14/10/2012

Bienvenue en Celtie (MODIFICATIONS EN COURS)

1-Accueil Celtijima


hermines début de texte Bienvenue dans le monde de BREIZH SPIRIT. Je vous propose de découvrir un monde qui oscille entre légendes & réalités. D'inspiration celtique, ce site vous fera, j'espère, découvrir les multiples facettes d'un peuple jugé injustement tourné vers le passé alors qu'il n'en est rien. hermines fin de texte
Les traditions bien ancrée font revivre nos ancêtres!

Se pencher sur ses origines (rubrique I "Culture Celte": sommaire-culture-celte.html ) ou sur son passé, est un enrichissement personnel qui peut aider à s'accomplir. Au temps où les traditions disparaissent encore et toujours, au profit d'une "modernité" de notre société, notre diversité d'origines, de langues ou de cultures constituent un patrimoine que nous devons transmettre à nos descendants.
Ce que nous sommes, nous le devons à nos ancêtres. Oublier nos coutumes c'est aussi les oublier définitivement. Pour résumer:

hermines début de texte

"Comment savoir où l'on va, si l'on ne sait pas d'où nous venons!"

hermines fin de texte

J'espère que vous y trouverez des découvertes intéressantes. Entre monts et vaux, entre Armor et Argoat, la Bretagne regorge de légendes  sommaire-contes-legendes-de-bretagne.html  vous expliquant la naissance de tel lieu ou de tel procédé...

Vous trouverez également d'autres légendes issues de nations Celtes:

ECOSSE ( rubrique C),  sommaire-contes-legendes-d-ecosse.html
Iles ORCADES (rubrique C),  sommaire-contes-legendes-des-orcades.html
IRLANDE (rubrique D),  sommaire-contes-legendes-irlandais.html
PAYS DE GALLES (rubrique E),  sommaire-contes-legendes-gallois.html
CORNOUAILLES (rubrique F),  sommaire-contes-legendes-de-cornouaille.html
Iles ANGLO-NORMANDES (rubrique F)  sommaire-contes-legendes-anglo-normands.html
Iles de Man (rubrique G),  sommaire-contes-legendes-de-l-ile-de-man.html
GALICE (rubrique H1)   sommaire-contes-legendes-de-galice.html
Asturies (rubrique H2)  sommaire-contes-legendes-des-asturies.html

Et puisque les Celtes ont  laissé des traces un peu partout en Europe, vous trouverez d'autres contes & légendes issus:

WALLONIE (rubrique J1),   sommaire-contes-legendes-de-wallonie.html

PAYS BASQUE (rubrique J4), sommaire-contes-legendes-du-pays-basque.html

Contes divers (rubrique J2),

Contes d'Enfants (rubrique J5)


Peut-être pas purement d'origine celtique, j'ai tenu à y joindre des contes écrits par des enfants issus de Bretagne (rubrique J5), des Contes Normands, aux bons souvenirs de mon père ( rubrique J3sommaire-contes-legendes-de-normandie.htm  de même que des Contes du Pays Basques, par solidaité régionaliste (rubrique J4).

A ces contes, bon nombre d'entre nous ont souvent entendu leurs aieux citer des dictons bretons aux côtés de Pensées Celtes (rubrique O1)


Sans doute quelque peu superstitieux et avide d'une certaine rationalité, toute aussi merveilleuse qu'elle puisse être, les bretons ont depuis toujours tenté d'expliquer le "pourquoi des choses" et le "pouquoi du comment". Entre féeries et malédictions, les légendes ont pris une place importante dans le quotidien du peuple breton, à un tel point que celles-ci ont depuis bien longtemps franchies les frontières du pays.

Pour rêver, comme pour penser, il faut manger sainement, donc vous n'échapperez pas à ma rubrique Gastronomie (rubrique N ).Je ne manquerai pas d'approvisionner ce site aussi souvent que possible. Je requiert votre indulgence concernant la quantité et la qualité des informations que j'éditerai. Il est fort probable que je fasse des omissions involontaires, ou que des erreurs soient comises quant aux contenus. Je compte pour cela sur vous et vos commentaires, afin que toute erreur soit corrigée.

Quant aux sources ( rubrique Z ), je n'hésiterai pas à vous les donner.

Vous n'échapperez pas non plus à mes Coups de Gueule (rubrique Q)

 

Enfin, je vous donne rendez-vous en rubrique Z1 qui essaiera de tenir à jour les différentes dates de concerts et festivals celtes.

hermines début de texte

"Bhí sin ann agus is fada ó bhí..."
"Il était une fois, et c'était il y a bien longtemps..."

hermines fin de texte (formule traditionnelle irlandaise)

ESPRIT CELTE



TERRES CELTES

 

celtbar

 

BREIZH
(Bretagne)

 Breizh1


Devise 

"Kentoc'h mervel eget bezañ saotret" en breton.
(En français, « plutôt la mort que la souillure » )

L'hymne national

watch?v=BEkwReJlNbc

 " Bro gozh ma zadoù" (Vieux pays de mes pères).
(Il est chanté sur la musique de l'hymne national gallois.)

LANGUE

 Breton / Gallo

celtbar

 

CORNWALLS
(Cornouailles)

 Angleterre



Devise

«Onan Hag Oll» (en français : « Un et Tous ».

LANGUE
La langue Cornique, langue régionale du Royaume-Uni. Elle a de nombreux mots en commun avec le Breton auquel elle était presque identique au Moyen Âge.

celtbar

 

SCOTLAND
(Ecosse)

 écosse

Devise nationale 

"Nemo me impune lacessit" (latin)
(en français: nul ne m'agressera impunément)


Hymne national

watch?v=TwlYLRbhJzc

"The Flower of Scotland"
Symbol : le chardon.




celtbar

 

EIRE
(Irlande)
irlandeirlande 1





Devise nationale 

"Éire go deo" (l'Irlande toujours)

 

Hymne national 

a0Zop1X-eXo

"Amhrán na bhFiann"

(Hymne du Soldat)

celtbar

 

ILE DE MAN

 

Ile de ManAngleterre









Hymne national

"Arrane Ashoonagh dy Vannin"

celtbar

 

ORCADIAS
(îles des Orcades)

 écosse





celtbar

 

Iles ANGLO-NORMANDES

 Angleterre





celtbar

 

CYMRU
(Pays de Galles)

 pays de galles





Devise nationale 

 "Cymru am byth"
(« Vive à jamais le Pays de Galles »)


Devise royale 

Y ddraig goch ddyry cychwyn
(« Le dragon rouge donne de l'élan »)



Hymne national 

watch?v=JP4qbQ2UXuY

Hen Wlad Fy Nhadau (« Vieux Pays de nos Pères »),
pratiquement la même chanson que l' Hymne Breton.

LANGUE

 Le Gallois

celtbar

ASTURIAS
(Les Asturies)
95px-Escudo_de_Asturias.svgEspania













Devise

" Hoc signo tuetur pius hoc signo vincitur inimicus"

celtbar

 

GALICIA
(Galice)
95px-Escudo_de_Galicia.svgEspania
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
celtbar
 
 

<a href="http://www.annuaireblogs.org" title="Annuaire blogs - Top Blogs">Blog</a>

 

08/03/2012

LA JUMENT MAUDITE


Flèche début de texte.gifC'était un village dans la sierra de Outes. Les habitants y vécurent pendant de longues années jusqu'au moment où arriva une vieille femme qui était bruxa. Depuis lors, ils n'eurent de cesse de se battre entre eux et de se causer du tort. Il faut dire que la bruxa y mettait du sien, car elle ne cessait de colporter des histoires des uns chez les autres et de se répandre en calomnies  sur tout le monde. Bref la vie devenait impossible dans ce village autrefois si paisible.

 

halloween-sorciere-4.gif

Les plus sages d'entre eux se réunirent et dirent qu'il n'y avait qu'une solution: faire partir la bruxa le plus vite possible afin qu'on n'entendit plus jamais parler d'elle. Ils allèrent trouver le curé, et tous ensemble, ils vinrent à la maison de la sorcière. Celle-ci les regarda venir avec son oeil méchant, prête à leur jeter des sorts et à leur envoyer les pires maux de la terre.

la jument maudite,bruxa,sierra de outes,galice,contes et légendes celtes


"Cela suffit comme cela ! s'écria le curé. Il est temps de déguerpir. Si tu es encore là demain matin, je te promets que je viendrai ici avec deux autres prêtres et que je prononcerai l'exorcisme sur ta maison. Et tu seras foudroyée par ton maître, le grand Satan, pour qui tu as renié notre Seigneur."


La vieille bruxa prit très au sérieux la menace du curé. En hâte, elle rassembla ses frusques, fit son baluchon, prit son bâton, qui était fourchu au bout, et s'en alla. Mais avant de quitter le village, elle se trouna et dit:

" Ce n'est pas parce que je ne serai plus là que vous serez à l'abri. Je jure, par le diable, que vous vous en repentirez."

Et elle s'en alla après avoir prononcé des paroles incompréhensibles.la jument maudite,bruxa,sierra de outes,galice,contes et légendes celtes

Flèche début de texte.gif

A quelque temps de là, un jeune homme du village s'en revenait le soir, après avoir passé de longues heures dans une auberge, en compagnie des filles. Il était passablement éméché lorsqu'il passa sur un sentier de montagne qui dominait un grand précipice. Il faisait très sombre et le jeune homme, un peu dégrisé, savait très bien que le moindre faux pas le ferait tomber dans l'abîme où il s'écraserait sur des roches aiguës. Il avançait lentement et son pied tâtonnait à droite et à gauche. Il se rappela qu'il avait emmené un cigare et il s'arrêta pour l'allumer: la lueur qui s'en dégageait le réconforta et il se remit à marcher d'un pas plus assuré.


Flèche début de texte.gif

Il venait à peine de quitter l'endroit le plus dangereux qu'il se retrouva sur un plateau où il distingua les contours d'une maison entourée d'arbres très sombres. Il ne se souvenait pas d'avoir vu une maison en cet endroit et se demandait s(il ne s'était pas égaré. Mais non, c'était bien le chemin, il le reconnaissait parfaitement. Seule, la maison lui était étrangère.

la jument maudite,bruxa,sierra de outes,galice,contes et légendes celtes

Il vit alors sortir de la maison un grand homme vêtu d'un manteau noir et qui tenait un gros chien en laisse. L'homme vint vers lui et  le chien se mit à gronder sinistrement. Le jeune homme n'était rien moins que rassuré et, du coup, toute son ivresse se dissipa.

" Ecoute ! Ecoute ! dit le grand homme noir en s'approchant de plus en plus près."

Le jeune homme eut tellement peur qu'i se signa et s'écria:

" Sainte Anne ! Sainte Anne, protège-moi !"

Flèche début de texte.gif

Instantanément, l'homme noir et son chien disparurent dans la nuit, et il ne vit même plus les contours de la maison qui l'avait tant intrigué. Néanmoins, il claquait des dents et se sentait mal, comme s'il avait reçu des coups par tout le corps. Il avançait péniblement, quand, au milieu d'un pré, il aperçut un cheval qui hennissait.

 

la jument maudite,bruxa,sierra de outes,galice,contes et légendes celtes

" Je me demande bien qui a pu laisser son cheval ainsi tout seul dans la nuit ?"

Flèche début de texte.gif

Il s'approcha et vit que c'était une jument, très robuste, mais très fine, avec un beau pelage gris et une crinière abondante. Assurément, c'était une fort belle bête. Le jeune homme se dit qu'après tout il ne risquait rien à emmener la jument, et surtout à la monter, pour rentrer chez lui. Le lendemain, il se promettait de faire savoir qu'il avait trouvé l'animal égaré et qu'il était disposé à le rendre immédiatement à celui qui la réclamerait.

Il monta donc sur le dos de la jument. Elle né'tait ni sellée, ni harnachée, mais le jeune homme s'en moquait bien, car il savait monter à cru. Il arriva ainsi sans encombre au village et mit la jument dans son écurie, lui donnant une bonne ration de foin qu'il avait en réserve. Puis il alla tranquillement dormir en oubliant les peurs qu'il avait ressenties pendant son voyage de retour.

Flèche début de texte.gif

Le lendemain matin, il fit comme il l'avait dit. Il rechercha quel pouvait être le propriétaire de l'animal. Mais personne ne paraissait avoir perdu de jument. En fait, personne ne pouvait dire à qui appartenait l'animal. Le jeune homme finit par penser que c'était une jument qui venait de bien loin et que, puisqu'il l'avait trouvée et recueillie, elle pouvait bien être à lui. Alors, il la sortit de son écurie et se prépara  à l'emmener au pré pour qu'elle pût paître de la bonne herbe fraîche et grasse.

 

la jument maudite,bruxa,sierra de outes,galice,contes et légendes celtes

Flèche début de texte.gif

Il avait à peine sorti l'animal de l'écurie que celui-ci poussa de terribles hennissements et se mit à ruer de tous côtés. Il renversa le jeune homme et s'attaqua à toutes les portes qu'il rencontrait, les brisant et s'attaquant même aux fenêtres. Tous les habitants du village fuyaient, épouvantés, devant cette fureur meurtrière. Heureusement, quelques hommes courageux et forts finirent par se saisir de la jument, et l'ayant attachée solidement avec des cordes, ils l'enfermèrent dans une cave. Mais toute la nuit on l'entendit hennir de colère et s'agiter dans la cave.


Au matin, cependant, le silence était revenu. Les hommes se rassemblèrent  près de la cave, mais auparavant, ils étaient allés chercher le curé et celui-ci était venu avec son étole et de l'eau bénite. 

Flèche début de texte.gif

Avec précaution, on fit sortir la jument de sa prison. Elle passa tranquillement la porte comme si de rien n'était et apparut aux yeux de tous. C'était vraiment une belle bête. Mais on remarqua qu'elle était toute peignée et que son abondante crinière avait été tressée à la manière d'une chevelure de femme.

Les hommes n'en revenaient pas, tant le spectacle était insolite. Quelqu'un s'écria alors que c'était le diable.

" Certainement pas ! répliqua un autre. Le diable, c'est le désordre ! Jamais il n'aurait pu tresser ainsi sa crinière. Je crois bien que c'est la sorcière elle-même qui a voulu nous jouer un tour pour se venger d'avoir été chassée du village !

- Tu as peut-être raison, dit le curé."

Flèche début de texte.gif

Sans plus attendre, il passa son étole au cou de l'animal et versa sur lui ce qu'il avait emporté d'eau bénite.

La jument poussa un hurlement de terreur et, d'un seul bond, bouscula ceux qui l'entouraient et s'enfuit dans la grande rue du village. Elle disparut comme un tourbillon de vent, et personne ne la revit plus dans le village, ni dans les environs immédiats.

Flèche début de texte.gif

Mais, par mesure de précaution, le curé alla jusqu'à la maison de la sorcière et prononça l'exorcisme. Depuis lors, aucune bruxa n'est venue troubler le village et ses habitants vécurent en paix.

la jument maudite,bruxa,sierra de outes,galice,contes et légendes celtes

NB: notez cette caractéristique des légendes celtiques: la croyance que les sorcières ont la capacité à se transformer selon les circonstances. Ce thème fréquent dans la tradition populaire, se rattache à celui des métamorphoses de l'être, caractéristique de la mythologie celtique, autrement dit, de la prise de conscience d'une appartenance au cosmos au travers de toutes les créatures. Les bruxas, sont les héritières des anciens druides que l'on créditait de ce même pouvoir de métamorphose.

 

 


04/03/2012

LE CORPS OUVERT

 

37415288imgp0370-jpg.jpg

hermines début de texte.gifC'était autrefois, mais il n'y a pas tellement longtemps, dans un village près de la Ria de Santa Maria. Il y avait une jeune fille qui disait toujours à sa marraine:

" Non loin d'ici, marraine, il y a quelqu'un qui est "aux obscures".

 

dollz090_ancien.gif

hermines début de texte.gif

Au début la marraine croyait que sa filleule inventait des histoires. Mais comme la jeune fille persistait à dire cela tous les jours, elle alla avertir le curé. Celui-ci chercha bien dans tout le village qui pouvait bien "être aux obscures", mais il n'arrivait pas à trouver la personne dont parlait la jeune fille.

Un jour, cependant, comme il visitait l'une de ses paroissiennes, il vit celle-ci se troubler lorsqu'il lui demanda de réciter ses prières devant lui.

" Qu'as-tu donc, ma fille ? lui demanda-t-il.

- Il y a des gens qui meurent ici, répondit-elle, et ils sont tous "aux obscures". Il faut leur donner de la lumière. Quand les gens meurent et qu'ils n'ont pas de lumière, ils s'en vont "aux obscures".

 

Moines-12.gif


hermines début de texte.gif

Et, après avoir prononcé ces paroles, la femme tomba sur le sol, évanouie. Le curé fut effrayé de la voir ainsi. Il appela son vicaire et tous deux chantèrent des psaumes sur la femme inanimée. Alors, pendant qu'ils chantaient, des âmes quittèrent le corps de la femme et s'en allèrent. C'est comme cela que les deux prêtres s'aperçurent que la femme était un "corps ouvert". Car un "corps ouvert" c'est quelqu'un en qui les âmes errantes peuvent se mettre sans que personne ne puisse s'en apercevoir. Tout le monde n'est pas un "coprs ouvert", bien sûr, mais il y en a qui le sont parce qu'ils sont fragiles. C'est comme s'ils avaient reçu une blessure dont la plaie se referme difficilment. Les âmes s'y précipitent, et il y en a parfois beaucoup. Mais quand la plaie est refermée, les âmes ne peuvent plus sortir à moins que l'on ne chante des prières sur la pesonne. Les deux prêtres cessèrent de chanter et dirent à la femme:

" Qu'est-ce que tu as ? Es-tu malade ?

- Je ne suis pas malade, répondit la femme, mais j'ai le "corps ouvert".

Moines-15.gif

hermines début de texte.gif

Plus on la questionnait, plus elle parlait et plus les âmes sortaient. A la fin, elle ne dit plus rien, et les prêtres comprirent que tutes les âmes qui avaient été enfermées en elle étaient parties. La femme dormit pendant plusieurs jours, comme si elle était épuisée. Quand elle se réveilla, elle quitta la maison et s'en alla dans la montagne, et personne ne savait où elle trouvait un refuge.

Un jour, quelqu'un la rencontra. Elle cueillait des fruits sauvages et les mangeait. Elle était maigre et pâle, et elle paraissait effarouchée.

" As-tu été malade ? lui demanda-t-on.

- Oui, répondit-elle. J'allais très mal. Mais on ne m'a pas guérie, car j'ai le "corps ouvert". Alors, toutes  les âmes qui sont "aux obscures" viennent se mettre en moi, et elles me font parler et chanter, ce qui est très pénible."

- Mais pouquoi ces âmes viennent-elles se mettre en toi?

- Parce qu'elles sont "aux obscures". Elles sont privées de lumière et elles se manifestent en moi pour qu'on ne les oublie pas. Elles ont besoin de lumière et elles ne peuvent en obtenir que si on prie pour elles ou si elles peuvent faire du bien à ceux qui sont vivants. C'est pourquoi elles me disent de chanter et de dire ce qu'il faut pour guérir ceux qui souffrent. Mais personne ne peut m'écouter, et je ne peux guérir tant que ces âmes sont en moi, en  proie "aux obscures".

 

7ojnmgrm.gif


hermines début de texte.gif

On ramena la femme au village. Elle s'installa de  nouveau dans sa maison et les gens vinrent la trouver pour qu'elle pût leur dire comment se guérir. Elle a soigné ainsi beaucoup de personnes qui étaient malades. Et à chaque fois que quelqu'u était guéri, une âme s'en allait d'elle. Bien sûr, il y a des gens pour prétendre que c'est une bruxa. Mais je sais bien, moi, que ce n'est pas une sorcière: c'est un "corps ouvert" en qui les âmes qui sont "aux obscuresé se mettent pour obtenir la lumière.

Ortigueria - récit recueilli par J.Vasconcellos, Revista de Guimaraes, 1884

Jean Markale, Contes & Légendes des Pays Celtes



05/03/2008

La Femme Orgueilleuse de sa Beauté

95px-Escudo_de_Asturias.svg120px-Flag_of_Asturias.svg
II y avait une fois, dans un village près de Betanzos, une veuve qui était encore jeune et qui était très belle. Elle le savait d'ailleurs et en était très fière. C'est pourquoi elle menait la vie dure à ses soupirants, car nombreux étaient les jeunes gens qui auraient voulu l'épouser, tant à cause de sa fortune que de sa beauté. Mais elle jouait les coquettes et se pavanait volontiers dans des tenues qui n'étaient pas toujours très correctes afin de mettre en valeur les lignes harmonieuses de son corps.

Plusieurs fois, quand le curé prononçait son sermon, à la messe du dimanche dans l'église de son village, il avait mis en garde ses paroissiens contre la coquetterie et l'ostentation qui étaient le lot de certaines femmes. La veuve en question ne se sentait pas concernée, et, quand elle allait à la messe, c'était autant pour se montrer que pour y prier sincèrement.

Un jour, cependant, alors qu'elle s'était fait remarquer par une tenue plus que voyante, le curé la prit à part, après la messe, et il lui dit d'un ton sévère :

- Ma fille, à force de se faire admirer, on lasse les admirateurs et l'on n'a plus que les diables de l'enfer pour vous trouver belle.- Eh bien ! répliqua la veuve, si tous les diables de l'enfer me trouvent belle, c'est qu'ils ne sont pas si méchants qu'on le dit.
- Prends garde, ma fille, reprit le curé. Les diables sont plus rusés que tu ne le penses et il pourrait t'arriver bien des désagréments en leur compagnie.

Mais la veuve n'avait que faire des remontrances ou des avertissements du curé. Elle s'en retourna chez elle bien décidée à revenir le prochain dimanche avec des vêtements qui mettraient encore davantage en valeur sa beauté.

Or, cette semaine-là, elle alla visiter sa sœur qui habitait un hameau à quelque distance de son village. Elle s'y attarda plus que de coutume et dut s'en revenir alors que la nuit était déjà tombée depuis longtemps. Elle ne se trouva guère rassurée de se trouver ainsi dans l'obscurité sur des chemins qu'on disait hantés par le diable. Elle marcha le plus vite qu'elle put, désireuse d'être au plus tôt dans sa maison où l'attendait un bon feu dans sa cheminée, car, comme c'était l'hiver et qu'il faisait très froid, elle avait pris soin, avant de partir, de placer de grosses bûches dans l'âtre afin de maintenir une chaleur toujours égale dans sa maison.

À la sortie d'un bois, elle dut traverser une prairie qui bordait une rivière. Tout à coup elle entendit bêler dans la nuit.

- Que se passe-t-il, se dit-elle. Faut-il que quelqu'un ait été aussi inconscient pour ne pas rentrer son troupeau alors qu'il fait si froid !

Elle continua son chemin, mais les bêlements reprirent de plus belle. Intriguée, elle s'en alla sur le côté, là d'où semblaient provenir les bêlements. Et elle fut bien surprise de découvrir, blotti contre un rocher, un agneau qui était transi et qui bêlait de désespoir.

- Pauvre animal ! dit-elle. Je ne sais pas à qui tu appartiens, mais ce serait péché de te laisser là mourir de froid pendant la nuit !

Elle prit l'agneau dans ses bras et se hâta de regagner sa maison. Là, elle déposa l'animal près du foyer et entreprit de ranimer les braises. Bientôt une flamme bien claire illumina la salle et la réchauffa, car elle avait pris froid pendant son voyage de retour.

Mais la chaleur réveillait les poux qu'elle avait sur elle. Car, à l'époque, les gens étaient couverts de poux. On n'y pouvait rien, sinon que de les enlever un à un. La veuve sentit de violentes démangeaisons sur son corps, et cela la gênait terriblement.

À la fin, elle enleva sa jupe et se gratta les cuisses. Puis elle entreprit de chasser les poux un par un et, lorsqu'elle en avait entre les doigts, elle les jetait dans le foyer. Et, comme elle en sentait d'autres dans son dos et sur sa poitrine, elle se déshabilla entièrement devant le feu, se gratta et entreprit de se débarrasser de cette vermine.

Elle avait à peine terminé son ouvrage qu'elle entendit un rire strident traverser la salle. Elle se retourna, regarda de tous côtés, mais ne vit personne. Il n'y avait là que l'agneau qui semblait dormir paisiblement, allongé sur l'une des pierres de l'âtre.

Elle crut qu'elle avait rêvé, que c'était le bruit du vent dans les tuiles du toit qui avait provoqué cette sorte de ricanement. Et elle reprit sa besogne, ouvrant largement les bras et les cuisses pour en extirper les insectes indésirables qui pouvaient s'y cacher. C'est alors qu'elle entendit distinctement :

- J'ai vu tes jolis tétons ! j'ai vu tes jolies fesses ! j'ai vu ton joli chat !
Elle sursauta, prise de frayeur.
- Jésus ! Marie ! Joseph ! s'écria-t-elle d'une voix tremblotante.

Et elle se signa. Alors, elle vit l'agneau bondir sur ses pattes et se précipiter vers la porte. Celle-ci s'ouvrit immédiatement et l'agneau disparut au-dehors dans un tourbillon de vent tandis que résonnait le rire strident qu'elle avait déjà entendu.

La jeune veuve fut très affectée par cet événement. Le lendemain, elle raconta à ses voisins ce qui s'était passé. Certains, qui étaient des esprits forts, dirent que c'était le curé qui avait fait des tours de magie pour pouvoir la regarder toute nue. Mais la plupart hochèrent la tête gravement et dirent que c'était le diable qui était venu sous la forme d'un agneau, et que c'était bien fait pour elle.

Quoi qu'il en soit, la jeune veuve cessa d'être aussi coquette et aussi fière de sa beauté. Elle revêtit des habits plus modestes et elle épousa un brave garçon avec qui elle fut très heureuse.

Betanzos

EspaniaCe récit humoristique a été recueilli vers la fin du XIXe siècle par J. Vasconcellos (Revista de Guimarâes, 1889, vol. XVI). Il s'agit ici d'un conte moralisateur très imprégné de christianisme austère, mais qui témoigne d'antiques croyances concernant les métamorphoses du diable.
Dans toute la Galice, la tradition rapporte que le diable, souvent appelé Démo, se présente souvent sous des aspects animaux pour jouer des farces aux humains et pour se moquer de leurs petits travers. Il faut noter aussi une légère touche d'anticléricalisme issue d'une croyance persistante dans les sociétés rurales, à savoir qu'un prêtre, capable d'exorciser, est aussi crédité du pouvoir de «faire des tours de physique », c'est-à-dire des opérations magiques.