17/07/2012

1870 - L'Affaire du Camp de Conlie

conlie,gambetta,1870,l'affaire de conlie,histoire,prusse,keratryLa guerre de 1870 est une guerre peu connue. Sans doute parceque lui succédèrent les deux conflits mondiaux que furent 1914-1918 et 1939-1945. Et finalement, ce conflit qui n'est pas si éloigné que ça, fut porté à la connaissance de la génération actuelle, à un moment ou à un autre. Pour la plupart, elle se réduit au siège de Paris et de la commune par la Prusse. Les nombreux forts encore présents autour de Paris en sont des vestiges...

La guerre menée par l'armée impériale fut courte, ponctuée par les désastres de Sedan puis de Metz. Ils entraînèrent la disparition de la quasi-totalité de l'armée régulière, Napoléon III abdique, et il s'en suivit la proclamation de la République, le 4 septembre 1870.


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Léon Gambetta, ministre de la guerre du nouveau gouvernement,  voulut poursuivre une "guerre à outrance" avec le rôle des Mobiles et des mouvements de foule parisiens et des batailles pour essayer de roimpre l'encerclement de la capitale (20 sep.1870 - février 1871).

A la chute du 2éme Empire, un Gouvernement provisoire fut constitué : il comprenait plusieurs Bretons, tels que le général Trochu, gouverneur de Paris, le général Le Flô, qui reçoit le portefeuille de la Guerre, Jules Simon, Glais, Bizoin, le comte de Kératry, chargé de la préfecture de police et choisi par Léon Gambetta. Les mobiles bretons, commandés par le Bouëdec, dégagent le gouvernement provisoire, assiégé dans l'Hôtel de Ville de Paris.


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22 Octobre 1870: Emile de Kératry, ancien préfet de police de Paris, propose et obtient de Gambetta, enfui à Tours et représentant le Gouvernement de la Défense Nationale, un décret l'autorisant à former, sous son autorité et sa responsabilité, une Armée de Bretagne autonome (60 000 hommes), destinée à se rendre au secours de Paris. Cette armée s'installe à Conlie, prés du Mans, sur la butte de la Jaunelière. 

 

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3 novembre 1870: arrivée des premiers contingents.


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10 novembre 1870: déjà 25.000  bretons sont rassemblés au camp. 

 Avec un génie de l'organisation extraordinaire, Keratry parvint en quelques semaines à transformer un mamelon situé à Conlie, en arrière du Mans, en un camp retranché imprenable de 500 hectares et à y faire parvenir 80 000 volontaires enthousiastes recrutés dans toute la Bretagne. 

 Ils arboraient sur leurs képis l'hermine bretonne et leur drapeau, offert par le Comité républicain de Nantes, était la bannière ducale.

 

En décidant la création de cette armée autonome, Gambetta était sûrement de bonne foi : le jour où, bien entraînés, ces 80 000 hommes plein d'ardeur auraient été jetés dans la bataille, ils auraient pu renverser le rapport de force sur le front de la Loire... Mais devant le succès même de Keratry, l'efficacité de son action, l'enthousiasme soulevé par ses appels aux Bretons, il prit peur. Dans son esprit étroit de jacobin, un Breton était par définition un chouan et 80 000 chouans sous la conduite d'un général chouan (fut-il député de gauche) étaient un péril pour la République. Alors il conçut un projet abominable : profiter de ce que ces 80 000 hommes qui représentaient les forces vives de la Bretagne étaient concentré dans un camp pour s'en débarrasser. Il suffisait de les laisser dépérir sans soins en arrière des lignes, d'en faire la proie des épidémies, de les exposer sans armes à la mitraille prussienne. 

 Il était prévu d'armer l'Armée de Bretagne avec les surplus de la guerre de Sécession américaine (1861-1865). Les promesses de Gambetta de doter cette armée de l'armement et de l'équipement nécessaires, ne sont pas tenues. 

 

L'arsenal de Brest lui ayant rendu compte qu'il disposait de 3200 chassepots mais n'avait plus de fusil à percussion, il lui donna avec un humour particulièrement noir l'autorisation de livrer des armes à Keratry, mais uniquement des fusils à percussion!

 Ils finissent par recevoir des armes hors d'usage, des cartouches mal calibrées ; les exercices sont faits avec des bâtons, et tout à l'avenant ! toutes les réclamations sont sans effet. A tours, l'on craignait que l'Armée de Bretagne ainsi constituée puisse être une "Armée de Chouans".

 

Gambetta, par dépêche s'adressant à Kératry : "Je vous conjure d'oublier que vous êtes Breton pour ne vous souvenir que de votre qualité de Français !" 

 

Gambetta donna l'ordre de se porter avec 12 000 hommes à la rencontre des Prussiens à Saint-Calais. Il télégraphiait simultanément au directeur de l'arsenal de Rennes pour lui interdire de remettre une seule cartouche à l'armée de Bretagne. C'était envoyer les 12 000 Bretons à la mort... mais l'opération échouât car l'ennemi n'était plus là: il était parti en direction d'Orléans et de la Loire.

 

Dans le Journal du Calvados, J.P.Duval écrit: "Par peur d'une résurrection de la Chouannerie, Gambetta refuse armes et ravitaillement à l'Armée de Bretagne.... qui pourrit dans l'immonde camp de Conlie, dans la Sarthe."

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Les baraquements ne sont pas construits à l’arrivée des mobilisés et des tentes sont établies en urgence.[réf. nécessaire]. Comme le terrain avait été nivelé peu de temps avant l'installation du camp, le piétinement de milliers d’hommes en fait rapidement un bourbier où il est très difficile de se déplacer. Les mauvaises conditions climatiques n'arrangent rien, des pluies torrentielles inondent le camp que les soldats surnomment « Kerfank », la ville de boue en breton. Avec les premières neiges, les maladies se développent : fièvre typhoïde, variole, etc.

La description qu'en fait Gaston Tissandier, de passage le 15 décembre 1870, est éloquente :

« Est-ce bien un camp? C'est plutôt un vaste marécage, une plaine liquéfiée, un lac de boue. Tout ce qu'on a pu dire sur ce camp trop célèbre est au-dessous de la vérité. On y enfonce jusqu'aux genoux dans une pâte molle et humide. Les malheureux mobiles se sont pourvus de sabots et pataugent dans la boue où ils pourraient certainement faire des parties de canots. Ils sont là quarante mille nous dit-on et, tous les jours, on enlève 500 ou 600 malades. Quand il pleut trop fort, on retrouve dans les bas-fonds des baraquements submergés. Il y a eu ces jours derniers quelques soldats engloutis, noyés dans leur lit pendant un orage. »

Le manque d'instructeurs (prisonniers en Allemagne), de matériel, de ravitaillement, provoquent le découragement au sein d'une troupe pourtant largement constituée de volontaires mais livrés à l'oisiveté et à l'ennui.

Dans la débâcle de la guerre franco-prussienne, le ravitaillement en armes et en matériel connait de sérieuses difficultés : pénurie de tentes, de couvertures, de chaussures, etc.

Kerartry, choqué, informe Gambetta à plusieurs reprises. Ce dernier se refuse à l'évacuation, et affirme même ne pas se trouver choqué par ce qu'il constate.

Mal vêtus, contraints de monter leurs tentes dans un terrain récemment labouré, devenu bientôt fangeux, sans aucun approvisionnement, tant alimentaire que d'ordre militaire, ils furent bientôt la proie de maladies (fièvre typhoïde, variole...). Gambetta les considérant comme des Chouans potentiels, il n'équipa qu'une infime fraction des troupes avec à peine plus de 4000 vieux fusils à percussion de types divers parfois rouillés, dont les plus modernes étaient des Springfield de la guerre de Sécession. De plus, ils furent dotés de munitions hétéroclites qui parfois ne correspondaient pas à leurs armes, ou dont la poudre avait été "délavée" par l'humidité et se révélaient incapables de faire feu. Dans le pire des cas, certaines de ces armes explosaient au moment du tir, s'avérant plus dangereuses pour leur servant que pour l'ennemi. Indigné par le sous-équipement de ses troupes et les conditions sanitaires déplorables qui leur étaient imposées, et n'obtenant pas de réponse satisfaisante du Gouvernement de Défense Nationale, Keratry demanda à être relevé de son commandement.

 

conlie,gambetta,1870,l'affaire de conlie,histoire,prusse,keratry Camp américain (près de la Gare)


Observation d'un journaliste du Times:

"... L'aspect des troupes que j'ai rencontrées aujourd'hui était déplorable. Leurs armes rouillées paraissaient hors d'etat de servie. Plusieurs marchaient sans chaussures, un grand nombre paraissaient exténués e leur cavalerie était dans un état pire nque l'infanterie s'il est possible. Bien souvent, c'est le cavalier qui aide le cheval à avancer...."

 

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23 novembre 1870: combat de La Fourche en la commune de Coulonges-les-Sablons. Gambetta décide l’envoi de 12 000 des hommes du camp de Conlie, armés de seulement 4 000 carabines en mauvais état et de munitions d'un calibre inadéquat contre le Ier corps bavarois du duc de Mecklembourg. Le général de Kératry envoie les mieux équipés et les moins fatigués de ses hommes, formant la division de marche de Bretagne (4e division du 21e corps), commandée par le général Gougeard.

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24 novembre 1870: arrivée de 4.000 carabines Spencer mais les munitions sont inadéquates.

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26 novembre 1870: La division arrive à Yvré-l'Évêque, lance une reconnaissance jusqu’à Bouloire. Le combat n’a pas lieu, les Prussiens s’étant esquivés.

Gambetta décida de mettre fin à l'indépendance de l'armée de Bretagne et de placer Keratry sous les ordres du général Jaurès. Keratry démissionna aussitôt; Gambetta le fit remplacer par le capitaine de vaisseau Marivault.
 

La polémique commence à faire rage dans les journaux et le général de Kératry démissionne, remplacé par le général de Marivault qui ordonne immédiatement une première évacuation, contre les ordres de Gambetta (qui ne signera la première autorisation que quelques jours plus tard).

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7 décembre 1870: le Général de Marivault est nommé commandant du camp. Il y arrivera le 10. Il est de suite atterré par ce qu'il voit. Il écrira le 22 décembre à Gambetta:

 

" j'ai trouvé 46.000 hommes désarmés, mal vêtus, non chaussés, sans campement (les baraquements promis n'ont jamais été montés et la troupe pour plus de 90% couche sous des tentes, ils ont comme matelas de la vieille paille) et sans solde,paralysés dans un marais où toute leur énergie consiste à se tenir debout et à se tenir secs...!"

 

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 Il décide alors, malgré l'administration et Gambetta, d'évacuer les soldats bretons du camp vers les départements bretons. On lui imposera tout de même, de garder les mobilisés d'Ile-et-Vilaine, lesquels seront portés à la pointe de la défense française, alors qu'ils ne devaient former qu'une armée de réserve. sacrifiés à la Tuilerie.

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20 décembre 1870: Dès le lendemain, les 15.000 soldats les plus faibles se replient sur Rennes. Les plus malades sont renvoyés dans leurs familles. Le scandale prend plus d'ampleur, devant l’état des hommes qui rentrent chez eux.

 

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24 décembre: Marivault reçut, par télégraphe, l'ordre exprès d'arrêter l'évacuation du camp, sous peine de conseillde guerre, par le ministère de la guerre: il n'en eut cure ! Chaque jour les hommes des 12 bataillons des Côtes du nord quittèrent Conlie pour Laval, Vitre, Fougère. Le 24 décembre à minuit, les Moribiannais assistèrent, dans la grande prairie qui avoisine l'étang en forêt de Sille le Guillaume, à la messe de Noël !

 

Gambetta trouva encore de bonnes raisons administratives pour suspendre les fournitures de vivres, tout en prescrivant :"il ne faut quitter le camp sous aucun prétexte."

 

 

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Décembre 1870: les mobilisés d'Ile-et-Vilaine s'en vont au "casse-pipe" avec la 2ème armée de la Loire, avec un armement totalement dérisoire face à des forces prussiennes en nombre très supérieur. Et voilà, ce qui devait arriver arriva. Chanzy vaincu au Mans déclare que "la bataille a été perdue par la faute des Bretons".

 

Les quelques généraux comme Gougeard, Chanzy par la suite et Marivault ne furent pas dupes de l'imbecilité des ordres donnés par le gouvernement, reconnurent la vaillance des mobilisés Bretons et le calvaire qui fut le leur pendant à peine...2 mois ! De plus, après la démission de Keratry, une décision ministérielle, en date du 1er décembre, priva l'armée de Bretagne de tout crédit. Les caisses étaient vides, les subsides coupées ,la solde plus payée ,les fournisseurs plus réglés ,l'armée de Bretagne vivait sur ses propres réserves. L'armée de Bretagne "Agonisait"! qu'importnte ces Bretonss n'étaient-ils pas fait pour de la chair à canon...? Malgré tout et contre toute évidence des soldats arrivèrent jusqu'au 10 janvier 1871...!

 

 Puis c'est la retraite, avec les victoires à Sillé et Saint-Jean-sur-Erve. L'armée s'y réorganise.

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11 & 12 janvier 1871: déroute du Mans. La veille de la bataille, Gambetta, les considérant comme étant des Chouans potentiels fournit aux 19 000 hommes restant des fusils Springfield rouillés et des cartouches avariées. Dans certains cas, certaines de ces armes explosaient au moment du tir. Le général Chanzy rejette la responsabilité de la défaite aux hommes de Conlie. En effet, c’est sur leur position de la Tuilerie que les Prussiens font porter leur effort décisif, qui décide de la victoire. Les soldats français, épuisés par deux mois de privations, mal armés, presque pas préparés, sont taillés en pièces dans la nuit du 11 au 12 par la 20e division prussienne du général von Krautz-Koschlau.

Par la suite, le général de Lalande déclare devant une commission d'enquête parlementaire :
«  Je crois que nous avons été sacrifiés. Pourquoi? Je n'en sais rien. Mais j'affirme qu'on n'aurait pas dû nous envoyer là, parce que l'on devait savoir que nous n'étions pas armés pour faire face à des troupes régulières. »

Henri Monnié, mobilisé de Nantes, rapporteur du service sanitaire: " ... pendant toute la durée du camp, du 6 nov 1870 au 7 janvier 1871, sur près de 60.000 hommes qui y passèrent, il entra en tout aux ambulances, 1942 malades, dont 143 morts. 1433 évacués, 208 réformés et 70 congédiés."
 
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13 janvier: le camp fut définitivement abandonné. Le soldat Suzor arrivé le 18 novembre 1870 le quitta dans l'apm ! Les troupes qui quittèrent le camp s'arrêteront à Assé-le-Beranger, puis poursuivirent leur route sur la Bretagne.

 

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14 janvier 1871: Le camp de Conlie est atteint par les Prussiens. Un détachement commandé par le colonel de Lehman du 10 ème corps d'armée de la 2eme armée Allemande trouva le camp évacué ,ils capturerent 8.ooo fusils ,5 millions de cartouches, un canon et des affuts. Ils feront sauter les fortifications et quittent la commune, le 6 mars.
 

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26 janvier 1871: signature de l'Armistice.

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6 février 1871: rapport officiel du Ministère de l'intérieur

 

Officiers d'état major : 18 et 20 chevaux

Génie : 20 0fficiers,257 Soldats.

Comptabilité et trésorie : 11 Officiers.

Aumôniers : 12.

Remonte : 5 Officiers,96 Soldats,126 Chevaux et 47 Mulets.

Vétérinaires : 8 Officiers,9 Soldats,5 Chevaux.

Ambulances : 44 Officiers,54 Soldats,25 Chevaux.

Commissariat general : 10 Officiers,134 Soldats.

Gendarmeries : 2 Officiers,47 Soldats,23 Chevaux.

3 ème Cuirs : 6 Officiers,135 Soldats et 129 Chevaux.

19 ème Chasseurs : 3 Officiers,291 Soldats.

Artillerie : 20 Officiers,437 Soldats,33 Chevaux.

Francs-Tireurs de Brest : 5 Officiers,71 Soldats.

Cotes du Nord = 244 Officiers,7925 Soldats..

Finistère = 249 Officiers,7884 Soldats.

Mobiles de Quimper = 1 Officiers, 141 Soldats.

Morbihan = 251 Officiers,6804 Soldats.

Ille et Vilaine = 215 Officiers,11042 Soldats.

Loire Inférieur = 232 Officiers,7317 Soldats.

                         Et,

Mobiles de la Mayenne = Officiers 3,Soldats 161.

Mobiles de Saint Nazaire = 26 Officiers,687 Soldats.

Mobiles de Paimboeuf = 32 Officiers,849 Soldats.

Mobiles de la Trinité = 23 Officiers,635 Soldats.

                       "ET...!"

Haute Garonne = 23 Officiers et 1132 Soldats.

Total des troupes réunis au camp = 40359 Officiers et Soldats.

Division de marche = 13424 Officiers et Soldats.


Denis Marion de Procé.

 

 

 

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7 mars 1871: dissolution de l'Armée de Bretagne, puis le retrour au pays des troupes bretonnes.

 

La décapitation de sa jeunesse, le sacrifice criminel de tant de ses fils provoqua en Bretagne stupeur et colère. En tant que député d'Ille-et-Vilaine, l'historien La Borderie (1827-1901) rédigea un rapport accablant pour Gambetta, sur Le Camp de Conlie et l'Armée de Bretagne.

Ce rapport fut publié sous forme d'un condensé de 124 pages dans les publications parlementaires du Paris-Journal en 1874 (rédigées en 1872) sous le titre Rapport fait au nom de la Commission d'enquête sur les Actes du Gouvernement de la Défense nationale:

 "... Aux brumes et aux premières pluies d'hiver avaient succédé les glaces, les neiges, le verglas, et ensuite d'affreux dégels, dont les eaux ruisselantes, inépuisables, ne pouvant être absorbées par un sous-sol argileux, détrempaient si complètement la couche supérieure du sol., que cet humus semi-liquiden remué déjà par un labour récent, délayé par les pieds de 50.000 hommes, finit par former un vrai cloaque. On n'y pouvait faire un pas sans enfoncer à mi-jambe. Non seulement l'exercice y était impossible, masi les corvées indispensables pour les vivres, l'eau, le bois, la paille, y devenaient d'une difficulté exprême. L'humidité pénétrait sous toutes les tentes, dont plusieurs furent envahies, en diverses circonstances, par de véritables inondations..."

 

conlie,gambetta,1870,l'affaire de conlie,histoire,prusse,keratryMais tout s'oublie puisqu'il s'est trouvé depuis des municipalités bretonnes assez ignorantes en histoire pour donner à leurs rues ou places le nom de Gambetta. 

  

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Près de 60.000 bretons des cinq départements furent ainsi rassemblés dans le camp de Conlie. 

De novembre 1870 à janvier 1871 il y eut 131 morts, mais ce chiffre fait encore débat.

2 000 des 60 000 soldats qui y sont passés ont dû être envoyés à l’infirmerie.

 


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1873: "croix des bretons" édifiée dans le cimetière de Conlie. Y sont inscrits tous les noms des morts de la 1ere Armée de Bretagne, ainsi que le carré.

 

  


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1913, 11 mai: Un monument est inauguré sur la colline de la Jaunelière et une plaque commémorative y sera apposée le 14 février 1971, lors du centenaire.

 

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" 1871 D'AR VRETONED TRUBARDET E KERFANK CONLIE DALC'HOMP SONJ 1971" 
 
" aux Breton trahis au village de boue de Conlie. Souvenons-nous"

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Sources

 

Paul Tailliez, l'histoire du camp de Conlie,Le Mans,Monnoyer, 1913.

 

Philippe Le MOING-KERRAND, "le camp de Conlie", 2000, édité chez l'auteur.

 

Bernarg Giovanagelli (bged@wanadoo.fr)

 

Henri Ortholan, "l'armée de la Loire".

 

Ambassade de Bretagne

 

 

 

 

13/07/2012

14 juillet: les morts pour la France

« Le 14 juillet est la fête de la Nation. Il est un jour d’unité. Il perpétue le souvenir de la fête de la Fédération, lorsque les Français de toutes origines, de toutes convictions, de toutes conditions, se sont retrouvés, au-delà de leurs différences, pour faire la France.

Le 14 juillet est aussi la fête de la Liberté. Il inscrit dans la trame de notre concience collective la prise de la Bastille comme le symbole de la fin des privilèges, de la chute de l’arbitraire et de l’irruption du peuple sur la scène de l’Histoire.

(…)

Le défilé militaire des Champs-Elysées est un moment dédié à la fierté, à la gratitude de la France à l’égard des soldats.

Il est un temps de mémoire, en hommage à tous ceux qui, sur les champs de bataille d’hier et d’aujourd’hui, sont morts pour la France.

Il est un rendez-vous de la fidélité à la République et à ses valeurs.

Valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité.

Valeurs universelles de solidarité internationale et de paix (…). »

 

Message de François Hollande, Président de la République, dans la plaquette de présentation du programme du défilé du 14 juillet 2012.

 

 

menhir de Bormouïs, Pierre du diable, meunier, Saint-Salomon, Guern, 56, Morbihan, Bretagne, mégalithes, contes, légendes

Et puisqu’en ce jour de fête nationale, vont défilés sur les Champs-Elysées, entre autres, l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr (basée à Coëquidan, Morbihan), l’Ecole militaire Inter-armés (Coëtquidan, Morbihan), l’Ecole des Officiers de la Marine Nationale (Lanvéoc-Poulnic, Finistère) et l’Ecole de Maistrance (Brest, Finistère), je souhaiterai que nos élus de la République aient une pensée envers tous ces hommes/femmes qui ont quitté leurs familles et leurs régions pour donner leur vie au service de la France, au service de causes qu’ils estimaient juste, mais aussi une pensée particulière pour toutes ces âmes perdues inutilement, « dommages collatéraux » diraient certains. 

Je souhaiterai que tous ceux qui participent aux nombreux défilés de ce jour de fête, ces militaires qui défilent mais aussi ceux qui vont applaudir ces prestations, depuis la rue ou devant leur poste de télévision aient une pensée pour toutes les victimes indirectes des nombreux conflits qui ont construit l’histoire de la France.

 

menhir de Bormouïs, Pierre du diable, meunier, Saint-Salomon, Guern, 56, Morbihan, Bretagne, mégalithes, contes, légendes

Beaucoup ont été oubliées, très rarement citées car souvent honteuse pour l’Histoire de la France. Alors de même qu’il n’existe pas de guerre « propre », renier ne serait-ce qu’un tout petit instant de l’histoire, revient à trahir ceux qui sont morts pour notre liberté, à mentir au peuple et à soi-même. 

 

En ce jour, j’ai une pensée particulière pour l’armée de Bretagne constituée en 1870 pour lutter contre la Prusse, laquelle fut, à peine constituée, abandonnée dans un camp devenu rapidement un camp de concentration, le camp de Conlie : 60.000 hommes y furent abandonnés, peu nourris, peu abrités, très peu armés car le célèbre GAMBETTA craignait d’armer de nouveaux Chouans. Seuls 4.000 sortiront du camp, armés de fusils réformés aux munitions inadéquates, et serviront de chair à canon. Les autres succombèrent du froid, d’épidémies (Choléras, Variole…).

Cette page de l'histoire de France, comme d'autres tout aussi sombres, ne mérite aucunement d'être oubliée, cachée, se doit même d'être enseignée à nos enfants. 

Pour en savoir plus sur cette tragédie:              1870-conlie.html


menhir de Bormouïs, Pierre du diable, meunier, Saint-Salomon, Guern, 56, Morbihan, Bretagne, mégalithes, contes, légendes

ps: J'en profite par ailleurs pour emettre un voeu adressé à l'Education Nationale: une internationalisation omniprésente se traduit dans les manuels scolaires, de géographie notamment, par un apprentissage des plus succints de notre pays, de ses régions. Pour exemple, lorsqu'est abordé le chapitre de la vie urbaine, une seule ville française est pris en exemple, et comparée avec la vie urbaine d'une ville américaine, d'une ville asiatique et d'une ville africaine. Ainsi, tout l'apprentissage du collégien est comparé à l'international, une vue d'ensemble grossière de la planète qui a pour conséquence d'éloigner les jeunes français de leur France réelle, de ses diversités, un passage obligé qui induit des impasses, des vérités, un formatage de nos enfants qui peu à peu, ne connaîtront même pas le pays dans lequel ils grandissent, ne comprendront pas les complexités de notre société.

Qu'en sera t-il de leurs enfants? Et des générations suivantes?

Comment peut-on espérer que ces nouvelles générations puissent innover et tirer profit des richesses de notre pays s'ils ne le connaissent pas, s'ils n'ont eu qu'un accès approximatif aux données sur lesquelles ils pourraient s'appuyer pour grandir, s'accomplir, créer ?