24/05/2012

11 - LE BUISSON DES RONCES

angleterre en 38.gifUn tout petit garçon était assis aux pieds de sa mère, près d'une porte-fenêtre qui donnait sur le jardin. On était en automne, et le vent soufflait tristement et faisait courir les feuilles sèches couleur d'or sur le gravier du che­min et sur l'herbe de la pelouse.
La maman tricotait une petite chaussette; les aiguilles faisaient clic, clic, dans ses doigts, mais ses yeux regardaient le ciel rendu tout rouge par les rayons du soleil couchant. Le petit garçon appuya sa tête contre les genoux de sa maman, et se tint si tranquille qu'à la fin elle pencha la tête pour voir s'il dormait. II ne dormait pas; il regardait attentivement un buisson de ronces qui agitait ses longues branches couvertes de feuilles rouges de l'autre côté de la barrière.


" À quoi penses-tu, mon chéri ? demanda la mère.

- Regarde le buisson de ronces, maman. Qu'est-ce qu'il dit ? II me fait : bonjour, bonjour, par-dessus la barrière; qu'est-ce qu'il dit ?

- Ce qu'il dit ? répondit-elle. II dit :

- J'aperçois un heureux petit garçon, dans une jolie chambre, éclairée par un bon feu. Ici, dehors, il fait froid et sombre, mais, là où est le petit garçon, il fait chaud et clair. Je lui dis : bonjour, bonjour, et il me regarde. Je voudrais bien savoir s'il sait combien il est heureux!


neige.gifL'hiver.

« ... Voyez, mes feuilles sont toutes rouges. Tous les jours, elles se sèchent et elles tombent, et bientôt la bise les aura toutes jetées à terre. Alors la neige viendra me couvrir... et puis, elle s'en ira. aussi, et mes branches « dépouillées seront battues par la pluie et le vent.
- ... Je dis bonjour à tous ceux qui passent, et les jours s'en vont, tristes et froids, mais dans la jolie maison, si chaude et si gaie, le petit garçon joue toute la journée avec ses livres et ses joujoux. Son papa et sa maman le chérissent; il grimpe sur leurs genoux, le soir, devant le feu, pendant qu'ils lui racontent de jolies histoires ou lui chantent de belles chansons, heureux petit garçon ! Et moi, là, dehors, je regarde, et j'aperçois un rayon de lumière qui passe à travers le volet, et je voudrais bien être avec eux!

soleils%20(46).gifLe printemps.

" Mais j'attendrai très patiemment. Je supporterai la neige, et la pluie, et le froid, car mes racines sont bien au chaud dans la terre, et mes bourgeons dorment dans leurs petits berceaux bruns.
« Les jours et les nuits passent; la neige fond, le « ciel est bleu et la terre est molle ; les petits oiseaux voltigent en criant : cui ! cui ! Voici le printemps! et je sens la sève qui court dans mes branches.
« Le soleil devient toujours plus chaud. L'herbe pousse plus vite. Voilà mes bourgeons qui éclatent, et les petites feuilles qui sortent, et me voici, tout habillé de vert! Le petit garçon court pour venir me voir, et il crie : Oh! maman! le buisson de ronces est tout en vie, et si beau, et si vert! Oh ! viens voir! Et alors, j'incline ma tête au vent d'été et tous les jours je deviens plus beau, et, à la fin, je suis tout couvert de fleurs blanches et roses!

soleils%20(19).gif
L'été.

« Encore quelques semaines. Les petites fleurs blanches et roses sont toutes tombées, et voici les mûres qui paraissent toutes petites et vertes. Je les étale tout le jour au soleil et, la nuit, je recueille la rosée; lentement elles mûrissent, elles deviennent grosses; d'abord rouges et dures, puis toutes noires, brillantes et délicieuses! Je les garde pour le petit garçon qui vient en dansant les chercher. II les cueille et les met dans sa petite main, et puis, il court vers sa maman, en disant : Vois ce que le patient buisson de ronce a fait mûrir pour moi! Goûte comme elles sont bonnes, maman!

pluie%20(12).gifL'automne.

« Ah! alors je suis content et si je pouvais parler, je dirais : Oui, cher petit, prends-les. Je les ai fait mûrir au soleil et à la pluie; et je remue la tête avec satisfaction, car mon travail est fini. De la fenêtre, le petit enfant me regarde et pense

« Voilà le buisson de ronces qui a été si bon pour moi ! Je le vois et je l'aime. Je sais qu'il est tranquille là dehors, tout seul, et que l'année prochaine il me donnera encore de belles mûres noires et sucrées! "

Alors le petit garçon sourit, et dit qu'il aimait cette histoire. Sa maman le prit dans ses bras et l'emporta à la salle à manger pour dîner, et le vieux buisson de ronce, resta tout seul dehors, disant bonjour, bonjour, à tous les passants, et sans doute il y est encore.angleterre en 38.gif

Celia Thaxter, Stories and Poems for children.

18/05/2012

William Wallace (1272, Elderslie-1305, Londres)

 

548161_398110223540099_100000233746050_1484735_273182743_n.jpg


williamwallace02.jpgWilliam Wallace est né à Elderslie, paroisse de Paisley. 

Son père était au service de James Stewart, grand régisseur d'Ecosse. Il reçut sans doute quelques rudiments d'enseignement à l'abbaye de Paisley, ce qui lui permet d'apprendre le latin et le français. Certains de ses oncles étant prêtres, ils ont certainement pris en charge son éducation. 


1297: William Wallace épousa Marian Braidfoot, en l'église St-Kentigern de Lanark.


1297: Marian est assassinée sur ordre du gouverneur anglais de Lanark, William de Hazelrig quelque temps leur union. Il n'est pas prouvé qu'elle fut assassinée uniquement parce qu'ils s'étaient mariés sans consentir au droit de cuissage, et parce que Wallace s'interposa entre sa femme et les soldats anglais ( voir le film Brave Heart avec Mel Gibson). Il est fort probable que W. Wallace avait déjà commencé ses actes de rebellion avant ses noces, et que sa sa femme ait été tuée en représailles.

Alors que W. Wallace attaquait Hazelrig, Andrew Murray lançait ses hommes contre les Anglais installés dans les Highlands. Des rebellions éclataient dans tous le pays. Ces soulèvements étaient provoqués par la mise en place d'un régime sévère après l'abdication de John Balliol, roi d'Ecosse pendant une courte période.

Le pays est alors passé sous le contrôle d'Edouard Ier, qui ne compait aucunement rendre leur indépendance aux Ecossais. Pas étonnant donc, que ces derniers veuillent se libérer d'un tel joug. La plupart des Ecossais vivaient dans la pauvreté. 

548161_398110223540099_100000233746050_1484735_273182743_n.jpgIls transformèrent leurs outils de paysan en armes de fortune. La révolte de W.Wallace suscita l'attention du peuple et des nobles Ecossais, qui tous, souhaitait se libérer du pouvoir d'Edouard Ier.

Rejoints par James Stewart, sir James Douglas et Robert le Bruce, ils s'allièrent rapidement à W.Wallae. Sous la tutelle de Robert Wishart, évêque de Glasgow, ils se préparèrent à se battre contre les Anglais. 

braveheart.jpg1297, le 12 juillet: les nobles Ecossais se rendent aux Anglais à Irvine, ce qui décourage W.Wallace et A.Murray. Tous deux décident de prendre la tête des rebelles qui s'éparpillaient déjà dans tout le pays.

1297, août: une armée de rebelles est constituée à Stirling.

1297, le 11 septembre: les soldats anglais encerclent le château de Stirling alors que les Ecossais attendaient de l'autre côté de la Forth, séparés uniquement par un pont.

L'armée anglaise, se lança à l'assaut du pont et fut massacrée par les rebelles Ecossais. Pour allace et Murray, cette victoire est extraordinaire. Mais Murray est blessé pendant la bataille, iol décèdera des suites de sas blessures quelques jours après. W. Wallace assure alors seul, le commandement des rebelles.

1297, octobre: W. Wallace conduit ses hommes jusqu'au Comté de Durham, en Angleterre, puis revient en Ecosse en novembre, pour attendre la fin de l'hiver et en profiter pour reconstituer ses forces.

 

braveheart (1).jpg

1298: Wallace est fait chevalier à Tor Wood, sans doute par Robert le Bruce, et nommé Gardien de l'Ecosse.

Cette nomination d'un homme de son rang à une position aussi influente, indique clairement à quel point la noblesse apréciait sa lutte contre l'ennemi anglais, et était avide de liberté. Il semble que Wallace n'ait jamais abusé du pouvoir qu'on lui avait confié mais qu'il ait par contre, fait tout son possible pour associer noblesse et peuple à sa cause. Il ne profita pas de ses nouveaux privilèges et est resté fidèle à son engagement de libérer l'Ecosse.

braveheart5460.jpg1298, octobre: Edouard 1er et ses troupes se rendent en Ecosse. Wallace avait décidé de déplacer les populations et les troupeaux afin que les Anglais ne trouvent ni provision ni information sur leur chemin. Il apprit par ailleurs à ses hommes à adopter une tactique de défense particulière en formant un groupe compact hérissé de toutes parts de lances, un savant amalgame de cohorte romaine positionnée en hérisson constitué de lances macédoniennes. Une telle défense permettait de lutter contre les chevaux robustes de l'ennemi anglais.

braveheart.jpgLes lances ont fait leurs preuves dans de nombreuses batailles. Mais les troupes anglaises étaient bien plus nombreuses que celles des Ecossais. Arrive alors la défaite de Falkirk. Walalce faillit y perdre la vie, mais fut sauvé in-extremis par Robert le Bruce, lequel venait de quitter le siège du châteai d'Ayr dans le Ayrshire.

Après cette défaite, W.Wallace renonça à son titre de Gardien de l'Ecosse. Robert le Bruce et son cousin John Comyn dit le Rouge, furent désignés pour le remplacer.

A partir de cette date, on ignore quelles ont été les activités de W.Wallace, jusqu'à ce qu'il soit arrêté en 1304.


1300 env.: W. Wallace se rend à Rome pour obtenir du soutien auprès du Pape.

Plusieurs historiens rapportent qu'il poursuivit ses raids dans toute l'Angleterre jusqu'en 1303, des raids essentiellement portés dans le nord de l'Angleterre. On sait également, qu'il est parti pour le continent dans l'espoir de trouver un soutien auprès des Français et du Pape. Philippe IV envoya une lettre à Rome demandant à ce que l'on prête secours à Wallace.

Les nombreux raids finirent par exaspérer Edouard  Ier, pour qui la capture de Wallae finit apr devenir une priorité. Grâce à la complicité de ses compatriotes, il réussit un temps à se cacher.

photo(163).JPG


Pourtant, la noblesse écossaise se soumettait de plus en plus à la couronne anglaise. Et bien évidemment, les chances de rester cacher s'amenuisèrent de plus en plus. 


William Wallace finit par se faire arrêter aux environs de Glasgow, sa capture fut possible avec l'aide d'un Ecossais, John Mentieth, ou de l'un de ses domestiques. Il fut immédiatement conduit à Londres.



1304, le 22 août: W.Wallace arrive à Londres.

1304, le 23 août: dès le matin, il est traîné dans les rues de la ville, où il y reçoit insultes et quolibets de la foule, persuadée qu'il était brigand sans pitié, et qui avait massacré des Anglais innocents.

W.Wallace est conduit au palais de Westminster. On le força à rester debout et à porter une couronne d'épines.

Les magistrats nommés par Edouard Ier, lurent les charges qui pesaient contre lui. Curieusement, il était accusé du meurtre de Hazelrig, le gouverneur de Lanark huit ans auparavant. Il était accusé bien évidemment de trahison. La sentence fut prononcée dans la foulée, sans que l'on puisse donner la possibilité à Wallace de se défendre. La messe était dite, les hors-la-loi n'ont , par définition, pas le droit de se référer à la loi, donc impossible pour eux de se défendre.

L'exécution de la sentence est immédiate. William Wallace est jeté dans un sac, traîné sur plusieurs kilomètres jusqu'à Smithfield. Puis, il est pendu jusqu'à ce qu'il perde connaissance. On le ligota ensuite sur une table, ses membres furent arrachés, on lui appliqua un fer rouge sur les entrailles, et même émasculé. Son supplice prit fin lorsqu'on lui trancha la tête.

Les parties de son corps furent envoyées à Newcastle-upon-Tyne, Berwick, Perth et Stirling. 

Sa tête fut planté sur un piquet placé sur le pont de Londres, en signe d'avertissement aux traitres en puissance.

large_braveheart_blu-ray_4x.jpg


08/05/2012

West Kennett Long Barrow, Avebury (Wiltshire)

WEST KENNETT LONG BARROW - l'entrée.jpg

 

WEST KENNETT LONG BARROW - pierre de fermeture.jpg

 

 

WEST KENNETT LONG BARROW - vue extérieure.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

WEST KENNETT LONG BARROW - une des chambres nord.jpg

27/04/2012

Land's End, Penwith, Cornouailles

Land's End, Penwith, Cornouailles, Angleterre

 

Land's End, Penwith, Cornouailles, Angleterre

Clapper Bridge, Waller Brook, Dartmoor

Clapper Bridge sur le Waller Brook, Dartmoor, ANGLETERRE

14/04/2012

Tumulus - Wayland's Smithy, la forge de Waland, Oxforshire

Tumulus - Wayland's Smithy, la forge de Waland, Oxforshire, angleterre

Le long tumulus connu localement sous le nom de Smithy (“la forge”), près d’Uffington, dans le Wiltshire, est associé au dieu forgeron Wayland, nommé Völund ou Völundr en Scandinavie.

Ce tumulus a cependant été construit bien avant l’époque saxonne, entre 3700 et 3400 avant JC.

La légende dit qu’un cheval laissé seul ici une nuit avec une petite pièce d’argent sera retrouvé le lendemain entièrement ferré... mais sans la pièce ! 

Tumulus - Wayland's Smithy, la forge de Waland, Oxforshire, angleterre

 

Skallagrim, un très bon forgeron

Extrait de la Saga d’Egil

 

« Skallagrim était un très bon forgeron qui faisait chauffer de grandes quantités de minerai de fer [minerai de tourbe] en hiver. Il avait une forge au bord de la mer, très loin de Borg, à un endroit nommé Raufarnes, là où le bois était proche [ le bois lui servait de combustible pour faire du charbon ]. Comme il ne trouvait aucune roche assez dure ou lisse pour servir d’enclume – car il n’y avait que des cailloux et du sable fin sur la rive – Skallagrim a pris la mer un soir avec un huit-rames lorsque tout le monde s’était retiré pour la nuit et il a ramé jusqu’aux îles Midfjord. Il a alors jeté l’ancre de la proue, il est sorti du bateau, a plongé et a remonté une roche qu’il a mise dans le bateau. Il est ensuite remonté dans le bateau, a ramé jusqu’au rivage, a transporté la roche jusqu’à sa forge, l’a placée près de la porte et s’en est toujours servi pour forger. Cette roche est toujours là avec des scories à côté et sa tête est marquée par les coups de marteau. Elle a été usée par les vagues et elle est différente des autres roches de l’endroit. Quatre hommes ne réussiraient pas à la soulever aujourd’hui. »

 

Bernard Scudder, The Sagas of Icelanders: A SelectionTumulus - Wayland's Smithy, la forge de Waland, Oxforshire, angleterre

 

Tumulus - Wayland's Smithy, la forge de Waland, Oxforshire, angleterre

09/04/2012

MAUD & La WYVERNE - Angleterre

 

maud,wyverne,mordiford,angleterre


Le récit se déroule dans le Mordiford, dans le Comté du Herefordshiren.


maud,wyverne,mordiford,angleterreLes parents de la petite Maud ne voyaient aucune objection au fait que le fillette ait un animal famileir, un chien, un chat.... Mais, celui qu'elle leur avait ramené, aussi minuscule et joli fût-il, ne pouvait en aucun cas leur convenir. Elle l'avait découvert dans l'après-midi. Alors que Maud se promenait dans les bois près de chez elle, elle aperçut unmaud,wyverne,mordiford,angleterre minucule animal qui semblait égaré dans les buissons, se tenant tristement au milieu d'un bouquet de fleurs. 

maud,wyverne,mordiford,angleterreLa délicate créature qui avait sans doute perdu sa mère, avait l'apprence d'un dragon: son corps de forme allongé, était vert et parcouru d'écailles étincelantes, qui luisaient telles des pierres précieuses au soleil. La petitze créature se tenait assise sur ses deux pattes et agitait avec une touchante obstination ses deux petites ailes membraneuses. Il était clair qu'elle était bien trop jeune pour pouvoir déjà parcourir les cieux.

maud,wyverne,mordiford,angleterre

 

Dès qu'elle avait aperçu Maud, sa tristesse s'était évanouie, et elle s'était mise à sautiller gaiement autour d'elle, ravie de ne plus être seule. La fillette, ravie de trouver ce petit compagnon inattendu, après avoir joué un long moment avecla Wyverne, trouva naturel de la ramener chez elle.

maud,wyverne,mordiford,angleterre

Et maintenant, elle était là, posée sur le sol, les parents de Maud la reardant horrifiés. En vain Maud tenta de plaider la cause de son compagnon de jeux, affirmant qu'il était trop petit et trop mignon pour être dangereux. Ses parents lui ordonnèrent d'un ton qui n'admettait aucune réplique, de le ramener aussitôt à l'endroit où elle l'avait découvert. 

Dès qu'elle fut sortie, ils refermèrent la porte de la demeure, et l'observèrent par une fenêtre afin de s'assurer qu'elle prenait bien la direction du bois où elle était allé se promener quelques heures auparavant.

Dès qu'elle fut hors de vue du joug parental, la fillette quitta le sentier qui menait vers le bois, et se dirigea vers sa cachette: un petit coin de forêt invisible du chemin, où elle avait l'habitude de passer de longues heures à jouer seule, à l'acart du monde. Elle y installa son nouveau petit compagnon, et elle vint le voir chaque jour, jouant avec lui, lui apportant de la nourriture, le tenant à l'abri du regard de ses parents et des habitants du Mordiford.

 

maud,wyverne,mordiford,angleterre


maud,wyverne,mordiford,angleterre

Au fil des mois, la bête ne cessa de grandir, se transformant à une vitesse inquiétante. Le mignon petit dragonneau que la petite fille avait recueilli se changea peu à peu en une Wyverne adulte d'une taille impressionnante. Ses écailels se durcirent, devinrent d'un vert indescent avec des bords aussi tranchant que les lames de rasoir, ses ailes s'épaissirent comme des chauve-souris et un dard mortel se développa à l'extrêmité de sa queue recourbée.

maud,wyverne,mordiford,angleterreBientôt, les soucoupes de lait que Maud apportait à la créature chaque jour, ne parvinrent plus à apaiser la faim sans cesse grandissante. Tout naturellement, elle commença à aller chercher sa pitance ailleurs. Les fermiers des environs perdirent de nombreuses têtes de bétail, et il ne se passa guère de temps avant que le coupable de ces forfaits ne soit identifié.

La Wynerve de Maud avait appris à aprécier la chair des moutons et des vaches. Quand les paysans les plus audacieux vinrent la traquer dans sa retraite, elle se défendit vaillament, en tua quelques-uns, et découvrit à cette occasion une autre nourriture bien meilleure que son ordinaire: la chair humaine.

La fillette, terrifiée par le comportement de son ancien compagnon de jeu, le supplia de mettre un terme à ses attaques contre les habitants du village, mais en vain. M^me les pleurs d'une fillette désolée ne peuvent l'emporter sur la nature carnassière et les instincts de prédateur d'une vriae Wyverne. En devenant adulte, la bête multiplia les ravages dans toute la contrée. Une sule personne n'avait rien à criandre d'elle: Maud, celle qui l'avait recueillie et choyée dans sa plus tendre jeunesse.

Elle seule pouvait cheminer en sécurité à côté de la créature, caresser ses griffes meurtrières, ou plonger sans appréhension son regard dans ses yeux de braise. Telle était la puissance de l'amitié et de l'amour.

maud,wyverne,mordiford,angleterre

 

maud,wyverne,mordiford,angleterre

Mais cela n'altèra pas cependant le cours inexorable des évènements. Un jour vint où la tyrannie de la bête ne fût plus supportable pour les habitants de Mordiford.

Monté sur un solide destrier, protégé par une lourde armure, un des hommes de la plus illustre famille de la contrée: les Garston, partit dans les bois à la recherche de la bête, bien décidé à mettre un terme à son existence. 

Il avait mis un pied à terre pour s'enfoncer dans le sous-bois quand, brusquement, cachée jusque-là par le feuillage, une énorme masse verte surgit devant lui. Il brandit instinctivement son bouclier pour se protéger des flammes crachées par la Wyverne, puis brandit sa lance dans la gorge interminable du dragon, d'où jaillit aussitôt un épais flot de sang noir. Il saisit ensuite son épée, et s'aprêtait à couper la tête de la créature agonisante, lorsqu'une fillette surgit à son tour des broussailles, hurlant de colère et commença à lui lancer des pierres.

maud,wyverne,mordiford,angleterre

Désemparé, ne sachant que faire, il battit rapidement en retraite. Avant de s'éloigner en direction du village pour aller annoncer aux paysans que leurs épreuves étaient désormais terminées, il eut cependant le temps de contempler l'étrange spectacle d'une Wyverne égorgée, pleurée par sa seule amie, une petite fille nommée Maud,qui venait de perdre à tout jamais, les illusions de son enfance.