaines avant d’arriver à la Trinité et de traverser l’Atlantique pour rejoindre le Brésil.

1786, janvier: l’expédition franchit sans encombre le Cap Horn et atteignit en février 1786 Conception du Chili où elle fut accueillie chaleureusement par la population surtout féminine. Deux matelots désertèrent dont Alain Crée de Brest, qui décida de s’installer au Chili. Langle, préoccupé par l’hygiène des marins, ordonna leur examen médical.

1786, 17 mars: on arriva à l’île de Juan Fernandez, puis à Pitcairn (île des Révoltés du Bounty) et enfin à l’île de Pâques où furent plantées des graines de Bretagne sur un petit lopin de terre.

1786, 10 avril: l’expédition quitta l’île aux grandes statues de pierre et Fleuriot de Langle parvint à convaincre La Pérouse de se diriger d’abord vers l’hémisphère Nord, et rejoindre ainsi l’Alaska et ensuite la Californie, sans doute pour améliorer ses données cartographiques.

1786, 23 juin: après avoir fait une escale aux îles Sandwich (Hawaï) où le Trégorois Jean Le Guyader captura deux tortues, les deux navires atteignirent Port-des-Français en Alaska et explorèrent la baie. Fleuriot y corrobora les données cartographiques fournies par Cook en 1778. Plusieurs hommes y perdirent la vie dans le naufrage de plusieurs canots, dont Jean Hamon Andrieux de Morlaix, Goulven Tarreau, un calfat originaire de Brest, Guillaume Duquesne, un autre brestois. Il faut savoir que 29 Brestois avaient été enrôlés sur l’Astrolabe et 18 autres sur la Boussole.

Sur le navire du vicomte de Langle, on devait parler souvent breton puisqu’on y trouvait de très nombreux trégorois et léonards. Il ne faut pas oublier que la famille Fleuriot avait d’importants fiefs en Trégor et que la belle-famille du capitaine du navire était une des principales familles de l’aristocratie léonarde.

1786, 14 septembre: après avoir longé et cartographié les côtes américaines, l’expédition arriva à Monterrey en Californie, territoire relevant de la Couronne espagnole. De la Californie, on traversa le Pacifique pour atteindre les îles Mariannes puis la côte asiatique à Macao (où Fleuriot acheta de la porcelaine chinoise qui fut expédiée par la suite à sa famille), avant de repartir vers la colonie espagnole et alliée des Philippines. A Manille, un navire français les rejoignit (mars 1787).

1786, octobre:  les explorateurs longèrent l’île de Formose (aujourd’hui Taïwan) alors en rébellion contre la Chine et arriva en Tartarie (aujourd’hui Province maritime russe). La Pérouse qui avait déjà eu son détroit nomma une baie du nom de Langle. On nomma une autre baie du nom de l’amiral d’Estaing (juillet 1787) et une autre baie, baie de Castries (août, en l’honneur du ministre de la Marine. Un pic haut de 2300 mètres obtint le nom de Pic de Langle.

1787, septembre: après avoir passé Saint-Pierre et Saint-Paul, l’expédition atteignit la pointe sud du Kamtchatcka et y fit escale pendant neuf semaines. L’accueil des explorateurs cosaques y fut particulièrement chaleureux.

On y débarqua M. de Lesseps (oncle du célèbre Ferdinand de Lesseps), parlant le russe, qui eut pour mission de rapporter au roi de France les faits et gestes de l’expédition. Il mit un an pour traverser l’Asie et l’Europe et rejoindre Versailles où son récit eut un très important retentissement. Ces neuf semaines ne furent pas aussi de trop car il fallait approvisionner les navires afin de les préparer à retraverser le Pacifique mais cette fois-ci du Nord au Sud.

1787, 6 novembre: L’Equateur fut pour la troisième fois franchi et on arriva, car il fallait prendre de l’eau, le scorbut menaçait, aux îles des Navigateurs (les Samoa actuelles). L’île de Tutuila (appartenant aujourd’hui aux Etats-Unis) fut fatale à notre héros.

Préoccupé par l’hygiène et la santé de ses marins, Fleuriot de Langle partit en exploration le 11 juillet autour de la baie de Tutuila. A son retour, l’attendaient des centaines d’habitants de l’île qui se montrèrent hostiles. Un Samoéen, trop pressant, fut violemment repoussé par un soldat français. Langle tenta de faire peur à cette foule en tirant en l’air avec son arme. Peine perdue, les Samoéens, de plus en plus nombreux, attaquèrent. De Langle fut pris à partie, bascula de son canot et fut roué de coups de massue et de pierres. Il y perdit la vie. La Pérouse réagit trop tardivement en ordonnant de tirer au canon provoquant la retraite des Samoéens. Douze hommes trouvèrent la mort dans cet incident sans compter une vingtaine de blessés. M. de Monty, le second de De Langle, prit le commandement de l’Astrolabe.

1789, 25 février: Arrivés à Botany Bay (Australie actuelle), des lettres furent remises aux Anglais à destination du roi de France. Comme l’on sait l’expédition La Pérouse finit par disparaître. On a trouvé récemment ses traces sur l’île de Vanikoro (Iles Salomon), entre l’Australie et la Nouvelle-Guinée.

Fleuriot de Langle, Kerlouët, expédition La Pérouse

 L’épouse de Fleuriot de Langle reçut le 4 juillet 1789 une lettre du comte de Luzerne, ministre de la Marine, l’informant de la mort de son époux et du versement d’une pension de 1 000 livres pour elle-même et de la même somme pour son fils. Peu après, toute la famille de Langle-La Monneraye (la vicomtesse se remaria en 1790 avec La Monneraye) émigra et ne récupéra à la Restauration que très progressivement ses biens, dont beaucoup avaient été vendus comme Biens Nationaux. De nombreux Fleuriot de Langle continuèrent à exercer un rôle majeur dans la Royale. Deux des petits-fils du héros de la famille furent amiraux.

 

 

Jean de Rieux (1342-1417)

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Jean de Rieux (1342-1417), maréchal de France, était le second fils de Jean de Rieux (mort en 1357) et d’Isabeau de Clisson (morte en 1343).

En 1364, il hérita de son frère aîné, mort à la bataille d’Auray, l’une des premières fortunes féodales de Bretagne, avec les seigneuries de Rieux, de Nozay et de Fougeray.

 

Il fit ses armes sous le connétable de France, Du Guesclin (1366) en Espagne. Son mariage, à son retour en Bretagne, avec Jeanne de Derval (1343-1423), dame de Rochefort, d’Ancenis, de Châteauneuf-La-Noë, d’Assérac, et vicomtesse de Donges, lui permit de devenir le plus important seigneur du Sud de la Bretagne. Très proche de son oncle, Olivier de Clisson, connétable de France en 1381, il choisit, après avoir ratifié au nom du duc de Bretagne le second traité de Guérande, de le suivre dans ses opérations militaires.

 

Il se distingua donc en Flandre à la bataille de Roosebeke (1382) remportée par Olivier de Clisson. Assez modéré et en bons termes avec le duc de Bretagne, Jean IV, il parvint à le convaincre de ne pas exécuter le connétable de France qu’il venait de faire prisonnier et de le libérer contre une énorme rançon (1387). Il réussit à conserver une certaine neutralité lors de la guerre entre le duc et Olivier de Clisson (1387-1396). En récompense de ses services, le roi de France, Charles VI, qui considérait Clisson comme son mentor, le nomma maréchal de France (fin 1397).

 

Il ne révéla réellement ses talents militaires qu’à partir de 1404 en repoussant à la tête de 700 hommes un débarquement anglais dans le Vannetais, et surtout par son expédition au Pays de Galles. En 1404, il partit, à la demande du roi de France, de Brest à la tête d’une flotte portant 2 800 hommes d’armes et un considérable matériel de siège afin d’aller soutenir Owain Glyndŵr qui s’était proclamé, en 1400, prince de Galles. Il débarqua à Milford Haven et marcha sur la ville d’Haverfordwest qui résista. Il ne réussit à prendre que le château. La ville de Carmarthen se rendit tout comme Tenby où l’avait rejoint le prince de Galles. Peu après, ils envahirent ensemble les comtés anglais d’Herefordshire et du Worcestershire et finirent par camper pendant huit jours à Greatwitley (Worcestershire) face à l’armée anglaise du roi Henri IV de Lancastre.

 

Cependant personne n’engagea le combat et le contingent breton rentra en Bretagne avec un considérable butin. Jean de Rieux avait permis au prince de Galles, allié du roi de France, de restaurer la principauté de Galles. Il avait mis en grande difficulté le roi d’Angleterre, l’empêchant ainsi de revendiquer le royaume de France. Peu après son retour, le duc de Bourgogne, régent du royaume pour le roi Charles VI, devenu fou, haïssant tout ce qui était en lien avec son ennemi, Olivier de Clisson, enleva à Jean de Rieux son bâton de maréchal de France (1411). Jean de Rieux en fut privé peu de temps car les Armagnacs, adversaires des Bourguignons, le lui rendirent (24 décembre). En 1417, il renonça à sa charge qu’il laissa à son fils cadet, Pierre de Rochefort. Il mourut en septembre de cette année.

 

 

19/06/2012

125 - HéLèNE JEGADO, TUEUSE EN SERIE (Plouhinec, Rennes)

 

 

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tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennesBon je sais, cette histoire vraie n'est pas une légende, ni même un personnage ayant "fait" l'Histoire, mais elle sort du commun - Je voulais la partager avec vous, et je n'avais pas envie de créer une rubrique "Faits Divers".

En attendant...

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes1801, le 17 juin: naissance d'Hélène Jegado (ou 1803) à Plouhinec. Orpheline, elle est recueillie par un curé. Elle fut placée très jeune comme domestique. Elle tombe amoureuse, mais son "élu" perd la vie très tôt dans un accident de voiture.

Réputée comme excellente cuisinière, elle est décrite comme caractérielle, ivrognesse, malpropre et chapardeuse. elle agrémentait ses soupes aux herbes très relevées, de mort aux rats contenant de l'arsenic.

Elle tua ainsi, des enfants, des curés, des bonnes soeurs, ses maîtresses de maison, et même sa propre soeur.

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennestueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes1833: engagée par le vicaire de Guern. Quatre mois après son arrivée, 7 personnes trouveront la mort pendant son service. Elle est accusée de mauvais sort.

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes1834-1841: Elle travaille dans 6 villes différentes: Auray, Bubry, Hennebont, Locminé, Lorient et Pontivy. 40 personnes trouveront la mort pendant ce parcours.

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes1841: Engagée à Rennes, à l'hôtel du Bout du Monde, place St-Michel, une femme de chambre est retrouvée empoisonnée.

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes1841-1849: apparemment les crimes cessent, tout du moins, difficile de lui attribuer des crimes.

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennestueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes1850: elle entre au service de M Bidard de La Noe, à Rennes, avocat et professeur de droit. Sa femme de chambre, Rose Tessier, meurt peu de temps après l'arrivée de cette nouvelle servante. Sa rempaçante, Françoise Huriaux, reste peu de temps, tombant subitement malade. Remplacée par Rosalie Sarrazin, cette dernière décède très rapidement après son arrivée.

Ces trois dernières victimes éveillent trop de suspicions. Une autopsie est pratiquée, et de l'arsenic en forte quantité est trouvée.

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes1851, le 6 décembre: ouverture de son procès. Elle fut accusée de 37 crimes connus, crimes qu'elle reconnût au cours de sa confession reçue par l'abbée Tiercelin. Mais combien d'autres crimes sont-ils à porter à son crédit ? Nul ne le sait ! Sa carrière criminelle s'étale sur plus de 18 ans. La plupart de ses crimes ont été accomplis plus de 10 ans avant son procès, ne pouvant donc être jugés donc, pour cause de prescription légale.

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tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes1851, le 14 décembre: elle est condamnée à mort. Son acte d'accusation comporte 3 meurtre et 3 tentatives de meurtre, ainsi que 11 comptes de vol domestique.

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennes1852, le 26 février: elle est guillotinée, en place des Lices à Rennes, devant une assistance de près d'un millier de personnes. Avant de monter à la guillotine, elle avoue que ses crimes sont bien plus nombreux que ceux découvert, et qu'elle fut initié par une femme de Guern, au secret de l'arsenic.

 

tueuse en série,hélène jegado,plouhinec,rennesComment a-t-elle pu opérer durant près de 18 ans sans que personne ne fasse le lien entre toutes ces morts suspectes ? La raison est simple: relativement intelligente, ou alors fortuitement, ses premiers crimes coïncident avec l'année où le choléra fit des ravages, empêchant les médecins de conclure de suite à un empoisonnement à l'arsenic, les symptômes étant les mêmes.

NB: Hélène Jegado, la Tueuse en série de Bretagne, ne manquait jamais d'aller fleurir la tombe de ses victimes.

 

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10/05/2012

Gilles de Rais, dit "Barbe Bleue" (1404-1440)

 

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hermines début de texte.gif1404: naissance supposée de Gilles de Rais (ou Gilles de Retz), dans le château de Champtocé, dans la tour noire.

hermines début de texte.gif1415: décès de sa mère, suivi par celui de son père, tué par un sanglier au cour d'une partie de chasse. Gilles a alors 11 ans, et l'orphelin sera élevé par son grand-père, Jean de Craon, un homme cruel et violent, ne s'interessant qu'à lui et ses biens.

Gilles est à cette époque, un enfant cultivé, sachant lire et écrire le latin. Il aime la musique. Mais curieusement, il devient de plus en plus violent, coléeux. Adolescent, il montrera une haine pour tout ce qui est du genre féminin.

hermines début de texte.gif1420: âgé de 16 ans, il part en guerre pour libérer Jean de Montfort.

hermines début de texte.gif1422: Gilles se marie à Catherine de Thouars, laquelle lui apportera de nombreuses terres. Son grand-père négociera à la même époque, avec le Duc de Bretagne, obtenant pour son petit-fils , le commandement de l'armée Royale.

hermines début de texte.gif1425: il constitue 5 compagnies, devient connu grâce à son courage. A 21 ans, il est déjà un grand guerrier, et sera même victorieux en duel contre le commandant de la garnison anglaise. Il va de victoire en victoire, grâce à son courage, sonendurance et ses qualités de guerrier.

hermines début de texte.gif1429: il devient Maréchal de France, ultime récompense pour un guerrier, et sera chargé d'escorter Jeanne d'Arc. Dès lors, il restera à ses côtés, depuis Orléans qu'elle libèrera, l'accompagnera à Reims pour le couronnement du Dauphin etc., en fait, il y restera jusqu'à la mort de la "pucelle". De tous ses compagnons , il sera le seul, une fois qu'elle fut prise, à tout faire pour la sauver,mais il ne pourra rien faire. Il lui vouera une sorte de culte, sombre dans le désespoir, puis retourne dans ses terres. 

 

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Une fois rentré au pays, il commence à dilapider sa fortune en fêtes et banquets...

 

 Château de Machecoul:

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hermines début de texte.gif1432: c'est le début des crimes...

Il fera enlever des enfants la nuit, contre d'importantes sommes d'argent,  engagera de jeunes enfants comme Pages. Mais tous, Pages comme kidnappés, finissent par disparaître à tout jamais. Il torturait les enfants, abusait d'eux pour finalement les tuer, les démembrait, puis els faisait brûler dans les grandes cheminées de son château. Il aimait les voir agoniser...

En plus de ses crimes, il commença à s'interesser à l'alchimie. Il avait perdu une bonne partie de sa fortune, et ses connaissances en alchimie l'amenaient à penser qu'il pourrait recréer de l'or.

Deux hommes, François Prelati et un moine florentin défroqué, Eustache Blanchet, l'aidèrent dans cette entreprise. Prelati était une sorte de magicien, ensorceleur, sataniste  qui s'intéressait à la géomancie et à l'alchimie. Tous deux profitent de la manne financière et de la crédulité du bourreau qui les prit sous son aile. L'argent est dilapidé encore plus rapidement, les crimes se multiplient, les invocations diaboliques fusent. Il y eut plusieurs invocation de Démon, mais à chaque fois que le Maréchal de France était présent, il ne se pasait rien. Par contre, en son absence, la magie obtenait de l'effet.

Afin de rétablir sa situation financière, Gilles de Rais sacrifie désormais les enfants au Démon, cherche le secret de la pierre philosophale, alors que dans le même temps il reste un chrétien dévôt, priant et communiant avec ferveur.

hermines début de texte.gif1434, septembre: Gilles de Rais est au sommet de sa gloire, sombrant dans la démesure. Il retourne à Orléans pendant tout une année (jusqu'en août 1435), accompagné de toute se mesnie: sa garde, ses musiciens, ses comédiens, ses hommes de confiance. Tous le suivent, et mènent un train de vie démesuré. Gilles de Rais offre une gigantesque reconstitution, un spectacle grandiose à sa propre gloire et celle de Jeanne d'Arc, brûlée quelques années auparavant pour sorcellerie. Sous les yeux ébahis de la foule, mais aussi du roi Charles VII, la représentation emploie des centaines de comédiens et de figurants, oeuvrant dans des décors somptueux, une débauche de tables croulant sous la nourriture et l'alcool. Des sommes invraissemblables sont ainsi dépensées.

hermines début de texte.gif1435, août: de retour dans ses terre du pays de Retz, les enlèvements repartent de plus belle; On parle alors d'une vieille femme, surnommée la Méffraie, qui enlèverait les enfants dans les campagnes. Cependant, les possessions familiales de Gilles de Rais fondent comme neige au soleil. Il commence à vendre des terres pour faire face à ses dépenses, sa famille commence à s'inquiéter. C'est à ce moment que l'on commence à parle d'une folie habitant le maître.

Les débiteurs de Gilles de Rais se voient ravis d'éviter de règler leurs dettes, en particulier le Duc de Bretagne Jean V, lequel s'empressa d'acheter toutes ces terres pour une bouchée de pain.

hermines début de texte.gif1438: Il fit une invocation à Tiffauges pour invoquer Belzébuth mais n'obtint rien. Plus tard, à Bourgneuf, il fit un pacte avec le Diable, en signant de son propre sang. Enfin, une dernière invocation lui fit prendre peur, dans la salle où se trouvait Prélati, serait apparu un serpent de la taille d'un chien, il pris un crucifix contenant une relique  de la vrai croix, faisant perdre tout l'or que son associé avait fait apparaître par cette invocation.

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Dans le même temps, les disparitions  s'accélèrent...

 

Château de Tiffauges

 

 

hermines début de texte.gif1440, le 15 mai: suite à une bénigne mésentente concernant la vente de ses terres se Saint-Etienne-de-mer-Morte, Gilles de Rais et 60 de ses hommes, pénètrent à cheval dans l'église de la commune pour injurier un certain Jean le Ferron, trésorier du Duc de Bretagne. Procéder ainsi, en plein office de la Pentecôte est un sacrilège qui le mènera à sa perte. L'évêque de Nantes, Jean de Malestroit lance une enquête car la rumeur semble l'accuser de bien d'autres crimes. Il réunit de nombreuses plaintes et témoignages sur les disparitions d'enfants des dix dernières années.

hermines début de texte.gif1440, le 24 août: le Duc de Bretagne sollicite ses amis et le château de Tiffauges est assiégé. .

hermines début de texte.gif1440, le 13 septembre: une troupe arrive au château de Machecoul où réside Gilles de Rais. Contre toute attente, il se rend sans résistance. Il sera arrêté sous les chefs d'accusation gravissimes de "sodomie, sorcellerie et assassinat", de même que sont arrêtés la terrifiante Méffraie, son acolyte et sorcier Prélati, ainsi que ses deux fidèles valets et complices, Henriet et Poitou.

Jeté aux oubliettes, puis juger devant un tribunal de l'église, pour meurtre d'enfants. Il sera enfermé, condamné à payer une amende de 50.000 écus, dette dont il ne peut s'acquitter, et subira son procès tout en priant.

Devant les juges, Gilles de Rais sait rester noble de haut rang. Les accusateurs décident alors d'user de supercherie pour le confondre. Seuls quelques péchés véniels sont ainsi reprochés par le tribunal, notamment son intervention dans l'église, à cheval. Il ne se méfie pas: il reconnaît la légitimité du tribunal à le juger. Entre temps, les langues se sont déliées, et les juges ont pris la mesure de l'horreur des crimes commis.

hermines début de texte.gif1440, le 13 octobre: pile un mois après son arrestation, la véritable accusation  est formulée: on lui reproche plus de 140 crimes. Gilles de Rais s'emporte, insulte les prélats del'inquisition, mais Jean de Malestroit lui répond sur le même ton et proclame son excommunication.

Ses compagnons seront torturés. Gilles de Rais demandera à ne pas être torturé, reconnaîtra ses crimes, et sera jugé coupable pour crime sexuel et pour invocation de Démons

hermines début de texte.gif1440, le 22 octobre: Gilels de Rais, si chrétien malgré l'horreur de ses actes, se sent voué aux flammes de l'enfer, et décide de passer aux aveux, à condition  que soit levé l'excommunication. Ainsi soit-il. Devant le peuple, il commence alors sa confession insoutenable: enlèvements, tortures, privations, viols, rites satanistes, sacrilèges... Il va même jusdqu'à déclarer:

" J'en ai assez fait pour faire condamner à la mort  dix mille hommes. "

Inutile de préciser que dans la salle règnait un silence de marbre. Le président du tribunal couvre le crucifix de son manteau d'hermine dans un mouvement de décence et de honte. En larmes, Gilles de Rais déclare à propos de ses crimes:

"La cause en est à la mauvaise direction que j'ai reçue dans ma jeunesse. J'allais, les rênes sur le cou au gré de tous mes désirs, et je m'adonnais sans retenue au mal. Ô, vous, pères et mères, je vous en prie, instruisez vos enfants dans les bonnes doctrines dès leur enfance et leur jeunesse, et menez-les avec soin dans le sentier de la vertu ! Jamais Dieu ne me pardonnera si vous-même n'intercédez pas pour moi ! "

A ces mots, la foule fut prise d'un élan de ferveur et de compassion: tous s'agenouillèrent et se mirent à,prier pour le salut de l'âme du meurtrier. Incroyable, surréaliste !

hermines début de texte.gif1440, le 25 octobre: le jugement est rendu: Gilles de Rais sera pendu et brûlé, avec ses complices Henriot et Poitou. Prélati s'en sort indemne. La Méffraie est morte entre-temps, en cellule. Prélati finira tout de même par être exécuté quelques années plus tard pour une autre affaire.

Il demandera à être brûler avant ses compagnons.

Accompagné par une procession populaire jusqu'à son lieu de supplice et d'exécution, en la prairie de Biesse à Nantes, Gilles de Rais fit une ultime déclaration que rapporta Michelet dans son Histoire de France:

 

"Ma jeunesse entière s'est passée dans les délicatesses de la table. Marchant au gré de mes caprices, rien ne me fut sacré et tout le mal que je pus faire, je l'accomplis. En lui, je mettais toutes mes pensées, tout ce qui était défendu et déshonnête m'attirait et, pour l'obtenir, il n'est moyens que je n'employais, si honteux qu'ils fussent. Pères et mères qui m'entendez, et vous tous, parents et amis de jeunes gens que vous aimez, quels qu'ils soient, je vous en prie, veillez sur eux. Formez-les par les bonnes moeurs et les bons exemples et surtout ne craignez pas de les corriger de leurs défauts, car, élevés hélas comme je l'ai été moi-même, ils pourraient peut-être glisser comme moi dans le même abîme.

 Gardez-vous donc, pères de famille, d'élever vos enfants dans les délicatesses de la vie et les douceurs funestes de l'oisiveté, car des excès de la table et de l'habitude de ne rien faire naissent les plus grands maux. L'oisiveté, les mets délicats, l'usage fréquent des vins capiteux sont les trois causes de mes fautes et de mes crimes. Et vous, parents et amis des enfants que j'ai si cruellement mis à mort, vous, qui que vous soyez, contre qui j'ai péché et à qui j'ai pu nuire, présents ou absents, en quelque lieu que vous soyez, je vous en prie à genoux et avec larmes, accordez-moi, donnez-moi votre pardon et le secours de vos prières."

 

 Après d'ultimes prières, Gilles de Rais est pendu puis brûlé. Son corps fut enseveli à l'église Notre-Dame-des-Carmes, ainsi qu'il l'avait souhaité. Une grande et digne célébration fut faite pour ses obsèques, lui, l'ancien chambellan de Charles VII, Maréchal de France et grand seigneur breton de la famille Montmorency-Laval.

Détail ultime aussi stupéfiant que cette histoire: afin que chacun garde le souvenir du châtiment et la repentance de ce héros-criminel, les pères et mères du pays de Retz durent jeûner trois jours de suite, et les enfants reçurent le fouet jusqu'au sang.

Aujourd'hui, on estime à environ 800, le nombre de victimes de ce tueur sanguinaire, héros étonnant et immoral, mysogine et dévôt à la fois.

C'est de Gilles de Retz que s'inspira Charles Perrault pour créer son personnage de Barbe-Bleue.

 

nb: certaines théorie évoquent la possiblilité d'un complot contre le Maréchal de France. Nombreux sont les témoignages de l'époque qui chargèrent Gilles de Rais.Mais était-il responsable de toutes les disparitions d'enfants ? Les brûlait-il vraiment dans les cheminées de son château ?

 

 

03/05/2012

Le Marquis de La Rouerie 1751-1793

 

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hermines début de texte.gifArmand-Charles Tuffin, Marquis de la Rouërie, naquit le 13 avril 1751 en l’Hôtel de la Belinaie à Fougères. Aîné d’une famille de quatre enfants, il eut le malheur de voir son père rendre son âme à Dieu au début de l’année 1754, tout juste âgé de 3 ans. Rapidement, il se destina à une carrière militaire, et reçut à cet effet, des cours par un maître d’armes et d’équitation. A l’âge de quinze ans, il put rejoindre le corps prestigieux des Gardes Militaires, basé près de Versailles et de son château royal.

 

armand10.jpgLa vie versaillaise, mondaine et propice aux écarts de conduite, ennuya profondément le Marquis de la Rouërie. Querelleur, il n’hésita pas à risquer sa vie dans quelques duels inutiles, comme celui qu’il fit avec le comte de Bourbon Busset, pourtant ami d’enfance du Roi. Armand de la Rouërie blessa assez gravement le comte pendant ce duel, et suite à la colère du Roi qui s’en est suivi, dût repartir sur ses terres en Bretagne en démissionnant du corps des Gardes Militaires.

 

De retour à Saint Ouen la Rouërie en 1776, âgé de 25 ans, Armand de la Rouërie n’eut pas le temps de se réinstaller. Aux USA, la guerre d’indépendance se préparait. De nombreux évènements secouaient le pays et les loges maçonniques bretonnes, fidèles amies des loges maçonniques américaines, étaient tenues régulièrement au courant des évolutions. C’est ainsi qu’au début de l’année 1777, le marquis de la Rouërie s’embarqua sur un navire américain accompagné d’un unique serviteur.

 

Tout juste arrivé à Philadelphie après moult péripéties, le Marquis de la Rouërie obtint une audience au Congrès afin de proposer son épée au service de la cause, au sein de l’armée continentale. Il déclara qu’il ne voulait pas se battre sous le nom de la Rouërie, ni sous son titre, mais juste garder son nom de baptême : il combattit donc sous le nom de Charles Armand, qui deviendra par la suite le Colonel Armand. Georges Washington écrivit alors de lui :

« Il m'apparaît comme un jeune homme sensé, modeste. Je me flatte que sa conduite sera telle que nous n'aurons pas de raison de nous repentir des bonnes manières qui pourront lui être témoignées »

 

Il ne put prendre place au sein de l’armée continentale, faute de place de colonel, mais pût servir la cause américaine en soulevant une milice. Il se fit remarquer par de nombreux faits d’armes pendant les premières années de la guerre d’indépendance, et gagna petit à petit l’estime des généraux américains. Il put notamment former au printemps 1778 un régiment de « chasseurs libres et indépendants », forte de 452 hommes et 14 officiers, placé sous ses ordres. Il a à peine 27 ans.

 

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Pendant les années suivantes, il prit part aux campagnes américaines, de New York en 1778 à la Bataille de Calden de 1780. Mais l’un de ses plus grands faits d’armes reste la bataille de Yorktown, qui se solda par la reddition du général anglais Cornwallis. Il montra pendant cette bataille tant d’ardeur et de pugnacité que le général français La Fayette, qui commandait les troupes françaises, écrira de lui :

 

« M. de la Rouërie est arrivé ici quelque temps avant moi et y a obtenu le grade de colonel avec le commandement d'un corps indépendant. Il s'est trouvé partout et partout il s'est distingué par une bravoure vraiment française, un zèle infatigable et au dessus de toutes les difficultés, un amour violent de son métier. Il a eu des occasions heureuses. N'est-ce pas, mon cher cousin, des officiers tels qu'il vous les faut. Je suis d'autant plus sûr que vous aimerez M. le Marquis de la Rouerie que les qualités de son cœur et de son esprit ne le cèdent pas à ses qualités militaires. »

 

 

Arrivé dans les premiers aux Etats Unis, le Marquis de la Rouërie quitta la terre américaine dans les derniers. Il fut fait, par recommandation spéciale de Washington lui-même, brigadier Général en avril 1783, quelques mois avant la fin de la guerre d’indépendance des Etats unis. Au printemps 1784, il s’embarqua pour la France et quitta avec regret ces Etats Unis pour qui il avait lutté pendant près de 8 ans.

 

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Il rentra en France et épousa le 27 Décembre 1785 Louise Caroline Guérin de Saint Brice dans la chapelle du Château de la Motte, près de Saint Ouen. Après avoir essayé en vain de réintégrer l’armée française, il rentra à Saint Ouen où il assista, impuissant, à la mort de son épouse le 18 juillet 1786.

 

Quelques années plus tard, le marquis de la Rouërie aura l’occasion de sortir de sa retraite. Les émeutes commencèrent en Bretagne dès la fin de l’année 1788, et pendant le mois de décembre, les Etats Généraux de Bretagne furent convoqués. Essayant de calmer les ardeurs et les mécontentements populaires, le marquis de la Rouërie s’exprima devant les étudiants de l’école de Droit.

 

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Armand de la Rouërie était un monarchiste libérale, proche des idées d’Edmund Burke, dont l’ouvrage le plus célèbre reste sans nul doute Réflexions sur la Révolution Française. La Rouërie n’accepta pas que les droits et coutumes propres à la Bretagne soient abolis pendant la Nuit du 4 Août. Comme il le dira plus tard : « Bretons ! Vous devez recouvrer vos anciennes franchises et vos anciens droits, rempart de votre liberté ». 

 

Refusant les exactions révolutionnaires, s’opposant aux aberrations votées par l’Assemblée Nationale Constituante, Armand de la Rouërie chercha à mettre en place la conjuration bretonne, et obtint le soutien du Comte d’Artois, frère du Roi Louis XVI, qui était considéré comme prisonnier des révolutionnaires parisiens.

 

Cette conjuration bretonne pris réellement naissance en juin 1791, ayant pour objectif l’autonomie de la Bretagne et le maintien de la Monarchie Française. Contre révolutionnaire, elle put compter sur l’appui sans faille d’une population bretonne profondément déçue par la Révolution française et surtout par la Constitution Civile du Clergé. Précurseur de la future chouannerie, cette conjuration bretonne fut le creuset de tous les principaux futurs chefs chouans : Jean Chouan, Aimé du Boisguy ou Vincent de Tinténiac.

 

Malheureusement, le marquis de la Rouërie confia tous ses projets à un personnage qu’il considérait comme un ami fidèle et honnête : le docteur Chevetel. Celui-ci, qui s’était lié d’amitié avec Danton pendant la Révolution, trahit le marquis de la Rouërie en dévoilant à Danton au début du mois d’Octobre 1792. Celui-ci décida d’arrêter le marquis de la Rouërie et celui-ci devint alors un Hors la Loi.

 

Parcourant les contrées bretonnes, se cachant là où il le pouvait, il ne dormait jamais au même endroit. Infatigable conspirateur, seule la maladie put le faire s’arrêter. Le 19 Janvier 1793, pris par une pneumonie, il dut s’arrêter au château de la Guyomarais, qui appartenait à un membre de la conjuration. Gravement malade, il apprit le 24 janvier l’exécution de son Roi. Comme une épée de Damoclès tombant sur lui, il fut alors pris de folie, et pendant 6 jours, agonisa…

 

Le Marquis de la Rouërie rendit son âme à Dieu le 30 Janvier 1793, vers 5 heures du matin. Il fut enterré dans le bois du château, entouré de ses amis et de son serviteur Saint Pierre.

 

Malheureusement, la folie révolutionnaire était aux aguets. C’est ainsi que Chevetel, l’odieux traître, apprenant l’endroit de la sépulture de la Rouërie, envoya 15 hommes décapiter le cadavre du Marquis. Lalligand, le chef républicain qui se chargea de cette macabre demande, présenta la tête à Mr de la Guyomarais pour qu’il identifie le Marquis de la Rouërie. Celui-ci lui répondit :

 

« Soit, il n'y a plus à nier. Voilà bien la noble tête de l'homme qui si longtemps vous a fait trembler . »

 

Le corps du marquis fut remis en terre, et la tête, récupérée en 1877, fut rendue à la famille des Guyomarais. On peut aujourd’hui voir la tombe du Marquis de la Rouërie dans le bois du château, près de l’endroit où il fut enterré pour la première fois.

12/04/2011

Eric TABARLY (1931, Nantes - 1998 en mer) - Navigateur

MORVAN-LEBESQUE (1911, Nantes - 1970, Rio de Janeiro) - Journaliste

Pseudonyme de Maurice LEVEQUE

Journaliste, il se trouna vers le satirique: Le Canard Enchaîné, où il tient une chronique exprimant ses idées de gauche, empreintes de culture bretonne.

André BRETON (1896, Tinchebray - 1966, Paris) - Ecrivain Surréaliste

Né de parents bretons (Lorient).

Benjamin PERET (1899, Nantes -1959) - Poète Surréaliste

Comme André BRETON, il est d'ascendance bretonne. Il se retrouve cuirassier à Salonique et dans les Balkans. Militant communiste, il part au Brésil (1929-1932), se retrouve à Barcelone pendant la guerre d'Espagne, séjourne huit ans au Mexique, et ne revient qu'en France en 1947.

En compagnie d'André BRETON, il viendra souvent en Bretagne, principalement à Lorient et à l'Ile-de-Sein.

Régis de L'ESTOURBEILLON DE LA GARNACHE (1858, Nantes - 1946, Avessac)

Secrétaire de l'Association bretonne, il fonde en 1924 La Revue Historique de l'Ouest, psui participe avec Le BRAZ, Le GOFFIC et KERVILLER, à la mise en place de l'Union Régionaliste bretonne, consacrée à la décentralisation, à l'économie, à l'histoire, à la loittérature, aux Beaux-Arts et à la langue bretonne?

Député du Morbihan, il y siège parfois en costume breton.

Marcel PLANIOL (1853, Nantes - 1931, Paris) - Juriste

Enseignant à Rennes, puis à Paris, il est l'auteur du Traité Elémentaire de Droit Civil Français, toujours recommandé de nos jours. Il est aussi l'auteur de Une Histoire des Institutuons de la Bretagne en 1953.

Aristide BRIAND (1832, Nantes - 1932, Paris) - Homme d'Etat

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Socialiste réformiste, il accomplit une carrière parlementaire très remplie: onze fois président du Conseil, vingt-cinq fois ministre, le plus longtemps étant le porte-feuille de Ministre des Affaires Etrangères.

D'abord journaliste, puis avocat à Saint-Nazaire, il fut député de Saint-Etienne puis de Saint-Nazaire. Il est le rapporteur de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905.

Prix Nobel de la Paix en 1926: très engagé dans le Pacte de Briand-Kellogg, déclarant la guerre hors-la-loi par toutes les nations.

Il pense fortement à des Etats-Unis d'Europe,mais l'Allemagne prit alors une autre direction.

Jules VERNE (1828, Nantes - 1905) - Ecrivain

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Elisa MERCOEUR (1809, Nantes - 1835, Paris) - Poète

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Alors qu'elle n'a que 16 ans, on la considère déjà comme la future muse romantique de la Bretagne. Ses premiers poèmes paraissent en 1825. Sa santé se dégrade, tarissant ses productions. Elle est très apréciée par Mme RECAMIER, CHATEAUBRIAND et Victor HUGO;

Malgré de tels appuis, elle ne supporta pas qu'on lui refusa de jouer sa pièce Boadbil, elle en mourra.

Sophie TREBUCHET (1772, Nantes - 1821) - Ecrivain, mère de Victor HUGO

Pierre CAMBRONNE (1770, Saint-Sébastien-sur-Loire - 1842, Nantes) - Militaire

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Volontaire durant la guerre de Vendée, il participe à la défense de Nantes (1793), suit HOCHE à la bataille de Quiberon (1795). Puis c'estr l'Allemagne, la Suisse: colonal à Iena, baron à Wagram (1809), blessé lors ees campagnes de Russie et de France. Général de division aux côtés de Napoléon à l'Île d'Elbe, il l'accompagne aux Cent-Jours.

C'est la bataille de Waterloo qui le rendit encore plus célèbre, alors qu'il commandait un des derniers carrés de la garde. Lui sommant de se rendre,il répondit:

"La Garde meurt et ne se rend jamais ....... Merde aux anglais !"

Mourant sur le champs de bataille, il est enmené en Angleterre. Libéré, le conseil de guerre de Louis XVIII le condamne pour trahison, mais il est acquitté et devient gouverneur de Lille. Il termina sa vie sur les lieux de son enfance.

Jacques CASSARD (1676, Nantes - 1740, Fort Ham) - Corsaire

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Il est de ceux qui embarque jeunes: 14 ans. Capitaine de l'Amirauté de Nantes, il devient corsaire de Saint-Malo (1702) avec la guerre d'Espagne. Ses exploits se multip^lient co,ntre les Anglais et les Portugais.

En 1711, il reçoit une escadre de Louis XV. Al'arrêt forcé après la paix d'Ultrecht, il négocie ses prises.

Il se retrouva en prison, au fort de Ham, pour insulte au cardinal Fleury, il y finit ses jours.

Anne de GOULAINE (1676, Nantes - ? )

Née en 1640, au château de Haute-Goulaine - Elle fonda le couvent Notre-Dame-de-la-Charité à Vannes.

Guillaume CHAUVIN (1422, Nantes - 1484, prisonde Vannes)

Sortant d'une famille nantaise noble, il devnt président de la chambre des comptes puis chancelier du duc François II.

Il crée la première université bretonne à Nantes en 1460. Mais l'opposition entre indépendance bretonne et ralliement de la Bretagne à la France est déjà très vif, il s'oppose au receveur général LANDAIS, lequel le destitue et le fait emprisonner à Vannes en 1481. Il y termina ses jours

Jean MESCHINOT (1420-1491) - Poète

Né vers 1420 à la seigneurie des Mortiers

C'est plutôt un enfant du pays de Clisson, où sa famille fait état d'une petite noblesse. Tout jeune, il entre à la Cour du duc comme domestique et devient écuyer.

Jean possède un don rare: il sait faire rimer les vers, coposer des ballades ou pièces de circonstance. Il fait partie du groupe des rhétoriqueurs, une école de versificateurs résidant à la cour de Bourgogne et à la cour de Flandre. Pour eux, la beauté de la poesie consiste dans les articles de la forme et dans sa complication avec calembours et jeux de mots.

Il fut le poëte officiel de la Bretagne entre 1461 et 1491.

Il composa entre autres, un poëme pouvant se lire de gauche à droite et inversement, de trente-deux manières différentes, en gardant sens et rythme.

Il meurt à Monnières en 1491.

Jean de MALESTROIT (1375, Nantes - 1443, Nantes)

Chancelier de Bretagne, il est dacet d'une famille noble. Il entre dans les ordres, devient évêque de Saint-Brieuc (1404) puis de Nantes (1419).

Il est également au service du duc de Bretagne, soutenu par le connétable de Clisson.

Receveur général, premier président de la Chambre ds Comptes, chancelier en 1408, il pèse dans la politique ducale bretonne, préconisant une certaine liberté pour le duché, ce qui l'isole du contexte politique-historique national.

Marguerite de CLISSON (1360 - 1441) dit "Margot la Boiteuse"

Fille du fameux connétable Olivier de CLISSON (1336-1407), elle épouse à 28 ans, Jean de BLOIS-PENTHIEVRE. Devenue veuve, elle veut qu'un de ses enfants devienne duc. Pour ce faire, elle se bat et même, se blesse en fuyant son père; désormais on l'(appelle Margot La Boiteuse, une femme qui complote sans cesse. Ce qui luivaut dêtre arrêtée, exilée avec ses enfants, après avoir perdu tous ses biens

Jean IV 51338 - 1399, Nantes) - Duc de Bretagne

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dit le Vaillant ou le Conquérant.

Fils de Jean de MONTFORT, il est élevé en Angleterre, et ne revînt en France qu'en 1362, pour sebattre contre son rival Charles de Blois à la bataille d'Auray en 1364. Il devînt alors duc de Bretagne.

Huit ans plus tard, il doit à nouveau s'exiler (1373-1379) avant de revenir en Bretagne pour imposer son pouvoir ducal et rester en bons termes avecla France (2nd Traité de Guérande 1381).

Jean de MONTFORT (1295, Nantes - 1345, Hennebont)

 

 

 

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Fils d'Arthur II, duc de Bretagne et de Yolaznde de Dreux.

Demi-frère de duc Jean III, mort sans successeur en 1341.

Sa situattion généalogique embrouillée l'empêche d'accéder à la tête du duché de Bretagne. Il revendique le droit français, lequel s'appuie sur la loi salique éloignant les femmes du trône, mais le roi Philippe VI de Valois, préfère Jeanne de Penthièvre (fille de Guy, frère de Jean III) laquelle épouse Charles de Blois.

Il tenta alors un coup militaire, mais est capturé à Nanteq. Libéré deux ans plus tard, il meurt de suite de ses blessures en 1345 à Hennebont.

Mais sa femme, Jenne de Flandre, aidée par les Anglais, permettra à Jean IV de Montfort de devenir duc de Bretagne en 1364.

Rogatien & Donatien (280, Nantes - 304, Nantes)

Deux saints martyrs.

Probablement nés d'une famille noble d'origine gallo-romaine, ils ont été martyrisés en 304.

L'Empereur DIOCLETIEN ayant envoyé un émissaire à Nantes pour connaitre le suivi des persécutions chrétiennes, Donatien et Rogatien lui sont dénoncés, parce qu'ayant été récemment baptisés. Le pouvoir les emprisonne et les fait ensuite décapîter