22/08/2012

Histoire des armoiries de la ville de Nantes

hermines début de texte.gifnantes,bretagne,histoire,armoiries,héraldique,armoirie de la ville de nantes,herminesL'histoire des armoiries de la ville de Nantes commence au XIVème siècle avec le sceau de l'ancien,ne prévôté, sceau qui représente le duc de Bretagne dans une frêle embarcation, brandissant une épée, pour protéger la capitale de son duché.


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nantes,bretagne,histoire,armoiries,héraldique,armoirie de la ville de nantes,herminesAu XVème siècle, lors des funérailles de la Reine en 1514, la barque évolue en une nef d'or. Le blason de la ville devenant "De Gueules au navire d'or habillé d'hermines, voguant sur une mer de sinople, au chef d'hermines, l'écu timbré d'une couronne comtale et entouré d'une cordelière", blason souvent accompagné de la devise:

"Oculi omnium in te sperant Domine"                                                                            (les yeux de tous se trouvent vers toi et espèrent le Seigneur).

Particularités:

- la mer de sinople, ie, verte et non pas d'azur comme c'est très fréquent en héraldique, est la couleur symbolisant la rivière qui se jette dans l'océan.

- la cordelière, insigne de l'ordre fondé par Anne de Bretagne en l'honneur de Saint-François d'Assise, patron de son père François II, devînt ornement de la reine, elle l'introduisit sa mode à la cour de France.

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nantes,bretagne,histoire,armoiries,héraldique,armoirie de la ville de nantes,herminesAu XVIIIème siècle, la ville se transforme, et ses armoiries suivent son évolution. En 1754, une couronne murale et crénelée remplace la couronne comtale, représentant les fortifications en cours de démolition.

Pendant la Révolution, le navire cède sa place à une statue de la liberté.

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Toujours "De gueules au navire d'or habillé d'hermines", est rajouté un attribut napoléonien: la couronne sommée d'un aigle.



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nantes,bretagne,histoire,armoiries,héraldique,armoirie de la ville de nantes,hermines3 février 1816, par lettres patentes de Louis XVIII, les anciennes armoiries sont rétablies ("De gueules au navire d'or habillé d'hermines").

A l'initiative d'un préfet, la devise change et devient:

"Favet Neptunus Eunti" (Que Neptune favorise le voyageur)



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nantes,bretagne,histoire,armoiries,héraldique,armoirie de la ville de nantes,hermines4 janvier 1945: la ville reçoit la croix de la Libération. Elle sera rajoutée et positionnée à la base du blason le 11 novembre 1948.


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1986: l'hermine a disparu

 

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2005: les hermines sont toujours absentes. 

 

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Question: qu'est-ce qu'un blason ?

Ne doit-il pas représenter sa ville ? Malgré son histoire ancienne, le logo de la ville de Nantes oublie totalement son passé, comme si Nantes était une de ces villes nouvelles sorties de terre en région parisienne, une ville sans Histoire, avec dans l'idée:

- Montrer que Nantes est une ville moderne, regardant vers le futur

- Oublier sa région historique, la Bretagne, et tout miser surt la création d'une nouvelle identité "ligérienne" accompagnant cette région factice et incohérante qui apparu en 1955: les Pays-de-Loire.

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19/08/2012

1488, 19 août - Traité de Sablé (Traité du Verger)

280px-Chateau_du_Verger.JPGChâteau du Verger


Le Traité de Sablé fut signé le 19 août 1488 à Sablé-sur-Sarthe, près d'Angers (49). 

Il est aussi nommé "Traité du Verger", car il fut préparé au château du Verger, propriété de la famille de Rohan, à Seiche-sur-le-Loir (49)

Ce traité fait suite à la défaite de François II, Duc de Bretagne, face  aux troupes de Charles VIII, roi de France, le 28 jullet 1488.

Contexte


200px-Louis_XI_of_France.jpgA la mort de Louis XI, Anne de Beaujeu tient la régence.200px-Anne_Beaujeu.jpg Louis d'Orléans, futur Louis XII n'est alors âgé que de 13 ans et demi.

Les grands féodaux, y voyant une faiblesse de la royauté, veulent profiter de cette période pour récupérer ses prérogatives, et déclenchent la guerre folle à partir de 1485.


 

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Deux campagnes aboutissent en 1487 et 1488 à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, près de Rennes (35).

Le 28 juillet 1488, 6.000 soldats du parti princier trouvent la mort, contre 1.500 morts pour leurs ennemis menés par La Trémoille.

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Louis d'Orléans, futur Louis XII, avait pris parti pour les révoltés - il est fait prisonnier.

 


Les principales clauses du traité de paix 

- Le Duc de Bretagne fera sortir de ses états tous les étrangers en guerre avec le roi,

- Il ne mariera pas ses filles sans l’agrément du roi,

- Le Roi demeure en possession de Saint-Malo, Fougères, Dinan et Saint-Aubin-du-Cormier, mais il retire toutes ses troupes de Bretagne en dehors de ces quatre places. Le traité précise que ces 4 places fortes seraient réunies définitivement au domaine royal, si "le duc mariaIt les dites dames sans son consentement", ce qui normalement, les libérait dès la mort du duc.

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Fougères  80px-Blason_Fougères_fr.svg.png

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Saint-Malo

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St-Aubin-du-Cormier




- Le roi n’exige rien pour ses frais de guerre sauf la prise en charge de ceux des garnisons de ces places,

- Le roi devra rendre toutes les autres places bretonnes qui auront été prises par ses troupes par la suite

- Le Duc fera hommage au Roi aussi rapidement que possible

- Les ecclésiastiques, les nobles et autres seront remis en possession de leurs biens en France et en Bretagne,

- Le Duc de Bretagne donnera des otages pour la sûreté de ce traité.

 

tombeau de Francois II.jpgFrançois II meurt des suites d'une chute de cheval, le 9 septembre, trois semaines plus tard.  

200px-Anne_de_Bretagne-Jean_Bourdichon.jpgSa fille, Anne lui succède; Elle est sacrée Duchesse le 10 février 1489, et est promise en mariage à Maximilien 1er du Saint Empire.


Tombeau de François II à Nantes

                                                                                                 Anne de Bretagne


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À peine quinze jours après cette mort Charles VIII somme sa fille Anne d'accepter la tutelle royale et de renoncer au titre de duc jusqu'à ce qu'il ait éclairci les droits des Penthièvre (achetés par Louis XI). Le  conseil du duc répond que la Bretagne s'en tient au  Traité du Verger.                                                        


Charles VIII

                                                                                                                                            

                                                                                                                          Maximilien 1er d'Autriche

mAXIMILIEN 1ER.jpgLa cérémonie a lieu par procuration en décembre 1490. Face à cette violation du traité, l'armée royale intervient et une demande en annulation du mariage est demandé au Pape, lequel acceptera. 


Anne de Bretagne refuse alors tout mariage avec un prince français, elle impose son union au Roi de France Charle VIII. L'union sera proclamée le 6 décembre 1491.

13/08/2012

1532, 13 aoùt - Edit d'Union de Nantes

La lettre de Vannes est confirmée par un édit promulgué et signé à Nantes, le 13 août 1532. Il sera enregistré au Parlement de Bretagne le 21 septembre de la même année.

L'Edit d'union de Nantes, ou TRaité du Plessis-Macé, rappelle, entre autres,  la demande orale des Etats de permettre au Dauphin d'être couronné Duc à Rennes, en révoquant les textes antérieurs qui s'y opposent (i.e le contrat de mariage D'anne de Bretagne & Louis)

« François, par la grâce de Dieu Roi de France, usufruitier des pays et Duché de Bretagne, père et légitime administrateur des biens de notre très cher et très aimé fils le Dauphin, Duc et Seigneur propriétaire des dits pays et Duché, savoir faisons à tous présents et à venir que, tenant les États de ce pays et Duché de Bretagne assemblés en notre ville de Vannes, en gros nombre, par la bouche de l'un des prélats étant en cette assemblée (pour et au nom d'eux, et en leur présence) il nous a été très humblement supplié et requis de vouloir permettre à notre très cher et très aimé fils aîné le Dauphin, ici présent, d'être reçu par eux à faire son entrée à Rennes, ville capitale de ce Duché, comme leur Duc et Seigneur propriétaire, requérant que toutes autres choses contraires qui pourraient auparavant avoir été faites au préjudice de ce qui est déclaré ci-dessus, fussent révoquées, cassées et annulées, comme faites sans ce que lesdits gens des États les eussent entendues et consenties ; et que nous eussions à nous réserver l'usufruit et l'administration totale de ce pays et Duché. En outre, ils nous supplièrent que notre plaisir fût d'unir perpétuellement ce pays et Duché de Bretagne à notre Royaume et Couronne de France, afin que jamais ne s'élèvent de guerres, dissensions ou inimitiés entre lesdits pays, et qu'en ce faisant nous eussions à garder et entretenir les droits, libertés et privilèges dudit pays et Duché, ainsi que nos prédécesseurs avaient fait jadis, tant par chartres anciennes qu'autrement ; de les y maintenir et garder, et que notre dit très cher fils le Dauphin jurât de le faire également. Et ils nous requirent encore de défendre à tous ceux qui ont pris le nom et les armes de Bretagne à cause de leurs mères, de ne plus les porter et d'ordonner qu'ils aient à mettre une particularité auxdites armes, et que ceux qui sont issus de ladite maison bâtards, hors de loyal mariage, n'aient à porter lesdites armes de Bretagne sans une barre. Après cette réquisition, la requête, signée du procureur et greffier desdits États, nous fut présentée et lue publiquement (les gens des États étant présents) par notre aimé et fidèle conseiller Maître des Requêtes ordinaire Maître Mathieu de Longue-Joue, seigneur d'Yvemy, et dont la teneur s'ensuit :

Au Roi notre Souverain Seigneur usufruitier de ce pays et Duché de Bretagne, père et légitime administrateur de Monseigneur le Dauphin, Duc et Seigneur propriétaire dudit Duché, les gens des trois États dudit pays de Bretagne supplient et requièrent très humblement qu'il vous plaise leur accorder et permettre que Monseigneur le Dauphin, qui est leur Duc et Prince naturel, étant à présent en cedit pays, soit reçu et fasse son entrée à Rennes, qui est le chef de son Duché, comme Duc et Prince propriétaire de ce pays ; requérant, de plus, que toutes les autres choses faites auparavant, contraires à ce qui est énoncé ci-dessus, soient révoquées, cassées et annulées, comme faites sans que lesdits États les aient consenties et entendues, en réservant, toutefois, à vous, sire, l'usufruit et l'administration totale de ce pays. outre, Sire, lesdits gens des trois États vous supplient très humblement qu'il vous plaise unir et joindre perpétuellement lesdits pays et Duché de Bretagne avec le Royaume de France, afin que jamais ne s'élèvent guerre, dissension ou inimitié entre lesdits pays, gardant toutefois et entretenant les droits, libertés et privilèges dudit pays, ainsi qu'il a plu, Sire, à vos Prédécesseurs Rois et Ducs de ce pays, tant par les chartes anciennes qu'autrement, de les y maintenir et garder ; et que mondit seigneur le Dauphin jure de le faire également. De quoi, sire, il vous plaira de leur faire dépêcher vos lettres, patentes. Aussi, sire, ils vous supplient très humblement de défendre à tous ceux qui ont pris le nom de Bretagne à cause de leurs mères, de ne plus les porter, et de mettre une particularité aux armes. De plus, sire, ils vous supplient très humblement d'ordonner que ceux qui sont venus de bâtardise porteront dorénavant une barre en leurs armes, leur enjoignant et défendant, sur grosses peines, de n'en user autrement. La Requête ci-dessus a été lue par moi greffier desdits États, soussigné, à haute et intelligible voix, en l'assemblée et congrégation desdits États, et après avoir été entendue, ouïe et consentie sans aucune contradiction, il a été dit qu'elle sera présentée au Roi pour y ordonner selon son bon plaisir.

Fait en la congrégation et assemblée desdits États en la grande salle du manoir épiscopal de Vannes le quatrième jour d'Août l'an mil cinq cent trente-deux.

signé : R. de la Chasse, procureur, et J. de Saint-Malon, greffier desdits États.

Après laquelle lecture, nous, considérant que le contenu de ladite requête est juste, raisonnable, utile, commode et profitable audit pays, et considérant le soulagement, repos et tranquillité de celui-ci, et que plus grand bien ne lui pourrait advenir, attendu que ledit pays demeurerait en grande et grosse sûreté, ayant le Royaume de France d'un côté, et la mer de l'autre avec des ports dont les entrées sont dangereuses et difficiles, et qu'ainsi il éviterait les inconvénients et les ruines qui se sont produits jadis ; et considérant aussi que le contenu de leur requête était fondé en droit et en raison ; pour ces causes et autres bonnes considérations qui nous y incitent, de notre certaine science, pleine puissance et autorité, nous avons accepté et eu pour agréable le contenu de la requête, et nous avons déclaré et déclarons que notre dit fils aîné est vrai Duc propriétaire dudit pays et Duché de Bretagne, selon la Coutume par laquelle les aînés succèdent audit Duché, et ce, malgré toutes choses contraires qui pourraient auparavant avoir été faites, connue faites contre la Coutume dudit pays, et sans la connaisance et le consentement des gens de sesdits trois États.

Ces choses ainsi faites, nous les avons déclarées et déclarons nulles, et comme telles cassées et révoquées, cassons et révoquons ; et nous voulons, consentons, et il nous plaît, que notredit très cher et très aimé fils aîné, Duc propriétaire de Bretagne, fasse son entrée à Rennes, ville capitale dudit pays, et qu'il y soit reçu et couronné en vrai Duc et Seigneur propriétaire de Bretagne, avec toutes les solennités et autres choses requises qu'il est accoutumé de faire, gardant les louables et anciennes Coutumes dudit pays, et nous réservant, toutefois, l'usufruit et l'administration dudit pays et Duché de Bretagne, à nous laissé par testament par feu de bonne mémoire notre très chère et très aimée compagne Claude de France, Duchesse de Bretagne, unissons et joignons les pays et Duché de Bretagne avec le Royaume et Couronne de France perpétuellement, de sorte qu'ils ne puissent être séparés, ni tomber en divorce, pour quelque chose que ce puisse être. De plus, nous voulons et il nous plaît que les droits et privilèges que ceux audit pays et Duché ont eus jadis, et ont à présent, leur soient gardés et observés sans y rien changer ni innover, dont nous avons ordonné et ordonnons que des Lettres patentes en forme de chartre soient expédiées et délivrées. Et, en outre, nous avons défendu et défendons à toutes personnes, de quelque état, qualité ou condition qu'elles soient, de porter le nom de Bretagne à cause de leurs mères, et aux bâtards de cette maison de porter les armes de Bretagne si ce n'est avec une barre, pour éviter confusion et inconvénient qui pourraient advenir par la suite, et ce, sur peine de confiscation de leurs fiefs. Aussi nous ordonnons par ces présentes à nos aimés et fidèles conseillers, les gens tenant nos cours de Parlement de Paris, de Bretagne, conseil et chancellerie dudit pays, et chambre des comptes de Paris et de Bretagne, et à tous nos sénéchaux, alloués, baillis, prévôts, justiciers et officiers dudit pays, ou leurs lieutenants, de faire lire, publier et enregistrer en leurs cours notre présent édit, afin que nul ne puisse prétendre l'ignorer, et qu'ils le fassent inviolablement observer, et qu'ils punissent sévèrement ceux qui, directement ou indirectement, y porteront atteinte ; car ainsi il nous plaît que ce soit fait, sauf en autres choses notre droit et l'autrui en toutes. Et afin que ce soit toujours chose ferme et stable nous avons fait mettre notre scel à ces présentes.

Donné à Nantes au mois d'Août l'an de grâce mil cinq cent trente-deux, et de notre règne le dix-huitième.

Par le Roi, usufruitier des pays et Duché de Bretagne, Breton. 

Publié en la cour de Parlement le 21 septembre 1532, et au conseil de Bretagne lors séant le 8 décembre audit an. »

 

En résumé:

- Il accorde l'usufruit et l'administration au Roi ;

- Il unie perpétuellement la Bretagne à la couronne de France, pour éviter les guerres entre les deux pays,

- Il rspecte « les droits, libertés et privilèges dudit pays et Duché », en ajoutant que les droits, libertés et privilèges devront être confirmés par une charte.

- Il interdit l'usage du nom et des armes de Bretagne aux autres prétendants.

- Il reprend le texte de la requête écrite qui est dans les mêmes termes que la réquisition orale, déclarant sa volonté dans les mêmes termes, en précisant que l'usufruit et l'administration du duché lui ont été donnés par le testament de Claude.


Le dauphin François, fut couronné à Rennes sous le nom de François III, dès le lendemain, 13 août 1532. Il ne régna pas, François Ier conservant l'usufruit et l'administration du duché. Il mourut 4 ans plus tard, son frère Henri fut alors considéré comme duc et nommé ainsi en Bretagne, mais ne se fit jamais couronner, pas plus que ses successeurs.

 

18/07/2012

saint Samson, évêque de Dol

 

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Saints, saint Samson, évêque de Dol, Bretagne, histoire, Dol-de-BretagneNaissance:  aux environs de Dyved, dans le Glamorgan, sud du Pays de Galles

Son père, Ammon, et Anna sa mère, étaient au service du chef de  la région. Longtemps stérile, sa mère pria et reçut la faveur divine, qui lui donna un fils, et décida de le consacrer à Dieu. Ille veilla à ses premiers pas, puis le conduisit, avec le consentement de son mari, au monastère voisin de Llantwit Major. L'abbé se nommait saint Iltut. 

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Très rapidement il se fit remarqué d'entre les nombreux élèves. De tous il conquit l'affection, tous sauf les deux neveux de saint Iltut. Ces deux moines tentèrent de l'empoisonner avec une tisane "diabolique" mais devinant le poison, le jeune Samson fit un sourire:

"Mon frère, la tisane que vous m'avez préparée est délicieuse. Puisse Dieu, en retour, vous guérir du mal qui vous fait souffrir."

Saints, saint Samson, évêque de Dol, Bretagne, histoirePeu de temps après, sa déclaration trouva ses effets: le coupable se convertit et l'imménitence de l'autre fut sévèrement châtiée par Dieu.

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Promut au diaconat, il fut deux ans plus tard ordonné prêtre par l'évêque Dubric.

Malgré son affection pour saint Iltut, Samson décida de gagner le monastère de l'île de Caldey. Il y devint économe, puis abbé.

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Conquit par l'enthousiasme de quelques irlandais de passage, il cèda à gagner leur patrie avec eux. Mais il n'y resta pas, préférant retourner au Pays de Galles, à Caldey. Il y pratiqua quelque temps la vie ermitique mais sa retraite fut découverte, se retrouvant promu à l'épiscopat, il est sacré évêque en Cornouaille par saint Dubrice.

 

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Avec ses disciples, il gagne la Bretagne Armoricaine, débarquant à l'embouchure de Guyout.

Saints, saint Samson, évêque de Dol, Bretagne, histoireUn Gallo-romain nommé Privatus, lui fit cadeau d'un terrain non loin de là. Dans une clairière, Samson décida d'y bâtir son monastère. C'est aux alentours de celui-ci que naîtra la petite ville de Dol.




Cathédrale de saint-Samson, Dol-de-Bretagne



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Dès son arrivée, Samson se pose en protecteur des faibles. Dans le pays, Conomor a usurpé le trône après avoir assassiné le roi Iona, mais la tyrannie le rend impopulaire. Samson embrasse alors la cause de Judwal, fils du roi légitime, gagne pour cela Paris, où le jeune prince héritier s'est réfugié auprès de Chilperic et de la reine Frédégonde.

Au cours d'un second voyage à Paris, vers la fin de sa vie, Samson assiste au 2ème Concile de Paris, au temps de Caribert (561-267). Il obtint gain de cause pour faire reconnaître Judwal, roi de Domnonée. Le roi Franc confirma également l'autorité de Samson sur les îles de la Manche, appelées depuis "iles anglo-normandes", lesquelles étaient bretonnes à cette époque.

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Le retour de Judwal et la protection des Francs lui rallièrent nombre de partisans. Conomor fut rapidement vaincu et tué. Mais Samson se faisait vieux, il ne tarda pas à mourir.

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Sarcophage de saint Samson, dposé dans le jardin du presbytère par l'abbé Chevier, curé de Dol, entre 1841 et 1866.

 

Afin de protéger les dépouilles de bon nombre saints lors des invasions Normandes, celui de Samson fut enlevé de l'église de Dol par Salvator, évêque de l'ancien siège d'Aleth, pour le ramener à Paris, sous le règne de Lothaire.

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Depuis, une partie fut rappatriée en Bretagne. L'église de Dol possédait un fémur, un tibia, quelques fragments d'autres ossements et quelques vertèbres de saint Samson. Ces reliques furent transféreés dans une châsse neuve le 24 décembre 1579, à côté du maître-autel de la cathédrale, dans un très grand reliquaire. Elles sont aujourd'hui détruites. Les restes du corps sont restés à Paris, partagé entre l'église de Saint-Barthélemy et la ville d'Orléans.

Saints, saint Samson, évêque de Dol, Bretagne, histoireSaints, saint Samson, évêque de Dol, Bretagne, histoire, Dol-de-BretagneAu XVIème siècle, du temps des ravages des Protestants, tout fut saccagé. Mais les reliques y échappèrent car elles étaient cachées, si bien cachées que personne ne sait où elles étaient réellement. Si bien qu'aujourd'hui, on ne sait s'il existe encore de vraies reliques de saint Samson de Dol.




                                                             Eglise Saint-Jacques-du-Haut-Pas, Paris

 

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Principaux disciples de Samson

saint Magloire, son diacre et successeur à Dol,

saint Budoc, successeur de saint Magloire,

saint Similien, abbé du monastère de Taurac,

saint Ethbin et saint Guénolé le jeune (ne pas confondre àvace saint Guénolé de Landevennec), tous deux moines au monastère de Taurac,

saint Méen, fondateur de Gaël.


Saint Samson est souvent représenté avec une colombe planant sur la tête, et quelquefois, chassant devant lui un dragon.

 

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FETE: 28 juillet

DICTON:

"A la Saint-Samson Le Temps est bon."

" Temps rouge au couchant annonce pour demain du vent"


SOURCES

saint-samson-vque-de-dol-en-bretagne.html

17/07/2012

1870 - L'Affaire du Camp de Conlie

conlie,gambetta,1870,l'affaire de conlie,histoire,prusse,keratryLa guerre de 1870 est une guerre peu connue. Sans doute parceque lui succédèrent les deux conflits mondiaux que furent 1914-1918 et 1939-1945. Et finalement, ce conflit qui n'est pas si éloigné que ça, fut porté à la connaissance de la génération actuelle, à un moment ou à un autre. Pour la plupart, elle se réduit au siège de Paris et de la commune par la Prusse. Les nombreux forts encore présents autour de Paris en sont des vestiges...

La guerre menée par l'armée impériale fut courte, ponctuée par les désastres de Sedan puis de Metz. Ils entraînèrent la disparition de la quasi-totalité de l'armée régulière, Napoléon III abdique, et il s'en suivit la proclamation de la République, le 4 septembre 1870.


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Léon Gambetta, ministre de la guerre du nouveau gouvernement,  voulut poursuivre une "guerre à outrance" avec le rôle des Mobiles et des mouvements de foule parisiens et des batailles pour essayer de roimpre l'encerclement de la capitale (20 sep.1870 - février 1871).

A la chute du 2éme Empire, un Gouvernement provisoire fut constitué : il comprenait plusieurs Bretons, tels que le général Trochu, gouverneur de Paris, le général Le Flô, qui reçoit le portefeuille de la Guerre, Jules Simon, Glais, Bizoin, le comte de Kératry, chargé de la préfecture de police et choisi par Léon Gambetta. Les mobiles bretons, commandés par le Bouëdec, dégagent le gouvernement provisoire, assiégé dans l'Hôtel de Ville de Paris.


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22 Octobre 1870: Emile de Kératry, ancien préfet de police de Paris, propose et obtient de Gambetta, enfui à Tours et représentant le Gouvernement de la Défense Nationale, un décret l'autorisant à former, sous son autorité et sa responsabilité, une Armée de Bretagne autonome (60 000 hommes), destinée à se rendre au secours de Paris. Cette armée s'installe à Conlie, prés du Mans, sur la butte de la Jaunelière. 

 

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3 novembre 1870: arrivée des premiers contingents.


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10 novembre 1870: déjà 25.000  bretons sont rassemblés au camp. 

 Avec un génie de l'organisation extraordinaire, Keratry parvint en quelques semaines à transformer un mamelon situé à Conlie, en arrière du Mans, en un camp retranché imprenable de 500 hectares et à y faire parvenir 80 000 volontaires enthousiastes recrutés dans toute la Bretagne. 

 Ils arboraient sur leurs képis l'hermine bretonne et leur drapeau, offert par le Comité républicain de Nantes, était la bannière ducale.

 

En décidant la création de cette armée autonome, Gambetta était sûrement de bonne foi : le jour où, bien entraînés, ces 80 000 hommes plein d'ardeur auraient été jetés dans la bataille, ils auraient pu renverser le rapport de force sur le front de la Loire... Mais devant le succès même de Keratry, l'efficacité de son action, l'enthousiasme soulevé par ses appels aux Bretons, il prit peur. Dans son esprit étroit de jacobin, un Breton était par définition un chouan et 80 000 chouans sous la conduite d'un général chouan (fut-il député de gauche) étaient un péril pour la République. Alors il conçut un projet abominable : profiter de ce que ces 80 000 hommes qui représentaient les forces vives de la Bretagne étaient concentré dans un camp pour s'en débarrasser. Il suffisait de les laisser dépérir sans soins en arrière des lignes, d'en faire la proie des épidémies, de les exposer sans armes à la mitraille prussienne. 

 Il était prévu d'armer l'Armée de Bretagne avec les surplus de la guerre de Sécession américaine (1861-1865). Les promesses de Gambetta de doter cette armée de l'armement et de l'équipement nécessaires, ne sont pas tenues. 

 

L'arsenal de Brest lui ayant rendu compte qu'il disposait de 3200 chassepots mais n'avait plus de fusil à percussion, il lui donna avec un humour particulièrement noir l'autorisation de livrer des armes à Keratry, mais uniquement des fusils à percussion!

 Ils finissent par recevoir des armes hors d'usage, des cartouches mal calibrées ; les exercices sont faits avec des bâtons, et tout à l'avenant ! toutes les réclamations sont sans effet. A tours, l'on craignait que l'Armée de Bretagne ainsi constituée puisse être une "Armée de Chouans".

 

Gambetta, par dépêche s'adressant à Kératry : "Je vous conjure d'oublier que vous êtes Breton pour ne vous souvenir que de votre qualité de Français !" 

 

Gambetta donna l'ordre de se porter avec 12 000 hommes à la rencontre des Prussiens à Saint-Calais. Il télégraphiait simultanément au directeur de l'arsenal de Rennes pour lui interdire de remettre une seule cartouche à l'armée de Bretagne. C'était envoyer les 12 000 Bretons à la mort... mais l'opération échouât car l'ennemi n'était plus là: il était parti en direction d'Orléans et de la Loire.

 

Dans le Journal du Calvados, J.P.Duval écrit: "Par peur d'une résurrection de la Chouannerie, Gambetta refuse armes et ravitaillement à l'Armée de Bretagne.... qui pourrit dans l'immonde camp de Conlie, dans la Sarthe."

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Les baraquements ne sont pas construits à l’arrivée des mobilisés et des tentes sont établies en urgence.[réf. nécessaire]. Comme le terrain avait été nivelé peu de temps avant l'installation du camp, le piétinement de milliers d’hommes en fait rapidement un bourbier où il est très difficile de se déplacer. Les mauvaises conditions climatiques n'arrangent rien, des pluies torrentielles inondent le camp que les soldats surnomment « Kerfank », la ville de boue en breton. Avec les premières neiges, les maladies se développent : fièvre typhoïde, variole, etc.

La description qu'en fait Gaston Tissandier, de passage le 15 décembre 1870, est éloquente :

« Est-ce bien un camp? C'est plutôt un vaste marécage, une plaine liquéfiée, un lac de boue. Tout ce qu'on a pu dire sur ce camp trop célèbre est au-dessous de la vérité. On y enfonce jusqu'aux genoux dans une pâte molle et humide. Les malheureux mobiles se sont pourvus de sabots et pataugent dans la boue où ils pourraient certainement faire des parties de canots. Ils sont là quarante mille nous dit-on et, tous les jours, on enlève 500 ou 600 malades. Quand il pleut trop fort, on retrouve dans les bas-fonds des baraquements submergés. Il y a eu ces jours derniers quelques soldats engloutis, noyés dans leur lit pendant un orage. »

Le manque d'instructeurs (prisonniers en Allemagne), de matériel, de ravitaillement, provoquent le découragement au sein d'une troupe pourtant largement constituée de volontaires mais livrés à l'oisiveté et à l'ennui.

Dans la débâcle de la guerre franco-prussienne, le ravitaillement en armes et en matériel connait de sérieuses difficultés : pénurie de tentes, de couvertures, de chaussures, etc.

Kerartry, choqué, informe Gambetta à plusieurs reprises. Ce dernier se refuse à l'évacuation, et affirme même ne pas se trouver choqué par ce qu'il constate.

Mal vêtus, contraints de monter leurs tentes dans un terrain récemment labouré, devenu bientôt fangeux, sans aucun approvisionnement, tant alimentaire que d'ordre militaire, ils furent bientôt la proie de maladies (fièvre typhoïde, variole...). Gambetta les considérant comme des Chouans potentiels, il n'équipa qu'une infime fraction des troupes avec à peine plus de 4000 vieux fusils à percussion de types divers parfois rouillés, dont les plus modernes étaient des Springfield de la guerre de Sécession. De plus, ils furent dotés de munitions hétéroclites qui parfois ne correspondaient pas à leurs armes, ou dont la poudre avait été "délavée" par l'humidité et se révélaient incapables de faire feu. Dans le pire des cas, certaines de ces armes explosaient au moment du tir, s'avérant plus dangereuses pour leur servant que pour l'ennemi. Indigné par le sous-équipement de ses troupes et les conditions sanitaires déplorables qui leur étaient imposées, et n'obtenant pas de réponse satisfaisante du Gouvernement de Défense Nationale, Keratry demanda à être relevé de son commandement.

 

conlie,gambetta,1870,l'affaire de conlie,histoire,prusse,keratry Camp américain (près de la Gare)


Observation d'un journaliste du Times:

"... L'aspect des troupes que j'ai rencontrées aujourd'hui était déplorable. Leurs armes rouillées paraissaient hors d'etat de servie. Plusieurs marchaient sans chaussures, un grand nombre paraissaient exténués e leur cavalerie était dans un état pire nque l'infanterie s'il est possible. Bien souvent, c'est le cavalier qui aide le cheval à avancer...."

 

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23 novembre 1870: combat de La Fourche en la commune de Coulonges-les-Sablons. Gambetta décide l’envoi de 12 000 des hommes du camp de Conlie, armés de seulement 4 000 carabines en mauvais état et de munitions d'un calibre inadéquat contre le Ier corps bavarois du duc de Mecklembourg. Le général de Kératry envoie les mieux équipés et les moins fatigués de ses hommes, formant la division de marche de Bretagne (4e division du 21e corps), commandée par le général Gougeard.

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24 novembre 1870: arrivée de 4.000 carabines Spencer mais les munitions sont inadéquates.

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26 novembre 1870: La division arrive à Yvré-l'Évêque, lance une reconnaissance jusqu’à Bouloire. Le combat n’a pas lieu, les Prussiens s’étant esquivés.

Gambetta décida de mettre fin à l'indépendance de l'armée de Bretagne et de placer Keratry sous les ordres du général Jaurès. Keratry démissionna aussitôt; Gambetta le fit remplacer par le capitaine de vaisseau Marivault.
 

La polémique commence à faire rage dans les journaux et le général de Kératry démissionne, remplacé par le général de Marivault qui ordonne immédiatement une première évacuation, contre les ordres de Gambetta (qui ne signera la première autorisation que quelques jours plus tard).

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7 décembre 1870: le Général de Marivault est nommé commandant du camp. Il y arrivera le 10. Il est de suite atterré par ce qu'il voit. Il écrira le 22 décembre à Gambetta:

 

" j'ai trouvé 46.000 hommes désarmés, mal vêtus, non chaussés, sans campement (les baraquements promis n'ont jamais été montés et la troupe pour plus de 90% couche sous des tentes, ils ont comme matelas de la vieille paille) et sans solde,paralysés dans un marais où toute leur énergie consiste à se tenir debout et à se tenir secs...!"

 

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 Il décide alors, malgré l'administration et Gambetta, d'évacuer les soldats bretons du camp vers les départements bretons. On lui imposera tout de même, de garder les mobilisés d'Ile-et-Vilaine, lesquels seront portés à la pointe de la défense française, alors qu'ils ne devaient former qu'une armée de réserve. sacrifiés à la Tuilerie.

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20 décembre 1870: Dès le lendemain, les 15.000 soldats les plus faibles se replient sur Rennes. Les plus malades sont renvoyés dans leurs familles. Le scandale prend plus d'ampleur, devant l’état des hommes qui rentrent chez eux.

 

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24 décembre: Marivault reçut, par télégraphe, l'ordre exprès d'arrêter l'évacuation du camp, sous peine de conseillde guerre, par le ministère de la guerre: il n'en eut cure ! Chaque jour les hommes des 12 bataillons des Côtes du nord quittèrent Conlie pour Laval, Vitre, Fougère. Le 24 décembre à minuit, les Moribiannais assistèrent, dans la grande prairie qui avoisine l'étang en forêt de Sille le Guillaume, à la messe de Noël !

 

Gambetta trouva encore de bonnes raisons administratives pour suspendre les fournitures de vivres, tout en prescrivant :"il ne faut quitter le camp sous aucun prétexte."

 

 

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Décembre 1870: les mobilisés d'Ile-et-Vilaine s'en vont au "casse-pipe" avec la 2ème armée de la Loire, avec un armement totalement dérisoire face à des forces prussiennes en nombre très supérieur. Et voilà, ce qui devait arriver arriva. Chanzy vaincu au Mans déclare que "la bataille a été perdue par la faute des Bretons".

 

Les quelques généraux comme Gougeard, Chanzy par la suite et Marivault ne furent pas dupes de l'imbecilité des ordres donnés par le gouvernement, reconnurent la vaillance des mobilisés Bretons et le calvaire qui fut le leur pendant à peine...2 mois ! De plus, après la démission de Keratry, une décision ministérielle, en date du 1er décembre, priva l'armée de Bretagne de tout crédit. Les caisses étaient vides, les subsides coupées ,la solde plus payée ,les fournisseurs plus réglés ,l'armée de Bretagne vivait sur ses propres réserves. L'armée de Bretagne "Agonisait"! qu'importnte ces Bretonss n'étaient-ils pas fait pour de la chair à canon...? Malgré tout et contre toute évidence des soldats arrivèrent jusqu'au 10 janvier 1871...!

 

 Puis c'est la retraite, avec les victoires à Sillé et Saint-Jean-sur-Erve. L'armée s'y réorganise.

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11 & 12 janvier 1871: déroute du Mans. La veille de la bataille, Gambetta, les considérant comme étant des Chouans potentiels fournit aux 19 000 hommes restant des fusils Springfield rouillés et des cartouches avariées. Dans certains cas, certaines de ces armes explosaient au moment du tir. Le général Chanzy rejette la responsabilité de la défaite aux hommes de Conlie. En effet, c’est sur leur position de la Tuilerie que les Prussiens font porter leur effort décisif, qui décide de la victoire. Les soldats français, épuisés par deux mois de privations, mal armés, presque pas préparés, sont taillés en pièces dans la nuit du 11 au 12 par la 20e division prussienne du général von Krautz-Koschlau.

Par la suite, le général de Lalande déclare devant une commission d'enquête parlementaire :
«  Je crois que nous avons été sacrifiés. Pourquoi? Je n'en sais rien. Mais j'affirme qu'on n'aurait pas dû nous envoyer là, parce que l'on devait savoir que nous n'étions pas armés pour faire face à des troupes régulières. »

Henri Monnié, mobilisé de Nantes, rapporteur du service sanitaire: " ... pendant toute la durée du camp, du 6 nov 1870 au 7 janvier 1871, sur près de 60.000 hommes qui y passèrent, il entra en tout aux ambulances, 1942 malades, dont 143 morts. 1433 évacués, 208 réformés et 70 congédiés."
 
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13 janvier: le camp fut définitivement abandonné. Le soldat Suzor arrivé le 18 novembre 1870 le quitta dans l'apm ! Les troupes qui quittèrent le camp s'arrêteront à Assé-le-Beranger, puis poursuivirent leur route sur la Bretagne.

 

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14 janvier 1871: Le camp de Conlie est atteint par les Prussiens. Un détachement commandé par le colonel de Lehman du 10 ème corps d'armée de la 2eme armée Allemande trouva le camp évacué ,ils capturerent 8.ooo fusils ,5 millions de cartouches, un canon et des affuts. Ils feront sauter les fortifications et quittent la commune, le 6 mars.
 

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26 janvier 1871: signature de l'Armistice.

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6 février 1871: rapport officiel du Ministère de l'intérieur

 

Officiers d'état major : 18 et 20 chevaux

Génie : 20 0fficiers,257 Soldats.

Comptabilité et trésorie : 11 Officiers.

Aumôniers : 12.

Remonte : 5 Officiers,96 Soldats,126 Chevaux et 47 Mulets.

Vétérinaires : 8 Officiers,9 Soldats,5 Chevaux.

Ambulances : 44 Officiers,54 Soldats,25 Chevaux.

Commissariat general : 10 Officiers,134 Soldats.

Gendarmeries : 2 Officiers,47 Soldats,23 Chevaux.

3 ème Cuirs : 6 Officiers,135 Soldats et 129 Chevaux.

19 ème Chasseurs : 3 Officiers,291 Soldats.

Artillerie : 20 Officiers,437 Soldats,33 Chevaux.

Francs-Tireurs de Brest : 5 Officiers,71 Soldats.

Cotes du Nord = 244 Officiers,7925 Soldats..

Finistère = 249 Officiers,7884 Soldats.

Mobiles de Quimper = 1 Officiers, 141 Soldats.

Morbihan = 251 Officiers,6804 Soldats.

Ille et Vilaine = 215 Officiers,11042 Soldats.

Loire Inférieur = 232 Officiers,7317 Soldats.

                         Et,

Mobiles de la Mayenne = Officiers 3,Soldats 161.

Mobiles de Saint Nazaire = 26 Officiers,687 Soldats.

Mobiles de Paimboeuf = 32 Officiers,849 Soldats.

Mobiles de la Trinité = 23 Officiers,635 Soldats.

                       "ET...!"

Haute Garonne = 23 Officiers et 1132 Soldats.

Total des troupes réunis au camp = 40359 Officiers et Soldats.

Division de marche = 13424 Officiers et Soldats.


Denis Marion de Procé.

 

 

 

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7 mars 1871: dissolution de l'Armée de Bretagne, puis le retrour au pays des troupes bretonnes.

 

La décapitation de sa jeunesse, le sacrifice criminel de tant de ses fils provoqua en Bretagne stupeur et colère. En tant que député d'Ille-et-Vilaine, l'historien La Borderie (1827-1901) rédigea un rapport accablant pour Gambetta, sur Le Camp de Conlie et l'Armée de Bretagne.

Ce rapport fut publié sous forme d'un condensé de 124 pages dans les publications parlementaires du Paris-Journal en 1874 (rédigées en 1872) sous le titre Rapport fait au nom de la Commission d'enquête sur les Actes du Gouvernement de la Défense nationale:

 "... Aux brumes et aux premières pluies d'hiver avaient succédé les glaces, les neiges, le verglas, et ensuite d'affreux dégels, dont les eaux ruisselantes, inépuisables, ne pouvant être absorbées par un sous-sol argileux, détrempaient si complètement la couche supérieure du sol., que cet humus semi-liquiden remué déjà par un labour récent, délayé par les pieds de 50.000 hommes, finit par former un vrai cloaque. On n'y pouvait faire un pas sans enfoncer à mi-jambe. Non seulement l'exercice y était impossible, masi les corvées indispensables pour les vivres, l'eau, le bois, la paille, y devenaient d'une difficulté exprême. L'humidité pénétrait sous toutes les tentes, dont plusieurs furent envahies, en diverses circonstances, par de véritables inondations..."

 

conlie,gambetta,1870,l'affaire de conlie,histoire,prusse,keratryMais tout s'oublie puisqu'il s'est trouvé depuis des municipalités bretonnes assez ignorantes en histoire pour donner à leurs rues ou places le nom de Gambetta. 

  

*****

Près de 60.000 bretons des cinq départements furent ainsi rassemblés dans le camp de Conlie. 

De novembre 1870 à janvier 1871 il y eut 131 morts, mais ce chiffre fait encore débat.

2 000 des 60 000 soldats qui y sont passés ont dû être envoyés à l’infirmerie.

 


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1873: "croix des bretons" édifiée dans le cimetière de Conlie. Y sont inscrits tous les noms des morts de la 1ere Armée de Bretagne, ainsi que le carré.

 

  


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1913, 11 mai: Un monument est inauguré sur la colline de la Jaunelière et une plaque commémorative y sera apposée le 14 février 1971, lors du centenaire.

 

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" 1871 D'AR VRETONED TRUBARDET E KERFANK CONLIE DALC'HOMP SONJ 1971" 
 
" aux Breton trahis au village de boue de Conlie. Souvenons-nous"

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Sources

 

Paul Tailliez, l'histoire du camp de Conlie,Le Mans,Monnoyer, 1913.

 

Philippe Le MOING-KERRAND, "le camp de Conlie", 2000, édité chez l'auteur.

 

Bernarg Giovanagelli (bged@wanadoo.fr)

 

Henri Ortholan, "l'armée de la Loire".

 

Ambassade de Bretagne

 

 

 

 

28/05/2012

853: Nouveau Pillage de Nantes (Erispoë & Sidric c. Gotfried)

 

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Période: Invasions Normandes (830-996)

Lieux: ville de Nantes , île de Bièce (Beaulieu)



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Erispoë

Sidric, cousin du roi Lotric de Danemark

105 drakkars

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Gotfried (Godefroy), Général Danois

200 drakkars


 

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hermines début de texte.gif853, juillet: une nouvelle troupe de Danois, qui avait déjà ravagé les bords de la Seine jsuqu'à Rouen, rentre dans la Loire, conduits par leur chef Gotfried, comptant y faire de nouvelles prises. Ils s'emparent de la vile de Nantes, en partie abandonnée et détruite depuis la prise de 843. Ils pillent ce qui reste, et installent leur quartier général dans l'île de Bièce, actuelle île Beaulieu. Ils y construisent un fort et des magasins pour y conserver leurs vicres et leur butin. 

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854: quelques mois plus tard, une aure flotte danoise arrive sur les bords de l'île de Bièce, ayant le même dessein. Tentés par le butin qui s'y trouve, ils se disposent à en faire le siège. Mais leur chef, Sidric, se sentant en état d'infériorité numérique, fait appel à... Erispoë pour vaincre son rival.

Erispoë y consent et lui confie une partie de ses troupes moyennant la promesse, en cas de succès, que Sidric restituera l'île de Bièce aux Bretons. Le combat s'engage aussitôt et l'île est assaillie de tous côtés de la pointe du jour au crépuscule avec des pertes très importantes dans les deux camps. 

Se sentant très affaiblis, les Danois de Gotfried craignent une seconde attaque qui serait très destructrice pour eux. Ils proposent donc à Sidric un partage de leur trésor. Sidric, blessé au cours de la bataille, accepte la proposition, et passe du côté de ses adversaires, établissant un accord pour faire cesser les combats.

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Conséquences

Une fois le partage fait, les Danois abandonnèrent Nantes, mais ne quittent pas la Loire pour autant. Ils continuent d'y excercer les mêmes méfaits.

Les Bretons quant à eux, récupèrent Bièce et peuvent retournent chez eux, mais la ville de Nantes et sa cathédrale ne sont que champs de ruines. Elles resteront en l'état pour longtemps.


14/04/2012

LE CHÊNE DU DUC (Forêt du Gavre,44)

 

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Z - hermines début de texte.gifUn jour le duc de Bretagne Konan I devait guerroyer contre les français, leur armée avait pénétrée le pays. Mais Konan n'avait pas la moindre idée où les français se trouvaient.

Il était donc dans la forêt du Gâvre où il se reposait avec ses soldats, il cherchait le sommeil adossé à un grand chêne, mais un corbeau ne cessait de l'harceler en croissant "konkerel ! Konkerel !..", lassé, Konan ordonnât à l'un de ses archers de tirer sur l'oiseau.archer.gif

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Le lendemain, en chemin le roi répétait comme envouté le mot "konkerel, konkerel".... qui n'est autre que le nom (breton) de la ville de Conquereuil...Obnubilé par cet étrange phénomène, le duc Konan y vit un signe et donna l'ordre a son armée de filer sur cette ville. Et effectivement, l'armée française campait à proximité. La bataille fût rude mais les bretons l'emportèrent, cependant le roi Konan éclairé par ce corbeau fabuleux y perdit la vie, car il fût surpris par des ennemis alors qu'il retirait son armure.

 

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Cette bataille eu effectivement lieue le 27 juin 992, Konan, venait ainsi d'être mit à la tête du comté de Nantes pour y remplacer le comte Gwereg et surtout après toute une vie à y aspirer (n'hésitant pas à faire la gueguerre à Hoel,ancien comte de Nantes). L'ambitieux personnage ne restera pas longtemps au pouvoir car Foulques d'Anjou, sous prétexte de défendre les intérêts de la maison de Nantes, amènera son armée en Bretagne, et Konan trouva effectivement la mort à cette bataille.

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12/04/2011

Marguerite de CLISSON (1360 - 1441) dit "Margot la Boiteuse"

Fille du fameux connétable Olivier de CLISSON (1336-1407), elle épouse à 28 ans, Jean de BLOIS-PENTHIEVRE. Devenue veuve, elle veut qu'un de ses enfants devienne duc. Pour ce faire, elle se bat et même, se blesse en fuyant son père; désormais on l'(appelle Margot La Boiteuse, une femme qui complote sans cesse. Ce qui luivaut dêtre arrêtée, exilée avec ses enfants, après avoir perdu tous ses biens

Jean IV 51338 - 1399, Nantes) - Duc de Bretagne

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dit le Vaillant ou le Conquérant.

Fils de Jean de MONTFORT, il est élevé en Angleterre, et ne revînt en France qu'en 1362, pour sebattre contre son rival Charles de Blois à la bataille d'Auray en 1364. Il devînt alors duc de Bretagne.

Huit ans plus tard, il doit à nouveau s'exiler (1373-1379) avant de revenir en Bretagne pour imposer son pouvoir ducal et rester en bons termes avecla France (2nd Traité de Guérande 1381).