12/11/2012

La France abandonne ses citoyens

Les médias en parlent, n'en font pas des tonnes, mais se contentent pour la plupart de relater qu'une partie des informations ( je sais, ce n'est pas nouveau!) et ne cherchent surtout pas à expliquer aux français les tenants et aboutissants de cette affaire récente: l'extradiiton d'Aurore Martin.


Mon coup de gueule est vicéral !

Comment une nation, peut-elle être réduite à extrader un de ses ressortissants à une autre nation ? 

Il est compréhensible que tout pays déposant un Mandat d'Arrêt Européen (MAE) s'attende à avoir des "retours" de la part de ses voisins européens;

Il est compréhensible et louable qu'un gouvernement ne souhaite pas intervenir dans des affaires de justice, Aurore Martin ayant été arrêtée par la gendarmerie suite à une demande de la Cour de justice de Pau.

Ce que je ne comprends pas et ai vicéralement du mal à accepter:

Qu'il est étrange tout de même de voir, qu'au sein de la même Europe, deux pays puissent puissent avoir des positions différentes quant au parti basque Batasuna, autorisé en France, mais illégal en Espagne, Batasuna étant  très lié à l'ETA.

Qu'il est curieux d'apprendre que, trois jours avant l'arrestation d'Aurore Martin, la Cour d'appel de Pau refusa le 30 octobre d'extrader en Espagne, Arturo Villanueva Arteaga, pour son appartenance à un mouvement de jeunesse radical basque, déclaré illégal en Espagne depuis janvier 2007, cette décision annula le MAE émis par Madrid contre lui. En 2010, les juridictions britanniques avaient elles aussi refusé d'appliquer ce même MAE.

Qu'il est inquiétant de voir que la justice de son pays puisse vous extrader pour un simple délit d'opinion ! Car en fait, que lui reprochent les autorités espagnoles: son appartenance à un parti interdit (Batasuna) et de s'être exprimé lors de manifestations. L'Espagne ! Notre voisin, qui n'est pourtant pas reconnu pour être une dictature et où on peut être plus que surpris de voir pareil délit.

 


Eclaircissements:

- Article 695-22 du Code de procédure pénal: cet article prévoit plusieurs conditions dans lesquelles un Etat ne pas donner suite à un MAE, ainsi un MAE peut être refusé "s'il est établi que ledit mandat d'arrêt a été émis dans le but de poursuivre ou de condamner une personne en raison de son sexe, de sa race, de sa religion, de son origine ethnique, de sa nationalité, de sa langue, de ses opinions politiques ou de son orientation sexuelle". 

  - Jusqu'à 1981, la France avait toujours refusé d'extrader un de ses ressortissants français. C'est sous l'ère Mitterand, que commencèrent certains "échanges" avec l'Espagne notamment, pour les membres de l'ETA;

- Jusqu'en 2004, une extradition ne pouvait se faire sans un décret signé par le Premier Ministre. Depuis, il n'y en a plus besoin, et si un ministre s'y oppose, il entre en contradiction avec les textes de l'Union Européenne.


En résumé:

Pour Aurore Martin, le MAE remonte à 2010. Dans un premier temps elle vivait cachée.Récemment elle annonça qu'elle souhaitait reprendre une vie normale et qu'elle regagnerai son appartement. Une première tentative d'arrestation eût lieu à son domicile, mais la trop grande foule qui s'était amassé dans les escaliers de l'immeuble, fit reculer les forces de l'ordre. Ce n'était que partie remise. Elle se fit arrêtée quelques jours plus tard, loin de son quartier populaire, au cours d'un barrage que l'on nous dit de routine. Mais ce qu'on nous cache, c'est qu'en réalité tout un dispositif avait été mis en place autour de son domicile: tous les carrefours étaient dotés de barrage pour effectuer des contrôle de routine.....

Bref, elle se fait arrêtée sans opposition le 1er novembre, et à partir du moment où elle est arrêtée, les voies de recours étant toutes épuisées, la remise aux autorités espagnoles est automatique, aucune intervention politique n'est réalisable, l'affaire devant se poursuivre de juge à juge.

Selon la loi espagnole, Aurore Martin est passible d'une peine d'emprisonnement de 12 années !


Alors je ne sais pas pour vous, mais je suis bien tenté de lancer un appel à tous mes frères bretons, nos cousins Corses, Occitans, Alsaciens, et tous ceux qui pensent que cette procédure est abusive,  afin que tous intégrons le parti Batasuna, pour pouvoir exprimer nos doléances aux autorités espagnoles.

Vous savez à quoi vous en tenir: Un MAE ne tardera pas à être levé contre nous, et nous pourrons avoir l'assurance d'être lâché par notre pays, celui des droits de l'homme et du citoyen, celui qui n'est même pas capable de protéger et de défendre ses ressortissants !

 

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Tenez au fait ! Hier, 11 novembre, était la journée commémorative pour tous les hommes et femmes morts pour la France, et pas uniquement ceux de 1914-1918, une journée du souvenir.

Saviez-vous qu'en ce même 11 novembre de l'après-guerre (date précise que je vais rechercher), le Général DeGaulle avait déposé une gerbe aux pieds d'un drapeau basque afin de préciser qu'il souhaitait que l'on se souvienne aussi de tous ces basques qui se sont battus contre les forces de l'Alliance (Allemagne-Italie-Espagne) durant la la guerre d'espagne contre le franquisme (1936-1939) et pendant la 2nde guerre mondiale. 

Je ne suis pas en mesure de vous préciser s'il en a fait de même au pied de notre Gwen ha du, mais là n'est pas le propos.